mercredi 14 avril 2010

Prenons de l'altitude

Certains ont la Falco. Nous, on a la Comtesse.


Richard Einhorn : voices of light

Seul un vrai mélomane aurait pu découvrir Voices of Light autrement qu'en ayant vu le film de Carl Theodor Dreyer : La Passion de Jeanne d'Arc, la version restaurée dans les années 80 du film muet de 1927. Ouvrez bien grand vos oreilles car ce film a tout de la légende : Carl voulait un film parlant mais le studio danois n'était pas équipé. Quand bien même, le film est tourné sans son. Ironie du sort, la censure ampute le film qui subit ensuite les sévices d'un incendie. Carl réussit à le reconstituer... pour être mieux perdu dans un autre incendie ! Un double non censuré du film est retrouvé 50 ans plus tard dans un hôpital psychiatrique norvégien. On décide alors de lui coller Voices of Light par dessus : c'est l'apothéose ! L'œuvre de Richard Einhorn irradie, glorifie, transfigure la pellicule désormais pleine de grâce. Croyez-le ou non, lorsque la biographie d'une œuvre ressemble à s'y méprendre à celle de son personnage principal, c'est que son créateur a touché au sacré, et que soit il a été puni par une malédiction pour avoir marché sur les plates bandes divines, soit il a été récompensé par un miracle pour être parvenu à réaliser tel prodige. Le chef d'œuvre de Richard Einhorn est une relique musicale à manier avec précaution car aucun de vous n'est digne de le recevoir. Toutefois, la quête en vaudra la chandelle : touchez seulement sa couverture et vous serez sanctifié, écoutez un seul de ses titres et vous serez guéri. Pour des siècles et des siècles.


Madonna ai Laghi

Aucun commentaire: