mercredi 30 décembre 2009

Baroness : Red Album


Pas conne, la baronne. Neurosis a de toutes les manières tout dit, sur la fin du monde avec Enemy, sur l'Atlantide et son "core" avec Silver, sur la façon de se tresser la barbe avec Times, sur l'art de lire les nuages avec Eye, sur la mort avec Given, et ce qui pouvait rester à dire sur les caves et l'autodestruction où l'on s'y adonne, Amen Ra l'a dit. A partir de là, la raclette neurocore est finie, circulez. Alors pourquoi pas après tout, dans le matin éclatant d'un monde en bourgeon qui s'éveille timidement de tous ces cataclysmes, le kindercore ? Moins tête-à-claques que le kindergrind de Fantomas, on en conviendra. Evidemment, il faut se faire à cette voix hurlée qui ne veut pas de mal à une mouche, à ce groove massif autant que raide et innocent de la moindre sexualité, à cette verve héroïque qui n'aime rien tant que décapiter les ombellifères à grands revers d'épée en bois. On pourra préférer aller rendre, ainsi que je l'ai longtemps fait à la simple mention du groupe, ainsi que parfois la campagne peut donner envie de rendre, tant il est vrai que Baroness est rural, d'ailleurs Baroness n'est jamais, selon l'expression consacrée, pachydermique, Baroness est un cheval de trait.
On peut aussi un jour succomber à son charme de lierre patient, et reconnaître que la candeur impubère mais pourtant à la barbe fleurie, de tout ceci, rend l'abracadabrance du machin bien moins navrante que chez, mettons, hm, Mastodon ? qui sont bien trop poussés en graine, et en sérieux, pour ce genre de primesautières conneries. "Baroness, t'es sérieux ?!". Baroness, ça n'a jamais rien eu de sérieux, comment veux-tu, déjà, quand ils viennent d'un bled baptisé d'un nom d'actrice à cuisse légère ? A bon entendeur, salut.
J'ai déjà dit tout ceci en plus concis au sujet du bleu ? Mais c'est que j'ai omis de signaler que le bleu est un rien plus avancé en âge, puisqu'il est l'album de 16 heures, le goûter égaillé de quelques sulfureux godets de cidre. Ce rouge-ci est aussi long et vaste qu'une matinée à l'âge tendre.

1 commentaire:

Gordita a dit…

Cette chronique est hallucinante !!!! vraiment trop trop bien :-)