vendredi 15 janvier 2010

Gaza : He is Never Coming Back


Ils n'ont pas le funk rural ni l'apoplexie goguenarde de Coalesce. Ils n'ont pas la folie chlorhydrique de Botch. Ils n'ont même pas le pouvoir exfoliant de votre gamme Ballou leader sur le marché de l'huile essentielle de gravat-gravat.
Et je crois bien que tout cela joue dans la tendresse coupable que j'ai pour ce disque, qui n'a d'abord été une déception que par la contagion d'une ambiance d'attentes qui n'étaient pas les miennes. Ce n'est qu'un album de Gaza après tout, et je suis même bien aise qu'ils soient moins Crowpath que précédemment, ou plutôt, maintenant que vous le dites, uniquement les passages linéaires et empâtés de Crowpath - les seuls supportables, plus virilement dit. Il y a de la maladie et du gros temps qui couvent, dans cette hystérie et ce son sourds et engourdis par le bain de basse où s'arquent des riffs plus grondants les uns que les autres, congestionnés, vaguement écœurants, troubles, glauques au sens hygrométrique, quelque chose incube ici de tropical et morbide. Mousson-core, allez, emballé c'est pesé.
Ah, si : ma seule déception, si vous voulez tout savoir, est pour la piste fantôme, qui entame rudement bien, genre veillée funèbre un mardi après-midi, déserte, absurde, interminable, dans l'église pouilleuse de Kill Bill, genre les Swans filmés par Steve Buscemi ou Hal Hartley ; et finit ... salement, alors qu'elle aurait pu être le sommet du disque et de son étrangeté.

3 commentaires:

Antilope a dit…

Je viens d'enfoncer mon doigt (désolé pour l'image) dans le groggle motör. Vous faites pas du Foetus? Vous devriez, il y a matière.

gégé a dit…

au fait, ta mère me fait dire de te passer le bonjour

Antilope a dit…

Bah, bienvenue à la maison mon poulet! Au plaisir.