vendredi 26 février 2010

GTKO-GTOK vs Noise, 25/02/10, Glaz'art, Paris


Nicolas Dick : trippy dès une scotchante intro toute en couches de sa propre voix - c'est que j'avais presque oublié quel magnifique timbre il a - et malgré quelques moments un peu trop bucoliques pour bibi, Nick the Dick sur sa petite chaise le nez dans ses potards à jongler entre bottleneck et autres accessoires dégage un charisme fiévreux à la Broadrick, plus lunaire que nerd, à tel point que j'en ai oublié jusqu'aux dernières minutes de fermer les yeux, ce qui du peu que j'ai pu en juger est un tort, tant la cathédrale de ressacs avait l'air encore plus belle dans le noir.

Kimmo : "elle a la voix de Björk, horrible. mais il a la voix de Binaire. dommage il chante peu" "on dirait du mauvais Polysics" - de notre envoyée très spéciale à l'intérieur, par sms ; j'étais dehors, j'avais un colloque d'experts ès-Birmingham sur le crust et Fetisch Park

Kourgane : s'il y a bien quelque chose qu'ils m'ont fait ravaler, c'est la comparaison vocale avec Bernie Bonvoisin, puisque le chanteur a mis bien quatre morceaux avant de fugitivement l'évoquer, et m'a surtout fait penser au chevrotement du bêleur d'Orthodox, pris de danse de Saint-Gui ; en revanche je ne regrette plus d'avoir évoqué par supposée maladresse Meshuggah, car il s'agit bien de la même chose malgré l'absence totale de metal : même rigourigorisme rigoureusement ultrafunky et hilare, même raideur fluide à en dissoudre toutes les cervicales à la ronde (j'attends incessamment le début d'un torticolis qui durera une semaine) ; je ne ravale pas non plus la formule d'Oxbow français, c'est aussi la même chose qu'eux tout en étant pas du tout la même, point ici de muscu en costume de lin et rideaux cramoisis, et pourtant même feeling de noise rock idéal : tabassulatoire et trépanant à la Unsane, et dans le même temps exquisément élégant et raffiné, mortellement intello autant que fatalement physique, à en rendre sexy leurs t-shirt à col en v, anguleux à s'en péter les lombaires et liquide à en vomir d'extase, radicalement étrange et viscéralement évident, de la poésie qui rend fou pour aller chasser à quatre pattes - en un mot comme en cent : baballistique comme l'enfer. Concert de l'année, emballé c'est pesé.

jeudi 25 février 2010

Hems : Lourd comme l'Air


A quoi comparer ce Hems ? Au rachitisme des morceaux les plus démunis et désemparés d'In On The Kill Taker ? Au dépouillement contondant des austères arrangements electro de Greed et Holy Money ? A la misère morose d'Unknown Pleasures, Closer et Seventeen Seconds ? Au mongolisme jandekien de Big Black et Sister Iodine ? Aux beatboxes en trépans low-cost des frangins Justin et Mickouille ?
Et pourquoi ne pas, pour une fois, l'avouer vaincu, le convulsif de la comparaison ? Cet album n'est rien d'autre que ne dit son titre, lourd comme l'air. Et nu, aussi, comme l'air, vide et suffocant, comme l'air, et coulis gelé dans les os, saisissant, tranchant. Un bain de mer sous le ciel d'étain de décembre, qui fait carillonner les oreilles, figer les poumons, et emplit l'esprit d'un gouffre frissonnant.

mercredi 24 février 2010

Keep it in the family

Te bile donc pas pour le crypticisme, mon ami, ça c'est moi qui m'en charge ...


Quartier Rouge : les années lumières

La voix. C'est forcément elle qui fera chier un monde sur cet album. Parce qu'en français, impossible de passer à coté, parce que pas à lunettes carrées et repliée sur elle même, pas gueulée réellement non plus, pas de repères ? Pas si loin. Ne pas aimer ce disque à cause de la voix, c'est exactement ce qu'il faut faire pour avoir tort. En plein théâtre, elle gesticule à cœur joie et te sors ses plus beau monologues, toute maniérée qu'elle est. Maman, il faut oser le gueuler au nez de tous dès le début et rester crédible, pas dur à cuire pour autant, seulement à se cramer la main sur la gazinière. Et puis avant tout, sans elle, Quartier Rouge, ce nom qui ne paraît pas gégé au premier clignement d'œil, te saute finalement au cou comme extrêmement bien choisi, tout farci de plaisirs en mi-obscurité. Aussi, la musique, bien qu'elle même s'éloigne déjà facilement de tous les clichés possibles question noise, hardcore et tous ses dérivés, s'y voit littéralement arrachée grâce au chant, qui la sort de chaque cage ou t'aura voulu la ranger. Il y a du tranchant partout, c'est quelque chose de sûr qu'on aura tôt fait de remarquer, ce qui l'est beaucoup moins c'est la direction que prennent les morceaux d'une seconde à l'autre, parce que s'ils sont tous extrêmement courts, ils sont aussi toujours trois cent mètres devant là ou t'aurais cru les voir. Pas de violence gratuite, mais du noir, du coupant, du cassant, du concassant, du rapide, de l'épique, du court, du criant, du grand.

Et surtout, du théâtre.


Lightbringer

Crucifist : Demon-Haunted World


Petit coup de rabâchage pour cet album qui, je suis à présent en mesure de le dire, aurait dû figurer dans le florilège 2009. Il était d'ailleurs sur ma liste de candidats, j'ai seulement négligé de le réécouter quelque part. Et peu importe au final, il fait assurément partie de ces albums que point n'est besoin d'écouter souventement pour les chérir chaleureusement et précieusement, un de ces trésors qu'on se garde pour de petits moments de bonheur impromptus, égoïstement. Il est toujours là à point, reconnaissable entre mille chaque fois, intactement familier et complice, tel un vieil ami avec qui on n'a plus aucune simagrée. Toujours d'une aristocratique imbécillité qui tient du Darkthrone récent et donc de Hellhammer et de sa crasse qui pique le nez, que de Cathedral et de sa laideur extravagante, toujours d'une alacrité 80s jamais bien loin de la new wave ; et toujours ce blob sombre et luminescent modelé par les doigts de Lilker qui parachève le tout d'une aura gondolée de grotte aux résonnances de casserole transdimensionnelle idéalement cosy pour adorer les dieux cyclopes Voivod et Unholy.

mardi 23 février 2010

Rusted Shut : Dead

Paraîtrait comme ça que je fais une fixette et suis infoutu de passer un moment avec les amis sans lancer un énième non-débat sur la justesse de frappe de Kickback. Ben tiens, en vlà pour toi du point commun avec le citoyen Bessac : je suis pas ton bouffon. Je vais pas te décrire à coup d'outrances verbales que d'autres pratiquent plus talentueusement que moi je ne sais quelle partouze avec me myself and my tisonnier. Dead c'est tout bêtement, et très bêtement, l'épitomé de la crasse et de tout ce qui a la sociopathie d'autant plus dangereuse et nauséeuse qu'elle est crasse et bête, à vos marques prêts partez : Killdozer, Deutsch Nepal, Brighter Death Now, Brainbombs, Whitehouse, The Sodality, Todd, The Horrorist, Eyehategod, Wold, Crust : le gratin dauphinois des cerveaux en patates germées en train de passer à l'état monchéri de la matière. C'est plus qu'une question de powersaturation cocotante et totale, de vils riffs swampy mongol'n'roll, à deux notes jamais distantes de plus d'une et demie, ou de gargarismes au vomi tuberculeux. C'est à sa façon une musique de l'âme - et surtout un remugle qui la suffoque avec une obscène brutalité.

Scorn : Vae Solis

Saperlotte ! Ce coup, je me suis attrapé tout seul, en galvaudant moi-même ces derniers temps les termes précis qu'il allait me falloir pour ce billet-ci.
Car certains disques miment la fébrilité et donnent des désirs de visions, et Vae Solis, qui mérite bien son nom en latin, est la fièvre, assortie de copieuses hallucinations. Il fait de sa proie une grotesque carcasse de cheval qui flotte sur le marais ballonnée par les produits méthanés de sa propre décomposition. Il révèle un monde de psychédélie pétrochimique, il féconde tout le réseau nerveux en nodules obèses qui bourgeonnent avec exubérance, boursouflant tout le champ de conscience de leurs bulles huileuses dont chacune contient un avorton absurde et parcellaire de la démence d'hippopotame de Napalm Death, et de maussades lambeaux de Swans. Ecouté au casque à un moment de trop grande réceptivité (trop tôt au réveil, dans mon cas) il donne lieu à de houleuses polémiques gastriques. Il plonge dans une somnolence molletonnée de cauchemards béats, saturés d'amiante et d'opium, une inconscience qui est un dantesque vagin de vouivre mécanique, une jongle-usine monumentale, tropicale à en faire verdir de jalousie l'un peu romantique Evanescence, et recroqueviller loin dans son conduit le zizi d'H.R Giger.

samedi 20 février 2010

Finitribe : Sleazy Listening


On me croit volontiers confit en nostalgie. Pas plus que n'importe qui, figurez-vous. Cet album est un de ceux qu'on appelait confidentiels ou culte du temps que cela avait un sens. Un temps d'avant les marketplaces et les paypal-myspace, où quand on ne se décidait pas à choper le machin sen-no-sen et à l'aveugle au détour d'un bac, on risquait de l'attendre jusqu'à ... aujourd'hui, par exemple ; certains le regrettent, moi pas. Entretemps bien sûr il y eut le p2p et les cdr et je l'ai dégusté mainte fois, mais ce n'est pas pareil - et ça a sans doute bien enflé l'aura magique de l'album pour votre serviteur. Laquelle, figurez-vous encore, a légèrement fondu. Il est loin, le temps où la drum'n'bass avait les accents du futur, loin le temps où cela me procurait des frissons. Le disque aujourd'hui est typique d'une époque, de ces compils Law&Auder où au gré des pistes ou des couches d'une même piste se contaminaient drum'n'bass, ambient, jungle, glitch, trip-hop, idm, acidtek, nujazz, bleep ... Il reste pourtant un peu plus que mignon grâce à des irruptions mélodiques incongrument hybrides, à cette couleur nouvelle vague paranormale subtile, à son titre évocateur - et, beaucoup, à la participation intermittente du précieux Chris Connelly, à la présence toujours magnétique de son ton détaché, de son timbre grave et aride, et de son débit de comptine maniaco-pas-net même dans ses moments flambeur. Il est la matière même, autant que les torves effluves de violon et d'accordéon, de la gueule d'atmosphère ce petit disque qui doit surtout son capital sympathie à la réalité de sa part d'intangible, de sourd, cette dérive grise, onirique, floue, anxieuse, abrutissante, la gueule d'Harrison Ford finalement puisqu'il m'évoque une incertaine confusion de Blade Runner et surtout de Frantic, auquel il emprunte un nom de morceau et le contraste entre le vocable en question et l'apparente torpeur ouateuse de l'air - lequel lorsqu'il est ainsi épais de paradoxe, prend le nom d'atmosphère, non ?

vendredi 19 février 2010

Triclops! : out of africa


At the Drive-In s'ils étaient noise et pas gayboarders ? The Mars Volta s'ils étaient violents et pas opera ? Jane's Addiction s'ils étaient Easy Rider et pas Point Break ? Don Caballero s'ils étaient Beatles et pas Conservatoire ?
Bien sûr, que ce blog parle énormément de metal : vous avez vu un peu le résultat lorsque j'aventure mes hénaurmes sabots et ficelles hors du champ guignol-peplum-barbebleue-elephantman ? Quand il s'agit de tirer sur les cordes qui actionnent des vérités plus proches de ma vraie vie, probablement, tombé le costume de superhéros ? Je délaye et évite de commencer, en effet, vous avez remarqué ?
Out of Africa est à peu près aussi incandescemment (là-dedans il y a candé) pop qu'Avatar (de CoF, pas de l'autre bûcheron), quand bien même il est vigoureusement irrigué par une tension noise bien d'aujourd'hui que Comets on Fire refoulent quelque peu, mais il a pareillement soif de nature et de vie, de respirer frénétiquement toutes les couleurs toxiques de l'oxygène, de faire de la voltige à travers la toile de ses nerfs jusqu'à l'évanouissement - ou, plus fatalement et trivialement, à aller à la blessure et à clopiner, et larmoyer un peu, sur le dernier morceau et demi, qu'importe, l'investissement est entier jusqu'à la fin et pareil pour la sensibilité. On souffle un peu et on repart. Prochain album bientôt, d'ailleurs.

Welldone Dumboyz : Welldone Dumboyz

Là à droite, je voulais vous mettre une image de l'abominable machin en carton récupéré dans la poubelle jaune, que ces misérables m'ont bricolé pour emballer le promo (bigre, le deuxième, bientôt je vais renommer les lieux Soumzine et demander ma carte de presse), mais mon scanner me fait lui aussi des misères, et vous avez droit à ce non moins abominable gif de promo qui fusille les yeux.
Je dois dire que lorsque j'ai lu la chronique Nextclues de la chose, au vu des balises utilisées je me suis dit que ledit objet aurait mieux atterri dans les pattes que le Moignon n'a pas ; mais bien content qu'il ne l'ait pas fait, au final, puisque, comme je connais au bout du compte que peu d'albums des Butthole Surfers et que j'écoute peu souvent Crust (histoire de ne pas incendier ma baraque), je pense surtout ici à Deadfood, un Deadfood tellement evil et sanguin qu'il aurait tourné à du rockin' stoogecore pour une fois authentiquement déchaîné et inquiétant, dans ce noiserock psyché ascendant psycho qui tient le même mur que Lava, Binaire et Cop Shoot Cop - racoleur, moi ? non, j'ai seulement assez peu de références, en tous les cas peu d'assez marquées dans ma chair pour m'être devenu vocabulaire usuel ; mais je pourrais en guise de parrains ajouter Nightstick, Nick Oliveri, Meatjack et the Jesus Lizard, pour être tout à fait sûr que l'on ait bien compris qu'il est question ici de sauvagerie, de barbarie, d'une batterie d'homo pas très sapiens, de riffs égorgeurs, de cris de virée aux champignons qui tourne à la curée, de zoulouisme de fond des bois, de trappe-trappe penchant au coupe-coupe dans les rues du village, de baignades d'été à la chaux dans la rivière, bref de sludge qui ne joue ni du sludge ni même du blues - et avec sur tous les swamp-punks ricains qu'on voudra un succulent avantage de furie rustique, pays de Topor, Ubu, du vinaigre, de la Terreur et de la Collaboration, obligent.

Le jour où on arrive à la faire, cette date Lava-Binaire-Pord, ils y seraient plus que bienvenus.

jeudi 18 février 2010

Anita Lane : Sex O'Clock


Anita Lane a chanté - entre autres fidèles participations aux œuvres solo de Bad Seeds - pour l'album de reprises à tête de chou de Mick Harvey, et ici c'est Burgalat qui lui déroule un tapis de gainsbourgerie tropéziano-tindestickienne qu'on croirait Murat à plat ventre pour Jennifer Charles - mais peu importent toutes les remarques finaudes qu'on pourra inventer.
La voix d'Anita Lane a, toujours, cette idéale viscosité, concentration sorcière de grain, d'épaisseur, de dolence, d'évanescence juste ce qu'il faut, de voracité rampante, à en faire regretter que le Serge n'ait eu que la Bardot à se mettre sous la dent ; toujours plus formidablement plus peau, chair, chaleur, que voix. Elle n'a pas les textes d'un autre monde du petit russe, ni la poésie arty de la new-yorkaise, mais Anita n'a qu'à annoner "I think that I'll just make love, to the next man that I see"... Cette voix à une telle chute de reins qu'il n'est nul besoin des gros doigts d'aucun Patton pour la pétrir, et qu'elle peut chanter "Bella Ciao", tu en auras presto des urgences d'outrager une veuve sicilienne tout juste nubile.
Anita Lane a tous les âges, toutes les flexibilités, et elle a toujours l'heure exacte.

mercredi 17 février 2010

Prolapse : Pointless Walks to Dismal Places


Indie rock champêtre agité, week end en stage thérapeutique avec un groupe de maniaco-dépressifs au fond des bois ; cueillette aux champignons et observation des piou-pious sont du programme : ambiance fleur bleue, produits laitiers, des sensations pures, mais perturbée par la glauque saison des escargots, ombrageux, le ciel griseux, la pluie, le sol humide, les feuilles mortes, le week end pourri ; là, dans les odeurs d'humus et de bois mouillé, enivrantes, le vent en poupe, on se met à courir, on court, vite, les branches fouettent le visage ; courir pour fuir, les fleurs bleues, les lactages, le psy mielleux, les co-maniaco-dépressifs ricanant bêtement, affairés autour d'un pan de girolles, fuir que sais-je, mais fuir.
Dans le van au retour, les cheveux trempés et les pieds brûlés d'un chaud-froid abrutissant, on se demandera quand même si tout ce foin avait vraiment de quoi faire oublier le bon vieux tube de valium.

mardi 16 février 2010

Korgull the Exterminator : Dogs of War


Le groupe se baptise du nom d'une chanson de Voivod, visiblement une vieille, et entame son album par toutes les variétés loisibles de jappements et gémissements de loups qui badinent, s'interpellent et s'esquichent en attendant d'être au complet et que démarre l'excursion nocturne ; ce qui est fait aussitôt arrivée la gosse des bois qui prend d'autorité un poste pour lequel on hésitait entre Fenriz et Lemmy ; je ne vois pas ce qu'il pourrait rester d'autre à clarifier.

Bientôt ...

Un des grands disques de l'année ?



La pochette augure du meilleur et plus encore, en tous les cas, mais en même temps c'est un secteur de jeu où ils ne lâchent presque jamais rien.


Sang bleu

Un de mes coups de cœur du moment, que je dois à certain fier hobereau dont nous profitons de l'occasion pour déclarer la présence bienvenue et appréciée céans.


Kinit Her : glyms or beame of radicall truthes

Un vieux sage côtoie un nourrisson côtoie un troubadour dans un saloon mal fréquenté d'une ville poussiéreuse du Far West américain à une époque indéterminée. Tous sont ivres morts. Le vieux sage raconte des histoires que l'enfant ne comprend pas, mais qu'il reprend tout de même cependant que le troubadour s'accommode du récit pour proposer une musique hétéroclite, complexe, trop complexe pour ce public de crétins avinés. Et pourtant, l'audience, tout d'abord clairsemée et méfiante, s'agglutine au fur et à mesure que la soirée avance, au fil de la progression malsaine du conte mystique du vieux sage et des élucubrations sadiques du gamin. Le troubadour fait tourner ses instruments, dirige son orchestre planqué derrière une tenture qui pendouille bêtement, s'ajustant autant que possible au baratin du vieux et aux éructations du chiard. Tantôt il tape juste, tantôt il frappe salement à côté, se rattrapant de justesse par une pirouette musicale inattendue en chopant ce qui lui passe sous la main. La soirée se poursuit, tranquillement, et une fois la surprise passée, la moitié de la sale s'est vidée. Le tenancier fait la gueule. Quelques instants se passent encore, et il prend la décision de les virer à coup de savates dans le cul. Le conte n'est pas fini, mais au final ça ne dérange personne. Tout le monde s'en fout, les cauchemars élaborés n'intéressent personne ici. Musique de pédérastes de la côte Est, qu'ils aillent se faire foutre. Y a vachement trop d'instruments. Nous on va chez Régine, se le coller proprement.

Slawomir

lundi 15 février 2010

Anita Lane : Dirty Pearl


Un autre disque au sirop de cauchemar. Celui-ci tâtonne hagardement dans les mêmes régions de chimères et de fièvres hallucinatoires où sinue Beast of Dreams de Pain Teens et s'arquent Songs of Sex and Death d'Amber Asylum - où l'on basculerait fatalement à la suite d'une première partie de film noir entre Faucon Maltais et Lost Highway, et dont l'action unique semble consister en une interminable et insoutenable fellation.

samedi 13 février 2010

Vasaeleth : crypt born & tethered to ruin


Le bon death metal, c'est comme les trains qui arrivent à l'heure et les gens heureux, y aura jamais beaucoup à en dire. Le très bon encore moins. Haleine de fournaise et froid gluant du noir vingt mille lieues sous la terre. Crumble et foie de cheval cru.

Eight Hands for Kali : Himalayan Necromantia


Le rituel n'est pas un style, c'est une pulsation. Une pulsation qui enfle sans fin, , obscurcissant la vue et asphyxiant la raison, ne laissant que les sens, et l'obéissance, à la pulsation, qui bat aux tempes, qui bat à la poitrine, qui bat aux génitoires, une pulsation de folie collective qui grandit, qui jette tous les participants dans la clabauderie suante, soufflante, grimaçante, ricanante, bégayante, les uns dans les autres, et dans le marigot en proie à la tempête de tous les vices et de toutes les extases, tout le sang affolé et affamé, tout nausée grandissante et étourdissante, en spirale, et enivrement de puissance rapace exultante, danse barbare de la cruauté et de la possession, vertige du feu vital sans entrave aucune, jusqu'à l'évanouissement et l'effondrement dans l'inconscience de la bête.
Rituel de l'orgie, exact.

jeudi 11 février 2010

Comets on Fire : avatar



Ce disque est une fin d'après-midi d'août, de celles par lesquelles on ne saurait se retenir d'aller folâtrer en sarouel pisseux et crotté voire, mieux, la gaule qui rigole au vent, sous ces arbres, gratter un peu l'humus voir s'il y a des pignes, et ce qu'il y a de l'autre côté de l'orée ; de partir échevelé dans le soir qui s'avance, prendre les routes d'Espagne ou les monts d'Italie, dans tous les sens. Même en février, tellement solaire et cramoisi qu'il donne envie d'aller se planter devant le four, et le sentiment d'être le brun pain d'épices bien dodu et fendu qui en sort en craquant et stridulant d'appétit.

The Knife : Silent Shout


Il est évident que j'écris volontiers sans aucun recul. Le moment exalté de la découverte n'est simplement pas fait pour ça, qu'en a-t-on à cirer et à pinailler de comment se comporte l'objet à l'usage, lorsqu'on est tout à l'envie de le partager ? Il sera bien temps de le voir quand on l'aura eu, l'usage ; ce sont là deux choses distinctes. Si j'enfile ainsi mon petit pagne d'indien preneur-de-têtes, c'est que d'aucuns en sont revenus, de ce disque - et très vite, même : ils étaient partis en songeant déjà à leurs bagages de retour, si j'ai bien tout suivi.
Pas moi. J'en ai été éloigné par la mégatonne de trucàcheckers, et tant mieux puisque ç'aura été pour mieux le retrouver, toujours au taquet en ces toutes jeunes années 10, ni simplement 80s ni juste 90s ni bêtement 00s, et n'en déplaise à Jean-Jean s'il faut le nommer, il est toujours aussi bon de voir Cyndi Lauper tout péter dans le décor glacé de Wong Kar-Wai en un de ces plans d'extra-terrestre dont on ne sait jamais bien dire s'ils sont en crise de nerfs ou en parade nuptiale, je suis toujours inséparable de ce disque, il est toujours aussi harmonieusement pop et coupant, ringard et alien, anxieux, fiévreux, nocturne, sensuel, fait d'autant de Duran Duran que de LFO, de hardhouse que de Bangles, de November Növelet que de Rita Mitsouko, de Cure que de Gala, précipité idéal à se pouvoir porter en sautoir précieux, la perfection de ce que doit être un album de dance, un poison violent à m'en donner des envies de retourner en club faire les floorcrushers - à mon âge, si c'est pas moche ...

mercredi 10 février 2010

Fever Ray : Fever Ray


Un autre disque qui a mis du temps à me rencontrer, prévenu que j'étais contre par mes propres soins et pour un troupeau de raisons ridicules : une rébellion de coquetterie contre le presqu'infaillible bon goût d'Elovier Dranis, un côté trop Björk, une envie d'un album de The Knife, et pas de cet album vendu comme forestier et qui sonnait davantage techno new-age.
A l'heure où The Knife se viande avec Mt Sims dans l'arty-farty le plus scabreux, cet album me sourit bien mieux, et j'accepte tout : oui la satanée dreadeuse barbue a presque toujours raison, oui sans Björk The Knife ne serait sans doute pas là où il est planté - et oui : c'est un album de The Knife. Car Karin est accompagnée non seulement du fantôme de Suzi Wan comme d'habitude, mais aussi et surtout de son monstre extraterrestre apprivoisé, qui ronronne à ses pieds en vagissant ses mélopées sans yeux toujours aussi flippantes. Cette fois ils ne nous emmènent simplement pas en discothèque eighties où se toisent coiffures à la lionne et iroquoises à teintes synthétiques, mais en teknival d'avant le bug, aux petites heures, quand à moitié redevenu quadrumane on vaguait dans l'aurore à la recherche du cours d'eau tapi dans quelque repli de verdure, où l'on pourrait faire quelques ablutions solitaires, comme un rituel et un passage obligatoire des crapahutades psychicocosmiques qu'on était venu faire en ce moment immémorial de l'année ; toujours en direct de leur uchronie interlope, décousue comme le pays des rêves, où l'on peut croiser Dive qui enregistre son split avec Kirlian Camera en plein Summer of Love, où s'emmêlent confusément les impressions venues des années tendres bercées par Violator et Japanese Whispers, et une innocence marbrée d'une amertume qui n'est pas de son âge, secouée de tics animaux ... La description pourrait presque coller pour Björk, avec quelques tranxen, si seulement elle ressortait un disque aussi chouette que son Debut, et si The Knife n'était pas à Björk ce que Pélisse est à la Castafiore - ce qui, on l'aura déduit, implique aussi l'absence chez la seconde du compagnon mi-morse mi-smilodon de Karin, aussi troublant que le Rige, le Fourreux et Bulrog à la fois - ce qui m'amène l'air de rien à mon trivial post-scriptum : ne passez pas à côté de la deluxe edition ; vous ne voulez pas, croyez-moi, louper un Stranger than/to Kindness digne de Dirk Ivens et Claus Larsen dans leurs moments les plus déloqués et dépassés, psalmodié par le catoblépas en question - et dire qu'une autre des raisons qui me hérissaient contre le disque au début était la présence de cette moitié de The Knife qui m'agaçait, surtout dans ce contexte qui promettait plus de "From Off to On" que de "We Share our Mother's Health" - j'en suis bien revenu depuis, "From Off to On" me tourmente des journées durant, et de même fait "Concrete Walls" - et tout ceci fait bien plus de tirets qu'une seule phrase même une des miennes n'en peut supporter, je vous lâche la grappe.

mardi 9 février 2010

Wold : stratification


Ou : des joies d'une intoxication alimentaire carabinée au kebab de renne avarié, le soir après les derniers transports dans le cercle polaire ; le hurlement dément des prions affairés à paturer dans tes neurones de leurs mignonnes petites quenottes de piranhas surgelés, le delirium tremens signe que la tremblante du mouton carnivore est ce qui martèle tes tempes, le ululement, les tambourins et les claves des démons inuits, et que de la neige sur tous les écrans de contrôle de ton organisme.
La griserie enivrante des bourrasques de blizzard, le fier viking qui arrache une enjambée après l'autre à l'universel manteau de Maman Nord : mes couilles ! Wold t'apprendra à détester le père Noël, et que si à jouer avec le feu l'on se brûle, à se tripoter dans la neige on finit mort de froid, et que ça pourrait bien être moins cool que prévu.

samedi 6 février 2010

Food for Animals : belly


Belly vient faire le troisième frère dans une famille qui comptait déjà deux fils uniques, Too Bad but True de Fever et Architechnology de Rubberoom - au moins pour un jobard qui n'a jamais rien entendu de vraiment spécial dans tous les Anti-Pop Consortium et Cannibal Ox que vous ne manquerez pas de me renvoyer dans les chicots ; certains vieux peut-être me comprendront.
La famille sci-fi, geiger-beatbox, bouncey sur des guiboles ritournellement cisaillées par des rafales de tazer, breakcore grimey calciné au spécial k, en doudoune fourrée à la neige carbonique, et qui patrouille le ciel de Neo Tokyo très haut dans un smog à la Octavius, avec son hélico de combat difforme dont la cibi hachouille en crépitant de la bootyhouse, du zulujazz à la Kill the Vultures, et les dernières mutations de virus cellulaire warcrunk recensées - un disque qui finalement rappe un peu comme j'écris : une carcasse décousue, disloquée par l'assaut grouillant, le rush des sensations, sur quoi volètent des lambeaux de syntaxe vestiges d'une éducation désuète.

Wold : Working Together for Our Privacy


Il est bon le Wold nouveau, faut avouer, comme les jeunes. Carnassier, ultra-monotone-ultra-psychotrope, grisant, trance-inducing, mind-numbing, face-melting, tout, le vrai truc, il fait le tympan sanguinolent, il le passe à la gégène, du Brighter Death Now sans le côté disco, du Converter en mode scotché, commence gentiment morne pour mettre à l'aise et nous laisse l'œil luisant et les chairs tavelées, à en redemander, bien mieux en somme que Brighter Death Now n'a fait depuis une paye - Great Death III, Innerwar, je dirais, quant à Converter, quelqu'un a des nouvelles de son groupe de reprises d'Electric Wizard, ou bien sait comment s'appellera finalement Devolve ?
Sauf que, après tout l'acharnement absurde que j'ai déployé pour en fin tirer le plaisir qu'il y avait au précédent - Wold - je me sens limite ... froissé, voilà.
Rien de bien grave ni qui ne se cure, donc. Ça ira mieux quand je vous aurai entretenus de Stratification.

mercredi 3 février 2010

Rwake : Voices of Omens

On aime à dire que le Malin réside dans les détails. C'est fort probable, puisque c'est aussi là que se prélasse la magie. Dans tout ce qui transfigure le naturel bonhomme et sans histoire en une chose unique et d'une nécessité limpide, redonnant un bon coup de neuf à son évidence.
Prenez la voix hurlée par exemple, ou growlée, ou shriekée, ou ce que vous voudrez, en usage généralisé dans la musique pour hommes faite avec des guitares. Il faut bien avouer que la plupart du temps il ne paraît pas pouvoir en être autrement parce que c'est comme ça qu'on fait et pas autrement, on n'a même pas pensé à la question au moment d'enregistrer. Tandis qu'ici il ne saurait en être autrement. Parce que ce disque suffoque d'odeur de forêt détrempée, de bois pourri, de nuit vert sombre en plein midi, parce que cet album est un sanglier lacustre, c'est le débile de Délivrance qui te montre lui-même comment qu'on fait correctement le porc, sanglotant de fureur, un enfant-groin énucléé avec les billes qui lui roulent et gluent dans la barbe, des feuilles mortes plein sa chemise à carreaux, aigre sous le vent, une fourrure mal dépecée en guise de capuche, et qui étrangle la voix une ferveur de monstre mythologique à la Zao.
Alors quand en plus Rwake, au lieu de piétiner dans la morne cohue des branle-couille joueurs de neurocrust-viteufsludge-metal, va plutôt sentir le cul de Kylesa sur leur album qui reste le plus spécial à mes yeux malgré la tu-b-erie sistersienne Static Tensions, j'ai nommé To Walk a Middle Course, la faute à son finale tuberculeux et curiste ...
Eh ! ma foi, on remercie chaleureusement le compère qui m'a ramené à ce groupe, connu du temps que Noise portait encore je ne sais quel nom en V et snobé à la signature sur Relapse par amour du snobisme, grâce à un hold-up total.

Necroplasma : Sit Gloria Domini in Saecvlvm


Tant que vous êtes dans la forêt, ne partez pas de suite, la nuit est bientôt là, les pouilleux cannibales adorateurs de Satan Seigneur des Grizzlis Zombies ne devraient pas tarder à suivre pour leur battue, en claudiquant comme des dératés, avec leurs tambours mités et leur grand feu qui fait pas de lumière.

mardi 2 février 2010

The White Mice : assphixxxeatateshun


White Mice, si vous voulez, un peu, c'est la preuve que Le Moignon a pas toujours bon goût.
White Mice, si vous voulez, depuis que le Blast Furnace de Converter s'est réincarné en Big Ripper de Todd, et que l'Obsessis de Brighter Death Now a pris possession de Rusted Shut sur Dead, j'ai encore plus de mal à voir autre chose dedans qu'une pure curiosité sonique, une fois passé le relatif entrain de leurs trop rares tempos doomy, et quelque part ça me rassure à moitié, moi qui ai parfois l'impression d'être trop bon public pour de simples farfeluteries de production et de faiseurs. A moitié, parce que cet album-ci, il a bien fallu que je l'achète un jour, pour le revendre aujourd'hui.
Allez, peut-être cette petite chahuterie nous vaudra-t-elle une chronique en dûe forme de leur récente et fort décorative Overdose de Ganja (hé, je me suis crevé la paillasse à recopier un de leurs titres avec leur orthographe à la ben voyons, pas deux, merci).

Catch up with your soul

Cause we got soul, haven't we ?


The Stone Roses - She Bangs The Drums

Comme je ne supporte pas moi-même de rester sur un titre aussi insoutenable de solitude, je vais vous parler d'une autre pièce maîtresse de mon panthéon personnel (quel vocabulaire châtié pour des trucs aussi connus qu'Edith Piaf outre-manche...). Toujours une fille... Toujours la-seule-qui-puisse-me-parler, blabla, c'est un peu une rengaine sacrée dans le nord de l'Angleterre. Sauf que celle-ci ne s'immisce même pas dans les veines, non, elle virevolte juste comme une vénus de Boticelli au petit matin à travers la lande, un tambourin à la main, les cheveux jusqu'aux genoux... Encore une fois, c'est une extase intense et très brève, "how could it ever come to pass / she'll be the first, she'll be the last"... qu'on se repasse à l'infini, mais pour se sentir mieux à l'arrivée. La limite est ténue, mais She Bangs The Drum, derrière ses paroles hédonistes et vaguement polissones (Kiss me where the sun don't shine, huhu), n'est autre qu'une déclaration de piété, une proclamation de l'existence de Dieu, ou devrai-je dire, de Déesse, car comme pourrait le dire ce cher Ian Brown , "I'm not fookin' gay". Tout se passe en un éclair : Plan serré sur le jeune mécréant au réveil... Ligne de basse joviale, la journée commence, l'envie de bouffer le monde entier, le mec sort de chez lui avec la banane, confiant... y'a des jours comme ça... Et puis il se sent tout "dizzy" d'un coup, comme on dit là-bas, pris de vertige et de mirages, semble divaguer en se prenant pour un Jésus juvénile dans le désert "passion fruit and holy bread / fill my guts and ease my head". Puis il lève la tête, et voit une danseuse onduler à des kilomètres de là... "through the early morning sun / I can see her here she comes"... Extase, corne d'abondance, cantique, tout ce qu'on veut... Chaque mot est à sa place, sublimé par ce poème chanté dans une forme la plus pure qui soit. Ian Brown nous dit qu'il n'y a aucune raison d'être triste, puisque, en toute humilité, la félicité s'échappe de sa voix comme une nuée de scarabées d'or... J'ignore si la musique est drogue ou religion, comme le suggérait un jour le taulier de ces lieux, ni si l'une est un moyen pour atteindre la clarté divine de l'autre, ni encore si il est nécessaire de les expérimenter pour comprendre certains disques, mais une chose est sûre : j'ai vécu une expérience de communion avec cette chanson, non pas seul, mais - et c'est ça qui me chamboule le plus - partagée par une foule d'inconnus... C'était, comme le suggèrent les deux couplets expédiés à toute vitesse de la chanson, extrêmement bref, mais j'en demeure changé et profondément indigne, pour l'instant. Mon intuition, à ce stade précoce, est qu'une révélation n'a d'intérêt que si elle est vécue, et que seul le récit de cette révélation peut faire sens. Son contenu n'a aucun intérêt particulier pour les autres... Je vous rassure, ces deux chansons sont vraiment parmi les très très rares à me procurer de tels frissons mystiques, aussi vous n'aurez pas à re-subir ma prose illuminée et nombriliste de sitôt !


Innamorato

L'art de la miniature


Est des plus délicats, n'est-il pas ?


The La's - There She Goes

Je ne m'explique pas pourquoi il faut toujours que je sois attiré par les chansons qui parlent de drogue, sujet qui ne me concerne que peu, et que je m'y sente bien au point de me les passer en boucle jusqu'à épuisement physique dans mon fidèle jukebox mental (celui qui marche surtout sans les pièces). Tel le protagoniste-auteur de cette chanson, qui renonce à expliquer ce sentiment qui semble le posséder ad vitam eternam ... There She Goes, c'était aussi un titre de l'album à la banane du Velvet, sauf qu'en réalité, la chanson des La's a beaucoup plus de point commun avec le titre qui le précède ... There She Goes, la mélodie, la fille, la seringue, tout passe et rien ne reste, semble nous dire la chanson. Rien, sauf les grandes bulles façon Tye-Dye à l'intérieur des paupières, comme tatouées sur l'âme, seuls résidus de la Lumière Infinie quand tu fermes les yeux. Aux premières écoutes, comme souvent avec ce qui me fait vibrer, ça sent l'optimisme, les envolées de guitares printanières, comme un mec sourire aux lèvres qui regarderai passer la fille sans trop s'en faire ... Puis dès qu'il entonne "and I just can't explain..." on sent qu'il en veut plus, qu'il veut rattraper la seconde qui vient de s'écouler, mais on n'était pas là pour voir ce qu'il a vu,aussi c'est dépités qu'on le regarde revivre pour toute sa vie le même instant, comme un gamin qui cherche à percer le secret du feu ... Jusqu'à la dernière goutte. Et la Lumière Infinie continue de brûler, comme la Midnight Lamp de l'autre sur laquelle il y a tout autant à dire ... Mais les mots sont bien nazes face à There She Goes. Peut-on se sentir plus seul que celui qui chantait ça ?


Innamorato