vendredi 2 avril 2010

Brett Leonard : The Lawnmower Man

Mes chers compagnons d’infortune : l’heure est grave. L’heure est TRES grave. Votre fidèle frère et serviteur a retrouvé de vieilles cassettes peu recommandables dans sa peu fréquentable vieille armoire, et il est tombé sur des substances radioactives extrêmement létales. Les services secrets internationaux ont été contactés, la maison est déjà placée en zone à risque Seveso, j'attends les instructions du Federal Bureau of Investigation. Le contenu est sous contrôle… mais pour combien de temps ? Parce qu’il peut s’échapper... J'entends ces cris inhumains. Parce qu'il peut tuer. Qui ça ? Mais le COBAYE, pardi !!!

Comme les cyclistes qu'on peut voir défiler à la queue-leu-leu en rase campagne aux premières lueurs de l'aube, dans leur combinaison moulante flashy sous un casque en forme de gland aplati, et la croupe tendue comme un défi aux pare-chocs des 4X4 qui cherchent en vain à les doubler, Le Cobaye fait peur. La seule fois où j'ai pu voir cette ignoble série B enrichie en plutonium et en rillettes de processeur, j'ai fait un AVC, et j'ai passé les semaines suivantes à me nourrir exclusivement de gelée anglaise verte dans des saladiers en plexiglas. Une preuve s'il en fallait du pouvoir de la bête sur la santé du spectateur occasionnel, de son influence sur l'intégrité des cellules.

Ne sois pas revêche, ami lecteur, et laisse moi guider ta main moite dans ce bocal rempli d'on ne sait quoi nommé "ciné SF". L'underground de la VHS est propices aux rencontres les plus odieuses. T'es tombé sur un truc flasque, tu sais pas ce que c'est et t'as peur, comme ces stars missionnées contre leur gré par des associations caritatives sans scrupules, qui plongeaient leurs mimines au fond de vases remplis de larves dans Fort Boyard et hurlaient de frayeur au contact de choses qu'elles imaginaient prêtes à leur bouffer les doigts. Mais je suis avec toi, jte lâche pas. D'abord, au fur et à mesure que tes phalanges pénètrent ce magma grouillant, oublie les notions de science-fiction, de cartoon, de Stephen King non-approved adaptation (King Jouet bordel de merde !!!), oublie l'affiche même si elle peut t'évoquer le Bazaar de l'Epouvante où n'importe quelle autre mise en images des Saints écrits de Stéphane Roi n'ayant rien à voir avec l'original. Ne pense qu'au mot gelée. Chplof chplof, fait la gelée. Sens la gelée. Laisse-toi imprégner par la sonorité même du mot: GELEE. Tu es cette gelée, ce flan translucide qui ballote, misérable, mou, impuissant, dans sa soucoupe en plastique, tel le sein de la femelle pulpeuse boudé par les mains de l'amant en position active du missionnaire. Tes neurones vagissent à chaque coups de fourchette prodigué par le Magicien en pixels. Tu es cette gelée qui demande si cyberpunk il y a dans Le Cobaye, si les histoires qu'on t'a contées petiot sur l'obscur nanar étaient vraies.



Laisses-moi te révéler certaines choses, naïve gelée : ici le cyberpunk n'évoque pas Blade Runner ni rien d'autre, mais Jean-Pierre Mocky, et du reste y'a pas de cyberpunk, juste du cyber je nsais quoi, mais pas punk. Enregistre cette information quelque part dans la masse gluante qui te sert de cortex. Ici, les effets spéciaux parlent à ceux qui tremblent aux sonorités des noms Atari et Neo Geo. Enregistre. Ici, les combats ne riment pas avec kung-fu Matrixiel, mais avec poses clownesques malsaines, qu'aurait pu imaginer Les Claypool s'il n'était pas aussi sain d'esprit. Save the file. Ici, on flippe dru, on flippe sa race dans le flipper. Boing boing, font tes neurones comme les billes, jusqu'au clac anévrique. Mais trêve de palabres académiques si tu le veux bien, amie gelée, car je devine aisément que tu me lis avec les yeux comme deux ronds de flan. Commençons par le commencement du début : el castingo, the casting, le casting non d'un pixel en bois ! 2 noms, pas plus, qui te mettrons la cerise en ébullition : Brosnan & Fahey.


Jeff Fahey est une institution. Christophe Lambert a développé un mélanome des cheveux en voyant sa prestation. Sean Penn n'a pas réussi a le mettre KO en faisant Sam je suis Sam. Bob Thornthon aura beau essayer de plagier son jeu dans Un plan simple, walou. Jeff Fahey est sale, moche et dangereux, et toxique. Jeff Fahey porte une salopette. Moi, les salopettes, ça m’fout les jetons. La fille qui présentait Sam’dynamite avec Denver (le dernier dinosaure) en portait une, quand j’étais petit je voulais la voir mourir. Tout ça nous ramène donc encore au milieu des années 90 (décidément c'est une manie !), si ceux de ma génération (ici on a surtout des pépés, vous avez vu ?) se sentent concernés, et je pense qu'ils le seront, car si vous êtres devant votre écran depuis le début de la chronique vous êtes forcément cerné, et comme à la base vous êtes con... Petit, donc, je mattais Sam’dynamite, insouciant, presque chaque matin que le bon dieu faisait. Un de ces matins où j'attendais le bus de ramassage, j’ai découvert des images extraites de ce film en feuilletant un programme Canal + ; ces images, aux couleurs chimiques que je n'aurais jamais pu imaginer même devant Boumbo, m’ont fait fantasmer un film d'horreur hyper glauque et bizarre et à la pointe de la technologie au service de l'épouvante la plus épouvantable, bref le genre de truc qui m'aurait traumatisé à tous les coups. J'ai découvert la chose 8 ans après environ, moisissant dans un bac de liquidation, dans un de ces vidéo-clubs miteux dont il n'y aura plus trace d'ici quelques années... Enfin jsais plus où j'en étais avec ces conneries de nostalgies, mais je crois que je parlais des acteurs... moui ça doit être ça... qui serais-je si j'omettais de mentionner tout le bien que je pense de ce brave Pierce Brosnan, qui, non, n'a pas toujours été le bellâtre gentleman que nous connaissons (comme dirait ma sœur, souvent lucide même si dépourvue de cerveau : « Brosnan n’est pas un acteur qu’on imagine avec un piercing. ») ??? Pierce a commencé dans la fange du nanar fantastique, dans les méandres cancérigènes de la série B improbable. Pierce en a chié des cubes, avant de se faire des ronds en bondant les salles obscures dans la peau de James (relisez et savourez à loisir, cette phrase m'a demandé 3 heures de méditation intensive). Pierce Brosnan, paumé dans ce Cobaye dont il ne sait manifestement ni les tenants ni les aboutissants, arbore déjà sa coiffure appelée à rentrer au panthéon des coiffures de bellâtre : j'ai nommé la coupe Brosnan, dite « coupe de Brossard », car, comme le motif relaxant des cakes Brossard Savane, elle est joliment ondulée, et évoque la brise reposante de la flatulence du beluga dans une mer d’huile. Un atout esthétique indéniable, que Bernard Henri Levy n’aura jamais réussi à lui voler ; non Môssieur BHL, on ne copie pas la courbe de mèche veloutée de Mr Pierce Brossard, surtout quand on sait à quel point le vent peut souffler dans les rues de Paris !

« Mais enfin gros relou de Raven, arrête donc de t’éloigner ainsi du sujet central et viens-en à la vraie question : Pierce Brossard, ce doux bellâtre amateur de belles voitures et de belles femmes dans de beaux décors hollywoodiens très cossus, que fait-il donc dans un pareil délire nanardesque fluo-tracté, non di diou d’bon diou ???!!! ». J'vous l'ai dit plus haut, mes ptits choucas. Pierce est rentré par des chiottes plus sales que celles où Renton pique une tête, pour investir sa carrière liftée. Il faut un début à tout... même si c'est un début à rien.


Film dit précurseur, paraît-il, et c'est vrai qu'il l'est, d'Avatar et de tous les concepts de réalité virtuelle cinochisés, on ressentira si on est terre-à-terre et peu poète l'ancêtre des cyber-thrillers actuels, l'oeil perturbé, un peu comme un gamin d'aujourd'hui, dopé au GTA 6 sur PS5, qui découvrirait la game boy noire et blanc et serait pris de spasmes nerveux. Un peu comme Tron, sauf qu'ici c'est le Tron qui te scie. Mmmh ok dugenou, et à part ça l'histoire, kézaco ? Ben, euh, jsais pas, je me souviens pas moi, j'ai oublié, y'a rien du tout, rien ! Mes synapses sont grillés ! Synopsis ! Synopsis ! Il se passe pour ainsi dire que dalle pendant la première heure voire plus, mais c'est pas trop le sujet en fait; l'action y'en a pas, en fait - sauf quand y'a les bastons moléculaires maboules à coups de couinements atroces dans le Cyberespace aux tapisseries alvéolées rubik's cube, suffisamment éprouvantes pour la santé mentale (gaga beuaah, pfff pfff bwaaah !), qui inspireront Elie & Dieudonné pour leur chef d'oeuvre Le Clone et autres Toy Story (en fait non mais chht) ; et à vrai dire on s'en balance - bidibidiboum - vu qu'on est comme qui dirait un peu en état de mort imminente - palalala shpif! - avec un débouche-chiotte à la place du cortex. Un nanar navéïde cosmique profondément malsain et hautement perturbant, que j’ai toujours refusé de revoir, ça va sans dire, un peu comme depuis le jour où j’ai vu ma mère toute nue dans la salle de bain, les choses ont plus vraiment été les mêmes, comme Pierce je l'imagine quand il a vu Le Cobaye la première fois, le cosmonaute insouciant que j'étais à découvert de quel trou noir il venait, et une partie de lui s'est éteinte à jamais... Le Cobaye te lobotomisera comme une fraise, stupide gelée. Le Cobaye te fera sentir le cauchemar opaque d'être cybernétique. Le Cobaye fera de toi un pixel carré à mort. Inutile d'arrondir les angles : tu SERAS mort... Le Cobaye te feras peur, plus que n'importe quelle histoire de mamie Stephen. Et si tu deviens polygone à l'issue de ce voyage, tu n'en sortiras pas grandi pour autant. Aies crainte ! Et notes que la VF a toute son importance, ajoutant j'en suis certain un charme JP Castaldi qui ne peut qu'en rendre le malaise plus fécond.


Un dicton célèbre nous venant des Îles Féroé et colporté par une horde d'Esquimaux cannibales ayant sévi dans les années 2060 sera à même de conclure au mieux cette chronique à but encyclopédique informatif : " Si tu collectionnes des photo cochonnes de Nathalie Baye, tu n'aimeras pas le Cobaye "

1 commentaire:

gulo gulo a dit…

me semble bien qu'à l'époque, dans les "magazines" à l'entrée des salles (oui, je l'ai vu en salle, à sa sortie), on parlait de Pierce Brosnan, l'acteur de Sex Mensonges et Video, mais en fait non, je crois que je confonds, c'était pierce Brosnan, l'acteur de Bad Influence - que j'ai toujours pas vu je crois ; cyber quoi ? cyber réalité, réalité virtuelle, eh oui, c'est déjà désuet pour vous les jeunes, mais pour nous c'était le future is now - cette scène de cybersexe, quand même ... allez, je lis le reste