mardi 9 mars 2010

New Wave Bulldog

I gave you fucking magic in there



BRONSON, Nicolas Winding Refn, 2009

Que puis-je sortir d'intéressant sur ce film, primé à deux pas de chez moi et que j'ai connement snobé jusqu'à la sortie vidéo, sinon qu'il m'a donné envie, après 10 ans à ne tourner qu'avec West End Girls dans la caboche, à enfin me lancer dans la disco des Pet Shop Boys ?

Que puis-je déclamer d'assez beau dans une de ses poses branlatoires et suffisantes de geek tellement et si ridiculement référencé qu'il en devient opaque pour le commun lecteur ? Pensons à lui, en disant que Bronson n'a rien du brutal dépucelage défoliant qu'on cherche à vendre et que c'est pas la question, que Bronson est maladroit dans ses moments théâtraux, et très maladroit dans son introduction, ainsi que dans sa narration (rime riche), mais qu'il a le coeur gros sous sa grosse moustache et son gros crâne d'oeuf, l'amour animal sous son marcel fantôme. Que c'est pas le chef d'oeuvre qui tue sa race de sa mère gnagna, mais un ptit film qui ne demande que des papouilles derrière sa gueule de danger, tout baveux et disgracieux, une petite boule toute en muscles, toute renfrognée, toute pétrie de tendresse... exactement l'idée qu'on peut se faire d'un bouledogue, c'est pas beau ça, mh ? Il deviendra culte à coup sûr même si on s'en fout. Et même si Hardy nous fait un peu trop De Niro dans Raging Bull par moments, il assure un show superbe (et des intonations qui font frémir presque autant que celles de Begbie qui raconte sa partie de billard tout jovial avant de se faire son fix de baston), son personnage n'est a priori guère plus intéressant qu'un des deux blaireaux de Fight Club (on est à la limite du concept nihiliste relou) mais on se prend sans s'en rendre compte d'une putain de tendresse pour sa face, la même qu'on aurait pour ce putain de bouledogue.

Pensons à ce lecteur commun, ce lecteur de passage, qui n'aura que faire de savoir que Digital Versicolor by Glass Candy calqué sur une scène de baston dans un hangar baigné de lumières bleutées est un plaisir total pour les yeux et les oreilles, que les coins carrés de l'esthétique-montage-*terme technique de ton choix* font on ne peut plus EBM old school ; qui n'aura que faire de savoir que ce film se déroule dans les années 80 et est donc assez logiquement bien new wave sur les bords - et un peu plus que sur les bords...

Pensons surtout à tous ceux qui savent un peu ce que c'est qu'un putain de ROSBIFF - et sauront se délecter des monologues, comme ils l'auront fait avec ceux de - tiens, je cherchais à l'éviter - un certain agrume mécanique. La comparaison était finalement assez judicieuse, merci Télérama.


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4 commentaires:

gulo gulo a dit…

t'as gagné, j'ai envie

Le Moignon a dit…

Assez d'accord sur le fait qu'on est loin du chef d'œuvre annoncé, j'étais sorti pour le coup un peu déçu du visionnage, mais avec le recul, je le trouve quand même assez chouette

Little-Axe a dit…

du bon film à moustache.

Antilope a dit…

C'est nul.