mercredi 31 mars 2010

Radu Mihaileanu : Le Concert

Vous êtes un petit poisson mignon, vacant dans son aquarium avec d’autres petits poissidés tout aussi mignons, à deviser des choses de la vie d’ostéichthyens ornemental : qui ira demain se prendre un bain de bulles au jacuzzi derrière la plante verte, qui ira jeter ses ordures au poisson laveur, qui ira culbuter mam’zelle hippocampe dans l’amphore… quand soudain, brutalement, l’oncle Raven apparaît dans votre champ de vision et crache un gros mollard sanglant sur la paroi frontale de ce bac de flotte pitoyable. Choqués par tant de violence gratuite, vous vous écriez en chœur d’une voix sous hélium toute riquiqui ridicule :

« iiiiiiiiiiiiiih »

Marinez dans la honte, misérables guppys. Car si tonton Raven est dans cet état, c’est qu’il est malade ! S’il est malade, c’est qu’il a vu un film si tièdement médiocre qu’il l’a rendu livide. Et si vous voulez tout savoir, car je devine aux frétillements impatients de vos nageoires ce vilain défaut qu'est la curiosité, il n’a pas très très envie d’en émettre une critique au préalable architecturée et soignée comme il le fait d’habitude. Nan. Juste de poster l’affiche accompagnée d'un succinct crachat de dédain, parce qu’elle évoque le contenu avec un sens de l'évocation qui évoque assez bien les choses... L'humanité (supposée) et l'humilité (masquée) ne font pas tout. Nous voilà donc, sans doute au nom de cette Sainte Simplicité des Choses Simples tant revendiquée jusque dans les pubs pour camembert, devant un bon gros film de socialiste avachi, conçu pour faire enfler le jonc des frustrés de la vie à l'imaginaire anorexique et aux rêves de gloire filiformes. Parfois, les choses simples et équilibrées ont du bon, c'est vrai. Mais, et vous le savez aussi bien que je le sais mes chers lecteurs à écailles, ça n'a jamais été une qualité en soi. Un PH neutre ne fait pas une eau saine.

Mon dieu, que ce mélange des cultures est raté. Mon dieu que ce casting sent le pipi (Mélanie Laurent, aussi fade et impersonnelle que son nom, qu'on croit encore actrice par un quiproquos qui m'échappe, et qui m'évoque une truite morte abandonnée sur le rebord de l'évier). Mon dieu que ces stéréotypes manquent de charisme. Mon dieu que cette histoire de Rasta Rockets slaves avare en drôlerie est antipathique, encore plus passées la première moitié à base d'Emir Kusturicaca lyophilisé. A peu près autant que son François Fillon de premier rôle, qui donne à chaque apparition abattue l'envie brûlante de lui coller un bon coup de pied au cul. Mon dieu que cette chose est laide !

N’est pas Full Monty qui veut.

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