mardi 4 mai 2010

The Cars : heartbeat city

Après avoir fauché la Mustang du paternel, enfilé le blouson Letterman rouge & blanc indispensable, et fait un détour par le vidéo-club (qui a toujours pas rouvert), tu as fonçé vers le parking du lycée, avec du Huey Lewis du Costello et du Buggles à fond dans ta vieille radio-cassette portative (grosse comme un frigo, en fait) scotchée sur le tableau de bord avec du gros chatterton. Ta copine Betty, la plus godillante des pom-pom girls de l'école, flirte avec les quaterbacks musclés sur le terrain de foot, comme d'hab', mais comme d'hab' t'en a rien à cirer, tu l'attends confiant, et insouciant surtout, parce que ce soir c'est dans tes bras qu'elle sera, et parce que si c'est pas elle y en a une meute de blondies et de brunettes qui n'attendent que ça, de passer leurs petits doigts fragiles dans ta tignasse enduite de gomina, de plier sous le poids de tes regards de grand brun rebelle, d'être pendues à tes lèvres quand tu racontes les pires banalités possibles, parce que toi t'as des mystères qui pétillent dans les yeux, pas comme ce gros veau de quaterback... alors tu mets la stereo à fond, avec les ptits riffs sautillants et les ptits synthés robot-bonbon taquins et les ptites vocalises de Mothersbaugh garçon coiffeur, et la ballade langoureuse inévitable, et les refrains irrésistibles scotchés comme la radio portative dans ta tête de teenage lover.

Tu rêves d'échappées au drive-in, de pepsi sirotés au crépuscule rose & turquoise de Hill Valey, de baisouilles sur la banquette arrière et de Betty, qui sera toute nue sous ton blouson et te lancera des regards candides par-dessus l'épaule - pendant que tu seras toujours perdu dans tes projets d'avenir doré, ceux de ta future carrière de jeune loup dans le show-biz impitoyable du power pop business (d'ailleurs va falloir qu'on tranche pour le nom du groupe : les Fatal Johnnies ou les Killer Boys, chaud pour se décider), en caressant rêveur le capot de ton bolide, et c'est comme ça, c'est tout simple finalement, c'est con, ça brille, c'est plein de promesses, c'est la vie.

5 commentaires:

gulo gulo a dit…

mince, le video-club a toujours pas rouvert ?

One Love a dit…

La pochette du premier vaut son pesant.
Il a toujours son côté petit frère oublié de Queen ?

Raven a dit…

ouais la pochette du premier est sublime, mais sur celui-ci c'est surtout moving in stereo (tube d'enfance), c'est celui qui a meilleure presse mais tjs préféré Candy-o (avec sa pochette Roxy) et les suivants (jusqu'à celui-ci, door to door est trop lisse je trouve) + colorés; jvois pas trop le rapport avec Queen sauf si tu penses à la première période glam encore, Cars c'est ricain, donc même ma comparaison avec DD était un peu malvenue en fait, c'est pas le même romantisme, faut checker les solos de Ocasek aussi, jmy suis remis du coup, chiotte, et va falloir régulariser ça parce que ça tue (téma le pochette de Beatitude http://rgcred.files.wordpress.com/2009/05/ric-ocasek-beatitude.jpg)

One Love a dit…

Ah si, prend Good Times Rolls, ces chœurs guindés. Ça me donne la même envie de me tortiller torse nu avec des bretelles. Et les paroles de m'avoir tout l'air d'être de la même cuisse, oserais-je. À tout le moins j'en ai retenu les mêmes grivoiseries dans les refrains.

Sinon ça semble se trouver pour moins cher encore que du King's X, balaise ! Je me réjouis déjà de l'allure que ça va prendre sur l'étagère.

Raven a dit…

choppe-les tous, ça vaut peau d'zob; aaah Strangers eyes, aaaah Hello again! (ps: j'ai apporté quelques retouches à la chro, le côté Buggles j'y tiens, pense aussi à Roxy mais ça coule presque de source)