mardi 16 février 2010

Sang bleu

Un de mes coups de cœur du moment, que je dois à certain fier hobereau dont nous profitons de l'occasion pour déclarer la présence bienvenue et appréciée céans.


Kinit Her : glyms or beame of radicall truthes

Un vieux sage côtoie un nourrisson côtoie un troubadour dans un saloon mal fréquenté d'une ville poussiéreuse du Far West américain à une époque indéterminée. Tous sont ivres morts. Le vieux sage raconte des histoires que l'enfant ne comprend pas, mais qu'il reprend tout de même cependant que le troubadour s'accommode du récit pour proposer une musique hétéroclite, complexe, trop complexe pour ce public de crétins avinés. Et pourtant, l'audience, tout d'abord clairsemée et méfiante, s'agglutine au fur et à mesure que la soirée avance, au fil de la progression malsaine du conte mystique du vieux sage et des élucubrations sadiques du gamin. Le troubadour fait tourner ses instruments, dirige son orchestre planqué derrière une tenture qui pendouille bêtement, s'ajustant autant que possible au baratin du vieux et aux éructations du chiard. Tantôt il tape juste, tantôt il frappe salement à côté, se rattrapant de justesse par une pirouette musicale inattendue en chopant ce qui lui passe sous la main. La soirée se poursuit, tranquillement, et une fois la surprise passée, la moitié de la sale s'est vidée. Le tenancier fait la gueule. Quelques instants se passent encore, et il prend la décision de les virer à coup de savates dans le cul. Le conte n'est pas fini, mais au final ça ne dérange personne. Tout le monde s'en fout, les cauchemars élaborés n'intéressent personne ici. Musique de pédérastes de la côte Est, qu'ils aillent se faire foutre. Y a vachement trop d'instruments. Nous on va chez Régine, se le coller proprement.

Slawomir

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