jeudi 25 mars 2010

James Wan : Death Sentence


Le mec qui a fait Saw. J'sais pas si c'est un tâcheron, et je m'en fous. Death Sentence c'est pas pareil, c'est un peu comme Chute Libre le meilleur film d'avec Michael Douglas, mais c'est aussi un peu aut'chose, parce que c'est un vigilante, à savoir un film qui parle de 1. une violence gratuite faite à un membre de ta famille ou tout être qui t'est précieux 2. la vengeance impitoyable de toi, le quidam meurtri de chagrin et de rage, qui ne peut recourir à la justice trop laxiste avec les criminels et doit passer par l'armurerie pour rétablir l'équilibre.

Tout ça mes petites choutes en sucre, vous l'aurez saisi comme le steak que je fais cuire dans ma poêle à l'instant, est fait avec l'esprit ricain, donc bien rond et bien généreux comme une lampée de bon rouge, et simple comme un bourre-pif, même si les fioritures sont là pour me faire mentir un peu, au début. Bacon au taquet, tendu comme le string de maman, toujours plus "Eastwood en mono" (à supposer que Eastwood soit en stéréo dans Dirty Harry, pour saisir l'excellence de la métaphore). La première partie est assez nase, on sent que le gars peine à poser un vrai climat de tension et on a du mal à avoir envie de les voir crever (les MECHANTS). Après, vers le milieu, jsais plus trop où exactement mais vers la moitié quand les méchants coreux tatoués drogués sans morale en rajoutent une couche, on attend que ça : qu'ils crèvent ces enculés. Pour avoir tué la famille innocente. CREVEZ SALAUDS ! La vengeance y'a que ça de vrai, ouais; toi et moi Kevin, on va les fumer, on a plus rien à perdre, et pas le temps de sortir une vanne entre deux coups de latte, les vannes c'est pour les gens cools, et qui pourrait être cool dans un moment pareil ? Bruce Willis ? C'est un robot ce con là, y'a pas de sang qui bat dans ses tempes.  Pas comme toi mon Kevinou. Faut que la douleur sorte... DANS LA DOULEUR. Je sais qu't'as mal mon Kev', sinon tu ferais pas la gueule. T'avais rien demandé. Oui, je sais... Je comprends, t'inquiètes.


Le long démarrage fastidieux à base de Massive Attack & Korn vire au Slipknot (Wan a un background néo-métal indécrassable, autant faire avec) et Biohazard, puis, moins mignon, au Unsane, références peut être trop subtiles pour mes amis cinéphiles alors je dirai que c'est simplement et malgré l'aspect léché-clippé totalement urbain, passé les cascades et scènes d'action, totalement old school, à l'ancienne, avec des plans presque en relief tellement le canon du fusil semble à 3 cm de ta gueule par instants, des trucs à la Death Wish/Vigilante et consort du moins dans l'esprit, et toutes ces saloperies 70's qui venaient mettre de l'huile sur le feu en temps de violences urbaines et donner du nerf à moudre au quidam révolté, que c'est du genre explicite, avec une musique tellement explicite dans le genre tragique style B.O. de Requiem for a dream qu'on a peine à rester de marbre même si une part de nous aimerait en rire, les tripes prennent le dessus et effacent ce sourire comme du tipp-ex (tripe-ex?) ; un John Goodman comme seul récif de cool attitude auquel se rattacher en guest... ça frappe les dents serrées et l'oeil mauvais, les nerfs à vif, les phrases fusent comme des coups de canif dans la carotide de l'homme mauvais, et réduisent à néant ce qu'il nous reste de compassion envers les nécessiteux, tant l'envie de shooter dans le premier punk à chien ou gangsta rappeur qui se présente semble logique à cet instant sans qu'on sache trop d'où à pu ressurgir pareille vision animale absurde, de même que l'image en 16/9 de ses petits doigts de pute écrasés comme de la merde et de son crâne de pute éclaté sur le bitume (laissant pisser une rigole de son sang de pute) nous apparaît parfaitement saine et constructive. Ouais. Le passage dans le bar (Four Roses, ça s'invente pas) ou tonton Kev' cause gras en espagnol au taulier malpoli déboîte le caisson, dans le genre western râpeux du gosier. Puis tout se laisse aller, naturellement : ça chauffe de rage et ça chauffe de désespoir, au fil d'une tonsure de guerre improvisée à la Travis Bickle, d'un passage outrancier à la Texas Chainsaw ; ça grésille, ça fume, que dis-je, ça brûle ! - psssccchhhh ; le Bacon est frit.


Assumé dans ses instincts bestiaux et belliqueux, dans ses facilités dramatiques corrosives (FDC), et malgré ses graviers invasifs qui gênent dans les chaussures (la fliquette black qui enquête en parallèle, inutile et incongrue), le film de cousin James laisse un goût âpre sur la langue, ce même goût que je me souviens avoir ressenti après Le Vieux Fusil, n'est-ce pas merveilleux ? La sensation de soulagement tant attendue est absente, donc encore plus douloureuse... nul besoin de chercher la nuance là-dedans évidemment, très chère audience, c'est pas la question du tout, et vous l'aurez aisément pigé dans votre petite caboche : y'a pas de nuance dans la vengeance (cqui pourrait être une phrase de Chuck ou de Clint... vous devinerez facilement ma position); pas de nuance quand on a fait du mal aux êtres qui te sont chers. Pas de nuance quand on blesse ceux qui t'aiment. Oeil pour oeil dent pour dent. You bastard. You'll fuckin' pay for what you did ! I'm coming to get you, motherfucker. Bacon porte tout ça de sa gueule taillée au couteau, vu qu'il est parfait même avec un bandage ridicule sur la tête ; on sent vraiment le gars qu'a pas envie de jouer et qui va moucher les merdeux, jusque dans le timbre de voix rugueux et les vieux regards de tueur ; cliché donc efficace. Un film qui a transformé le tendre et inoffensif oisillon pacifiste que je suis en Charles Bronson le temps d'une petite heure... est un film crucial dans l'histoire du cinéma.

Crevez, salauds.

1 commentaire:

Ø a dit…

j'avais trouvé ce film super drôle moi puis bon, un type qui met du Death Angels dans son film à forcément un bon fond