vendredi 26 février 2010

GTKO-GTOK vs Noise, 25/02/10, Glaz'art, Paris


Nicolas Dick : trippy dès une scotchante intro toute en couches de sa propre voix - c'est que j'avais presque oublié quel magnifique timbre il a - et malgré quelques moments un peu trop bucoliques pour bibi, Nick the Dick sur sa petite chaise le nez dans ses potards à jongler entre bottleneck et autres accessoires dégage un charisme fiévreux à la Broadrick, plus lunaire que nerd, à tel point que j'en ai oublié jusqu'aux dernières minutes de fermer les yeux, ce qui du peu que j'ai pu en juger est un tort, tant la cathédrale de ressacs avait l'air encore plus belle dans le noir.

Kimmo : "elle a la voix de Björk, horrible. mais il a la voix de Binaire. dommage il chante peu" "on dirait du mauvais Polysics" - de notre envoyée très spéciale à l'intérieur, par sms ; j'étais dehors, j'avais un colloque d'experts ès-Birmingham sur le crust et Fetisch Park

Kourgane : s'il y a bien quelque chose qu'ils m'ont fait ravaler, c'est la comparaison vocale avec Bernie Bonvoisin, puisque le chanteur a mis bien quatre morceaux avant de fugitivement l'évoquer, et m'a surtout fait penser au chevrotement du bêleur d'Orthodox, pris de danse de Saint-Gui ; en revanche je ne regrette plus d'avoir évoqué par supposée maladresse Meshuggah, car il s'agit bien de la même chose malgré l'absence totale de metal : même rigourigorisme rigoureusement ultrafunky et hilare, même raideur fluide à en dissoudre toutes les cervicales à la ronde (j'attends incessamment le début d'un torticolis qui durera une semaine) ; je ne ravale pas non plus la formule d'Oxbow français, c'est aussi la même chose qu'eux tout en étant pas du tout la même, point ici de muscu en costume de lin et rideaux cramoisis, et pourtant même feeling de noise rock idéal : tabassulatoire et trépanant à la Unsane, et dans le même temps exquisément élégant et raffiné, mortellement intello autant que fatalement physique, à en rendre sexy leurs t-shirt à col en v, anguleux à s'en péter les lombaires et liquide à en vomir d'extase, radicalement étrange et viscéralement évident, de la poésie qui rend fou pour aller chasser à quatre pattes - en un mot comme en cent : baballistique comme l'enfer. Concert de l'année, emballé c'est pesé.

3 commentaires:

Little-Axe a dit…

la comparaison avec meshuggah est pas déplacée du tout. le gratteux a même des gouts tout à fait recommandables en la matiere.

Anonyme a dit…

Tabassulatoire, oui, c'est ça, j'aime le mot !

gulo gulo a dit…

moi j'aime pas les comms anonymes, mais t'as de la chatte, Anne, je suis bien luné