mercredi 6 janvier 2010

Wilt : Cemetery Road / Dead Electroniks


Tout est dans le road. Oui, Wilt est un mec qui fait du dark ambient, sous pochette à têtes de statues, à titres toujours légèrement fromagers. Mais on ne trouvera rien ici d'horrifique, d'outretombal, de croustillant sous la dent de rat. Rien de morbide ? Faut pas déconner non plus, la route mène bien où elle dit. Elle est belle, cette route d'automne hantée, elle est paisible de soumission à la fatalité, à l'heure qui vient, nul colifichet non plus, le poids qui ralentit le pas n'est d'aucune culpabilité ni remords, mais d'une vie bien remplie de la poésie terrestre ; l'esprit n'est pas tout à fait léger non plus, mais il continue à se laisser butiner et effleurer par chaque instant, chaque sensation rêvée qui passe, en fait on en oublie où elle va, cette route, à mesure que les arbres et leurs envoûtantes arabesques se peuplent d'écharpes de spectres, que le crépuscule se pastellise de plomb, que la bise se fait solide, que le temps s'alanguit et baille et que les corneilles semblent des nymphes, que les dryades perdent chair par plaques, que le ciel devient grotte et les grincements mantras. Toute prise lâche dans la limpide joie vespérale.
Je sais pas vous, j'ai toujours préféré Poe à Stephen King.

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