mardi 23 février 2010

Scorn : Vae Solis

Saperlotte ! Ce coup, je me suis attrapé tout seul, en galvaudant moi-même ces derniers temps les termes précis qu'il allait me falloir pour ce billet-ci.
Car certains disques miment la fébrilité et donnent des désirs de visions, et Vae Solis, qui mérite bien son nom en latin, est la fièvre, assortie de copieuses hallucinations. Il fait de sa proie une grotesque carcasse de cheval qui flotte sur le marais ballonnée par les produits méthanés de sa propre décomposition. Il révèle un monde de psychédélie pétrochimique, il féconde tout le réseau nerveux en nodules obèses qui bourgeonnent avec exubérance, boursouflant tout le champ de conscience de leurs bulles huileuses dont chacune contient un avorton absurde et parcellaire de la démence d'hippopotame de Napalm Death, et de maussades lambeaux de Swans. Ecouté au casque à un moment de trop grande réceptivité (trop tôt au réveil, dans mon cas) il donne lieu à de houleuses polémiques gastriques. Il plonge dans une somnolence molletonnée de cauchemards béats, saturés d'amiante et d'opium, une inconscience qui est un dantesque vagin de vouivre mécanique, une jongle-usine monumentale, tropicale à en faire verdir de jalousie l'un peu romantique Evanescence, et recroqueviller loin dans son conduit le zizi d'H.R Giger.

3 commentaires:

Le Moignon a dit…

Là, tu me fais plaisir
Un de mes disques de chevet ; magmatique à souhait en effet

gulo gulo a dit…

elle t'est un peu beaucoup dédicacée, celle-là

Le Moignon a dit…

^^