mardi 13 avril 2010

White Darkness : Nothing

Nom de groupe gentil, nom d'album transparent, pochette lisse, style musical lénifiant. On dirait Xavier Bertrand - sans même le danger, puisque c'est Jason Köhnen. Durant une paire d'années tous les tant de mois, tu ressors un soir le petit machin de son petit coin et tu l'écoutes, à un volume transparent, lisse et lénifiant, pour t'endormir gentillement, son petit rôle acquis depuis la première fois, d'où il semble parti pour ne jamais déloger ni s'exalter.
Puis un jour, en tête de lard que tu es, tu le passes à un volume tangible, opaque, offensif, au casque. Et tu comprends. Pourquoi tu y reviens avec cette imperturbable régularité de petit vieux en quête de son laudanum. Que le produit est un paralytique violent. Cette musique n'est même pas lente : elle dissout toute vitesse, la nullifie, en noie tout souvenir. Elle exerce un pouvoir total et sans façons, de liquéfaction, et c'est comme dans la soie qu'on glisse dans le calme puits d'horreur, vers le centre de la terre, ses sargasses et ses fosses de vide.
Profitez donc de l'efficacité de mouvement dont vous disposez encore pour aménager sa place sur vos étagères, il n'y en a pas trente-douze, entre les deux seuls disques qui ressemblent à ça : Dolores (Bohren & der Club of Gore) et Purgate my Stain (In Slaughter Natives).

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