mercredi 29 décembre 2010

Asphyx : Death... the brutal way

Jouer du death à thématique guerrière, on se dit qu' à priori c'est pas bien compliqué ni même bien original. Voire c'est un pléonasme. Ouais, à part que si c'était aussi facile, tous les groupes seraient Bolt Thrower, or ce n'est pas le cas. Le groupe anglais, un jour, a trouvé la recette et en garde depuis lors les secrets de fabrication. Hail of bullets a tenté assez recemment de s'illustrer dans ce registre, avec un relatif succès en ce qui me concerne sur le premier album. Or, derrière Hail of boulets rôdait le fantôme (et c'est bien de cela dont il s'agit) d'Asphyx. Aaaaahhhhh... Asphyx. Un des logo les plus classes de toute la sphère death, deux albums de légende, et un préposé au vomi reconnaissable entre mille. Vous pensez donc que quand ces gonzes là ont parlé de se reformer, bibi il était sur le coup. Verdict ? Un album digne de ce qui se faisait à l'époque, de la trempe de ceux qui arrivent à rendre le sourire à un vieux comme moi. Les jeunes, cette espèce méprisable entre toutes, n'y trouveront probablement pas leur compte. Mais après tout, qu'en ai-je bien à foutre ? Le son est énorme, la basse toute cannibalcorpsienne, les riffs abusivement pachydermes et l'inspiration résolument naïve, bref on respecte les canons du genre. C'est la bataille des Ardennes dans ta chambre, Verdun dans ton coffre à jouets. Tu rampes dans la neige, tu épaules ton Mauser, et tu snipes ton ours en peluche.

Meilleur moment pour écouter le disque : en peignant des figurines Warhammer, c'te question.

Ekpyrosis : Ein Ewiges Bild


Ça ferait pas un peu longtemps que je vous l'ai pas fait, le coup de Valhalla Rising ?
Vous allez vraiment lire attentivement, le truc que je suis supposé écrire ici ? avec toutes les judicieuses occurrences des mots rugueux, austère, lugubre, congelé, mystique, roide, céleste, nu, minéral, farouche ... bla, bla, bla.

mardi 28 décembre 2010

Tragedy : Vengeance


Si je n’étais que vulgaire, je dirais que "Vengeance" est l’un des meilleurs disques de crust du nouveau millénaire. Si je n’étais que présomptueux, je prétendrais que je sais de quoi je parle. Pas de trêve, pas de pitié, pas de reddition, pas de repos, plus rien : c'est la guerre. Chants vindicatifs, guitares crin et velours qui s’entremêlent et se répondent avec inspiration sur fond de charges de cavalerie lourde. Montées en puissance explosives. Alchimie réussie, à mille lieues des innombrables Dis-clones qui creusent encore comme des glandus leurs vieilles ornières de boue séchée. Serrer les mâchoires. Canaliser le flux d’émotions désordonnées intimant la fuite. Dompter l’adrénaline et garder jusqu’au dernier souffle cette inexpugnable conviction propre aux causes perdues. De la détermination et du sang froid. De quoi hérisser les tout derniers poils de dos inexplicablement rétifs à Amebix, Discharge, Doom ou Nausea (Rrrooo, on avait dit pas de name dropping !).
"Vengeance" est l’un des meilleurs disques de crust du nouveau millénaire.
Et je sais de quoi je parle.

dimanche 26 décembre 2010

Circle of Dead Children

A ce qu'on dirait que j'étais tombé sur celui qu'il fallait pas - une prod à trois milliards fait pas tout.
Parce qu'en dehors de ça, Circle of Dead Children tient pas mal les promesses de son riant patronyme, et délivre princièrement tout le torpide plaisir du goregrind death - car, mieux vaut le reconnaître de pute en gland, c'en est, vigoureux, assuré, fier et fécal. Les subtiles (je sais, ça fait drôle) enluminures black, indus, doom et sludge ne sont là que pour assaisonner l'ambiance, pour lier et velouter le soyeux des résidus de matière cérébrale sur les murs - et dieu merci surtout pas pour se faire remarquer comme preuves d'audace compositricionnelle qui voit en avant, non, plutôt pour jouer les mignards détails inaperçus dans les zones délaissées de l'écran mais qui contribuent précieusement à l'effort collectif de sape du moral et des nerfs, de soumission par la misère et de pesante terreur sordide - me demandez pas d'exemple de film et de plan, je sais même pas si ça existe, c'est un concept de mon esprit.
Ceci posé, l'on peut sans crainte se lancer dans l'un des trois albums ci-dessous, en détailler et estimer les mérites différentiels, en disséquer la délicate alchimie, reviendrait à débattre si l'on préfère se faire émincer à la moissonneuse-batteuse, à la débroussailleuse ou à la meuleuse : on sait pertinemment que l'on finira par toutes les goûter, gourmandise oblige (du coup, je vous dis pas lequel est qui, ce serait salaud).
Après, il y en aura toujours pour aller trouver que c'est du deathcore et qu'en ambiance sociopathe ils préfèrent Suicide Silence ; il y en a toujours pour préférer Saw à Texas Chainsaw.


The Genocide Machine


Human Harvest

Psalm of the Grand Destroyer

samedi 25 décembre 2010

Kylie Minogue Fans Don't Masturbate : attak


Ondule, Raymond, t'es pas vulgaire ... Rires. Chacun sait que Raymond est vulgaire, et que c'est pour ça qu'on l'aime, lui et sa libido moiteuse et moitifère. Et nous avons de la chance, Raymond honore de sa présence ce disque, sur quelques morceaux, mais surtout un - mais ne brûlons pas les étapes - or donc, ce disque de la sale période de KMFDM. Celle où feu les Frisons qui se faisaient rêver à poser plus américains que les ricains, sont devenus juste des ricains - plus succintement appelée période Tim Skold. L'époque d'horreurs sans substance telle que Tohuvatefairevoirailleurs, Houerk et autres Wii.
Alors certes, Attak est tout aussi tristement sérieux, de ce sérieux navrant dont KMFDM a hérité avec la reformation, et un peu auparavant, avec le changement de vulgarité qui les a transformés de blaireaux en kékés ; mais pour un album réalisé sans En Esch ni Chris Connelly ni Kevin Ogilvie, il se défend rudement bien - c'est simple, on croirait que c'est ici et non sur WWIII que le cousin Marc Heal a ramené sa fraise - parce qu'Attak, c'est de l'épaisse technologie drum'n'bass de darkstepper bovin école Cubanate '98. Du bigdubbeat à jantes de 25 pouces, avec les chœurs cybergospel dance habituels, presque dignes des deux morceaux potables de Nihil, du pseudo-jazzy pensif digne de Songs of Faith and Devotion (d'autres Européens qui se la sont rêvée larger than life), du nu-jazz tout ringard digne de Nicolette, des petits chichis électroniques nouveau riche finalement bien dignes de leurs débuts - mais surtout beaucoup de bon gros pouët-pouët qui se la pète. Et le sommet de ça s'appelle "Dirty" - et se dit Diiiiiiiiiirtyyyy. Un refrain-riff à la guitare en plastique teubé qu'on dirait Rob Zombie remixé par Charlie Clouser, un beat crétin moustachu avec une putain de vibe Sheep on Drugs en mode jacky - ce qui se dit Cubanate, pour les nigauds - et, évidemment, les inflexions concupiscentes de Herr Raymond : j'ai envie de dire, l'achat du disque est déjà voté - piste 3.
Mais pour les gens de peu de foi, je signale aussi les autres interventions dominatrices de M'sieur Watts : un très cosy petit trip-hop-dub à la con, au sobriquet de "Yohoho", un doigt dans le nez un dans le cul bien plus interlope que tout un album de Recoil, et un inévitable - égale imparable - tube à poledancer, registre d'excellence impartagé du Raymond, qui, badabing! humilie le dernier Revolting Cocks à vigoureux tours d'hélicoptère. Avant même de s'en apercevoir on a le petit doigt sur la couture du falzar en rubber, la main au képi en adoration, et les pecs qui font bravo.
Et puis, tout aussi évidemment - un album de KMFDM, ça doit principalement se passer dans le prévisible - le morceau autoréférentiel et autocongratulatoire réglementaire pour un bon KMFDM, un "Risen" au pumping whippy beat d'une go-go-grossièreté terrassante, qui se botte la croupe au Stetson sur les martiales scansions de What is good for me, STILL good for you, The ultra heavy beat is going strong, and so on. Comme ils disent : damn if you do and damn if you don't, when it's all said and done this is what you want. Amen.
Le reste des morceaux donnant plutôt dans le capital sympathie discret qui gagne à être connu (on a même un morceau de pseudorammstein chanté par Skold qui se laisse écouter), on obtient donc un album avec le même équilibrage que le robuste Symbols : un excellent KMFDM.

Ho ! ho ! ho !

Vous connaissez le principe : j'ai toujours été une brêle en histoire. Uniquement, donc, des disques qui, en toute modestie et pour ce que vous en avez à fiche, ont fait mon année 2010, tendance qui en resteront indissociables, en constitueront des madeleines palpitantes, charnues, vivides, d'autant plus précieuses que ce fut une grande année.
Une année hardcore, visiblement, et logiquement, puisqu'il apparaît que je ne suis pas mort, et que la vie est ainsi faite, mais pas seulement ; une année new-wave comme tous les ans depuis notre ouverture grâce à dieu, une année jazz parce qu'on se fait volontiers vieux, une année swing et affutée surtout, aux effluves de matins âpres, et donc des disques qui aiguillonnent comme des fourmis, qui ont sonné sempervirens dès la première fois (j'embellis un brin, y en a au moins deux qui m'ont gavé au début, avant que je les reconnaisse), les disques en un mot comme en cent d'une année pleine de vie.

Et en prime un jeu-vacances cryptique à la con : le bon vieux qui-est-qui ?

1. fresh comme du bœuf cru
2. tu connaîtras la peur
3. le nouveau Weapon est bon, c'est à dire pas au niveau exigible, mais c'est pas grave : en v'là du boursouflé assoiffé de sang
4. vif comme la bise
5. l'enfer est à moi
6. la steppe est à moi
7. ta pulpe est à moi
8. satori élytre mandibule carnage
9. mâchoire de pierre
10. si juvabien, c'est kétamine
11. eau-de-feu
12. tanz der bocconcini
13. mort aux vaches




Douce nuit à tous, je vous laisse, j'ai autre chose à frire.

samedi 18 décembre 2010

Årabrot : Revenge (It is Just a Matter of Not Letting Oneself Be Caught)


Årabrot dans ses œuvres : toujours pas le truc qui rende vraiment oufguedin - quoique ça passe de plus en plus près - mais toujours plus que généreusement : de la guitare suc gastrique, de la voix vomi garni, de la batterie homme à terre égale coups de pieds dans les côtes, et de la basse tendinite carabinée. Pour sagouiner le suspens : le "mauvais" côté du tellement-déjà-familier-au-premier-contact (clutch ? touch ? engage !), celui qui lui vaudra pas de place sur le podium que mes ouvriers commencent à installer là-derrière, mais lui en assurera toujours une sur un coin de canapé souillé. Entre Nocturno et Tonton Yow, au hasard.

vendredi 17 décembre 2010

Divine Party, compagnie Les Endimanchés, l'Echangeur, Bagnolet, du 04 au 20 Décembre

(par notre envoyé très spécial)


...reprenons, Dante et Kafka, la boue, la forêt, Virgile, Jean Oury, les Residents, une kyrielle d'orgues dégingandés, Alexis Forestier et sa bande d'Endimanchés, mais aussi et en même temps, les Cramps, les Bérus noirs du début, Aristote, Abbey Lincoln, Headwar, Gesualdo, Hasil Hadkins, et débarque sur scène le Cerberus, Suicide direct, Faust et le Gun Club, hey mec, c'est quoi ce truc, et pourquoi on la voit pas cette putain de batterie ? Divine Party. La réponse mes amis est au paradis, là où les chiens ne gardent plus rien, mais d'abord descendre en l'enfer, s'accrocher au gourbis des choses, encore plus en finir, et puis revenir, parmi quelques machines, dans un doux interstice, flotter, sourire, s'affranchir, s'affermir, passer. On prête à Dante l'invention de tout un tas de trucs, dont un serait l'introduction de la langue parlée dans le champ poétique, on parle à ce propos de révolution. Sept siècles plus loin, il est bien triste de constater que les teckels débattent encore de la question de la culture populaire, à coup de prix littéraires, et autres fumisteries sinistres, garanties sans fumée, masquant à peine l'entreprise de domestication généralisée que les plus cyniques appellent culture. Quiconque se rappelle de Jeffrey Lee Pierce sait de quoi je parle, il n'y a d'art que par et pour un peuple, et c'est Kafka là qui pointe le bout du nez. Quand la forêt vient à manquer, la nuit même s'effacer en une image. Google le donne en mille, Kafka qui meurt l'année de la première guitare électrique, étonnant non, du surréalisme aussi, et puisque les signes m'y poussent, faire mention ici de l'instant de grâce quand tout ça se met à chanter. À n'en pas douter le rock'n'roll est la plus haute entéléchie de cette ritournelle si fameuse, de ces quelques bruyants et fumeux devenirs, ah Béatrice, divine électricité, hérésie sublime, mène la danse, et s'altère sans fin au milieu des feux, courez c'est à Bagnolet, l'Échangeur, jusqu'au 20 décembre inclus.


Général Secrétaire

(qui saura par la même occasion que les noms de guerre, ici, c'est moi qui les donne)

Tombs : Fear is the Weapon


Charlotte is grumpy in the morning. Charlotte sometimes even goes hardcore.

mardi 14 décembre 2010

dimanche 12 décembre 2010

Portrait du compositeur Iannis Xenakis, 04/12/10, Pinacothèque moderne

J’aurais voulu vous parler du passage des Varukers dans ma ville. Hélas, un état grippal avancé m’a empêché d’en être. J’aurais également évoqué avec plaisir le concert de Finntroll et Samael. Hélas, deux fois hélas, une angine carabinée en a décidé autrement : lorsque tu as comme un œuf de caille coincé dans la gorge, tu as forcément moins envie de sortir. Entre ces deux évènements mon état de santé me permit d’amener ma douce assister à un hommage à Iannis Xenakis. Au programme : Aroura, Syrmos, Voile, Palimpsest ainsi que deux œuvres pour piano seul. Je ne connaissais rien de tout ceci. Du bonhomme, j’avais juste écouté la légende d'Eer : amplement suffisant pour se laisser tenter à découvrir le reste de ses travaux.
Tout d’abord, en guise d’introduction, nous eûmes droit à une bonne heure de discussion entre spécialistes sur les liens entre musique et architecture. Là, je réalise que ce qui touche à l’architecture m’est tragiquement étranger (quoi, Le Corbusier n’était pas un corsaire ?). Ensuite, l’un des types présenta ses conversions de partition en canevas de couleur. Il est peut-être des parfums frais comme des chairs d’enfants, mais là, le résultat fut très laid. Voir ci-contre les variations Goldberg de Bach. Autant se palucher devant la mire, non ?
Puis vinrent les pièces pour ensemble à cordes. J’ai rarement vu des musiciens classiques se défoncer sur leur instrument de cette manière. Ni de chef d’orchestre aux mouvements aussi syncopés. Entre deux silences, aux durées imprévisibles, vas-y que ça tapote, que ça cisaille et que ça martyrise son instrument. La contrebassiste aurait passer un casting pour "28 jours plus tard" haut la main. Intéressant, même si trop "hors de l’homme" pour se sentir vraiment concerné.
Deux "œuvres pour piano seul" furent aussi interprétées par Marino Formenti. Celui-ci aurait déclaré que, pour pouvoir les jouer, il faut être à la fois poulpe et gorille. C’est exactement l’impression qu’il donne. La musique générée est imbitable mais l’effort physique déployé est impressionnant. Je crains par moment de le voir claquer sur scène, mais non, il est encore jeune et s’en sort juste trempé de sueur.
Il y avait beaucoup de monde, environ 400 personnes, plus aucune place assise. À noter que la veuve de Xenakis était présente. La mienne aussi. Certes, j’anticipe, mais si je n’arrête pas de choper tous les virus qui traînent, c’est sûr, hélas, trois fois hélas, je ne vais pas passer l’hiver…

samedi 11 décembre 2010

Comin correct : Knowledge is power

C'est pas pour se la jouer moraliste, encore qu'avec ce groupe ce ne serait pas complètement déplacé, mais il y a quelques valeurs qui me semblent essentielles à tout bon disque qui revendique l’étiquette hardcore. Celles qui faisaient le sel des Minor threat et Bad brains par exemple. L'humilité en fait partie, à mon sens. Un souci quasi messianique de réconcilier tout le monde, comme un hôte qui fait attention à ce que chaque invité s'amuse à sa pendaison de crémaillère. Une rage véritable, honnête, sincère, pas un caprice de gamin gâté qui se prend pour Vin Diesel parce qu'il a trois poils sur le menton et qu'il s'est acheté un marcel blanc au Tati de Barbès.

Meilleur moment pour écouter le disque : coincé dans le metro.

mercredi 8 décembre 2010

Biohazard : uncivilization


Mesmérisant de nullité, magnétique de platitude et de vanité. On me dira, c'est normal, j'ai choisi l'un des pires, le premier album de Korn de Biohazard, celui où le subterfuge est comme Evan Seinfeld : trop gros ; ça ne prend pas, pas assez racaille, tout ça. Mais ça vaut pour n'importe lequel de leurs albums à la très solitaire exception de Kill or Be Killed. Ce n'est même pas tant qu'on ne les reconnaisse pas : tout comme sur Mata Leão, un de leurs albums, à ce que j'ai pu constater, les plus sucés jusqu'à fondre, l'album de Helmet de Biohazard, on reconnaît fort bien la patte Biohazard - je ne parle pas du fameux duo petit roquet/petit bouledogue, ou du hip-hop poussif, ou des riffs ... ah non, pardon, l'appellation "riff" n'est pas appropriée à Biohazard : je parle de l'hypnotisante vacuité de tout ceci. Déjà à l'époque d'Urban Discipline, alors que mon épiderme était aussi vierge que mes sinus et que ce que j'écoutais de plus violent s'appelait le Black Album, alors que Biohazard était le seul groupe de hardcore que je connaissasse et que la seule intégrité qui m'importait était celle de mes glandes sébacées, j'ai toujours trouvé aux "Bio" une écoeurante et capiteuse odeur de fausseté. Dans tout ce qu'ils font. Biohazard, infailliblement au gré de leurs albums et de leurs diverses tentations, ont toujours réussi à ne prendre que le pire, du metal, du hardcore, du hip-hop. Biohazard seraient presque les Cypress Hill du hardcore, n'était-ce que Cypress Hill fait les choses avec un talent insolent.
Il se peut très bien, pour ce que j'en sais, qu'ils soient vraiment de Brooklyn, comme ils l'aboient de façon hilarante sur leur premier, c'est le cas de le dire, effort ; il se peut très bien qu'ils aient connu à outrance la misère et le ghetto ; mais ils réussissent, avec un brio qui n'appartient vraiment qu'à eux, à faire sonner tout cela creusement mythomane, mal gré qu'en ait la convexité de leurs pecs - non mais, Billy Graziadei ?? C'est sérieux, cette dégaine ? J'ai connu un d.a du Rex qui était son sosie, par la suite. Il s'appelait Valéry.
Non vraiment, croyez m'en sur parole, le seul disque d'eux à écouter, c'est Kill truc, celui où ils atteignent enfin la sombritude tant désirée, puisqu'il est aussi sombre qu'une Golf GTI noire surbaissée à énorme becquets et flaming noir fluo.

Mes excuse l'Apache, mais il fallait que ça sorte.

mardi 7 décembre 2010

Urfaust : Der Freiwillige Bettler


La soirée dérapage de Sean Archer avec les sauces de Castor Troy se téléporte, par le truchement d'un acide pas mal méchant, dans Le Nom de la Rose ; Ordo Equilibrio joue des reprises folk de Darkthrone ; le groupe monté par Gaahl, Roger Karmanik et MZ.412 joue des slows et du Joy Division pour le prochain David Lynch ... et toutes sortes de ravages intestinaux rituels et autres bonheurs sans fin pour l'amateur d'hémorragies doom excessives et gothiques en manque de Skitliv.

Biohazard : kill or be killed


On ne va pas discuter de la nécessité ou pas devant Dieu de contextualiser : je n'en suis pas capable, c'est tout. Et ainsi que j'aime à le dire, ce n'est pas contextualisé qu'Overkill me mit une baffe, c'est en 2008, et dans l'état de mes connaissances et expériences d'alors, et c'est aujourd'hui en 2010 qu'il met encore une cuisante à peu près au monde entier.
Les vieux Biohazard, j'ai beau faire, je peux pas. Soit je pense à du Suicidal sans le mojo, soit du Prong sans le vice, soit les deux à la fois, mais dans tous les cas, ça ne passe pas. Tandis que celui-ci, qui irrite les vrais fans, avec son accordage en korn mineur, ses tempo andante panterabile toujours à la limite du Crowbar, ses ambiances sinistres indécrottablement nineties, ses vocaux qui se rêvent des gros roustons death metal, son bouga-bouga ringard comme du Obituary récent, son épais beaufcore qui n'a que châtiment et survie à la bouche, idéal pour se secouer les tétés et les bajoues tel un catcheur ou un combattant MMA tuné jusqu'aux yeux ... C'est d'un clinquant total qui leur va bien mieux que l'intègre indigence des débuts, c'est laid comme du Life of Agony, et ça vaut bien mieux que la majeure partie des jeunes trucs beatdown trop dangereux et deadly serious d'aujourd'hui, parce que c'est aussi impossible et attachant qu'une doudoune de Jesse Pinkman.

samedi 4 décembre 2010

Motörhead : The Wörld is Yours


Pas que j'en aie une folle envie, ça fait un peu plus d'une semaine que je la repousse, mais quand faut y aller faut y aller comme on disait dans mes années tendres, et puis j'ai réussi à atteindre deux écoutes et il est plus que probable qu'il n'y en aura plus d'autres. Procédons donc, dans la dignité.
Il y a eu Overnight Sensation, il y a eu Snake Bite Love, il y a eu We Are Motörhead. Il y aura The Wörld is Yours. Le titre ne fait pas tout. Certains albums sont juste du Motörhead, mas en pas bon, en plat, en lavasse, en orchestre de mariage, en boîte automatique sur la six voies, en "y se passe rien" - ce qui n'est pas tout à fait vrai ; il se passe des choses sur ce disque ; des terrifiantes ; des effarantes ; passée une première moitié de disque préoccupante, où l'on s'efforce - l'horreur - de trouver des points intéressants dans une bouillie de boogie ricain stéroïdé bien à l'image de ce que dégage le scandinave batteur en concert, et bien peu à celle de ce que dégage Iannoche dans les étoiles - cependant que ledit touille lui aussi une bouillie verbale inintelligible, incontinente et au léger fumet de gâtisme - tout soudain, disais-je, débarque "Rock'n'Roll Music is the new Religion". Oui, monsieur. Oui, elle est aussi catastrophique que son titre. Mais pas autant que son refrain qui se souille sous lui en bavant sur tout le devant de son pyjama. A partir de là, on ne cherche plus les "interesting points" ("yerk"). On trace comme un dératé à travers les morceaux, on trace pour sauver sa santé mentale. Peut-être bien que Lem a simplement tété le cul du joint de Jus Oborn, mais si chez Electric Wizard je puis trouver la nullité géniale, ce n'est pas le même barème pour Motörhead.
La prochaine fois, Lem, j'en doute pas une seconde. See you.

jeudi 2 décembre 2010

Clutch : robot hive / exodus


Lors d'une récente foire à l'embrayage sur Slow End, celui-ci m'a filé sous le nez - dans les règles, sans embrouille - mais j'en suis encore tout drôle, car j'avais de quasi-prêt ceci :

Chaque album de Clutch ou presque, on le sait ou l'a appris, est sinon le meilleur, du moins le plus quelque chose. Robot Hive, c'est le plus, non pas blues, puisque j'ai eu la témérité de décerner le laurier à Beale Street, mais alors le plus r'n'b. Certains Clutch sont des usines à tubes, avec la grossièreté un peu cavalière, la succulente vulgarité que cela suppose ? Celui-ci n'est en toute modestie fait que de munificence, de morceaux d'une classe renversante, de riffs à la saveur sans fond, le plus funk deluxe, le plus vexatoire pour RATM et Soul Coughing à la fois, le plus gospel, le plus feeling. Certains Clutch brisent, rompent et désarticulent ? Celui-ci onduline moelleusement le hara. Il est imparable, éblouissant de simplicité et d'évidence solaire, âpre et gouleyant, boisé voire sciuré et pourtant étourdissant d'élégance naturelle, infaillible de fluidité et de mâle assurance débonnaire. Ici Clutch ne fiche pas le feu qu'aux jambes, ne fiche pas le feu qu'à la boyasse, ici c'est l'incendie intégral, qui coule par toutes les artères, danse en cambrant les organes sur son passage, et rit doucement. Quality time, et money time dans le même temps et la décontraction la plus impériale.
Bref, on a saisi la gravité de la situation, et vous aurez tout le temps du disque pour ajouter ad libitum tous les superlatifs ravis qui manquent ici.

mercredi 1 décembre 2010

Synapscape : Rage

Déjà, vu la tronche de l'artwork, entre son noir charbonneux, ses chairs contorsionnées et sa typo bourrine, tu sens d'emblée que tu vas te prendre un vieux truc glauque et massif dans la tronche, du genre grosse musique de nightclub-bunker-bitume tout droit sorti d'un Kounen circa Vibro-Dobermann meets Noé circa Rectum. Noé justement, j'en revenais l'autre jour, tout lobotomisé d'un visionnage d'Enter the Void, vidé par le bad trip post-mortem et la bande-son totalement hypnotique. Qu'écouter dans une phase quasi-trauma comme celle-ci ? Avec son démarrage glaçant, façon musique de morgue, ses vieilles nappes toute frigides, ses beats tech-indus compactés en bloc de béton, ce disque semblait tout indiqué. Post-mortem ? Indeed, ambiance rave létale organisée dans un blockhaus d'anthracite près du centre de la terre, où le peu de lumière en stroboscopique filtrant dans le décorum permet tout juste de distinguer la masse humaine épileptique, glissant, ondulant péniblement au rythme des grincements de cette techmort désincarnée, et grisamment abrutissante.

lundi 29 novembre 2010

Dure-Mère : sangre


J'aurais aimé faire un peu moins fatras que le live report plus bas. Mais je suis toujours bien en peine de vous peindre correctement les tempêtes que dans le ciel éveille la musique de Dure-Mère, où elle claque de la langue, jappe et fait des entrechats, l'œil hanté, amoureusement carnivore, dans les voltes et les fentes de ses romances de guerre, dans les animales embardées de son tango brinqueballé d'escarmouches en taïgas mal famées, dans les heurts aériens de son jazz lardé de surinades au foie, dans les sures plaintes de son blues de loup des steppes, dans les vivifiantes grêles de son mieux que bel emocore cabossé avec bandonéon fou, guitare sèche et rugueuse et batteur aux caresses électriques.
Mais vous savez ce qu'on dit ? Le mieux c'est d'écouter. C'est beau l'Hérault l'hiver.

Swans, 28/11/10, Carré Bellefeuille, Boulogne-Billancourt

Binaire, Godflesh, Kill the Thrill, oublie, oublie toutes tes vertèbres sans en oublier aucune. Swans leur ont appris la répétition à tous. Folk, guitares acoustiques, Devandra Banette, Angels of Light ? Comme dirait papy Yow, WHAT THE FUCK ? Oublie, vermisseau.
Les Swans jouent toujours ce qu'ils ont toujours joué : de la musique sacrée. Jusqu'au KO ? Un peu après. Jusqu'à l'évanouissement ? Un peu après. Jusqu'à ce que mort s'ensuive ? Un peu après.
Swans joue le gospel jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de toi, plus de raison, plus de raisons, plus de sens, plus de douleur dans tes chairs bleues, plus de sang, plus de résistance, plus de foi, plus de notion de rien, plus que la soumission. Et là, Gira te tombe un merci final lesté de son sourire de lumière. Et c'est là que ça monte pour de vrai. Sec.

Une pensée pour tous ceux qui n'ont pu, de ce que j'ai vu, le faire, Régis, David, Marcal, Dom, Olivier, Olivier, Alexis. Jésus, lui, était là.

P.S : et comme dirait McKaye (sans doute cité à la Conférence sur l'Encyclopédie du Punk Rock) : No Bunny !

Agnostic front : Something's gotta give

Toujours dans la famille bien dégagé derrière les oreilles je demande maintenant le grand frère. Les plus thrasheux d'entre vous se souviennent peut-être de Lawmower deth et du titre A for Asswipe. Le A en question ciblait directement Agnostic front et le trip megalo de Roger Miret à sa sortie de zonzon. Ptet qu'en cherchant bien on pourrait dater de cette aventure le début de la fascination des coreux pour les gangstas, je sais pas. Mais je radote, je digresse, bref je vieillis. La galette ci présente reste un disque encore bien ancré dans le punk, que les fans de SOIA connaissent déjà sûrement et sur lequel les autres devraient se pencher histoire de s'encanailler un peu.

Meilleur moment pour écouter le disque: au pti déj, un lendemain de grosse cuite.

Warzone : Open your eyes / Don't forget the struggle, don't forget the streets

Dans la famille bien dégagé derrière les oreilles je voudrais le tonton. C'est à mon avis, et pour le peu que j'en sais, avec Warzone et Agnostic front que la scène NYHC assume enfin ses racines skinhead, choeurs virils et reprises de vieille Oï à l'appui. On est ici en plein dans les années 80, les groupes mythiques de la bay area pondent des disques incontournables alors qu'à l'autre bout du pays un nouveau son déboule dans le Lower Eastside. Le cheveu s'y porte court, la doc martens montante, le bomber se substitue au perfecto.

Meilleur moment pour écouter le disque: en soirée, en prenant une grosse cuite.

vendredi 26 novembre 2010

Haarp : The Filth


Pantera qui joue du Evoken, t'as déjà essayé de visualiser ?
Si tu penses que ça doit ressembler à du vieux Crowbar, tu as raison.
Si tu penses que ce doit être ultramoche, tu as raison aussi, mais tu sais peut-être aussi que le sludge, si c'est pas moche, c'est que c'en est pas.

Et si tu aimes mosher au ralenti, tu ne sais peut-être pas que tu ne sais pas encore ce que ça peut vraiment vouloir dire.

mardi 23 novembre 2010

Negative Approach : Total Recall


Acquis récemment afin de régulariser quelques mètres de bande magnétique qui prenaient la poussière sur une étagère. Culte chez les porteurs de chemises à carreaux adeptes de spatules forgées et autres nivelles à crochet, le tout premier EP de Negative Approach est une petite bombe annonçant la vague NYHC à venir (voir 3 posts plus bas). Il y a des skeuds qui s’apprivoisent, d’autres qui s’imposent dès la première écoute. Celui-ci en fait partie. Hardcore sing along à la fois vif et bas du front (influence "oï à papa") produit par des morveux hostiles et complètement paranoïaques qui ne s’en laissent pas compter, ce premier EP, plus que direct, semble emprunter des raccourcis neuroniques pour s’adresser au couches les plus primitives et instinctives du cerveau. C’est d’la balle, d’la balle folle, qui à elle seule vaut l’acquisition du CD. Le reste ravira les archéolo-coreux, notamment les deux lives au son médiocre et la démo au son médiocre.

We won't take any shit and we're not about to leave

lundi 22 novembre 2010

The Warlocks, Dure Mère, 22/11/10, le Rockstore, Montpellier

Le Rockstore : le verre de vin est à 3.80. Pas d'autres questions, votre honneur. Dommage, l'endroit est joli - mais la programmation a paraît-il redoutablement baissé de niveau depuis que je suis en ville. Beaucoup de guillaumes canets et de thurstons moores, forcément.

Dure Mère : la revanche du concert de The Unknown Project, dont ils étaient la tête d'affiche et où je ne les vis point, rassasié comme j'étais. Et donc, ça commence comme un accouplement de deux de mes plus suaves coups de coeur de cette année, Krugers Medbragte et Tyft, à savoir tangojazz qui fait voyager par forcément moult remous, à savoir mieux que très bien, et puis c'est libre comme Max Caballero en beaucoup plus souple, et ça joue ça tight comme si que c'était du Rise & Fall ou du Trelldom, et avec une classe et une simplicité renversantes, et que ça te met une tranquille calotte à tous les machins spazzjazzgrindacoustic que vous voudrez, Painkiller, Nostromo, Zu, toutes ces salades défraîchies ... Comment mettre une sévère tarte avec des dégaines de squatteurs de cafèt de fac de lettres - en même temps, quand c'est recommandé par papi Delpi, on se méfie ... Arrêt au stand impératif.

The Warlocks : peut-être que Dure Mère n'était pas la première partie idéale ; peut-être que si j'avais réécouté un des deux albums que je détiens, je me serais rappelé que tout le monde s'extasie sur le reste de leur parfaitement soporifique oeuvre, Heavy Devy Truc en tête ; il est certain que l'on sent diffusément qu'il se passe quelque chose de sinistroïde là-dessous, sous ce tranxen-stoner-garage coinços ; toujours est-il que j'ai hélas et comme il était sans doute à craindre trop pensé à My Bloody Nougatine et pas assez ni à REM ni à Cure ni à Remi Zero, que le mec n'a pas assez usé de sa voix aigrelette, et que The Warlocks ont le charisme d'une barquette de noix de pétoncles, la caricature de bassiste y compris - forcément asiate, forcément dégingandée, forcément arquée et secouée comme sur un wishbone par temps d'orage à son énorme engin, une fleur derrière l'oreille ...
Toujours est-il qu'il fut rudement bon, au premier baisser de rideau d'un set apparemment très court, de filer attraper le tram au son d'un Igorrr qui, j'en profite pour le signaler puisque la minablement hâtive chronique l'omet, sait quant à lui faire jaillir du n'importe quoi la tangible beauté.

Foetus : Hide


On ne namedroppe pas du péquenaud de rocker lorsqu'on aborde Foetus. Non Monsieur. En revanche, on peut se fendre d'un Blade Runner produit dans les années soixante par Albert Broccoli mais joué par Timothy Dalton, dans les décors de La Foire aux Immortels remaniés de Bilal par Jules Verne, avec en chemin une sévère embardée vers un Frantic steampunk et lycanthrope, des cameo à prévoir de Cary Grant et Mia Farrow, et naturellement Christian Vander dans un rôle de méchant initialement écrit pour Christopher Walken.
Enfin, je dégoise, je dégoise, mais en vrai on est surtout agrafé à son fauteuil, inondé de partout et palpitant à tout rompre.

Madball: Set it off

Ok, là vous vous dites papi il a laché la rampe, vlà qu'il gronique du Madball. Et pourtant, et pourtant...

Je suis vraiment pas le dernier dès qu'il s'agit de médire sur l'actuelle scène hardcore New-Yorkaise, ça vous êtes au courant. Pourquoi ? Parce qu'elle a été initiée par des gars qui approchent maintenant la quarantaine, et qui ont de fait grandi avec tous les groupes thrash et death de la grande époque, ainsi qu'avec le hardcore dans ce qu'il avait de meilleur. Tous ces ingredients on fait le succès des Subzero, Maximum Penalty, Cold as Life, All Out War et j'en passe, dans les années 90. Mais 15 ans plus tard, la plupart des groupes se réclamant de ce glorieux passé se complaisent dans une autosatisfaction crasse, célébrant un eternel tribute à eux-mêmes. Une glorification de soi homo-érotique, du cliché gangsta que même un Xzibit trouverait forcé, à des années-lumière de l'esprit originel. Des riffs d'une facilité à faire passer Manu Chao pour du Gorecki. Du tough-guy qui a sa table réservée dans le coin VIP des boites à la mode, au diable la street cred. Alors pour du lourd, c'est du lourd, ça on est d'accord. Juste qu'il faut plus chercher du côté de Marianne James que du monolithe noir. Mais revenons en arrière, à l'âge d'or en somme, avec ce disque: 30 minutes sur la brêche, de slayer en survet et de punk de salle de gym. Racaille deathcore si vous voulez. Une putain de galette ultra dynamique comme Hatebreed aurait aimé en sortir.

Meilleur moment pour écouter le disque: en sortant de chez soi tel Tony Montana allant acheter son pain.

jeudi 18 novembre 2010

Igorrr : Nostril


Le breakcore, ce douloureux problème. Sans le talent, l'hystérodéglingodélire peut trrrès vite devenir assommant - aussi vite que ça breake et beate, en fait.
Heureusement, on ne parle pas de Bong-Ra ou de Sickboy - puisqu'on parle d'Igorrr ; c'est à dire qu'on n'a pas beaucoup à craindre : on y retrouvera facilement et à loisir, évidemment la louferie lunaire de Whourkr, et aussi la louferie brutasse de Doormouse, la louferie anxieuse de Cdatakill, la louferie massicoteuse de Vsnares, la louferie paludique de Lab° - mais aussi et encore plus évidemment une louferie totalement Igorrrique : baroque, capiteuse et tragique, Barrylyndonienne à la limite, tellement somptueuse que je ne vais pas pour une fois inventer du verbe et tenter de rivaliser, en décapsulage de cantatrices, à la tronçonneuse de Gambe ou avec une maestria de danseur de salon carrément digne des divins Pryapisme, mais plutôt vous renvoyer directement à cette écœurante beauté qui vous situera mieux que mappy le théâtre des vertiges.
Igorrr c'est comme un piranha qu'a rasé ses écailles : f'est frais, mais f'est pas grave ! (les piranhas ont un cheveu sur la langue, vous l'ignoriez ? le votre, en général)

mercredi 17 novembre 2010

Dark Quarterer : st


Alerte orange à la rutilante averse de broderies mélodiques, à en croire que cette musique n'est faite que de solos, et en remettre en mémoire les plus moites premières fois, Judas Priest si vous voulez, et Root, et Gates of Slumber, mais surtout et à l'origine de tout Led Zep et Dire Straits (cherchez pas l'intrus, y en a pas) - à en oublier même qu'il y a également cette fabuleuse voix, pour qui cheesy n'est assurément pas assez, si l'on omet de préciser qu'elle fouette l'air déjà fauve de vives et médiévales refoulances de feta, de provolone et de reblochon un peu blet.
Mais il est notoire et assumé que j'écris des commentaires en lieu de chroniques, aussi vous renvoie-je directement à mes édifiants appendices à cette putain de puncheuse.

jeudi 11 novembre 2010

Sheer terror : Ugly and proud

Pour ceux qui l'ignorent, sur la pochette, c'est Paul Bearer, le chanteur. Par contre le mec tatoué je sais pas qui c'est. La hargne metallique du hardcore à la Cro-Mags, un sens de l'humour blasé-misogyne estampillé Type-O, un guest de Tommy Victor, il y a pas à chier on est clairement dans ce qui a fait les grandes heures de la scène newyorkaise du début des années 90. Viril mais qui chiale dans sa bière, ça joue les durs mais ça tombe amoureux comme un ado. Ca piccole, ça se bagarre, ça joue au billard, mais ça porte bien le costard. Crooner laid et fier de l'être, mais ça aurait aussi bien pu s'appeler affreux sale et méchant, evitez les aliments trop gras ou trop salés, boire avec modération, ou même voire surtout, manger bouger. Voilà c'est tout pour les recommandations du ministère de la santé. Enjoy.

Meilleur moment pour écouter le disque: en cuisinant un bon chili.


mercredi 10 novembre 2010

Dénoncez-vous

Qui a tapé "dans tes poumons crevette" dans google pour arriver ici ? Trois fois ?

Discarga : Happy Night Electric Experience


En juin 1992 Bordeaux reçoit la visite de la reine d’Angleterre. Pour l’occasion la ville met les petits plats dans les grands et tout est peaufiné dans les moindres détails. Les meilleurs chefs locaux sont réunis pour préparer les gueuletons, on va même jusqu’à capturer les pigeons afin d’éviter tout "incident" lors du passage du cortège. Personne ne chie sur la reine d’Angleterre. Jamais. Voilà pour la version officielle. En réalité, le service de sécurité voulait réduire à néant le risque d’attaque lié à l’Iocus Columbam, un mal frappant le pigeon sédentaire (le pigeon migrateur n’est pas concerné). Ce trouble du comportement, la plupart du temps bénin (le malheureux picore lamentablement à côté des graines), peut aussi dégénérer et engendrer alors ce que l’on appelle communément un pigeon coup d’boule. J’explique pour ceux qui ne connaissent pas : on peut comparer le pigeon coup d’boule à l’amok malais ou au bersek scandinave. Le pigeon coup d’boule prend de l’altitude, plonge en piqué en repliant ses ailes et se redresse in extremis à hauteur d’homme pour planer à toute bombe, droit devant lui, la tête rentrée. Il ne change pas sa course. Quelque soit l’obstacle. D’après les scientifiques, il s’agirait d’une forme de suicide, destinée à rétablir certains types de déséquilibre démographique. Un phénomène assez rare, encore mal expliqué, mais qui s’est tout de même produit plusieurs fois à Bordeaux au cours du règne Chaban. Ainsi, au début des années 80, une poignée d’entre eux exécuta un "raid" sur la place des Quinconces en pleine fête foraine, blessant un gitan et une mère de famille. L’un de ces pigeons connut un sort peu commun. Alors qu’il semblait avoir verrouillé sa trajectoire sur une fillette une brusque rafale lui fit manquer son objectif. Il traversa la barbapapa que la petite tenait dans sa main droite puis s’écrasa contre un baraquement. J’ai tout vu. J’avais huit ans. L’écoute d’"Happy Night Electric Experience" me ramène l’image de ce volatile agonisant sous un soleil de bible, momifié dans des fils de sucre, ses derniers soubresauts soulevant des touffes de coton rose qui retombaient ensuite voluptueusement sur son corps en partance. Trente-quatre titres de pouillerie express à la Lärm / Intense Degree, en plus varié ; trente-quatre spasmes de violence suave, barbapapesque jusque dans sa reprise overclockée de Doom.

You gotta get speed. Demon Speed. We need speed. Speed's what we need. We need greasy, fast speed!

Meurtre - demo + concert de soutien à la ferme agro-poétique de Malescalier, CICP, Paris 11

Au début, tout allait bien : Soum était une petite lande sans histoire, où régnait paix et sérénité. Il y avait, entre moi et Gulo, un accord tacite : il avait Binaire, j'avais Death to Pigs (dont il faudra bien que je vous cause un de ces quatre), et tout le monde était content. C'est quand Meurtre a débarqué que les choses ont commencé à se gâter…
En même temps, avec un nom pareil, il fallait s'en douter, que ces cons allaient foutre le bordel. Parce qu'il faut avouer que Meurtre porte bien son nom. Eh! Oui, aussi évident que cela puisse paraître, il faut quand même le dire, voire le gueuler à coup de porte-voix, mais Meurtre TUE. Meurtre lamine, étouffe, évide, sans soif à étancher, Meurtre est une déclaration de guerre, guerre à l'apathie, guerre aux institutions, guerre à la paix. Pétage de plomb, point de rupture, merde à tout, art-rock foutage de gueule, Meurtre sonne l'urgence, à coup de bricolo-punk poutral, on tape sur tout ce qui bouge, pédales, tambour, basse, avec les pieds les phalanges, et tout ce qui passe sous la main. Meurtre sur disque sonnent Brainbombs, Swans, Hems, plein d'autres choses sans doute, mais surtout, Meurtre sonne meurtre. "ici, radio capital", saturation d'information, économies, carrière, acheter, devenir propriétaire, avant un final avec la chorale-synthé des lobotomisés de Saint-Anne, comme pour te dire tu seras le prochain. Des montées en veux-tu en voilà, du cassage d'ambiance - Paix ! - et et cette basse qui t'écrase ou te tabasse, tient le timon de la chicore pendant que les complices font du freestyle - parce que ouais, autant en studio, c'est très évocateur, autant en live ils ont beau dire, de la rage, ils en ont à revendre, la bête est encore plus débridée, encore plus n'imp, lecture de catalogue, porte-voix-sirène d'alarme (pas faute de l'avoir dit), improvisation, je passe les détails ; une leçon d'artisanat scénique, une panoplie d'outil quasi-inépuisable. À se demander ce qu'ils faisaient, tous, à regarder pendant que ça gueulait sur scène, ces gens qui avaient l'air de dire que Meurtre c'est bien, sans rien de réellement démonstratif lors du set proprement dit, dommage. Moi j'ai pris ma claque, troisième du nom, je pars dès demain en route de ma quatrième : ça se passe à Nanterre et je vous conseille fortement d'y être si vous ne voulez pas que Meurtre vienne à vous. N'oubliez pas ! Meurtre a plein d'outils qui n'attendent qu'à être utilisés ; c'est chose désormais dite, vous êtes prévenus.

Bad Tripes : Phase Terminale


Alors là, on rentre carrément, vous le pressentez en frémissant, dans ce que les jeunes appellent : du lourd - d'ailleurs, comme les grattes le sont, les métalleux croient que ça s'adresse à eux, mais nous y reviendrons.
Question mocheté, on est servi voire gavé façon oie - où l'on comprend brusquement certain idiomatisme toulousain. A l'appel : gouaille théâtrale réalisto-grandguignol d'une Juliette Nourredine en rangeos, surlignée ambiance accordéon en bavoir de la boutique Delicatessen, synthés goths à imprimés Tati, riffs punk-neo de bordée, Rammstein déclamatoire sans la vaseline des pouet-pouets fédérateurs, chanteuse à textes "provoc" qui cite Costes et vient de chez les Eths, trip (oui, il l'a faite) infirmière-chaperon-rouge-sm-sang-caca-juduzizi, histoires d'Adolf, d'Eva et d'hikikomoris : pas vrai, que ce disque a toutes les clés en main pour être abominable ?
Eh té ! figurez-vous que ce disque fait surtout juste putain de bien. Il se réclame des Tétines, et le pire c'est qu'il a pas tort, sous ses airs rustauds, car comme ils l'ajoutent finement, on parle des Tétines le groupe de chez Boucherie Prod, et que cette musique-là déborde la générosité à qui peu chaut sa vulgarité et son timbre harenger à la Karin Viard, des Garçons Bouchers, de Pigalle, des Rita, des VRP et de la fête foraine. On croyait voir venir un vent à la Lussi, on se retrouve avec des larrons qui se seraient entendus avec le Boris de "Fais-Moi Mal Johnny" et tout ce qui s'ensuit. En fait, on va pas tortiller cent-sept ans : Bad Tripes c'est pas pour les métalleux, ces coincés, Bad Tripes c'est gras, cru, moche, musqué, fauve et bon comme une vraie bonne tranche de cul.
Patricia Porasse, enfin ton flambeau est empoigné à nouveau.

mardi 9 novembre 2010

Killing time : Brightside

Ton chien est parti avec ta femme, ta femme avec ton patron, et ton patron a délocalisé en Chine. En gros tout ce qui te reste c'est ta bite et ton couteau. Et ce disque sur une étagère, le seul que les huissiers ont laissé parce que t'as mordu la main du mielleux qui voulait le prendre. C'est pas pour rien que notre binoclard préféré de J. Gestapo en a mis un titre dans la programmation sur GTA IV, parce que les gars sur ce disque ont le feu sacré. Facilement un des meilleurs disques de cette époque ô combien bénie, mais bon je verse facilement dans le vieuxconisme alors je m'étends pas là dessus. A vous de juger.

Meilleur moment pour écouter le disque: ces journées où t'as l'impression d'être entouré de connards. Heureusement, elles sont rares ces journées, non ?

Master Musicians of Bukkake : Totem Two


Première déception, au sens briton du terme : MMoB (ne pas confondre avec MooB) ne donne ni dans le grind ni dans la giclure (d'acné). On apprend donc un beau jour, comme quoi il peut servir d'encore lire des magazines, qu'ils regardent l'Orient et font dans la mythologie, aussi l'on s'approche. Seconde déception, dans les deux sens du terme : Totem Two n'a pas la grâce agile qu'on lui fantasmait un peu étourdiment, ne nous emmène pas dans les tonneaux et loopings espérés de ses volutes, ne virevolte pas dans des montagnes russes d'acide. Oh non. Ce n'est pas pour rien que plusieurs de ces mecs jouent avec Sunn O))), Burning Witch, Asva et ainsi de suite. La musique de MMoB est mythologique, assurément, ce qu'on pourra associer à monuments, pourquoi pas, mais surtout à autre conception du temps. Là où elle nous transporte, on prend le temps ; de contempler ; de ressentir ; de se laisser ablutionner ; de prendre la mesure des choses, de les soupeser - sur soi, comme l'on fait d'une lourde mamelle ; on ne s'égaille pas, babillants, en tous sens, l'on goûte cérémoniellement, duramment, le suc de chaque chose ; la musique de MMoB est pesante, oui, à côté d'elle Dead Can Dance ont l'air de Korpiklaani ; songez plutôt à ce vieux film de John Milius, là, vous savez bien ... Elle s'appesantit longuement et lourdement sur des motifs simples, lents et empesés, dont elle fait éclater silencieusement l'opulence altière, la lourde masse de grâce en lévitation, pesante majesté, éclater au ralenti, absorbant sans heurt dans la marée de son émerveillement fluide qui enfle et englobe, sans résistance, sans brutalité mais sans détour, par son simple pouvoir, qui se révèle dans toutes ses dimensions tandis que le disque nous fait tourner - lentement - autour de la colossale présence, de l'idole. Ah tiens, le disque s'appelle Totem. Comme qui dirait que je me suis déceptionné tout seul.

Ehnahre : Taming the Cannibals


tl,dr