samedi 20 mars 2010

Jacques Audiard : Un Prophète

Confirmation s'il le fallait (pour ceux qui en ont quelque chose à cirer) que Audiard fils est très surestimé, et fait pour émoustiller Isabelle Huppert et tous ces intellos consanguins du festival et amoureux transis du cinéma français même quand il copie platement ce que font les ricains en 100 fois mieux ; mais ne soyons pas trop vaches avec le compatriote, c'est bien mieux que son remake de Fingers avec Romain Durillon, et pour moi qui avais apprécié Sur mes lèvres malgré ces têtes d'affiche on ne peut plus débandantes on retrouve un peu de ces moments de tension et de suspense en apesanteur, de ce maussade parisien, de ce style approximatif et juvénile qui a ses bons côtés selon les scènes. Le jeune est assez crédible du moins au début (jvois pas quoi en dire d'autre tant son évolution dans le banditisme est mal rendue), et, point crucial, on sent que Niels Arestrup essaie de faire comme Caubère dans Truands (il vire au rouge presque aussi vite que Pesci ce con, potentiel véritable même si le physique ramènera toujours + à Barbelivien qu'à un gangster corse hinhin) mais ils l'ont bridé les salauds, fallait tenter de décrocher la palme d'or que veux-tu...

6 commentaires:

mathilde a dit…

Hormis Audiard, je ne vois pas qui tente quoi que ce soit. Un peu de lynch, un peu de tarentino, un peu de cronenberg, un peu de romero, un peu de cassavetes... Certes, les influences sont là mais copier ses maîtres est nécessaire. Faire décoller ce nullissime cinéma français en s'inspirant des meilleurs... Niels est sous utilisé et parfois très nul, le rôle principal est parfois très bon, parfois moyen tant ça fait dans le mélo et contremélo mais les idées sont neuves et pour un vieux comme moi, c'est une brise bienfaisante.
Si le petit milieu des acteurs "intellos" (ha, ha, ha) se reconnaît en Audiard c'est qu'il sait qu'il n'y a rien à espérer ailleurs. Espérons que le réalisateur fera des émules doués...

Raven a dit…

écoute Mathurin, je dois avouer que la comparaison avec Romero et Crony, là, je vois pas, mais alors du tout, d'où elle vient. Pour moi c'est surtout du Scorcese et du Parker francisé avec probablement une généreuse louche de trucs + pointus et trop culturellement enrichissants pour moi... après si y'a que Audiard chez nous pour faire bien les choses bah on est pas dans la merde.

mathilde a dit…

Joue pas les blasés en tirant sur le premier provocateur à 2 balles comme moi!
En ce qui me concerne, j'ai envie de dire lynch parce que ça se flaire à 3000 km.... (la route, les cerfs, effets de distortion, petit trip clipesque précognitif(ha ha ha)), ça te rappelle rien?
Il a dû en mater des films le Audiard et c'est tout à son honneur.

Et ceux qui le taxent de copieur n'ont qu'à jeter un oeil du côté de Tarentino...

Mais pour les autres, je ferai un cours magistral dans ma cave en 2011.
salut marthe

Raven a dit…

Lynch j'ai pas désapprouvé, hein, je suis assez d'accord pour le coup vu que les 2 passages oniriques avec le cervidé m'ont fait penser à du Dominik Moll (en moins bien). Mais Romero, alors ? c'est pour le mec qui ressemble à un zombie parce qu'il a le cancer ? et Cronenberg parce qu'il y'a un crash de voiture ? une mouche dans le champ de la caméra ? Y'a pas Jeff Goldblum, j'ai vérifié le casting.

mathilde a dit…

Roméro, j'exagère évidemment. c''est juste pour préciser que ce film fait parfois songer à une mise bout à bout de tentatives maladroites de certaines influences (intéressantes, certes) mais que le sujet lui-même réduit au néant.
La dimension "fantastique" et "prophétique" du héros et de son histoire d'opportuniste pouvait mener à des inclusions oniriques parce que tant de choses lui échappent.Une explication non rationnelle pouvait apporter des éléments de réponses au spectateur. Mais le film n'est pas construit comme cela au départ, ce qui rend ces scènes parfois ridicules parce qu'elles semblent totalement et foncièrement artificielles comme si on avait décidé que là et là on allait insérer des plans oniriques qui expliquent tels ou tels aspect du personnage. Tout est très téléphoné mais sans être angoissant ou drôle comme dans d'autres films de genre.
Cette tentative esthétisante de la culpabilité du héros et de sa victime égorgée à qui il parle est également inintéressante car elle ne s'incarne à aucun moment dans le personnage du héros qui semble juste accepter ce fait sans autre questionnement.
Folie, hallu, culpabilité, meurtre : apaiser le réel par le fantastique semble donner toute caution morale au personnage du héros, le rendre acceptable au yeux de du spectateur...
j'ai aimé certains passages du film parce que ces tentatives sont louables mais le film de genre n'est pas une question de morale.
De plus, la lumière elle-même du film se prête très mal à ces univers où l'on passe d'un réel très incarné à des situations oniriques...
j'fais de la diarrhée verbale mais je pense sincèrement que certains jeunes réalisateurs peuvent s'engager dans cette voie en maîtrisant mieux les équilibres du réel et de la suggestion...

Raven a dit…

"Mais le film n'est pas construit comme cela au départ, ce qui rend ces scènes parfois ridicules parce qu'elles semblent totalement et foncièrement artificielles comme si on avait décidé que là et là on allait insérer des plans oniriques qui expliquent tels ou tels aspect du personnage." j'approuve ce passage à 200%, le reste un peu moins, mais on est globalement d'accords