samedi 20 février 2010

Finitribe : Sleazy Listening


On me croit volontiers confit en nostalgie. Pas plus que n'importe qui, figurez-vous. Cet album est un de ceux qu'on appelait confidentiels ou culte du temps que cela avait un sens. Un temps d'avant les marketplaces et les paypal-myspace, où quand on ne se décidait pas à choper le machin sen-no-sen et à l'aveugle au détour d'un bac, on risquait de l'attendre jusqu'à ... aujourd'hui, par exemple ; certains le regrettent, moi pas. Entretemps bien sûr il y eut le p2p et les cdr et je l'ai dégusté mainte fois, mais ce n'est pas pareil - et ça a sans doute bien enflé l'aura magique de l'album pour votre serviteur. Laquelle, figurez-vous encore, a légèrement fondu. Il est loin, le temps où la drum'n'bass avait les accents du futur, loin le temps où cela me procurait des frissons. Le disque aujourd'hui est typique d'une époque, de ces compils Law&Auder où au gré des pistes ou des couches d'une même piste se contaminaient drum'n'bass, ambient, jungle, glitch, trip-hop, idm, acidtek, nujazz, bleep ... Il reste pourtant un peu plus que mignon grâce à des irruptions mélodiques incongrument hybrides, à cette couleur nouvelle vague paranormale subtile, à son titre évocateur - et, beaucoup, à la participation intermittente du précieux Chris Connelly, à la présence toujours magnétique de son ton détaché, de son timbre grave et aride, et de son débit de comptine maniaco-pas-net même dans ses moments flambeur. Il est la matière même, autant que les torves effluves de violon et d'accordéon, de la gueule d'atmosphère ce petit disque qui doit surtout son capital sympathie à la réalité de sa part d'intangible, de sourd, cette dérive grise, onirique, floue, anxieuse, abrutissante, la gueule d'Harrison Ford finalement puisqu'il m'évoque une incertaine confusion de Blade Runner et surtout de Frantic, auquel il emprunte un nom de morceau et le contraste entre le vocable en question et l'apparente torpeur ouateuse de l'air - lequel lorsqu'il est ainsi épais de paradoxe, prend le nom d'atmosphère, non ?

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