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Affichage des articles du avril, 2010

Unholy : Rapture

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Tu peux pas test Lovecraft en version lyrico-épique, non. Päsi a d'une façon où d'une autre, accompagné mon entrée dans l'âge adulte, j'en bave encore la nuit. Tu m'étonnes. Un premier Unholy c'est comme une première raclette : d'abord le poids, ensuite le gras, puis l'ivresse, et enfin la descente aux Enfers, où l'on croise avec méfiance les animaux morts que Noé a oublié d'embarquer sur son arche, et qui n'ont pas non plus été acceptés sur un album de Cathedral.
Tout ça pour dire que ce disque, Rapture, c'est un peu comme se faire accueillir dans l'Au-delà par une bise humide de Cthulhu, là où d'autres n'ont réussi qu'à transiter par son colon : frais, pluvieux, caverneux et ancien. Et quand madame nous prend par la main, ce n'est pas pour nous emmener voir le Théâtre de la Tragédie que sais-je, mais plutôt le caniveau où elle lavait ses fringues quand elle était encore dans la troupe à Parnassus.

69db & MC Tablloyd : Bedroom Mixes from the Soul

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De mémoire, hein ; c'est parti :
Il était une fois avant le dubstep, avant ces salades qu'on essaie de nous faire passer pour la révolution alors qu'il s'agit tout juste de pillage de la boutique à Mick et Justin, avant que Kevin Martin ne soit venu jouer les agents de recouvrement ; on a pu alors entendre une vraie soul music d'après la bombe, d'après l'équinoxe, une soul née des déchets piétinés, des braseros et de la boue, aux déhanchés leucémiques dans des pantalons statufiés de boue, sous un vaste ciel de boue, pour y voler sur de pâlides ailes de boue.
Des psaumes pour le premier mai, si vous préférez.

One Nation Under ...

Le staff vient de s'enrichir d'un nouveau brigand et pas des moindres. Vous pouvez commencer à mettre les peintures de guerre, on est sur le sentier.

Cathedral : The Guessing Game

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"Ça va chier - burp."
aka : "j'm'en va te moucher ce sourire de merde, con de chat"

Selenites : Jeder Für Sich und Gott Gegen Alle

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J'espère pour lui qu'il trouve l'ironie d'en rire aussi jaune que ci-à côté : Stephen Bessac et son trident ont engendré un nouveau genre de beaufitude dans le "hardcore" (ça, ça doit le faire gondoler) français - et pas la peine de me rétorquer que Kickback ne détient pas le brevet historico-historien de l'invention du screamo-blacko-quirigolepadutoudutout-hxc-tralala : il est évident qu'ils ont comme d'autres su capter une idée qui infusait l'époque - et non moins évident qu'ils l'ont su capturer et mettre à exécution - c'est le mot - comme nuls autres, peut-être par ce que chez eux il ne s'agit pas tant du mélange des genres et des nourritures naturel à la génération actuelle, que de celui vieilli en fût de la précédente, et surtout, tout pareillement macérée, d'une vieille marotte, tenace comme une rancune, propre au citoyen Bessac ; pas d'une printanière lubie de binoclards qui s'inventent une hell-cred'.

Cosmic Atrophy : Codex Incubo

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Et pourquoi on n'aurait pas le droit de s'éclater à couper-décaler comme un muppet sur du jazz-rock, juste parce que vos parents vous ont prénommé Cthulhu, d'abord ?

Carcass : Necroticism

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Je sais pas vous, mais moi j'aime la viande. Et comme a dit un jour Confucius (ou Florence Foresti, je sais plus), un homme pour qu'il soit heureux il lui faut une Porsche, un boeuf, une patate. Moi la caisse je m'en tape mais la bidoche, là ouais, il y a carrément moyen de se lâcher. Pourquoi je vous cause de ça ? Ben parce qu'à mon avis il y a des trucs dans la vie qu'on peut pas aimer si on kiffe pas la bidoche, cf. une discussion là-dessus avec le maitre des lieux. Et Carcass ça en fait partie. De plus à quoi bon la faire cuire cette entrecôte, sérieux ? Un bon morceau bien appétissant, on le déguste en gourmet, on mord pleinement dedans et tant pis pour le sang qui coule sur le menton. Parce que là attention, on parle de bonne barbaque préparée avec amour par le boucher hein, pas de la caissette en promo chez Lidl.
Meilleur moment pour écouter le disque: en revenant du marché, le dimanche matin.

Revolting Cocks : Got Cock ?

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Amis du bon goût, déguerpissez - et puis, qu'est-ce que vous faisiez en ville pour commencer ? A quoi ça sert que le Moignon il se décarcasse avec ses tourtes gourmandes ? Amis de la saucisse, amateurs avertis qui avez toujours eu un rien de souci avec KMFDM et son excessive panzeritude qui vous paraissait dangereusement proche de sentir le début de second degré : mettez-vous à l'aise, et déboutonez-vous grand. RevCo a choisi sa nation depuis Cocked & Loaded, tant pis pour les grincheux, les fines bouches, les pisse-froid, les petits culs, les j'avale pas ; y a pas de mêêêh. RevCo est le Moloch de Las Vegas et sa faim de pouffiasses est inextinguible cependant qu'il dégueule comme un romain son sleazewave poledance-metal sur le grand carnaval de morses rendus fous par le stupre et le lucre.
Un Texan doublé d'un Cubain (qui a vraiment cru qu'il allait lâcher le manche ?), il fallait au moins ça pour qu'enfin le trône de feu-Sheep on Drugs cesse de vaque…

Cosmic Psychos : Oh What a Lovely Pie

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Ce qu'il y a dans leur lovely pie, je préfère encore bouffer de la quiche de tofu soyeux que de le savoir.
N'empêche, jamais jusqu'ici je n'avais entendu un disque sonner comme un moteur de dragster en plastique fluo ; du reste, si tu cherches du gros riff qui tâche, aussi brillant et flashy dans sons sens du catchy que dans sa merveilleuse crétinerie, ne cherche pas plus loin, ami, tu es ici comme bébé kangourou dans la salopette en blue-jean crasseuse de maman kangourou.
Jusqu'alors, l'Australie rimait pour moi surtout avec rock'n'roll déglingué ; il rime désormais avec rock'n'roll tout court. Court, tu dis ? Short, disent ces cons d'angliches : à déguster en terrasse dans le fumet des premiers barbecues printaniers, en sirotant son tout-à-l'égout et se grattant voluptueusement les testicules.

Valborg : Crown of Sorrow

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Il faut avouer qu'il m'angoissait un chouïa, celui-ci. Surtout après le récent fiasco Triptykon - non pas parce que les Valborg sont les chouchous de Tom Gab et que je lui dois leur découverte (tout comme avec un peu de chance quelques spectateurs du dernier Roadburn), mais parce que c'est le même type d'album, qu'on se fait un devoir d'acheter aveuglément, mais qu'ensuite on doit se faire un devoir d'écouter - la redondance est à dessein - sachant d'avance que l'identité est tellement marquée qu'elle sera forcément la même, et ne sachant pas bien au juste ce qu'on en attend ou comment ils pourront surseoir l'inéluctable routine, à quoi de réel tient la fin de la féérie, bref je me comprends. Qui plus est, la couverture me bottait moins vigoureusement que celle du précédent, quand bien même elle m'évoquait diffusément Ninja Scroll.
Pourriture de sceptique que j'étais, soulagé et humilié je suis. Oui, l'identité, la signa…

Black Breath : Heavy Breathing

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Prends un son viril à s'y méprendre avec l'Entombed millésimé. Gave-le de basses et prends-le avec une prise de son débordée-saturée comme celle du dernier Brutal Truth. Ajoute une voix de jeune pitbull coreux baveux, type Rise & Fall, et la petite touche evil old-school qui va bien. Tu obtiens un petit truc qui va bien, comme douze douzaine d'autres d'ici la fin de la semaine, même pas nul, et pourtant non avenu.
Allez, soyons pas injuste : il y a bien une touche de personnalité ; cette exécution musculeuse et fanatique d'où vient que, lors qu'on devrait songer à Death Breath, c'est à Full Blown Chaos qu'on pense incorrigiblement. Me remerciez pas.

Daggers : Along the Acheron

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Prends un son de ferrailleur qui se la raconte pas, qui raconte rien d'ailleurs, que l'hiver et la fatalité. Prends des riffs moins punks que chiens. Un batteur qui en vrai doit clouer des planches à des fenêtres. Des ralentissments primaires et misérables. Tu obtiens un truc saisissant comme du Tortuga ou du Grief, un hardcore unique et lugubre, en forme de douche de gravats et qui masque le jour.

Asche : The Easter Island Phenomenon

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Ce qu'il y a de bien avec Asche depuis qu'il s'est converti au dj-ing et au fétichisme, c'est qu'il ne nous a jamais infligé sa phase prosélytisme-crânerie-dramatisation. Avec lui on a toujours la sensation de débarquer, si j'ose dire, dans le vif des choses ; et qu'évidemment la porte vient de se refermer derrière vous, sans un bruit dans le bombardement obscène qui ajoute sa touffeur à l'obscurité générale. Quand tout est déjà plus qu'huileux et que dans tous les coins et replis l'on pistonne, pompe, fouette, souille, enfonce, brutalise, pire qu'au sous-sol du BHV. Entre pièces de viande consentantes.
Vous me demandez la différence avec Distorted DJ ? Finie l'ambiance Kassav', la visite du complexe se poursuit et l'on n'est plus à l'étage pumping house mais à celui d'encore en-dessous, celui où Philippe n'emmène Éliane qu'empaquetée et équipée de son bâillon-boule, celui où la moitié de la population porte …

Lowness : Undertow

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Kraut ... ben voyons ; et pourquoi pas Carpenter, pendant qu'on y est ? Tu quoque, mon frère ? Putain d'air du temps ... Lowness c'est tout simplement de l'ambient-techno couleur indus avec quelques beats ethno-hop qui lui donnent des airs de new-age pour cyberpeople ombrageux - du reload ambient, en langage pressé. En vrai on s'en fout, surtout.
Lowness c'est surtout le projet que, pour continuer dans le sabir journalistique, les aficionados attendaient depuis bien des années sans plus oser y croire, qui a été mis en suspens le temps que le monsieur se remette à la musique, et au hard rock, et émerge des brumes cannabinoles et de sa claque Electric Wizard ; qui s'est il y a des lustres appelé Devolve, du temps qu'il devait prolonger le hip-hop stranguleur de Dead Is Dead ...
Le retour de Scott fucking Sturgis, tout juste.
Et l'on retrouve en effet celui qu'on avait quitté, dernier humain terrifié au milieu de la forêt jurassique de lendemain d…

Type O Negative : World Coming Down

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Je vous l'ai déjà faite, ma théorie sur le goth, et comment les seuls métalleux qui l'ont - parfois - ne sont certainement pas les tenants d'une étiquette goth-metal aussi ordinairement usurpée que celle de post-hardcore, mais les doomeux ? Nous l'ont prouvé : The Wizar'd, Katatonia, Paradise Lost, Anathema, Reverend Bizarre, The Wounded Kings, The Gault ... Vous en voulez encore ? Ça tombe bien, pour une fois la question n'est pas rhétorique : blam, World Coming Down dans la bouche. Dès le début, badaboum, "White Slavery" : si t'as déjà entendu plus doom, plus misérablement abattu et fier de l'être, tu m'appelles (je te donne pas mon numéro, hein ...), et ça déjà c'est un peu comme qui dirait l'essence de la doomessence, vise un peu cette morgue à friper d'humiliation Sami Hyninen comme une pauvre couille, accouplée à cette lassitude extrême extrêmement affectée à faire passer feu Rozz Williams pour Jamey Jasta. Traînage de p…

Sacrée année, bougre de bougre ...

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Bientôt ...

Type O Negative : Dead Again

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Dead Again c'est le même Stanley Kowalski que sur Slow Deep and Hard, de retour, sauf qu'à l'époque il était en pleine crise d'alcool mauvais, et qu'aujourd'hui il a fait une croix (planté, plus exactement et probablement) sur Stella et la Stella, est en pleine montée de sève, a changé son fameux tricot de corps blanc pour le non moins fameux marcel blanc repassé du kéké coreux dodu à petit chapeau qui fait roucouler sa viande dans le pit - parfois appelé Life of Agony - et que pété au prozac-prosit et aux Beatles il nous inflige tout son récital : Tool, Alice in Chains, les Misfits, Bathory, le Sab', Mike Muir, Danzig ... Le pire c'est qu'on en redemande, parce qu'on est pété aussi et qu'on l'aime, parce que c'est aussi Wonderland qu'un album de King's X.
On aura noté qu'évidemment que c'est un album de Type O, donc évidemment c'est trop long - gros, riche - et l'estomac peut crier merci sur la fin de cette s…

Rendre à César ...

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... est une chose qu'on doit savoir faire lors qu'on a un tant soit peu d'éducation.


King Crimson - In the court of the Crimson King

Comme tant d'autres avant moi j'imagine, cette pochette m'a hanté. Depuis que je l'ai aperçue, tout petit, dans les pages du back-catalogue-pas-cher du Club Dial de ma reu-mè. Je ne me suis jamais demandé ce que regardait le mec, mais tout simplement quelle musique on peut bien jouer derrière une image pareille, surtout pour un disque vendu comme un vieux classique inoffensif entre les plus belles chansons de Cock Robin et le premier Zucchero. J'imaginais un truc genre Cesaria Evora, pour je ne sais quelle raison (la tronche peut-être). Mais le titre ne collait pas. Aujourd'hui, je me délecte de ce progressif doomy avant l'heure, alourdi par ses hectolitres de moog fraîchement vendangé, en vinyle comme en CD (au son énorme, au passage). Doomy, oui, et pas seulement pour les récentes incartades rétro-champê…

Gerda, Mr Brenson, 17/04/10, Up & Down, Montpellier

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L'Up & Down : est un charmant rade encylopédobièreux qui sert pour 2 euros un succulent pif (à vue de nez de bouseux je dirais du saumur), et où pour rien du tout on accède à une bien agréable crypte où tout le monde fait partie du groupe qui joue.

Mr Brenson : est une personne fort sympathique, avec un quelque chose de Keelhaul, sans doute la façon de marier swing et ka-poum!core, mais c'est peut-être parce que nous sommes dans la ville de Keelhaul (sommes-nous pas ?), et là on va croire que ça ressemble à Keelhaul alors que pas, que c'est grâces à dieu typiquement français qu'ils jouent, dans cet art de rendre totalement funky la raideur noise la plus extrême, ou rigoureusement raide la funkitude noise la plus extrême, je me rappelle jamais, et de tricoter du autobahn-trépane-prog (on dit math ? oh merde !) à repeindre le crépi couleur cheveu, façon Niddhog mais ça personne verra jamais donc disons façon Binaire si tu veux, sort of - plus le respect obligatoire po…

Type O Negative : Slow, Deep and Hard

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Alors évidemment, je vous refais pas une énième fois le topo punk = goth et hardcore = punk, donc voilà la chronique :

Le gothxc existe ; c'est beau, la vie.

Darkthrone : Circle the Wagons

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Ma mère a une copine, depuis que je suis tout minot elle me serine en confidence combien elle aurait adoré être un gars pour avoir cette distinction non pareille : pouvoir écrire son nom en pissant dans la neige. Gylve et Ted, eux, continuent à écrire Darkthrone en pissant dans la face du black, des jeunesses métalleuses et de l'Union pour un Metal Populaire ; et leur vilain ricanement pécore est un cri de guerre éternellement vert.
Parler du disque ? Mais grands dieux, pour quoi faire ? C'est le dernier Darkthrone, bonhomme, ça se débat pas : ça s'achète. La pochette cartonnée est un fantastique artefact runique à chien, et le livret un délicieux documentaire.
Ugh.

These New Puritans : Hidden

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A ce qui se dit, le démiurge durant la conception de ce disque écoutait exclusivement du classique et du hip-hop, j'ignorais qu'on classifiait Liars dans le classique et Das Ich dans le hip-hop, mais passons.
Je ne sais pas si ça se fait toujours, mais de mon temps un passage incompressible de la formation du jeune s'intitulait Pink Floyd, The Wall. Aujourd'hui je peux bien vous le confier : si la chose était sympathiquement romantique, y manquait indiscutablement une saine dose de contrechamp pour qu'on ne reste pas sur sa faim, et surtout son avide curiosité malsaine. Le voici, le contrechamp, avec ce disque qui rétablit l'équilibre en restant braqué sur l'envers, les coulisses de The Wall, le répons de son héros : ce gentil petit Naziland où l'on danse comme des robots terrorisés, ultra-roide, -rigoureux, -moralisé, -punitif, ultra-précis, -segmenté, -régimenté, ses coups de règle et ses coups de jus, ses pince-fesses et communions pathétiques de ra…

King's X : Out of the Silent Planet

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Devant les yeux incrédules de la Cité que la mégalomanie a bâtie et que le crime organisé a prise (penser : Robocop, Terminator, Turbo), pour la première fois de mémoire de brebis terrifiée, le jour se lève. En fait non, ce n'est pas le soleil, mais un champion plus invincible encore, qui fend la ténèbre tel un sourire immense et gourmand : c'est le pasteur en caramel, et son fier chopper qui laisse après lui, dans sa roue et ses échappements d'or vivant, des rivières de miel ; et tous de s'ébattre comme des princes renés dans les suaves piscines blondes et cuivrées de ces nouveaux Champs Élyséens, au son du hard rock du Seigneur.

Rudimentary Peni : Pope Adrian 37th Psychristiatric

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L'album réputé inspiré par Lovecraft ? Ah. La partie de l'histoire qu'Howard Phillips ne raconte jamais, dans ce cas. Celle où le bonhomme est en maison de repos et se met à bâfrer des parpaings et à essayer d'ouvrir les portes avec le crâne aux endroits où y a pas de portes, pour faire taire enfin ces putains de riffs idiots et leur innommable allégresse - et aussi le crapaud qui coasse Habemus Papam sans jamais s'arrêter, s'il y a un Dieu.
Vous vous étiez toujours demandé à quoi pouvait ressembler la fameuse acid music d'Azathoth, j'ai pas raison ? La curiosité est un très vilain défaut, n'est-ce pas l'unique morale de tous les écrits d'H.P. ?

Prenons de l'altitude

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Certains ont la Falco. Nous, on a la Comtesse.


Richard Einhorn : voices of light

Seul un vrai mélomane aurait pu découvrir Voices of Light autrement qu'en ayant vu le film de Carl Theodor Dreyer : La Passion de Jeanne d'Arc, la version restaurée dans les années 80 du film muet de 1927. Ouvrez bien grand vos oreilles car ce film a tout de la légende : Carl voulait un film parlant mais le studio danois n'était pas équipé. Quand bien même, le film est tourné sans son. Ironie du sort, la censure ampute le film qui subit ensuite les sévices d'un incendie. Carl réussit à le reconstituer... pour être mieux perdu dans un autre incendie ! Un double non censuré du film est retrouvé 50 ans plus tard dans un hôpital psychiatrique norvégien. On décide alors de lui coller Voices of Light par dessus : c'est l'apothéose ! L'œuvre de Richard Einhorn irradie, glorifie, transfigure la pellicule désormais pleine de grâce. Croyez-le ou non, lorsque la biographie d'…

Tool : 10,000 Days

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(Puisque l'indélicatesse insiste, après tout, autant finir les choses.)

Est-ce que ceci ne serait pas des fois plus dégueulasse encore qu'Opeth deuxième ère ?

(Les LDB, merci de ne pas répondre, ceci s'appelle une question rhétorique. En fait, tout commentaire parlant de Tool sera supprimé. Ainsi que toute chronique de Tool supplémentaire.)

Tool : Lateralus

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Ah mais le voilà, le premier skeud de Tooly ! J'aimais assez ce disque à sa sortie. Je l'ai même beaucoup écouté, non sans déplaisir. "The Grudge" surtout, et l'interlude (z'ont toujours été doués pour ça) avec la pieuvre géante de Half-life. L'impression d'avoir un Aenima en version customisée, la pochette-gadget aussi hideuse que surfaite qui rappelait mes cours de biologie d'alors ... A la réécoute quelques années plus tard, c'est sacrément relou - exactement comme le prof de biologie en fait, qui croyait nous épater en amenant des cœurs de porc à disséquer, avec un regard tout fier. Ok, c'est mignon, l'intention est louable, tu veux enseigner et tu es pressé de nous transmettre ton savoir monolithique, mais là tu t'fais du mal pour rien mon gars, caaaalme-toi ... Tooly cherche grave l'épate, ici, lui aussi ; Et il veut enseigner, aussi ; le progressif à Fred Durst, ou quelque chose comme ça - enfin là je fais écho à la pro…

White Darkness : Nothing

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Nom de groupe gentil, nom d'album transparent, pochette lisse, style musical lénifiant. On dirait Xavier Bertrand - sans même le danger, puisque c'est Jason Köhnen. Durant une paire d'années tous les tant de mois, tu ressors un soir le petit machin de son petit coin et tu l'écoutes, à un volume transparent, lisse et lénifiant, pour t'endormir gentillement, son petit rôle acquis depuis la première fois, d'où il semble parti pour ne jamais déloger ni s'exalter.
Puis un jour, en tête de lard que tu es, tu le passes à un volume tangible, opaque, offensif, au casque. Et tu comprends. Pourquoi tu y reviens avec cette imperturbable régularité de petit vieux en quête de son laudanum. Que le produit est un paralytique violent. Cette musique n'est même pas lente : elle dissout toute vitesse, la nullifie, en noie tout souvenir. Elle exerce un pouvoir total et sans façons, de liquéfaction, et c'est comme dans la soie qu'on glisse dans le calme puits d'h…

Pyrexia : Cruelty beyond submission

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Pyrexia, aie aie aie, groupe phare de la scène New York Death Metal. Un nom respecté dans le milieu brutal death et qui a su percer chez son parent proche, le slam death (lequel n'a absolument rien à voir avec un crossover impliquant Abd El Malik ou l'autre tanche de grand corps dont on a rien à foutre). Non, là on parle de l'endroit où l'over-tabassage côtoie l'efficacité du hard core, enfin ça c'est dans la théorie parce que neuf fois sur dix, c'est quand même d'un chiant hors du commun. En dehors bien sûr de quelques ténors du genre, rares sont les groupes où il faut pas prendre une aspirine après. Bon sinon celui-ci, c'est plus ou moins une compil, avec des extraits des trois albums et des inédits dont le Ode to Brinn qui tue tout. Et si je vous parle d'une compil c'est parce que les disques sont carrément chaudasses à pécho, donc amis sportifs, à vos distros. Par contre ne vous leurrez pas, l'immondice extatique de la pochette ne ca…

King's X : Please Come Home ... Mr Bulbous

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"Who killed Sgt. Pepper ?", demandait tout dernièrement un jeune sot. Mais enfin personne, jeune sot ; il s'est simplement mis à fond dans le body-building - et dans une dépression, parallèlement. Il passe tout le temps qu'il n'est pas à la salle à souffler en fronçant fort les sourcils ou dans le vestiaire à se piquer, seul et prostré devant la toile cirée, dans sa cuisine étriquée.

Aarni : Tohcoth

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"Cours, Forrest of Equilibrium, cours !", qu'ils lui ont tous crié ... Mais non, triple buse, surtout pas ! Bazardes tes bottes de sept lieues stoner, calme la dangereuse chamade de ton petit coeur, mets le nez en l'air, et prends un peu le temps de baguenauder dans ce petit bois, tu verras comme il y fait bon vivre et se perdre après tout. Tu te feras vite aux mousses-lumignons qui vont te pousser dessus chemin faisant, tu verras, c'est le signe que la forêt t'a accepté en elle.

Plastic Crimewave Sound : No Wonderland

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A tous les déçus - la réponse est oui : j'en suis - du Flower Travellin' Band, de Naam et de White Hills, qui trouvent tout ça bien gentil, bien sage, bien éveillé, bien clean, bien dégagé derrière les oreilles, tous ceux qui ont du mal à percher avec juste l'odeur de l'encens, et qui ont trouvé l'ep de Cheerleader 69 un peu trop wizz, sans compter qu'il est insupportablement court : venez faire un tour à No Wonderland - la réponse est oui : ça ressemble à l'album de Der Blutharsch ; simplement avec moins de neurones, moins d'uniformes, moins de romantisme, moins de théâtre, moins de tout. Panique, échevelé, acide, hystérique dans sa répétition nauséeuse, férocement primate dans son psychédélisme qui rejoint plutôt les rangs de pilleurs houspilleurs d'après la bombe et Streetcleaner, où l'on trouve déjà des hordes aussi sauvages que Concupiscence et les Comètes en Feu.

Envoyé Spécial

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Les mecs, vous faites comme vous voulez, courte paille, peu importe, mais quelqu'un y va, je veux le report sur mon bureau le 23. Rompez.
(Bon dieu que cette affiche est laide, on croirait aller voir du math-folktronica.)

Richard Stanley : Dust Devil

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Je te parle de VHS miteuse chipée au vidéo club le plus glauque de la ville. Je te parle d'ambiance Razorback, c-à-d panoramas touristiques menaçants, sable chaud, routes à perte de vue, villages fantômes, crépuscule caniculaire & bande-son 100% 80's à synthétiseurs baveux. Je te parle de giallo en plein cagnard. De western dont le spaghetti vire crotale en deux-deux. De Nightmare on Desert Street. De Cat People in Africa. De poses psychotiques nanardesques aussi grotesques que glaçantes et de scènes d'action poussives et laborieuses comme dans un mauvais rêve gluant dont on chercherait en vain à se dépêtrer. Je te parle du premier Dead Can Dance, d'onirisme Nephilim, de mysticisme new wave world largué sur l'asphalte brûlant du Hitcher, de contrées inhospitalières, de visions fantastiques carnivores... Je te parle de gothique astral, l'étranger.
Je ne te dis rien d'autre, et m'éclipse tel le farfadet malicieux dans sa futaie, car tu en sais déjà be…

King's X : gretchen goes to nebraska

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Soyons sérieux une seconde, je vous prie. Que voulez-vous que le pékin s'emmerde à gratter dans la terre pour trouver, à part les pommes de terre, les rares moments d'heureuse inspiration de laborieux comme Bootsy Collins ou Outkast, quand il suffit de tomber sur cet album pour goûter aux plus fins bouquets du hard rock, du funk, et avant tout de la pop, en ce qu'elle doit c'est écrit dans les astres avoir de psychédélique, de matrice d'univers, au pluriel tellement elle est corne d'abondance, et source et apothéose de tout, et tout et tout ? Pourquoi on se ferait chier la bite à vous persuader, et à vous convaincre, car il vous faut des deux tas de ventres, à accumuler pour vous adjectifs, adverbes, visions et pâtes de fruits chantantes de sirops irisés, quand il suffit à n'importe quel clampin équipé d'un kit standard de bonne volonté pour aller risquer un orteil dans cet album, et sans y pouvoir mais glisser dans l'océan de la seule réalité qui v…

Graham Parker : The Real Macaw

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J'ai eu tout fraîchement l'improbable surprise d'apprendre que ce type, là, disposait d'un sévère morceau de fan-base, genre crypto-secte hard-boiled sélectoïde, que Dylan (pour ce que j'en ai à cirer) plaçait l'un de ses morceaux dans son dernier carré du summum du panthéon du rock ... Je me frotte les yeux, j'en prends ma moitié à témoin, elle est pétée à la morphine donc elle se sent difficilement concernée, mais ... mais ce mec, ce disque en particulier dont vous voyez la narquoise binette ci-à côté, c'est mon plus vieux pote répertorié dans ma mémoire mitée ! Trente ans ou peu s'en faut d'une relation au beau fixe, ma fidélité au Vrai Ara elle a survécu à ma période Das Ich, et à la nouvelle récente qu'Eric Naulleau était fan aussi (pas de Das Ich), elle se confirme à nouveau en cette soirée où ce disque me file une banane comme il ne devrait pas en être permis ... Aussi je me permets enfin cette fougueuse accolade publique, après tout…

Tool : undertow

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J'en profite puisque - c'est pas moi qui ai commencé - on a introduit ici le groupe honteux : moi c'est celui-là, mon mien mon préféré - pourquoi je l'ai revendu, déjà ? Ah oui, j'ai dû passer goth entretemps, et m'imaginer comme un gros cave que je n'aimais plus que "Sober". Ce qui m'a permis une décennie plus tard de redécouvrir émerveillé ce groupe, bien changé depuis le temps que Hard Force le casait avec trois autres dans ses pages "espoirs, pour les plus téméraires oufmalades d'entre vous", au début qu'on lit vite du magazine, avec Monster Magnet et le pincement du nez qu'on commençait presque déjà de prendre pour parler de ce qui en ce temps s'appelait metal alternatif, bref, de découvrir avec joie et bandaison Aenima, et toute sa joliesse en sombritude, son intelligence, et sa complexité - vous pensez si, à la sortie d'Undertow, on se crevait la paillasse à fouiller le fameux concept maudit tiré par le gra…

Rudimentary Peni : Death Church

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Ah il peut se gausser le Moignon, avec ses macaronis, va ... Jusqu'à lors, on ne trouve ici qu'une seule pauvre chronique de Rudy Peni, elle n'est pas de la blanche main qu'il n'a point, et elle n'est pas celle de Death Church, alors que je lui dois la découverte du groupe tout comme de Crass, par le biais d'une conversation que j'ai dû espionner (là vous allez voir qu'il va crier ses grands dieux qu'il pouvait pas savoir, et allez donc, comme si qu'il ne savait pas pour moi et les Virgin Prunes, bah tiens, à d'autres ...) et qu'il a réussi scandaleusement avant moi à foutre la pogne qu'il n'a point sur ce disque des plus convoités parmi les convoités - pourquoi, me demandez-vous, l'œil humide comme si j'étais votre papa Raven ?
Un : parce qu'il est de Rudy Peni donc il claque ; deux : il a un nom qui claque ; trois : il a une pochette qui CLAQUE. Somptueusement grouillante et illisible, si vous avez une platine …

Mel Gibson : Apocalypto

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Evangile selon Saint Raven, Chapitre 16, Verset 9 : "... et le Christ leur tint ces paroles, après une généreuse rasade de pinard : "il n'est de Subtilité que dans l'esprit des Faibles, mes frères - le Fort lui, connait la vérité de toute chose, et celle-ci se nomme Simplicité, et souvent trouve refuge dans le doux écrin de ce que les ignorants nomment Vulgaire." et, comme pour donner un sens à ses mots par le geste sacré, Il éructa à gorge déployée, et se resservit quelques tranches de saucisson brioché..."

Jésus avait raison, comme toujours ! Plus encore que cette mémorable fois où il déclama "ceci est mon sang" en désignant le reste de Vieux Papes versé dans le gobelet par ce gros relou de Judas ... C'est pas un con, Jésus ... pis le Gibson il le connaît bien, le Jésus, il a fait un super film sur sa fin de carrière dans le show biz hiérosolymite, je l'ai vu, vous irez lui dire de ma part que c'est un chef d'œuvre.
Mais y a pas …

Brian de Palma : Casualties Of War

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Apocalypse Now le confortable trip de drogué en panoramique ? Deer Hunter la fête de mariage avec décharge de pathos en bonus track ? Full Metal Jacket la glace vanille-pistache de ce gros chirurgien flemmard qu'a le nom carré comme ses plans ? Platoon... toutoune ? On peut trouver mieux qu'ça en stock soldat, suffit de fouiner là où on penserait pas au premier abord, dans les caisses secrètes de notre belle division, abandonnées par les hélicos après c'te putain de guerre au 'Nam... Brian, ce faiseur de plans techniques + fluides que la crème Elle&Vire et autres suspenses fragmentés hyper-cossus, en a à son actif, du lourd, du chargé, du lacrymal, et certaines de nos recrues l'ignorent encore, mais c'est un peu normal, il a pas toujours été sous-estimé à raison... Tonton Brian, qui nous avait habitué à montrer des courbes sensuelles de gazelles à tout-va dans des histoires de meurtre et de manipulations hitchkockiennes karacho, nous semble avoir chopé la m…

Snapcase : Bright Flashes

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Comme il est de notoriété universelle que je suis le sel de la terre et que j'ai caractère adorable - et également rien qu'un peu parce que j'ai la manie de me réveiller guillerettement des décades après les guerres - j'acceptai récemment l'éventualité d'être passé à côté de quelque chose en ne connaissant point Jawbox (je ne sais plus, je crois que je les confondais avec Silverfish, ou un autre machin dont je revois la pochette avec un genre de tomate vénèr (quelqu'un ?) mais pas le nom), à l'époque où pourtant comme beaucoup je me réveillais en Slip et rentrais le soir par le Kill Taker - et je tentai ma chance de manger une leçon d'humilité.
Mais en fait, non. Sans moi, Jawbox. D'autant que, dans le style "un autre Helmet est possible", plutôt que le Helmet esthète et fin qu'ils me proposent, j'ai récemment enfin régularisé le ci-devant Snapcase, et qu'en plus d'être bien davantage qu'un Helmet-like évidemment, …

Carcass : Heartwork

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Aux côtés de Napalm Death, Cathedral, Cannibal Corpse, Samael, Meathook Seed, Blood from the Soul, Dimebag Darrell, tous ces fanatiques qui ont érigé autour de Laideur et ses cohortes d'Aberrations une vénération éternelle, il y a ce disque, leur maître à tous. Un inadmissible thrash qui patine dans le death libidineux, d'une netteté étincelante guère plus soutenable que sa très fascinante pochette, magnétique de mocheté, accouplement de bricolage primitif et de futurisme glaçant, avec ses riffs de carnage extra-terrestre à la tronçonneuse-bistouri laser, cette voix uuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuultra tellement evil et prédatrice que genre Grutle et le type de Soulstorm direct ils déguerpissent sous leurs lits se blottir grelottants de frayeur - et, évidemment, là-dessus, ces solos que, force m'est de l'avouer, mon faible organisme a mis plus de temps encore à tolérer sans rejet que ceux d'Obituary d'avant Santolla, ces solos qui voient le démon en exosquelette…

Tool : ænima

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Certains esprits malveillants, dont tu peux te croire définitivement guéri, reviennent te hanter, plus moqueurs et dangereux qu'au jour de leur rencontre. A croire que la danse n'est jamais terminée... même vautré sur le parquet depuis belle lurette. Ce qui devrait en toute logique te rendre euphorique ne fait, cruellement, que t'enfoncer davantage dans ce sentiment de dégoût et d'anxiété développé lors de ta traversée de l'Atlantique en solitaire, qui t'apparait avoir été finalement très douillette avec le recul. Cet album, c'est un peu pareil, et c'est marrant les coïncidences quand même, quand on y pense, ce sens de la synchronisation : il est revenu, peut-être pour ton bien, mais ptetre pas finalement. Il est revenu, alors que je m'en souciais même plus, que j'avais même oublié le pied que je prenais à me refaire en repeat Eulogy et 46 & 2. Et il fait évidemment beaucoup plus d'effet maintenant, un effet diluvien, dans ma fragile ca…

Darvulia : Mysticisme Macabre

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Ah, ce que les ricains peuvent nous l'envier, notre black ... Et c'est pas près de changer si vous voulez mon avis, puisque ça ne tient à aucun gimmick (concept d'ailleurs ricain) dont ils pourraient faire la découverte, la preuve Darvulia sur cet album laisse s'évanouir dans ses profondeurs tout ce qui chez eux pouvait vaguement ressembler à des trucs de faiseurs, sans perdre le moins du monde ses relents inimitables. Ça tient à ce que sont les américains, à vrai dire, ces gens pour qui dans un film un personnage laid est joué par un acteur américain, donc beau (épargnez-moi le débat fastidieux sur la vraie beauté, d'avance merci), et un personnage normal par un top model. Chez nous fucking perverts d'européens, et encore plus chez nous autres dirty fucking perverts de français, qui n'avons pas pour nous ennoblir le garrot d'ancêtres Vikings, une chose laide se représente par une chose laide, et la saleté est figurée par quelque chose de sale. Et l…

Michael Mann : Heat

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Il y a deux catégories de films : ceux qu'on regarde avant de se prendre un bain, et ceux qu'on regarde après.

Heat fait partie de la seconde. Faut se sentir bien, propre et frais (et si possible tout nu sous son peignoir avec un généreux ballon de cognac dans la main et un Partagas vissé au coin du bec - uhuhuh non, je déconne ... mais en fait non, je suis très sérieux) quand on matte ce grand polar de crépuscule bleuté, dont il ne m'est pas aisé de parler étant donné que les films de première partie de soirée TF1 aussi élégants et racés courent pas les rues ; ils couraient déjà pas les rues y'a 15 ans, alors aujourd'hui, hein, aujourd'hui y a plus de valeurs tout fout l'camp comme disent les vieux, et Mann a le cœur de plus en plus froid et la main de plus en plus clinique... Avec Heat, c'est une affaire d'envoûtement, d'abandon, comme nager absolument seul dans une immense piscine sans la moindre odeur de chlore, et contempler la danse des ref…

Flux of Pink Indians : Strive to Survive & Neu Smell

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Le bon punk a forcément un ou deux gènes batcave par-devers lui, j'en veux pour preuve non point les évidences Crass et Rudy Peni, mais plutôt les penchants grimaciers qu'on a la divine surprise de trouver chez les mules de Slapshot, et leur Sudden Death Overtime, ou de Black Flag, et leur In My Head. Peu importe au fond que Béla soit invité ou non, le menu est peu ou prou le même au festin.
Et ici il y a tout ce qu'on peut rêver bâfrer : basse piquée, chant pieds de porc, riffs funk servis en petite vérole, beignets de lune rouillée, bêlante spongiforme du mouton carnivore à la Gavin, tout vraiment tout pour se dégourdir le lard dans une foutue vieille gigue-procession martialo-funèbre, "Atrocity Exhibition" en fond et en 45 rpm, avec ces shtroumfs-skinheads chauds-bouillants pour aller foutre une sale branlée à Danny Elfman.

Leon Ichaso : Sugar Hill

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En tombant sur le DVD à 2 reu titré "Revocator" (franchement un titre pareil vous auriez résisté vous ?) en faisant les courses dans mon hypermarché (du coup j't'ai pas pris de poivrons verts mais des jaunes mémé, tu m'excuseras), j'ai cru tenir un bon gros nanar baraqué et m'apprêtais à perdre quelque neurones supplémentaires dans la bonne humeur. A défaut de ça, et en découvrant dès le début un ersatz de Scorcese & co avec le générique plan-plan nostalgique, je suis tombé sur une série B polardesque 90's, palote et dévitalisée, émaillée de très très rares moments captivants, quand le peu de crasse sous les ongles finit par pointer sa gueule (une ptite scène d'exécution mafieuse essence + briquet, ça le fait toujours), sinon la manucure est impeccable - on est a cent lieues d'un New Jack City, et encore plus loin d'un King of New York (cela va sans dire mes agneaux), on aurait pu être chez Spike Lee mais même pas, on est dans le vide …

Blood Cult : We Are the Cult of the Plains

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Nous sommes, l'un de vous me le confiait récemment, "l'un des rares blogs qui soit vraiment centré sur les MOTS", ça fait plaisir de temps à autre de savoir que le labeur accompli est perçu - c'est même tellement vrai que quelquefois (comment, "tout le temps", mince alors, je suis grillé ?) la syntaxe est résolument accessoire, impressionnisme serre les fesses j'arrive à toute vitesse - mais aussi que voulez-vous avoir à foutre de syntaxe quand les mots tous seuls comme des grands et tels Michelle vont si bien ensemble ? Sleaze, goth, black, blues, country, ça tombe sous le sens, le tout glissé dans une pochette où la ploucarderie arrogante n'empêche pas, prenez-en de la graine Monsieur Zombie, l'élégance - ploucarderie primaire qui du reste marque l'esprit du disque et non sa facture, vous me notez ça aussi, tenez, Monsieur Zombie, à défaut d'avoir vous aussi la voix d'Axl brouté par les termites.
Ah, écouter les Sisters, dans …

M. Night Shyamalan : The Happening

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Shyamalan nous avait déjà prouvé la capacité létale de son cinéma depuis belle lurette. "Shyamalan, man, c'est d'la bonne" comme diraient les précieuses décortiqueuses des Cahiers si on leur avait desserré le col. Shyamalan, cet espèce d'indien religieux et grossier psychanalyste dopé au glucose hollywoodien le plus épais, et habile artisan du surnaturel sans-gêne (et autres mystères qui font peur aux enfants brrrr), est parti en vadrouille avec ses amis scénaristes, tout récemment, vider les stocks pharmaceutiques du zoo voisin au studio, réservés pour tranquilliser les félins et les pachydermes. Il en est ressorti le film ci-contre, qui pulvérise en absurde et en statique tout ce qu'il a pu faire précédemment (même Signes qui était déjà allé très très loin). Je n'ai pas compris grand chose et du reste pas trop cherché à piger vu que j'étais mis progressivement sous hypnose par le maestro du ramollo, la mâchoire pendante avec un vieux filet de bavoui…

Abscess : Dawn of Inhumanity

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T'as beau penser que tu connais l'histoire par cœur, que t'as fait le tour de ses joies, que t'as plus l'âge et la santé pour ces conneries, chaque fois tu finis par te faire eu, et bref à nouveau ton crâne se mue en casserole et ton cerveau en riz au lait, ton haleine charrie des ragondins crevés le ventre en l'air, les perspectives te font des crasses, les murs te foncent dans la tronche ... Cette nausée apocalyptique et cet affreux tournis baroque ont commencé en 1991, ça s'appelait Mental Funeral, et ça ne finira jamais, et à ce moment précis ça roule à tombeau ouvert, avec d'immondes gargouillis de rire à grumeaux, vers la fin des temps, dans un infect crépuscule vaudou à petit budget.