samedi 13 mars 2010

W.A.S.P. : the crimson idol


Berlin trop chiant parce que Lou Reed est trop intello ? Reste avec moi, ne sois pas craintif.
Chez le hardos, les concept albums sont fait à partir d’une imagination basique. Issus de rêves basiques. Parce que le hardos est basique, par définition, et que son imaginaire tient dans une bouteille de bière. Une 25 cl.

Blackie est un de ces demeurés, et son concept album à lui est si criant d’émotion et fait avec tellement de cœur à l’ouvrage que le concept, en fait, au final, on s’en branle un peu. Il m’est cependant impossible de ne pas ressentir quelque chose à la lecture de ces petites notes dans le livret, qui studieusement nous expliquent les tenants et aboutissants de cette histoire torchée sur un cahier d’écolier, du genre « cette tragédie qui me tenait beaucoup à cœur raconte […] je remercie ma mère et mon père, ainsi que tous mes amis ». Blackie est à fond, il y croit, et c’est assez touchant, en fait, bien plus que son OVNI simili-indus goth KFD ou même ses simples orgies glam des années 80 dopée aux provocs scéniques sauce tronçonneuse-ketchup. Y’a quelque chose en plus ici, qu’il n’a jamais refait (du moins tenté avec Neon God) et n’avait jamais fait avant. Une âme. Ce qui devait être un concept album est au final son disque le plus tubesque, même si on retrouve le même titre en 3 exemplaires au moins et que les moments narratifs abusivement étalés à droite à gauche peuvent laisser planer un soupçon de bâillement. Blackie met des ballades partout, avec de belles guitares et des couplets qui ressemblent à des refrains, quelques gros refrains pour stades à chanter en choeur comme des gros beaufs ébahis, aussi, normal, c’est de famille. Plein de batterie, partout, trop diront les sensibles, je m’y suis fait. Des gros soli, un peu partout, car il en faut pour qu’un disque de hard rock soit bon, la Turquoise Nation m’en soit témoin. Et toujours cette voix, aussi grimaçante que du Brian Johnson ou du Mustaine, mais complètement habitée même dans sa niaiserie par l’esprit du Rebel, comme une version hétéro d’un Halford tombé de sa moto ou la version petite frappe d’un Simmons, car Lawless n’est-ce pas, les intonations grenouillardes typiques et autres « je chie dans mon froc en étirant les syllabes » laissant place quand il faut à des vocalises cristallines du plus bel effet, illuminées par une foi totale en le Dieu Rock.

En parlant de l’étiquette, j’ai appris récemment du Maître de ces lieux qu’on dit sleaze rock et pas glam, pour parler de toute la frange Hanoi Rocks, Mötley & co, et des Guns. Tant mieux, ça m’évitera de parler de glam metal ou autre hard FM où il n’y a fatalement que du pur hard rock tout plein d’artifices romantico-neuneu masquant l’envie saine et simple de tirer sa crampe, car en vérité, aussi flashy et rosez puissent-ils être jusque dans leur garde-robe, c’est l'envie d'en serrer un max qui motive ces gens là, et c'est l’attirail esthétique de parfait queutards décérébrés qui préfèrent les tenues extravagantes et la toison péroxydée aux sempiternel cuir noir sur lequel on s'est tous gaussés en croyant à un vulgaire trip de pédales peu farouches, sans doute nostalgiques des années Bowie-Dolls. Ah Blackie… Quand il pousse la voix. Blackie est un fieffé connard ingrat, comme Axl Rose, et pourtant il déborde d’amour pour le monde autant que de haine pour sa personne, ou l’inverse. Comme Danzig Blackie se prend pour plus gros qu'il ne l'est. Et Blackie ne s’arrête pas de refaire la même ballade à guitares léchées et d’empiler les solos et les roulements de batterie James Cameron, et son histoire pue l’adolescence, les rêves d’ado se fantasmant rock star, ayant grandit à la fin des 70’s sur Kiss, la petite frappe à belle gueule qui rêvait de devenir Alice Cooper, en dressant des posters de 4 mètres dans sa piaule au grand dam de papa-maman. Blackie, ce chevelu ringard, il y croit tellement que ça en devient magnifique. Les tubes ? Inutile d’en dresser une liste, la power ballad est à son nec plus ultra ; disons juste, pour être un peu excessif dans l'euphémisme, qu’on peut tout à fait rester de marbre en écoutant Arena of Pleasure, et être quand même mon ami. I am the orphan of the night.

Le disque à ranger entre Innuendo, Use Your Illusion I et Painkiller (ok ça force à disposer les disques en prisme triangulaire, mais c’est une IMAGE) ? Je l’ai entre mes mains.

Je te le donne.

Et je t’embrasse.

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1 commentaire:

Raoul a dit…

The Idole est la plus grande ballade