jeudi 8 avril 2010

Edward Zwick : Defiance

La seconde guerre mondiale, les pauvres juifs persécutés, les horribles nazis robots grimaçants, les résistants plein de courage, les collabos pleutres et veules... à la longue, on en a plus rien à cirer, à moins que vous ça vous intéresse encore. Je suis même persuadé que c'est jamais arrivé - à force de rafles (ouais) multiples sur le devoir de mémoire à la télé, au cinéma, toutes sans odeur ni caractère, et torchées sous le joug d'une soi-disant humilité obligée, aussi fausse que pesante. Là c'est la même chose, en un peu plus terne, vu que c'est sensé rendre hommage au courage de biélorusses dans la Biélorussie infestée de nazis. J'ai préféré le film de sous-marin soviétique avec Ford et Neeson, c'est dire à quel point le grisâtre et le larmoyant sont ici aseptisés à mort. C'est une histoire vraie me dit-on, au moins dans l'énoncé le camarade Zwick a eu la simplicité de choisir les formules old school (images d'archives granuleuses, vieilles photos). Vraie ? J'en sais rien, j'y étais pas, mes parents y étaient pas, et mes grands-parents auraient probablement été collabos s'ils avaient pas été en âge de jouer aux billes, en fait en cours d'histoire je préférais les Pharaons et la mythologie grecque, c'est con, j'ai fait l'impasse, je sais plus très bien les anecdotes, désolé, vraiment. Grblblbmmm. Un jour peut être comprendront-ils tous ces châtrés de l'imagination, que ce travail-là, certes bien intentionné, respectueux et louable et tout, est celui des documentaires et des bouquins d'histoire, pas des films, qui eux sont le repère du rêve du voyage et autres soustractions psychiques à ce réel souvent ennuyeux, une dimension parallèle en somme - fin de l'exposé. Moi c'est Laurent Veil, pas Simone... Alors quand en + de ça y a pas un minimum de créativité, de travail sur l'ambiance et les sentiments, des canardages sans patate, et qu'en plus on doit se fader une horde de constipés notoires (sans doute vrai que c'était sûrement pas facile de vivre dans la forêt en plein hiver, et ?) jouant comme des savates (surtout Cotton Weary), même Daniel Craig qui semble chercher sa Eva Green à chaque regard fuyant tellement il est contrarié d'être dans la boue avec des laiderons stupides (elle est pas cachée dans les fougères ta Eva, mon Craig, inutile de te faire du mal), des dialogues au relief de limande, un début à la Russe qui promet une ambiance rude et glaciale, tué dans l'œuf à coups de trémolos... ça ne m'apprend rien, ça ne m'apporte rien, et ça ne m'inspire rien (à la vue de ce post c'est flagrant non ?). Je dors profondément, bercé de rêves aussi cliché que le sirotage désinvolte de cocktails balnéaires, les doigts de pied en éventail sur mon transat, entourés de vahinés embaumant le lait de coco, devant un coucher de soleil aux subtiles nuances de rose et d'orangé.

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