samedi 10 avril 2010

Tool : ænima


Certains esprits malveillants, dont tu peux te croire définitivement guéri, reviennent te hanter, plus moqueurs et dangereux qu'au jour de leur rencontre. A croire que la danse n'est jamais terminée... même vautré sur le parquet depuis belle lurette. Ce qui devrait en toute logique te rendre euphorique ne fait, cruellement, que t'enfoncer davantage dans ce sentiment de dégoût et d'anxiété développé lors de ta traversée de l'Atlantique en solitaire, qui t'apparait avoir été finalement très douillette avec le recul. Cet album, c'est un peu pareil, et c'est marrant les coïncidences quand même, quand on y pense, ce sens de la synchronisation : il est revenu, peut-être pour ton bien, mais ptetre pas finalement. Il est revenu, alors que je m'en souciais même plus, que j'avais même oublié le pied que je prenais à me refaire en repeat Eulogy et 46 & 2. Et il fait évidemment beaucoup plus d'effet maintenant, un effet diluvien, dans ma fragile cage thoracique. Je me dois déjà, par sens de l'équité et de la retenue (qui ont peut-être déjà fait partie de mon vocabulaire... ?), de ne plus trop parler de skeuds, et me cantonner à mon rôle de chambellan cinéphile, ce que je fais assez bien. Seulement y a mon petit cœur d'artichaut, là, désolé papa, et les souvenirs de ma jeune existence qui reviennent à la charge comme des vilains boomerangs, muahahahah putain, ça devrait être interdit d'être aussi emo et gay, flinguez-moi ce guignol presto, nan mais quel sans-gêne ... La lumière, de cette chose vénérée par ouate-mille pèlerins depuis sa sortie, la lumière de cette chose, elle n'a jamais été aussi forte.. forte, et coupante, et intime, et, dangereuse, et jamais je n'en ai autant rien eu à cirer de savoir ce que les autres en pensent, du coup tout le monde aura à peu près capté la teneur constructive et défricheuse de ce torchon, et la teneur en humour aussi ? Tout ça c'est de la déconne, vous l'aurez bien deviné. Je rigole. De ce disque que je trouvais "sympa à écouter entre potes" à sa découverte et que j'ai abandonné et oublié pendant près de 8 ans dans le fond du tiroir, dégage, maintnant, une lueur cruelle, que je n'avais jamais décelée, normal mes yeux étaient pas encore assez ouverts pour. Je vais encore faire mon Gulo du pauvre sur ce coup-là je le sens... mais de cet album, il faut le dire, y a un interlude qu'en est pas un, Message to Harry Manback, que je voyais jadis comme un gâchis comparable au morceau de fin caché du Sap d'AIC, m'apparaît finalement comme le seul morceau dont on puisse faire un bouquin, tellement cette saloperie de blague ricaine frontale envoie même Type O au tapis dans la catégorie désabusé aigre, tellement ça pue l'amertume et la violence la plus gratuite et désespérée, la haine la plus excédée, le mépris le plus pulsionnel, tout ça avec deux bouts de ficelle tout cheap - une vieille mélodie de piano Feux de l'amour et un combiné. Une décharge de bile, vile, négligée, blessée et blessante, dans l'esprit le plus profondément grunge, à côté de laquelle toutes ces riches compositions riffues et percusionissimes travaillées pendant des mois et des mois pour hypnotiser le chaland, qui sont sensées être la chair-même de l'œuvre, semblent n'être qu'ornementation.

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