dimanche 11 avril 2010

Graham Parker : The Real Macaw

J'ai eu tout fraîchement l'improbable surprise d'apprendre que ce type, là, disposait d'un sévère morceau de fan-base, genre crypto-secte hard-boiled sélectoïde, que Dylan (pour ce que j'en ai à cirer) plaçait l'un de ses morceaux dans son dernier carré du summum du panthéon du rock ... Je me frotte les yeux, j'en prends ma moitié à témoin, elle est pétée à la morphine donc elle se sent difficilement concernée, mais ... mais ce mec, ce disque en particulier dont vous voyez la narquoise binette ci-à côté, c'est mon plus vieux pote répertorié dans ma mémoire mitée ! Trente ans ou peu s'en faut d'une relation au beau fixe, ma fidélité au Vrai Ara elle a survécu à ma période Das Ich, et à la nouvelle récente qu'Eric Naulleau était fan aussi (pas de Das Ich), elle se confirme à nouveau en cette soirée où ce disque me file une banane comme il ne devrait pas en être permis ... Aussi je me permets enfin cette fougueuse accolade publique, après tout c'est moi le patron ou bien ? Je serai ravi si au passage je suscite comme tout role-model qui se respecte de courageux outtings - voire des vocations : si d'aventure une âme solitaire se sent de taille à se payer un pur moment de rock même pas abrasif, même pas vicelard, juste un moment de rock à papa, à cocktails et à panama, ça n'y ressemble pas tant que ça mais ça vous situera : un rock à la Dire Straits en juste incomparablement plus canaille, un rock de player qui a dégainé son plus beau t-shirt New Man pour mettre sous la veste Don Johnson achetée au fripier, qui aime raconter des contes aux souris mais sait pas le faire autrement qu'avec des mots de polar de province, ni brosser une morale qui fasse rêver à l'espoir, un album pour mettre du panache comme baume au cœur en perdant tout son smic en une nuit au billard, un rock qui a une putain de classe de prolo et qui renvoie Greg Dulli à ses chichis précieux de thésard en donjuanisme ...
Passe-moi un coup de fil, on ira prendre un verre ; je connais un coin bath, tu peux mater le coucher du soleil avec les palmiers, mon pote, c'est royal. Toutes mes meilleures nuits commencent par là-bas. A la revoyure.

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