dimanche 14 mars 2010

Pet shop boys : nightlife


C'est sûr, on aurait préféré laisser Craig Armstrong et ses violons hollywood solennels à Rob Dougan plutôt que de le laisser entrer à Ibiza ; quels gros veaux ces videurs. Mais réflexion faite, ça donne par instants un côté Frozen (de la Ciccone) pas dégueu aux ritournelles; et puis il y a à peine que la moitié des titres; c'est digérable. Mais tout de même assez gênant. Hans Zimmer dans un club, ça le fait moyen niveau érotisme, tu comprends.

Le plus dur avec ce disque au début est de décrocher du morceau d'intro outrageusement trippy, tout en lumières bleutées, androgynie vocale limite alien et avec ces effets hyper modernes un peu effrayants (le genre de trucs typiques du moment, comme cette pochette et les photos dans le livret d'ailleurs) ; un tube qu'on connaît déjà sans l'avoir jamais écouté... saisissante, nous vient l'envie de rester dans les années 90 et leur maelström cosmique, en plein nightclub, dans la nightlife, ou simplement comme Renton débarquant sur du Ice Mc galvanisant dans la ville aux bus rouges, clean et prêt pour une nouvelle vie loin des vilaines fréquentations héroïnomanes... mais près des gobeurs d'ecsta. Un grand moment de fraîcheur illuminée, dont je potasse justement les paroles. Très important les paroles, chez les Pet Shop Boys.

Le disque est évidemment clubbesque, donc rappelle fatalement Snap, Haddaway, Nymphomania, Captain Hollywood Project, ce genre de saloperies qu'on trouvait dans les compiles dance machine durant la première moitié des 90's. Mais comme on est à la fin de la seconde et que de l'eau à coulé sous les ponts, c'est (hélas ?) mieux arrangé, mieux fichu, plus référencé, plus esthétique, logiquement assez influencé par le trip-hop style Massive et autres sophistos qui aiment inviter des jolies chanteuses comme on met des ficus dans son bureau, tout est peut être un peu trop étoffé, d'où ma retenue, mais les 2 barons du kitsch ont toujours aimé piocher dans les modes, et puis en 99, fallait aguicher le chaland avec un peu tout ce qui plaisait (à ce propos y'a aussi un passage très Coolio circa Gangster's Paradise à un moment ; non ne me remerciez pas, c'est naturel). Le duo avec Kylie est profondément gay, comme cette ballade folk chelou probablement viciée par l'ombre de Outside 1 Bowie avec qui ils ont fricoté, et surtout comme le gros tube caché de Village People à la fin - comme tout le reste du disque en fait, et ces chants aigus d'une fadeur exquise. Comme il s'agit de qui on sait, des restes de new wave en tofu allégé surnagent dans la grosse piscine de sirop eurodance, comme des poissons pastels qui te chatouillent agréablement les orteils du moral.

For your own good.

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