vendredi 9 avril 2010

Sigillum S : Cybertantrick Quantum Leaps

Le saviez-vous ?
Sigillum S est l'un des principaux arguments qui ont poussé notre
bien-aimé patron à monter le webzine que vous consultez actuellement, les yeux embués d'admiration enfantine. Autrement dit, si icelui n'avait pas projeté un jour de chroniquer des disques de ce groupe, SOUM n'aurait probablement jamais existé (ou peut-être que si, mais bref) ; ironie du sort, pour l'instant, pas un seul article ici sur ce sujet. En attendant que l'intéressé trouve un jour la force pour rattraper cet impardonnable retard, je vais moi-même vous en causer un brin, via ce merveilleux Cybertantrick Quantum Leaps, l'un des quelques que le Gulo ne connaît pas, ce qui m'évite tout risque d'en être réprimandé, en espérant pouvoir vous transmettre ma fiévreuse et soudaine passion pour ce projet comme lui me l'a transmise, d'une façon si sinistrement contagieuse.
Sigillum S, déjà, fait partie de ces groupes dont le style se reconnaît entre mille et qui pourtant n'a pas pondu deux disques semblables : chacun d'entre eux a sa propre substantifique moelle ; celui-ci par exemple... hé bien, on pourrait considérer qu'il s'agit de leur album le plus "Japonais", si vous me passez la comparaison douteuse, mais je m'explique. Japonais donc, en ce qui s'y fait de plus violemment kitsch et de plus déviant, de plus cheap et de plus purulent, d'Elfenlied à Trevor Brown, en passant par Tokyo Gore Police, sans parler du reste. Un album dont la particularité première est d'être blindé de synthés à la limite du Bontempi mais qui sous la main d'avertueux italiens (The Sodality inside) prennent une aura incroyablement malsaine - plus encore que chez les Residents qui ont surtout le talent d'être fous -, entre atmosphères de caveaux, malaises cosmiques nauséeux et pianotements hystériques et hasardeux d'ou s'élèvent parfois miraculeusement quelques touches de jazz feutré bas de gamme, du genre qu'on ne trouve que dans les mangas cyberpunk de seconde zone ; mais surtout, ces sons, ces sons, mes amis !!! Vomitifs, insectoïdes, carnassiers, caoutchouteux, gluants, au choix ou combinés, qui évoquent inévitablements les monstres en latex les plus laids et les plus poisseux de chez Bioman et autres X-or, voire, on l'a cité plus haut, chez Tokyo Gore Police. Peu de performances vocales sur ce disque, mais ô combien précieuses, , des rires forcés mal gloussés mais psychiquement insoutenables, et surtout Bernocchi hululant à mort "Human Chainsawwwwwww" dans un titre anthologique du même nom, histoire de mieux nous faire sentir les bouts de carcasse de voitures s'enfoncer dans nos chairs, effet Tetsuo oblige. Aussi viral qu'aseptisé, de la mirifique petite musique de chambre pour réussir vos plus beaux cauchemars post-hiroshimesques.

1 commentaire:

gulo gulo a dit…

merci (à part ça, je note qu'il doit s'agir d'un bon album, puisqu'un bon album de Sigillum S comporte nécessairement un mémorable mugissement d'Eraldo)