Articles

Affichage des articles du mars, 2010

Pour quelques gougères hollywoodiennes de plus...

Image
Que vos rêves de margarine soient prospères... que vos brioches soient molletonnées et vos quiches pauvres en lardons... que vos âmes s'élèvent, dans l'élan le plus gymnaste, jusqu'aux cieux tapissés de blini's du grand Bois Saccré, et que la ferveur et l'héroïsme vous mènent au Paradis des Braves, entre les cuisses saillantes des dieux imberbes.

Hallelujah.

.

Radu Mihaileanu : Le Concert

Image
Vous êtes un petit poisson mignon, vacant dans son aquarium avec d’autres petits poissidés tout aussi mignons, à deviser des choses de la vie d’ostéichthyens ornemental : qui ira demain se prendre un bain de bulles au jacuzzi derrière la plante verte, qui ira jeter ses ordures au poisson laveur, qui ira culbuter mam’zelle hippocampe dans l’amphore… quand soudain, brutalement, l’oncle Raven apparaît dans votre champ de vision et crache un gros mollard sanglant sur la paroi frontale de ce bac de flotte pitoyable. Choqués par tant de violence gratuite, vous vous écriez en chœur d’une voix sous hélium toute riquiqui ridicule :

« iiiiiiiiiiiiiih »

Marinez dans la honte, misérables guppys. Car si tonton Raven est dans cet état, c’est qu’il est malade ! S’il est malade, c’est qu’il a vu un film si tièdement médiocre qu’il l’a rendu livide. Et si vous voulez tout savoir, car je devine aux frétillements impatients de vos nageoires ce vilain défaut qu'est la curiosité, il n’a pas très très …

Tarsem Singh : The Fall

Image
Réaliser un bon cocktail pour fille, c'est une affaire de maquillage, de chimie, et d'hypocrisie : le taux d'alcool doit être le plus élevé possible, et dans le même temps le goût ne doit en rien trahir sa présence, ce qui risquerait de donner des hauts-le-coeur à la délicate amazone. Le sucre est l'allié idéal dans ces conditions, ce que les marchands de vodka-limonade et autres bières-orangina ont compris. Il ne faut pas avoir peur d'en mettre beaucoup, plus y'en a, mieux la séduction se fera. Mais le sucre ne fait pas tout : un bon girlie cocktail, c'est aussi un goût fruité, ainsi qu'une touche chimique un peu taquine qui doit rappeler les fraises tagada et autres crocos gélatineux, et, détail à ne surtout pas négliger : des couleurs irréprochables, c'est à dire sans aucune nuance de marron ou toute autre teinte qui évoquerait les méandres du transit intestinal dans l'esprit si délicat de ses dames. Si possible, créer un maximum de niveaux d…

Sidney Lumet : Before The Devil Knows You're Dead

Image
A moins d'avoir de la merde dans les yeux, mes agneaux, vous aurez remarqué à quel point le parasite que je suis prend de plus en plus de place céans. Papa Gulo s'étant fait un peu discret ces derniers temps, et mon manque de sans-gêne étant à peu près égal à ma sensibilité  face aux injustices dont sont victimes les top models et les participants de la Ferme aux célébrités, il convient néanmoins de toujours garder à l'esprit, même si ça fait faillot, suce-boule ou lèche-bugne ou tout ce que vous voulez, qu'une seule personne ici est capable de faire tout ce que bon lui semble quand ça lui chante, et de tirer les oreilles des élèves en cas de laisser-aller. Et cette personne, qui aime à se définir dictateur, on l'appelle Boss.

L'vieux Lumet, c'est un peu pareil. C'est lui le patron de son boui-boui, et personne d'autre ne sait mieux que lui faire du Lumet, et vendre du Lumet. Des gamins mal mouchés ont saccagé sa demeure, pendant qu'il avait un …

Copinage

Image
Vous pourrez pas dire qu'on vous aura pas prévenus.

Cheeleader 69 : Mother of the 1966 Bombs

Image
Dans l'aube qui poignait sur le champ de bataille de Woodstock, tandis qu'au milieu des jonchées de junkies roupillant comme des bébés repus Albin Julius sous sa tente se livrait à une cérémonie d'envoûtement sexuel, en fredonnant Flying High, certains étaient restés suffisamment éveillés pour assister, dans une immobile exaltation, à la lente descente, dans le ciel rosissant, de l'immense soucoupe volante nimbée à en épaissir le sang de ses promesses de transfigurations dépassant l'entendement primate. L'air même semblait trembler de faiblesse et aspirer à glisser dans une syncope ravie. Elle n'en finissait plus de descendre et descendre sur le champ frissonnant et de se déployer telle une formidable fleur qui envahissait tout l'horizon. Et voici qu'enfin ell

Patrick Lussier : My Bloody Valentine 3D

Image
Un bon remake du slasher canadien culte de 81 (je crois) que j'adorais gamin : Meurtres à la St Valentin. J'ai pas regardé avec les lunettes 3D mais ça a son charme même sans. C'est plus old school et léger que la plupart des remakes de slashers ou survivals - le réalisateur de l'original (George Mihalka) avait un nom de rugbyman ou de tablette de chocolat, et le film de Lussier est un peu à cette image : abdominal (tablette de chocolat... abdominal... c'est bon ?), bourrin, régressif, besogneux, du bon charcutage de teenagers, en bon pro, même si c'est la routine, un jour comme un autre à l'usine, pépère... bref sympa comme tout. Bien sûr, sans l'effet 3D on y perd, et on sent que le film joue principalement sur les effets de relief, mais la version "plate" est nickel, même si complètement décousue (mais ça on s'en fout un peu, non, à moins d'être couturier ?). Les meurtres sont bien punchy, le casting assez charismatique. Le flic têt…

Tonie Marshall : Vénus Beauté (Institut)

Image
Un débat national récent faisait état de la recrudescence du voile islamique. Moi, je suis pour. Ce qu'il y a de bien avec les femmes voilées, c'est qu'on voit pas leur tronche, justement, parce ce que le problème est simple à comprendre : on met les maris en cause, alors que ces femmes-là cachent simplement leur laideur, ce qui est la moindre des choses. Regardez Diam's, elle a tout compris. C'est bien là une attitude responsable et citoyenne que devraient, m'est avis, prendrent en exemple nos femmes occidentales, surtout les plus laides, qui souvent se croient les plus belles, arborant moult maquillages ridicules et autres piercings nasaux, qui rendraient service à bien du monde en dissimulant aux regard masculins la décharge municipale qui leur sert de face.

Mais c'est un problème qui en cache un autre, plus ancien, celui même de l'inégalité des physiques. Dans un monde parfait, il n'y aurait pas de femmes voilées. Les femmes seraient toutes bel…

Neveldine & Taylor : Crank - High Voltage

Image
Il y a deux catégories de films : la première, celle des films qui servent à se sentir plus fin et plus cultivé une fois visionnés. La deuxième, celle des films qu'on regarde le cerveau débranché, une bière à la main, en se grattant les couilles.

Après avoir matté Hypertension 2, dixit la doctoresse à forte poitrine que j'ai vu à l'hôpital et qui m'a soigné avec beaucoup de zèle, mon scrotum était atteint de "multiples lésions traumatiques liées à un grattage burnal intempestif ". Si j'avais gratté à chaque fois que j'ai rigolé, avec un filet de bave opportuniste se faufilant jusqu'au col de ma chemise, eh ben j'aurais plus de couilles.

J'ai encore des couilles, rassurez-vous. Vous il vous reste des yeux et des oreilles j'imagine, mh, alors servez-vous en un peu, au lieu de regarder des films sensibles et intelligents, bande de gros culs.

Robert Redford : A River Runs Through It

Image
Certains films donnent une envie, irrépressible, d’aller se promener en forêt. Une fois dans les bois, si beaux et si purs de verdure, à contempler le fascinant ballet des fougères et à humer la mousse fraîche qui pousse au pied des arbres, on regrette de n’avoir rien eu d’intéressant à y jeter pour mettre un peu de couleurs dans le décor, je sais pas moi, des piles, du goudron, des sacs poubelle, ne serait-ce qu’un petit emballage de chips, ou des ampoules électriques pourquoi pas, des petites ampoules phalliques que les petits écureuils mangeraient en les confondant avec des glands mignons, et s’étoufferaient en les avalant, périssant dans la souffrance devant leur mère désemparée, des gerbes de sang leur giclant des yeux, dans des gestes de douleur désespérés, et leur mort ne survenant qu'après de longues minutes d’agonie, ne nous restant plus qu’à ricaner un bon coup en pissant sur leurs cadavres, avant d’aller jeter une clope dans un tas de branchages sec… Des films aussi évo…

La Religieuse Portugaise

Image
La chirurgie plastique vient de doter Ségolène de deux splendides grozyeux flambants neufs. Elle part donc pour Lisbonne distribuer des regards intenses de toute première bourre, et multiplie les liaisons, avec M. Paillasson, Gérard Lanvin et un Lionel, lors de folles nuits de monocordisme.
Umagad, comme qui dirait. Lent, chiant, hilarant.

MayheM : Deathcrush

Image
Alors ça, c'est un petit disque de crust guerre & peur sous influence Celtic Frost sympa comme tout que je viens de découvrir et vous recommande chaudement (en plus y a des bouts de Sopor Aeternus avec, comme si que c'était une cassette qu'on s'était bricolée soi-même, c'est rudement chouette).

Blacklisted : No One Deserves to Be Here More Than Me

Image
Je suis quasi-sûr que c'est passible de prison ferme dans certains états, d'être nineties aussi brutalement et de sang-froid, genre de synthétiser autant de styles de l'époque que genre même pas tu essaies de commencer à namedropper, par peur de déclencher une avalanche.
Alors quand par-dessus le marché on rajoute une tranchante rasade de desperademocore à la Failed Convict, je crie tout bonnement à la déloyauté caractérisée.

Cavalcade : Into Bolivian

Image
Pendant qu'on donne dans la pochette coup-de-pute, téma un peu celle-ci. Remarquez, elle est pas si mensongère : là-dessous, c'est la gigue, grinçante et de guingois, d'imbéciles goules, qui ont appris la country chez Primus, prennent Pere Ubu pour du stoner, et confondent tout le temps Cannibal Corpse et Morphine - une fois qu'on a vu le titre de l'album, de toutes les manières, on a compris que les neurones allaient finir leur carrière comme cacahouètes dans une Black & Decker party.

Neveldine & Taylor : Gamer

Image
Ces 2 connards de ricains sont dangereux. Ces 2 petits escamoteurs maquillés en beaufs écervelés ont juste tout pigé aux années 00-10, en faisant un truc qui sent les 90’s a plein nez (merci Herr Doktor Null, j’y avais même pas pensé tant c’est évident) dans son concept/esthétique entre Tueurs-Nés, Strange Days et Nirvaña. J'étais déjà nostalgique de cette merde avant de l'avoir vue, en fait, alors qu'elle est neuve, qu'elle projette dans le futur que nous vivons, dans lequel Marty McFly serait triste de voir qu'il n'y a ni overboards ni chaussures autolaçantes, mais une énorme pieuvre invisible qu'on appelle le web, ou la deuxième réalité, celle qui permet de fuir la première ('m'étais juré de pas sombrer dans l'analyse, pas d'bol nicole). Gamer aka Ultimate Game chez nous (eux et leurs traductions, vraiment) nous assène une lourde vérité, à base d'un cliché pourtant bien vieux déjà. Un gros malaise froidement jouissif... sans saveur, n…

Amour, amour

Image
Am Ende, wir fangen zwischen deine Zähne


Adieu, ma Voie Lactée" ...


Oh la belle mauve que voici. J'avoue l'avoir un peu choisie pour sa connivence avec le papier peint de céans. Farewell Milky Way est en fait un concert d'adieu au Milky Way Club d'Amsterdam, repaire privilégié du groupe depuis son déménagement sur le continent, mais bon, on peut tout a fait imaginer à son écoute un vaisseau dérivant hors de notre galaxie. Album à l’honneur : 9 Lives to Wonder, mon chouchou. Instrument à l’honneur : la basse, onctueuse et prenant son temps. Écoute-la, lecteur fébrile, danser avec la grâce d'un rat de l'opéra sur la fin de Vigil-Anti. Les hostilités sont d'abord entamées sur deux extraits suintant la classe de 9 lives to wonder, d'une sensualité ici décuplée, portée par cette ambiance soyeuse qui émane pendant une heure. On Another Shore est toujours cette gondole vénitienne avançant très lentement sur un lac chinois, entre les rideaux de …

Like an evergrowing slime

Trop de hard rock et de trucs de coreux, sur Soum, hé ?
Pouahahahaha.

Carbonized : Screaming Machines

Image
C'est n'importe quoi. Carbonized a commencé sa carrière par une pochette anarcho/hxc/dinosaurjr qui contenait du death old school - école suédoise, ou finnoise, pas le genre de détail que je retiens. Et l'a achevée avec ça en guise de troisième album - et encore, dites vous que moi j'ai trouvé le moyen de me dégotter une réédition sous jaquette Alien vs Predator vs m'enfin pourquoi?! qui l'élève encore à un autre level d'incongruité.
Ça : ce metal paranoscifi-nimp bien au-delà de Voivod et Pestilence et autre metal choqué par Killing Joke jusqu'à en avoir des spasmes : du thrash post-punk dégingandarticuléctrocuté au Talking Heads, raide comme Brendan Perry qui prend sa claque Deadfood ; une aberration psychéthrashfunkgoth, yellometal overdrive, Chris Connelly avec un perfecto en chauve-souris, en total schizo-bliss dans la twilight zone - et il en manque à l'appel, mais que vous dire de plus ? Frappadingue ? Sergent Buck veut ce disque et il ne le…

Carbonized : Disharmonization

Image
Vraiment n'importe quoi. Ainsi donc, Screaming Machines était à la fois le feu d'artifices neural final chamarré et furieux, et le semi-recadrage vers le metal originel de ce groupe qui porte bien son nom.
Parce que là, pardon ! Oh, il y a bien quelques guitares qui grésillent et cautérisent et quelques voix des âges farouches, mais on est surtout en plein dans un grand bain de réverb postpunkjazznoise qui évoquera, aux uns Skingraft, aux autres A Witness ou Bogshed, et à un inculte comme bibi surtout PIL ; sauf qu'avec plusieurs louches de spookfunk dessus - et aussi des fantômes et des cache-poussière à la Some Girls (wander by mistake) parce qu'y a pas de raison. La pochette total metal incongrue au possible jette en outre un intéressant éclairage frostien à ce Claro que Si chlorhydrique - trouvè-je, mais c'est moi, je vous en laisse juge.

Jesus Lizard : Blue

Image
Soigne-toi, qu'y disaient

Me v'là donc soigné...

Je me suis rapproché de la cellule familiale, on se voit plus souvent

Paraît que les neveux et les nièces aiment bien voir leur "tonton rigolo" aux repas dominicaux, les dimanches

Les discussions y vont bon train

Des fois je participe, par politesse.

J'ai une femme, un chien, des gosses.

La maison qui va avec, les voisins.

Un break.

Il m'arrive d'aller faire les courses. Pour sortir.

Le matin dans la salle de bain, y m'arrive de cogiter, avachi sur le bord de la baignoire.

Dans les dîners familiaux, aussi.

ça pousse tellement vite, les gamines...

Je fréquente des gens bien, polis

Qui parlent de projets sociaux, d'investissement, de vacances à la mer

Ils boivent de la Suze à l'apéro

ça me change, un peu.

.

Jesus Lizard : Shot

Image
J'me suis payé des fringues + propres

Mieux coupées

Mais les vêtements n'ont aucune incidence sur l'ampleur de la soif

see ?

James Wan : Death Sentence

Image
Le mec qui a fait Saw. J'sais pas si c'est un tâcheron, et je m'en fous. Death Sentence c'est pas pareil, c'est un peu comme Chute Libre le meilleur film d'avec Michael Douglas, mais c'est aussi un peu aut'chose, parce que c'est un vigilante, à savoir un film qui parle de 1. une violence gratuite faite à un membre de ta famille ou tout être qui t'est précieux 2. la vengeance impitoyable de toi, le quidam meurtri de chagrin et de rage, qui ne peut recourir à la justice trop laxiste avec les criminels et doit passer par l'armurerie pour rétablir l'équilibre.

Tout ça mes petites choutes en sucre, vous l'aurez saisi comme le steak que je fais cuire dans ma poêle à l'instant, est fait avec l'esprit ricain, donc bien rond et bien généreux comme une lampée de bon rouge, et simple comme un bourre-pif, même si les fioritures sont là pour me faire mentir un peu, au début. Bacon au taquet, tendu comme le string de maman, toujours plus …

Scott Walker : the drift

Image
Omagad.
Un confrère aviaire et charognard nous en parlait, Il y a quelques articles de cela : la nature mystique et malfaisante, dans le cadre d'un film qui m'avait plutôt ennuyé à sa sortie, malgré la réalisation scotchante. Il va être pour moi temps de lui redonner sa chance, en attendant, voici un disque qui pourrait bien y faire écho, tout aussi boiseux et hostile : dès la seconde ou l'on y met les pieds, on le sait, on n'est pas le bienvenu : cerné de toutes parts, entre errements arachnéens des sons d'une guitare jouée par un Neil Young satanique, assauts répétés d'esprits frappeurs, qui ne viennent tourmenter qu'aux moments de plus profonde torpeur, coups de corde et coups de pression, Ligeti en veux-tu en voilà, et puis le Scott himself, dément fini dans lequel les dieux - s'il en est - se seraient amusés à glisser une voix de merle crooner. Too much, the drift ? Peut-être, ou... Perdu entre forestier et théâtral, impression de déjà entendu dan…

Heart in Mouth : The Bigger Picture

Image
Je vais une fois de plus vous donner du "temps où les dieux étaient jeunes et arpentaient le monde", mais ce disque s'y prête, ce disque rappelle à ma mémoire gâtée l'unique maxi que je possède de Faultline, et plus largement cette époque des labels Law+Auder et Leaf, des débuts de Bumcello, ce temps où tous ceux-là n'avaient pas à craindre de se faire traiter de post-rock parce que le terme n'était pas encore aussi systématique - et aussi que tous ceux-là étaient trop à cheval entre electronica, jazz, drum'n'bass, ambient et soundtrack, pour connaître cette avanie ; non, le pauvre Heart in Mouth est bien autre chose que du pauvre rock épique d'épagneul, la toile est bien plus grande en effet, un thriller nouvelle-vague-à-l'âme à la Finitribe visité par Raison d'Être, mis sur orbite nocturne Zombique, en parfait équilibre agravifique entre futurisme et romantisme, ultra soyeux et précis sans être une seconde mécanique, crépusculaire, méla…

Lemmy, Slim Jim & Danny B : rock and roll forever

Image
L'âge ne fait rien à l'affaire. Tout homme est un petit enfant quand pépé Lemmy chante, dans son rocking chair sur le perron, quand pépé Lemmy lui explique avec sa bienveillance humide de chique les règles du jeu, en guise de contes des soirées douces ces chansons paisibles qui ont la digne nudité d'un labyrinthe de rides, et la tendre acuité d'un œil à la chassie millésimée. Oh s'il te plaît, pépé, garde moi encore sur tes genoux, s'il te plaît, raconte moi-z-en encore d'autres, jusqu'à ce que la paix m'endorme enfin ...

Valhalla Rising

Image
Il tient visuellement de Roy Scheider et de Lance Ericksen mais il évoque avant tout Kristian Espedal, le gonze qui pèse de toute l'impavidité de son tissu cicatriciel sur cet envers du lyrisme innocent de la trilogie de Peter Jackson, sur ce royaume des rêves cyclopéen où l'on entend le calme de mort sous les blasts de Trelldom et des vieux Enslaved ; les gouffres infernaux sous les bourrasques glaçantes de Hate Forest et la laque du dernier MZ 412, ou de Nordvargr ; la voracité cosmique dans les rugissements des deux derniers Raison d'Être ; le pandemonium sous les étoffes somptueuses de Deutsch Nepal ; la placide sauvagerie du disque de Wardruna et du Nouveau Monde de Terence Malick.
Tout le monde a saisi où on mettait les pieds, mais vous n'y échapperez pas : laconique, venteux, barbare, transi, superbe, brumeux : nordique.
Baballe.

Lars Von Trier : Antichrist

Image
Von Trier est dans le trip de l'artiste autiste qui n'a de comptes à rendre à personne (et surtout pas aux spectateurs), et dit en gros "je fais ce que jveux et je vous emmerde, vu que je suis un artiste et que l'art n'a pas de réponses à vous donner". Rien que ça, ça me le rend sympathique, même si l'attitude hautaine du loulou fait les choux gras de la presse qui veut coller des gnons (pourquoi d'ailleurs ? Gaspar Noé je comprends à la limite vu qu'il cherche ouvertement la baston comme Kickback, mais Lars je vois pas) - ça, c'est le b-a ba de réalisateurs comme Lynch et la raison pour laquelle je resterai toujours sur mes gardes en lisant des types qui cherchent à théoriser des films issus d'instincts et de rêves sans prendre le temps de ressentir les choses, de simplement voir et écouter les voyages intimes qui leurs sont offerts. Tuer la magie, c'est nul. Théoriser l'inthéorisable ou psychologiser l'impsychologisable, c…

Jacques Audiard : Un Prophète

Image
Confirmation s'il le fallait (pour ceux qui en ont quelque chose à cirer) que Audiard fils est très surestimé, et fait pour émoustiller Isabelle Huppert et tous ces intellos consanguins du festival et amoureux transis du cinéma français même quand il copie platement ce que font les ricains en 100 fois mieux ; mais ne soyons pas trop vaches avec le compatriote, c'est bien mieux que son remake de Fingers avec Romain Durillon, et pour moi qui avais apprécié Sur mes lèvres malgré ces têtes d'affiche on ne peut plus débandantes on retrouve un peu de ces moments de tension et de suspense en apesanteur, de ce maussade parisien, de ce style approximatif et juvénile qui a ses bons côtés selon les scènes. Le jeune est assez crédible du moins au début (jvois pas quoi en dire d'autre tant son évolution dans le banditisme est mal rendue), et, point crucial, on sent que Niels Arestrup essaie de faire comme Caubère dans Truands (il vire au rouge presque aussi vite que Pesci ce con, p…

Russian Circles, Stuntman, Morse, 18/03/10, le Baloard, Montpellier

La salle est idéalement bâtarde entre autogestion-cocotte et arty-isme venteux, elle promet de bons moments.

Morse : ça ressemble à un tas de trucs, ça ne fait même que ça tant ça n'invente rien, mais je vais me contenter d'en citer deux, approximatifs comme vous l'espérez : Trap Them et, puisque c'est dans l'air comme Jean-Jean nous le confirme, Daughters ; ou Black Elk, si vous voulez, première période évidemment. Avec un Puciato franchouillard au micro. Avec surtout toute la fraîcheur brouillonne et pochetronne qu'il faut pour faire un excellent moment de jouissance sans prétention. Pour reprendre le gimmick d'un camarade parisien, j'y retournerai.

Stuntman : la même chose ; en beaucoup plus carré, musicien, sérieux, dru, beefy. Pas fresh du tout. Tout le monde s'accorde sur le fait que le batteur est excellentissimoso. Sûrement. Ennui violent et immédiat.

Russian Circles : sentimetal instrumental. Need I say more ?

Enfin, voilà une chouette saison d…

The Jesus Lizard : Goat

Image
J'avais faim.

Faim d'amour.

Faim de liberté.

La liberté de me mouvoir où bon me semble.

La liberté de me mouvoir comme bon me semble. 

Le bonheur a coulé à flots.

Je l'ai tout pris, au chaud dans ma carcasse.

ça a fait 'chpop'.

Tout était évident, d'un coup, et facile, tellement facile.

Il fallait danser.

J'ai dansé.

Les gens ont regardé, avec leurs grands yeux tous ronds.

J'en ai abîmé quequ'z'uns, sans faire esprès.

Paraît que je faisais peine à voir.

Paraît que ça me passe très haut au-dessus de la tête.


.

The Jesus Lizard : Liar

Image
Y'avait du verre par terre.

Ou un truc qui brillait, je me souviens plus, mais ça brillait.

Des coupures qu'on ne sent pas, sur les doigts.

Une assemblée aux yeux ronds.

J'avais envie de les voir me voir me consummer.

Les voir se consummer, me consummant sur eux de mes flammes imaginaires.

Dansant avec eux.

Leur faire comprendre combien je les emmerde tous, combien je les aime tous...

J'avais des envies de sexe.

Des envies de meurtre.

Eux n'étaient rien.

J'étais tout.

La nuit était à moi.


.

Olivier Caillou : U-Turn

Image
Tueurs-nés (aka Natural Born Killers saka NBK pour les intimes), c’est comme Pulp Fiction (aka le meilleur film de Quentin, encyclopédiquement et panthéon personnel-iquement parlant) : on aime ça entre potes ou pour se ressortir les meilleurs passages/répliques, mais c’est assez chiant à revoir seul, et la magie s’étiole, et puis en fait peut être que non, en fait c’est bien, d’avoir des films cultes, c'est cool, je suis pas de ceux qui crachent sur les films cultes adulés de part et d’autre du globe de 7 à 77 ans ; enfin si un peu ; mais non, pas vraiment. Ronffflll... ce que j’essaie de faire venir à tes neurones comme une révélation divine par le biais de cette intro maladroite c’est, tu as vu juste (et je t'en remercie), que cette péloche-là est l’ouvre isolée d’un cas à part, capable de la pire merde, rayon bondieuseries militaires ou kitsch antique de pédéraste. Car la filmo d’un cas aussi spécial que Stone (pire que De Palma dans le genre ricanisation galopante irréver…

Cardiacs : Heaven Born and Ever Bright

Image
Hier, comme tous les ans, était la Saint Patrick ; et comme à la Saint Patrick de tous les ans, comme toutes les andouilles de son espèce, l'individu lambda est allé se cloîtrer dans l'un de ces pubs branchés aux tarifs tristement abusifs et bondés de gens comme lui, remplir sa panse de bière bas de gamme - quand elle n'est pas coupée - jusqu'à sentir le goût du vomi dans son arrière-palais, dans un fond sonore saturé du dernier boum-boum radiogénique dont le volume merveilleusement élevé aura dissuadé toute conversation décente pour le long de la soirée, cédant plutôt la place aux graveleuses chansons paillardes bien de chez nous histoire d'ajouter encore plus à la médiocre cacophonie ambiante.
Pauvre Patrick.
Un jour peut-être reconnaîtra-t-on les valeurs vraies de cette noble consécration. Un jour peut-être de Saint Patrick, les gens se décideront-ils enfin à rêver comme antan, dans la chaleur de maisons victoriennes gavées de boiseries et de moulures chantilly…

Daughters : hell songs

Image
Un bon disque pour s'adonner à l'éthylisme le plus ignoble, et avec lui se trémousser dans l'exhibitionnisme le plus odieux ; un disque rêvé pour faire sa saloperie de roquet nymphomane et saillir toutes les guiboles qui traînent, et s'y raboter une pointe de gland violacé et visqueux ; le disque pour vomir sur n'importe qui d'amour narcissique, s'avilir avec fureur et gloire et tenter de se serrer le coma comme un putain de relou classe épopée.
Un disque pour les écœurer, un disque pour les ulcérer tous et dans le giclat les poisser.

Paul McGuiguan : Gangster N°1

Image
Slevin, quelle bouse ! Heureusement j'avais vu Gangster N°1 avant, sinon j'aurais été complètement dégoûté de redonner sa chance au réal de Acid House. L'a pas fait que de la merde, l'Ecossais, même si il devrait se contenter de publicités à l'heure d'aujourd'hui. Ce film-là doit être l'un des premiers trucs que j'ai achetés en DVD, tout émoustillé par la jaquette criarde et le pitch, et je l'ai pas revu depuis au moins 7-8 ans, et n'ai pas trop envie, de peur de perdre l'excellente première impression que j'en ai eu, la sensation de voir une toile rosbiff rafraîchissante après avoir tourné aux Danny Boyle jusqu'à l'écoeurement. En plus j'aimais bien, les potes ne connaissaient pas, c'était l'occasion d'avoir un film de mafieux trop d'la balle à leur passer avec des meurtres "déjantés" et des plans "de malaaade". Fiasco sur toute la ligne : j'ai compris que mes potes avaient des go…

Rob Harmon : Highwaymen

Image
Jim Caviezel aurait des leçons de statisme facial à donner à Keanu Reeves, ma parole. Là, physiquement, sans la barbe du Messie et avec cette coupe de cheveux impersonnelle, paraît qu’il me ressemble dans le style brun vaguement ténébreux et taciturne, ce qui veut dire que je devrais logiquement le détester un peu… mais non. J’aime la sobriété et le jeu anti-esbroufe de ce mec, ces vagues sarcasmes lancés sans conviction au détour d’un semblant de conversation détachée, et je t’emmerde.

Le méchant rappelle Dennis Hopper et s’appelle Fargo, il est en fauteuil roulant ce qui donne droit à une scène finale involontairement à se pisser dessus, mais le reste du temps on se prend presque d’affection pour lui ou au moins d’un début de fascination distant ; on se prend presque d’affection pour le film lui-même en fait, grâce aux ptites touches de musique hypnotique (superbe générique au passage), aux effets de manche façon Fincher tout maladroits et mal posés et autres ralentis cotonneux tri…

Krügers Medbragte : Den Sindsyge Broders Bøn

Image
Ce soir Barbe-Bleue est au bistroquet, ce soir le moujik égorgeur paye son coup, ce soir l'ogre grimace et fait le singe dans la salle commune, ce soir l’équarrisseur d'enfants amuse la galerie de ses entrechats et de son tangage appuyés, des ses yeux cruels qui roucoulent avec l'haleine aigre du boyard, ce soir il hurle pour de rire et ne pique que de sueur âcre, ce soir il grince avec grâce, ce soir il sort le grand jeu, la danse des sept voiles doublée en peau de loup galeux, ce soir la sciure vole et neige dans les bourrasques folâtres et les cambrures ivrognes de sa céleste valse. Tonight, tonight ... Profitez-en tout votre saoul, et espérez que cela dure jusqu'au moment que vous aurez fini votre cruche et rentrerez dans vos pénates.
Il sortira probablement tout de même ses effroyables surins meugleurs, qu'il rémoule sur ses ongles endeuillés, il faudra rester de marbre toujours, de marbre qui perle, mais de marbre. On ne sait jamais. La tragédie est toujours…

Hans-Christian Schmid : Requiem

Image
Quand L'Exorcisme d'Emily Rose est sorti quelques marginaux sont montés au créneau pour défendre la version allemande de l'histoire (celle d'une fille possédée et exorcisée puis morte de faim, le genre d'histoire qui fait trop peur aux foules sur TF1 comme celle de la Dame Blanche, voyez le genre, sauf que là c'est juste l'histoire d'une malade mentale qu'on a laissé crever à petit feu). Requiem, qui se base sur les faits et pas le fantasme de nos religieux ricains, est un film qu'on range habituellement dans les "films d'auteurs", quand on a l'habitude de se confire dans la confortable débilité hollywoodienne plus encore que votre serviteur. Requiem vous le verrez, mes chers agneaux et amis, n'a vraiment rien à voir avec la moindre bondieuserie satanique à effets spéciaux démoniaques : le parti pris est 100% réaliste et l'émotion y est reine, la sensibilité aussi. J'ai dit réaliste mais pas hyperréaliste, attention…

John Irvin : City Of Industry

Image
Dans la grande série des traductions VF à la con, City Of Industry se pose en tête. Devinez comment ils ont traduit ça chez nous, allez... Personne ? City of Crime. Je me pose et je réfléchis... Non, je vois pas. Je savais de longue que l'intérêt supposé pour le spectateur frenchie à la vue d'une affiche est d'avoir le moins de syllabes en anglais à encaisser pour comprendre un peu le titre du film ; mais là quand même... c'est à se demander dans quel monde on vit.

Keitel lui, se demande pas vraiment. Complètement dry, voire extra dry. Il tire la gueule, toise le chaland de son regard de vieil indien méfiant, fume clope sur clope, et se fait tabasser la tronche, ce qui le contrarie pas vraiment. A la base il demandait pourtant pas grand chose le Harvey, un peu de maille pour se refaire une vie peinarde, rien de plus... mais faut pas faire chier Harvey, surtout quand il commence à se faire moins discret. Y'avait un coup de poker fumant à réaliser, suffisait de passe…

Tom Shankland : W delta Z

Image
C'est vrai, ça casse pas des briques, le scénar est un peu pourri, la fin un peu N delta Z, mais c'est particulier, parce que Tom Shankland est un réal particulier ; un faux ricain, un vrai anglais, bref pas très propre dans sa tête. Son premier film sorti en DTV est tout bancal, mais avec une pointe d'authenticité malsaine bien logée sous la dent, suffisamment en tout cas pour que j'en garde le souvenir d'une Selma Blair troublante, et d'un Tom Hardy déjà un peu Bronson, entre des visions traumatiques de viol au tesson de bouteille jamais tape-à-l'oeil & choc-bourgeois, juste fébriles, incertaines. Rien à voir donc avec Saw ou Hostel, bien qu'à vue de jaquette ça vogue sur la vague adéquate pour appâter l'amateur de charcutaille néo-métal. Un peu plus à voir avec Seven, dans le genre traque urbaine insalubre, mais sans le glauque confortable de Fincher & NIN, juste la petite crasse satisfaite de série B low budget, les petits effets de trem…