jeudi 11 février 2010

The Knife : Silent Shout


Il est évident que j'écris volontiers sans aucun recul. Le moment exalté de la découverte n'est simplement pas fait pour ça, qu'en a-t-on à cirer et à pinailler de comment se comporte l'objet à l'usage, lorsqu'on est tout à l'envie de le partager ? Il sera bien temps de le voir quand on l'aura eu, l'usage ; ce sont là deux choses distinctes. Si j'enfile ainsi mon petit pagne d'indien preneur-de-têtes, c'est que d'aucuns en sont revenus, de ce disque - et très vite, même : ils étaient partis en songeant déjà à leurs bagages de retour, si j'ai bien tout suivi.
Pas moi. J'en ai été éloigné par la mégatonne de trucàcheckers, et tant mieux puisque ç'aura été pour mieux le retrouver, toujours au taquet en ces toutes jeunes années 10, ni simplement 80s ni juste 90s ni bêtement 00s, et n'en déplaise à Jean-Jean s'il faut le nommer, il est toujours aussi bon de voir Cyndi Lauper tout péter dans le décor glacé de Wong Kar-Wai en un de ces plans d'extra-terrestre dont on ne sait jamais bien dire s'ils sont en crise de nerfs ou en parade nuptiale, je suis toujours inséparable de ce disque, il est toujours aussi harmonieusement pop et coupant, ringard et alien, anxieux, fiévreux, nocturne, sensuel, fait d'autant de Duran Duran que de LFO, de hardhouse que de Bangles, de November Növelet que de Rita Mitsouko, de Cure que de Gala, précipité idéal à se pouvoir porter en sautoir précieux, la perfection de ce que doit être un album de dance, un poison violent à m'en donner des envies de retourner en club faire les floorcrushers - à mon âge, si c'est pas moche ...

7 commentaires:

Raven a dit…

l'aveu est touchant et je mets ce billet de côté si tu le permets, au cas ou ça me serve pour plus tard (quand je serai dans une phase + adéquate) merci bien; par contre je n'ai jamais abordé le truc en songeant au retour (j'avais même jeté mes valises, persuadé que j'étais de ne pas en revenir tiens), ou alors je me suis mal exprimé, quoiqu'il en soit même les cons changent d'avis et il est pas impossible que je sois repris dans ses filets ; en l'état l'extase s'est estompée à force d'écoutes et je suis un peu gêné par l'aspect chiadé à mort voire conceptuel (alors qu'avec la new wave j'aime sentir une complète nudité, jsais pas si c'est clair), il sonne un peu trop sophistos quoi, par rapport à Sa... enfin, à d'autres trucs plus naifs, moins arty, qui me donnent moins cette impression un peu gênante d'un travail méticuleux d'exposition d'art contemporain et non une boite de nuit; encore une contradiction sans doute vu que je kiffe Yello qui sont 100 fois plus 'arty' mais je suis plus a ça près. Je reste bloqué sur Forest Families & le titre épo, toujours en boucle à l'infini (et Na Na Na, aussi, je pensais à un truc genre Miyasaki au début mais c'est carrément du Kitano féminin, sur Pluton); si y'en a un qu'il faut que je réécoute c'est le précédent, assurément. Il m'a laissé comme un gout de litchi dans les oreilles.

gulo gulo a dit…

ah, le pouvoir des connotations personnelles ; j'en ai pour moi-même une aplanquée, aussi ne serai-je pas trop insistant ; je pense cependant que mon agoraphobe favori aurait, dans un club parisien, aussi l'impression d'être dans une galerie d'art - ceci dit sans aucun angle condescendant ; les pompeux appellent ça une question de référent, les paternalistes de vécu, moi de dommage

gulo gulo a dit…

sinon, quel aveu ? le début ? ce n'est pas une révélation, si ? usè-je jamais de termes aussi stériles et vides de sens que chef d'oeuvre, classique, majeur - ou même "bon" et "mauvais" ? suis-je pas le spécialiste des chros qui apparaissent en pole position sur gogole quand tu tapes le nom de l'album pour savoir quand il va sortir ?

gulo gulo a dit…

cette chro est un anus, qui chie et remplit son office par le même orifice : elle ne dit rien que la première ne disait déjà, du coup elle prouve ce que je dis, que ce disque me fait toujours le même effet ; je dirais bien qu'un disque aussi ouvertement et admirativement pompé sur Japanese Whispers ne pourra jamais me paraître sophistiqué et désincarnbé vu que lui et moi on remonte à plus de vingt ans, en gage de bonne foi quant à mes propres référents inconscients, mais en fait tu as parfaitement raison : cette musique est sophistiquée, et j'aime ça ; il y a effectivement, qu'on retrouve chez Fever Ray, ce côté pas tout à fait (pas du tout ?) lâché, glacé, cruel, contemplateur, entomologiste dandy, qui fait une grande part de l'aura extraterrestre inquiétante du tout - et qui, personnellement, donne encore plus envie de lâcher les memebres comme une marionnette, mais on en revient au strict subjectif intime

Raven a dit…

il a bon dos le vécu, même si je dois avouer que t'as vu juste pour la boite parigo, je pourrais retourner l'argument facilement en faisant état de ton dégout de certains bars à djeuns environnants t'expliquant (en sachant que c'est vain) que j'ai découvert les Stooges dans ce genre d'endroit (quand je cotoyais encore du monde et n'étais pas encore pourri d'autisme social pathétique; mais on peut toujours se rouvrir au monde, c'est affaire de digestion) et ce sentiment mélangé de plaisir et d'agacement que j'ai ressenti (et ai tu) en voyant les comptes-rendus distanciés de ta découverte récente de Raw Power. On a tous un peu de ça en nous. Mais pas de cette guerre des générations ou des vécus, quoi, y'a pas que ça. Quant à l'aveu c'est pas le tout début, mais justement celui de trancher avec cette manie de réagir aux premiers symptômes sur chaque disque en rafale dont tu fais état dans ton 2ème post, de revenir à un skeud avec le "recul" même si tu l'as déjà fait avant et même si ça ne change rien à l'impression de base sinon la renforcer... (je sais plus si c'est ce mot là - recul- qui te fait gerber mais bon, j'ai tilté sur ce mépris des termes employés machinalement comme chef d'oeuvre ou classique ; les choses ne sont pas aussi simples que de mettre d'un coté ton approche et de l'autre celle de ces journalistes appliqués - beeeuark - qui prennent plus en compte que leur ressenti simplement pour qu'un plus large auditoire puisse suivre leur trip, c'est le but d'une chro de donner envie après tout, et l'opacité littéraire et les images qui te viennent balancées brut de pomme n'y aident pas forcément même si ceux qui t'aiment arrivent à entraver parce qu'il y a déclic et qu'on sait qui parle ; c'est ça ton talon d'achille mais je ne t'apprends rien). pour en revenir au SS Tu sais que j'aime agacer parfois, mais quand je dis sophistiqué c'est pas le but du tout, du reste la new wave l'est un peu fatalement, à la base, donc le terme est peut être pas le plus exact mais ici j'essaie de mettre le doigt sur ce qui me gêne simplement... sans nier ce qui me fait bander (ces fameuses pistes en boucle pour le coup mortellement nocturnes); jpourrais avoir le même problème pour traduire ce qui me plait dans les Yello les + dandy - puisque je suis encore dedans - et te fera pas frétiller (aka les narrations de Dieter sur Flag); on sait tous les 2 ce que c'est de parler vite, mais pas cette fois (j'ai envie de dire 'hélas').

Raven a dit…

enfin t'as tout résumé en ces mots "on en revient au strict subjectif intime". cette guerre cliché ne mènera à aucune victoire, mais quelquefois on peut pas rester tranquille et fermer sa gueule en se disant que rien ne ressortira qui aura été CONSTRUCTIF (parce qu'on s'en fout tiens), on est juste obligé de confronter le sien à l'autre, des fois je suis chagrin qu'il en ressorte surtout des aigreurs mais c'est peut être ça la malédiction.

gulo gulo a dit…

aigreur ? mais non, l'épisode VLF est derrière nous, quand bien même chacun reste sur ses positions, c'est bon de les confronter, de les faire sortir, les emmener pisser, jouer avec les autres, tout ça ...