samedi 21 novembre 2009

Paradise Lost : Shades of God

Si les merveilles de l'histoire exerçaient sur bibi le moindre attrait, vous pensez bien qu'il le saurait. Si cet album me régale, ce n'est donc sûrement pas pour ce qu'il documente la soupe primordiale où clapotent les restes du Paradis. Ni même parce qu'il me donne raison quand j'entendais déjà dans Icon (on a bien dit qu'on s'en tapait le cul par terre, de la chronologie réelle ?) une parenté avec certains des graisseux dont les petits noms vont suivre ... OK, je suis un peu de mauvaise foi, là.
Mais, tout benoîtement, parce que le sus-mentionné gruau l'est tellement, primordial, qu'on en reprendra du rab' à belles dents. Ombres de dieu je ne sais trop, mais nuances de plantigrade, à n'en pas douter : grincheux comme la cathédrale au fond des bois, brusque comme le glouton qui a le blues, et rugueux comme the Almighty (bah ça ! te voilà, God). Sans oublier la grosse larme de Sabbath qui fait glisser le tout comme fiente de canard et met un peu de doom dans tout ce rock - ou bien serait-ce pas l'inverse ? Ce disque est crossover, sapristi, il jette de gros ponts (de pierre, forcément) entre les trucs et les machins, il fait entendre le doom dans Entombed, le death'n'roll dans Cathedral, le goth dans Gorefest - tout en parvenant déjà, évidemment, à incruster les petites Sisters dans la bourrée. Et : non, je ne viens pas de m'abîmer dans l'étude de document ; je vous parle d'un de ces disques qui documentent les cervicales, qui font pousser des familles dans les papilles ; tout ceci est un bouquet, comme plus tard seront les solos de McIntosh, qui sont à l'image de la jaquette de Draconian Times, un tourbillon tranquille et pailleté de feuilles mortes de toutes couleurs.
En un mot comme en cent, l'une de ces recettes rares qui tiennent au corps et font tout le prix de l'hiver à la campagne. Puis ça prouve-t-y pas la grandeur de ce disque, tant d'effet sur l'éternel éléphant que je suis dans la porcelaine du vrai metal ?
Non, sans doute que pas. Alors écoutons la voix des témoins anciens, voire un peu si pépé a la berlue.


Je vous parlais tantôt de mon amour inconditionnel pour ces disques entre deux eaux... l'une claire et limpide comme dans les histoires de princesse, l'autre rappelant plutôt l'eau de vaisselle façon lendemain de soirée raclette, avec ses milliers d'yeux gras qui vous regardent, lourdement désapprobateurs. Et je vous avais même donné l'exemple d' un certain Wolverine blues dont je compte toujours vous entretenir d'ici peu. Mais là l'occasion se présente de régler le cas Shades of god, et elle est trop belle, je ne peux me résoudre à la laisser passer. Paradise lost, je serais tenté de dire qu'ils ont eu 3 carrières. Celle pour commencer d'un groupe de doom puant le caveau, et qui dans le cimetière partagerait vraisemblablement la même concession que Anathema et My Dying bride. Ensuite celle de groupe illustrant/écrasant/définissant à lui seul toute la vague gothic metal. Et enfin celle de groupe pop aux ambitions Depechemodestes, mais plus dépêche que modestes. Vous vous doutez bien de laquelle je préfère, ne goûtant que fort peu les clins d'œil trop appuyés et pas assez assumés, comme une œillade lancée à notre intention par une fille au bar, mais pas la plus jolie non. Plutôt sa copine mal fagotée qui en fait trop dans l'espoir de se faire remarquer. Donc Shades of God pour revenir à lui, c'est bien simple, il a tout pour marquer son temps: le caractère novateur en terme de style, la pochette de Dave Mckean, et le single qui met tout le monde d'accord, j'ai nommé As I die. Un peu à la façon d'un Last time sur Draconian times, si vous voulez, mais qui serait pas tombé au contrôle antidopage. A la limite, c'est même le problème du disque, ce single. Il en devient gênant tellement il écraaaaaase tout ce qui le précède. Donc oui cet album a plein de défauts. Et oui un Icon se révèlera plus équilibré et abouti. Mais oui, cent fois oui, si je dois garder seulement un disque de leur discographie, ben ce sera Shades of God. Meilleur moment pour écouter le disque : juste en début d'après-midi, en prenant le digestif.

Little-Axe


Et donc, l'honneur est sauf, j'ai rien compris au film, pour ne pas changer : elle est sympatoche, As I Die, mais elle tient la route ni face aux tubes de la même eau (watch out ! clin d'œil !) qu'ils pondront dès à partir de l'album suivant, ni face au reste du disque. Mais ça reste du sympathique hit de cro-magnon.

5 commentaires:

rvn a dit…

j'ai toujours été aimanté par cette pochette tordue & pastel (je la trouve bien plus réussie que toutes les autres même), mais le disque n'avait pas fait long feu chez moi... il est donc grand temps de revoir tout ça; merci.

Little-Axe a dit…

juste sympatoche, As i Die ? damned, mon jugement serait-il faussé ? tel une roue de bicyclette voilée apres une chute sur le goudron ?

gulo gulo a dit…

i got two words for you : true belief

Little-Axe a dit…

certes, mais je lui préfère malgré tout le côté pataud de "Comme je canne"

Karamazov a dit…

Je découvre celui-ci. Bien bien spécial. "...avec ses milliers d'yeux gras qui vous regardent..." Ouaip.