samedi 27 mars 2010

Neveldine & Taylor : Gamer

Ces 2 connards de ricains sont dangereux. Ces 2 petits escamoteurs maquillés en beaufs écervelés ont juste tout pigé aux années 00-10, en faisant un truc qui sent les 90’s a plein nez (merci Herr Doktor Null, j’y avais même pas pensé tant c’est évident) dans son concept/esthétique entre Tueurs-Nés, Strange Days et Nirvaña. J'étais déjà nostalgique de cette merde avant de l'avoir vue, en fait, alors qu'elle est neuve, qu'elle projette dans le futur que nous vivons, dans lequel Marty McFly serait triste de voir qu'il n'y a ni overboards ni chaussures autolaçantes, mais une énorme pieuvre invisible qu'on appelle le web, ou la deuxième réalité, celle qui permet de fuir la première ('m'étais juré de pas sombrer dans l'analyse, pas d'bol nicole). Gamer aka Ultimate Game chez nous (eux et leurs traductions, vraiment) nous assène une lourde vérité, à base d'un cliché pourtant bien vieux déjà. Un gros malaise froidement jouissif... sans saveur, ni odeur, ni texture. Oubliez tout ce que vous croyiez savoir… oubliez les frères Wachowski, oubliez Avalon. Ultimate Game est la vérité, l’essence, la sculpture de notre décade de surbouffe visuelle sonore médiatique etc etc etc, lol wtf wizz facebook youtube sims edition deluxe wizz wizzzzz x ptdr, ce canardage numérique effarant et épuisant et fascinant et que sais-je encore, qui ne cesse d’enfler tel l’abcès multicolore… jusqu’où ? Notre mort ? Notre renaissance ? Comme une matière qui ne cesse de croître, sans cesse, et nous abruti en nous nourrissant… Et ces 2 cons l’ont compris, parce qu’ils sont tout sauf cons. Et ils en ont saisi la matière même, et en ont fait une sculpture, par dépit, par amour, peut être ni l’un ni l’autre… peut être les deux. Comme pour les Crank, on a la même énergie épuisante, les mêmes 3000 idées par minute. Mais cette fois le délire est comme qui dirait sous contrôle d’une intelligence farouchement lucide et terrifiante de désinvolture rock'n'roll, plus loin que le cyberpunk sans avoir l'air d'y toucher, capable de masquer la genèse d’un nouveau genre sous une jaquette digne de Steven Seagal ou Van Damme. A dessein. Le tempo est speedé, c'est leur marque de fabrique. Les images font tactactac, entre psychédélisme artificiel et hallucination SF de Tony Scott. Les références à la pop culture du siècle dernier enterré sous la marmaille dégénérée qu'il a enfanté fusent à vitesse lumière, on en saisit quelques-unes au vol (we freed your mind and your ass followed… tout le monde aura compris ; les mauvais élèves se feront tirer les oreilles par cousin Innamorato). Gerard Butler n’est plus sparte mais spart.com, exit la barbe et la frange faite avec un bol de cacao, place au Gégé nouveau, noyé dans les lumières artificielles et la tremblote camescopique et stroboscopique... place à Bubu. And YOU don't fuckin' mess with BUBU. Don't you try, geek. Vous pouvez avoir peur comme lui, tenter de sauver votre peau, de sortir de la matrice, même si c'est vain, même si dehors, dedans, ne sont plus les termes adéquats. L’époque lobotomisante et ultra-référencielle que nous vivons est aussi terrifiante que vivifiante ; aussi dangereusement malsaine que pleine de promesses folles. Faut-il l’accepter, ou la combattre ? Ni l’un ni l’autre, mes ptites choutes pixellisées. C’est une fatalité, qu’il faut embrasser à pleine langue.

Noyez-vous dans le flux numérique et devenez dieu et esclave.

Ou sauvez votre peau IRL et devenez libre… et prisonnier.

Faites comme Bubu.

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