jeudi 14 janvier 2010

Jucifer & Show Of Bedlam : split album


Il aura fallu que j'aille à la pêche aux infos sur la page du label pour savoir le fin mot de l'ordre d'apparition des groupes, que j'avais manqué sur le boîtier entrevu matin avant que d'embarquer le disque pour une promenade. Ce qui vous donne une idée en passant du sexe de Show of Bedlam, et du sexe d'ailleurs du disque lui-même, tellement son unité de ton est confondante, et ne rend même pas soucieux de connaître où exactement se passe le relais.
La face teigneuse de Saturne Oestrogène, donc. Ca commence gentiment, L7 enfermées avec les Hazard County Girls dans leur garage-havre par une torpide après-midi, toutes embourbées dans la morosité et à ruminer des projets croquignolets pour les parents des susdites paysannes, et leurs cousins aussi pendant qu'on y est, et puis tiens les oncles aussi et les voisins et toute cette foutue bourgade de pourceaux nuisibles. Et puis comme on fait son lit le soleil se couche, sans qu'on s'en aperçoive, et ces demoiselles sont sorties de leur antre ; et c'est la sévère remise des pendules à l'heure. Tout le monde en prendra pour son grade. Made out of Babies, Hecate, Lydia Lunch, Diamanda Galas, Pain Teens, Penis Envy, Juju, les gamines ulcérées nous crachent tout au visage tout en nous prodiguant de sarcastiques attouchements, attachés que nous voilà au poteau installé dans le jardin pour jouer aux indiens, dans leur sarabande ivre de démence, dans la rugueuse jubilation où se libèrent des années de menstrues maussades et de consanguinité à perte de vue, où chenilles elles accèdent enfin à leur état de fées ("fée" est un apotropaïsme, vous chercherez ce que c'est dans le dictionnaire pour le prochain cours), à la lueur sardonique des feux-follets, dans l'odeur du gasoil qui alourdit dangereusement l'atmosphère.

1 commentaire:

Anonyme a dit…
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