mardi 22 décembre 2009

Opeth : Morningrise


L'album qui excuse tout ; tout le flan ridicule que les chevelus font dès que l'un de leurs groupes a le cheveu soyeux et le raffinement qui sent la partoche, ou l'inverse, tout ce grotesque déballage de savance vulgaire et ampoulée, toute cette pâmoison hors de proportions. Parce que j'y ai trouvé ce que j'étais venu y chercher : un doomisme miaulant, grinçant, médiéval, qui fleure le vieux Paradise Lost, le vieux Anathema, le vieux Katatonia. Et un peu plus. Moi qui n'ai jamais pu encadrer grand chose dans le beumeu qui pagane comme on bretonne, j'ai trouvé ici la joie de baguenauder en forêt, l'air rêveur du troubadour atrabilaire badigeonné délicatement sur la face un peu terreuse, car il y a du beumeu là-dedans, du septentrion de loup solitaire en-veux-tu-en-voilà, et - oui, inclinons-nous : de la grâce ; les babines barbouillées un peu des reliefs de son dernier dîner de viande crue ingéré sans les mains, mais de la grâce, peignée certes mais le cheveu rêche comme ce grain de guitare grêle et acide, et par-dessus les riffs vikings l'œil inquiet fouillant dans le brouillard matinal de ces ambiances fugaces et insaisissables. L'élégance du gris et de toutes ses infimes effluves, et des mirages de grandeur au contour découpé par le froid vif. Je sais même pas pourquoi je me fatigue, la pochette dit tout une fois de plus, y compris les mystères qui subsistent et qui font une grosse part du charme musqué de la chose, et que je serais même fâcheux de vous décrire.

1 commentaire:

Little-Axe a dit…

clap clap clap.