jeudi 18 février 2010

Anita Lane : Sex O'Clock


Anita Lane a chanté - entre autres fidèles participations aux œuvres solo de Bad Seeds - pour l'album de reprises à tête de chou de Mick Harvey, et ici c'est Burgalat qui lui déroule un tapis de gainsbourgerie tropéziano-tindestickienne qu'on croirait Murat à plat ventre pour Jennifer Charles - mais peu importent toutes les remarques finaudes qu'on pourra inventer.
La voix d'Anita Lane a, toujours, cette idéale viscosité, concentration sorcière de grain, d'épaisseur, de dolence, d'évanescence juste ce qu'il faut, de voracité rampante, à en faire regretter que le Serge n'ait eu que la Bardot à se mettre sous la dent ; toujours plus formidablement plus peau, chair, chaleur, que voix. Elle n'a pas les textes d'un autre monde du petit russe, ni la poésie arty de la new-yorkaise, mais Anita n'a qu'à annoner "I think that I'll just make love, to the next man that I see"... Cette voix à une telle chute de reins qu'il n'est nul besoin des gros doigts d'aucun Patton pour la pétrir, et qu'elle peut chanter "Bella Ciao", tu en auras presto des urgences d'outrager une veuve sicilienne tout juste nubile.
Anita Lane a tous les âges, toutes les flexibilités, et elle a toujours l'heure exacte.

1 commentaire:

Antilope a dit…

Complétement à chier de la molasse cet album. Je la sens pas du tout musicienne cette dame. Son univers c'est un mélange de celui de tous les mecs qu'elle a cotoyé dans sacarrière mais vraiment pas le sien. non?