dimanche 11 avril 2010

Mel Gibson : Apocalypto

Evangile selon Saint Raven, Chapitre 16, Verset 9 : "... et le Christ leur tint ces paroles, après une généreuse rasade de pinard : "il n'est de Subtilité que dans l'esprit des Faibles, mes frères - le Fort lui, connait la vérité de toute chose, et celle-ci se nomme Simplicité, et souvent trouve refuge dans le doux écrin de ce que les ignorants nomment Vulgaire." et, comme pour donner un sens à ses mots par le geste sacré, Il éructa à gorge déployée, et se resservit quelques tranches de saucisson brioché..."

Jésus avait raison, comme toujours ! Plus encore que cette mémorable fois où il déclama "ceci est mon sang" en désignant le reste de Vieux Papes versé dans le gobelet par ce gros relou de Judas ... C'est pas un con, Jésus ... pis le Gibson il le connaît bien, le Jésus, il a fait un super film sur sa fin de carrière dans le show biz hiérosolymite, je l'ai vu, vous irez lui dire de ma part que c'est un chef d'œuvre.
Mais y a pas que Jésus dans la vie, y a aussi les sauvages de la forêt amazonienne, eheheh. Mel n'a jamais eu peur de rien ni personne. Alors quand Mel, qui a entre temps obtenu son DEUG new age à l'académie Nicolas Hulot et achevé sa maîtrise en langues mortes, se lance dans sa version perso de Rambo & Predator après avoir tapé Tintin et le Temple du Soleil à ses chiards, sans peur aucune du grotesque (car sûr de son pouvoir évocateur dans le domaine de l'épique et du belliqueux), et avec un casting 100% inconnu du bataillon, il est toujours dans le vrai, l'excessif, mais le vrai, contre toutes les attentes que pourraient avoir ses détracteurs, qui furent un temps encore proche plus nombreux que ceux de Le Pen et Dieudonné réunis. On se prend au jeu de cette aventure de sauvage intrépide, en 2 actes : 1. l'escalade de la montagne (pépère), et 2. la descente de la montagne (en sprint), le premier étant une sorte de périple hagard et mystérieux à travers bois et rivières, le second (mon favori) le survival pur jus in da jungle ; le climax se situant au milieu, quand le peuple captif des méchants peinturlurés - encore plus méchants et laids que les anglais dans Braveheart mais pas autant que les Romains dans la Passion - font leurs sacrifices à l'Éclipse, et balancent du haut de leur temple des espèces de ballotins indistincts qui dévalent les escaliers à toute allure, avant qu'on se rende compte éberlué que ce sont des têtes fraîchement coupées ! La vision qui nous saisit à cet instant devant ce monument de hideur animale, est exprimable par l'onomatopée *WOOOAAAAH* - et le reste du film en est tout plein, d'onomatopées, surtout la deuxième moitié, des cris d'amusement, d'horreur, de surprise, des messages de soutien au héros yannicknoah-esque (voire manu katché-esque) pourtant si antipathique de prime abord, des *OUAIS VAS-Y GARS, TRACE !* de suspense insoutenable, des *ATTENTION Y EN A UN DANS LES BUISSONS DERRIERE TOI !* citoyens et solidaires, des *AHAHAHAH BIEN FAIT POUR TA GUEULE GROS SALAUD* de soulagement euphorique quand un des méchants crève dans la honte, bref le genre de révélations somme toute très simples et saines que tout homme normalement constitué doit ressentir, et que les dandys défenseurs farouches du bon goût et du raffiné pourront peut être avoir en essayant de s'introduire leur sceptre anti-paltoquet dans l'anus.

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