dimanche 27 juin 2010

Coroner : Mental vortex

Le genre d'érection qui fait des borgnes. Un disque gouteux et cossu comme pas deux, thrashy en diable avec pourtant ce qu'il faut de cold/saccadé/midtempo pour remporter l'adhésion des plus réfractaires aux vestes à patchs. Un disque sur lequel on revient aussi régulièrement, inévitablement, inlassablement que sur une piqûre de moustique au niveau du gland. Avec bien sûr tout le plaisir empreint de soulagement que cela sous-tend.

Meilleur moment pour écouter le disque : la oktoberfest.

vendredi 25 juin 2010

Danzig : Deth Red Sabaoth


Glen qui fait sa putasse, à essayer de rameuter les fans de la tétralogie historique sans non plus vexer Tommy Victor. Y a pas à baver cent-sept ans, c'est creux et pathétique. Pas d'indulgence avec Glen. La révérence, ou le mépris.

Dirtfella : Dirtfella


Cinglant comme du Screaming Trees, habité comme du vieux Pearl Jam, rustique et festif comme du Sixteen Horsepower qui aurait envoyé dinguer les stands paganfest, rayonnant de nonchalante passion, indécemment instantubesque et instantanément à tu et à toi souriants avec tes intimes cabosses, et dessus une voix cramée de soul dont les riches et âpres nuances d'ambre mériteraient plusieurs lignes sur la carte des purs malt, avec du jeune Vedder, du jeune Lanegan, du jeune Keenan, et du Cobain (éternellement jeune). Même assis ça prend le contrôle de tes rotules et ça soulève la poussière. Éternellement jeune musique de vieux, ou l'inverse ; crotte d'orteil lives.
Net et précis coup de cœur.

jeudi 24 juin 2010

Root : The Book


Le genre de disque trop beau pour être vrai, qui tourne la tête, comme gober des raisins, et les mains courtisanes qui les donnent, dans les ruines embrasées d'une salle du trône ; du heavy sybarite, byzantin, ventru et casanova ; somptueusement juteux : du vacherin au boudin noir.

Killing Joke : In Excelsis


L'été commence avec une grosse gaule. Il y a les groupes qui font toujours la même chose, et il y a les groupes qui ont une présence vaste comme l'horizon - l'éblouissant.
Il y a tout Killing Joke dans cet e.p. Du dub-punk à la Almost Red, de la new-wave vaporeuse à la "Love Like Blood", des embruns de mélodie à la Democracy, de la transe barbare à la Hosannas, le plus naturellement du monde, et comme c'est Killing Joke, tout baigne dans la lumière, la ferveur, l'extase, la communion primitive.
En attendant le 6 septembre et XIII : Feast of Fools, il y aura heureusement l'album de High Confessions, avec tonton Chris Connelly, pour patienter en grelottant comme il sied.

mercredi 23 juin 2010

Sabbath Assembly : restored to one


Jex Thoth, pour toujours une armée à elle toute seule, part ce coup-ci à la guerre à majestueux coups de fleurs, de bâtons d'encens capiteux et d'une langoureuse mousson de sironimo de toutes les couleurs du soir d'été qui explose, moissonnant les âmes des nouveaux convertis par monceaux pâmés d'adoration, cependant que Satan couve des yeux du crapaud mort d'amour son amazone qui lui repeint un royaume couleurs Disney. Imparable.

The National :High Violet


Dans la vieille famille de la musique de la fatigue. Cette fatigue qui est ivresse, tant elle se confond avec l'espoir qui dévore et détruit, comme un manque impossible à négocier. Un Arcade Fire qui ne descendrait jamais du pinacle de la ferveur, mais qui ne flamberait jamais dans l'hystérie imprécatrice - parce qu'il y a la fatigue ; la fatigue qui fauche en vagues d'amertume à la Interpol, un Interpol sans les costards étriqués trop grands pour eux ; la fatigue d'un Parts & Labor naufragé dans le fossé, sourire opioïde de traviole sur un visage en bataille ; la fatigue d'un Johnny Cash juvénile dont les joues rasées de frais ne révèleraient que des nuits qu'il ne connaît que blêmes. Une grande famille, en vérité.

jeudi 17 juin 2010

Sol/Blodtru : Old Europa Deathchants


Piquante et drolatique coïncidence : je tentais récemment d'écouter le Weeping Nights d'Elend, disque qui s'interdit d'entrée toute forme d'indulgence à son endroit, en entamant sur une reprise d' "O Solitude" (si vous ne savez pas de qui, vous ferez honorable pénitence en allant fleurir la tombe de Sir Alfred) - et, en bonne mathématique, s'interdit d'emblée toute forme de succès. L'ambition c'est beau, le suicide c'est beau et con à la fois.
La chose qui nous occupe aujourd'hui s'ouvre également sur une reprise d' "O Solitude" ; mâle, monastique, et peu à peu dévorée des longs miaulements métalliques d'orgues affamées, et portée aux nuées humides par les clochettes des morts - et qui nous dit en somme, comme quoi, les mathématiques, c'est bon à fiche au feu. Prie, petit, prie. Ta hache t'attend au râtelier, et tu ne sais pas si cette barbe coagulée verra une autre aurore.
Le reste du disque ? C'est pas comme si je venais pas d'en parler, mais admettons.
Le disque est sorti sur Paradigms, qui avec ses sorties invariablement (bon, il y a l'e.p. d'Elitist) venteuses et basaltiques, est à la (sa) scène postblackdoomapofolkdronevikingtango ce que le Cold Meat Industry de l'âge d'or (i.e. avant Idfrost, Arcana et la chienlit qui s'ensuivit) fut au death-industrial : l'épitomé de l'élégance dans la barbarie. Le reste du disque ?
Cas n°1 : tu as vu Valhalla Rising : ce disque te connaît, et tu le veux.
Cas n°2 : tu n'as pas vu Valhalla Rising : tu vas voir Valhalla Rising, et, en bonne mathématique, retour au cas n°1


Pour le namedropping, je passe mon tour, la page du label où vous allez courir l'acheter (le p2p n'y pensez pas, en général les sorties Paradigms c'est moi qui les fous en circulation) est bien assez outrageuse.

Clinging to the Trees of a Forest Fire : songs of ill hope and desperation


On en répètera jamais assez le pouvoir d'une bonne pochette ; a fortiori d'un bon folder.jpg ; et a contrario d'une pochette navrante.
Ainsi la ci-contre, à peu près aussi ébouriffante pour la libido que du Rise of Caligula. Comme quoi quelques cornes ne font pas tout.
Du coup, il manque tout un pan d'atmosphère à l'omnivorecore* des gentils CTTTOAFF, la réjouissante couleur Immolation getting chainsawfucked by Pig Destroyer que leur donnait leur précédent emballage, que je rappelle ci-dessous et qu'on dirait un tableau de Kristian Espedal :






Oh, le disque n'est probablement pas sans qualités, la prod cisaille à la limite de l'indus par endroits, et les ralentissements ont toujours un je ne sais quoi de presque menaçant comparé à "la concurrence", mais ... quel effort.



* deathgrindchaosdoompartsyouknowthescore

mercredi 16 juin 2010

October File : Our Souls to You


Vous voyez toutes les belles couleurs sur la pochette ? Regardez-les bien, vous ne risquez pas de les entendre.
Peut-on donner une version terre-à-terre et encore plus fatigante de l'éponyme 2003 de Killing Joke ? Ne pas s'appeler Killing Joke (mais plutôt d'un patronyme lui-même déjà fatigant) est un très bon départ gagnant.

Indian Jewelry : totaled


Il ne suffit pas d'aligner des rataillons de morceaux faits avec trois bouts de bois et autant de boîtes de temesta pour faire du Splintered in her Head ou du Descent, quand on n'est ni Bob Smith, ni Jonnine Standish, ni Alan Vega, ni Kevin Ogilvie : on fait de la verroterie creuse comme la ci-devant pochette, où l'on voit que les flyers '99 pour befores house à Bastille ne sont pas perdus pour tout le monde.
J'aimerais que les gens cessent de penser qu'on s'invente goth du jour au lendemain ...

lundi 14 juin 2010

The Orange Man Theory : Satan Told Me I'm Right


Tu m'étonnes, cornuto ... Vu que ton stoner n'est pas seulement de la caillasse dont on fait les Calabrais, et ladre comme du Milligram, il a aussi appris le thrashisme vénéneux comme le crotale, un peu chez Converge et beaucoup chez Today is the Day, et qu'il a le boogie-mojo des grands groupes de sludge tels que Lava et Soilent Green.
Sans même parler du fait que Mondo Generator ne fait pas encore de reprises de Slayer et que c'est un un tort.

Curiosity Killed the Cat : The Very Best Of

Malgré le nom, non ce n'est pas de l'emo, ni d'ailleurs du glam, c'est tout simplement le groupe inespéré pour ceux qui désespéraient d'entendre Patton faire des reprises de crooner-funk, lors du bal de fin d'année de la Bayside High School de Sauvé par le gong.

Sia : we are born


Entre papillon et belette, entre disco, funk et pop, entre vibe originelle et candiness moderne, entre ferveur gospel et street culture sauce smog, la plus Clarice Starling des soul sisters, avec sa bravoure tranquille et têtue d'enfant enrouée par les avanies, sort pour le jour de l'été un disque hivernal comme elle, un disque de matin de 25 décembre à deux sous la couette, à regarder fleurir des arcs-en-ciel en sour cream, un disque qui irradie de chaleur les mains et le cœur.

vendredi 11 juin 2010

16, The Orange Man Theory, 10/06/10, le Baloard, Montpellier

The Orange Man Theory : dont je n'attendais rien et que j'ai vus sans réellement le vouloir, les ayant "testés" en diagonale et en prévision de la soirée, dégaines d'un mauvais goût tout italien, et satanapalmstoner dans ta bouche, que tu te demandes pas longtemps ce qu'ils foutent sur Supernova Records à côté de, hmm ... Complete Failure ?
Comment ça, ils n'y sont même pas, apprends-je en passant au stand rafler l'album, seulement produit par M. Trois Milliards ? Bref : uzicore anyway, et satan leur a dit qu'ils avaient raison.

16 : font passer Bolt Thrower pour du Opeth ; sanquentinstoner, unsaneàlacassecore, les patrons, je plains déjà ceux qui les verront à Clisson sur une scène quarante fois trop grande et sans plafond au ras des tifs trop longs de leurs voisins ; torticolis royal pour ce dernier headbanging de la saison.

mercredi 9 juin 2010

Stretchheads : Pish in your Sleazebag

Aussi saugrenu que cela puisse paraître, il y a quelque chose dans la pochette de ce disque qui me rappellera toujours allègrement, pourquoi pas, à ma lecture des Garçons Sauvages de Burroughs, histoire de jeunes guerilleros homosexuels dégénérés aux manières aussi puériles qu'assassines ; un manifeste d'homosexualité débridée un peu dur à avaler - sans mauvais jeu de mot - pour les hétéros crispés dans mon genre mais dont les excès - chez Burroughs, tout et n'importe quoi devient prétexte à une bonne enculade - finissent par jeter dans tout ceci un je-ne-sais-quoi de burlesque totalement jouissif. Eh! oui, quoi de plus efficace que de beurrer le cul à ses petits camarades pour amuser la galerie ? Stretchheads a ce même esprit railleur et enculatoire badigeonné au lubrifiant, éjaculation noise-punk de zoulou sans pudeur ni décence, hilare et cabrioleur, joueur et décomplexé dans un état de défonce total où tout le monde applaudit bien fort le grand phallus-méchouis cannibale en se tapant de sérieuses branlettes.
Ou d'un autre point de vue, un peu à Bogshed ce que Tinner est à Motörhead, avec toutefois un peu plus de kéké dans le fond de vinasse.

lundi 7 juin 2010

Admiral Angry : A Fire to Burn Down the World


Je ne regarde presque plus de clips depuis un paquet d'années, donc je ne pourrais pas vous dire s'il en existe un pour ce morceau. Mais s'il existe un clip pour ce morceau, il doit montrer des murs ; des murs de fonte ; survoler des murs ; en rase-mottes, minutieusement au ras de la fonte ; des kilomètres et des kilomètres des quatre mêmes murs noirs exigus ; rien que ces murs et encore ces murs, et rien d'autre.
Ah, si, de temps en temps, y a des flashes de toi en langes, assis sur ton cul au milieu du passage clouté, en plein k-hole.
Tu vagis.
Ça ne finit pas.

Rhino : Breed the Chosen One


Mojave-thrash spadassin comme du High on Fire, épaissi d'une tartinasse de passages doomy tellement virils qu'ils se sont dit pourquoi ne pas les enluminer de quelques bordées total Danzig - en moins tarlouze, quand même - finalement, même si c'est plus facile rétrospectivement, certaines pochettes disent tout, pourvues de suffisamment de cornes. Ce que le nom de groupe stupide ne dit pas forcément aussi clairement, c'est qu'ils sont espagnols et donc ont la stupidité roborative de Moho ou Loan.

Sur le suivant, à la pochette toujours plus cornue et scabreuse, ils se diront que pourquoi pas essayer plutôt des passages doomy à la Alice in Chains, mais le chanteur qui souffre visiblement d'un syndrome Tom Gabriel Fischer réussira surtout un très joli Chris Cornell.
J'ai déjà hâte de voir qui il va imiter entre deux beuglades au bloody mary très épicé, sur le prochain qui sort bientôt et dont la pochette ne débande toujours pas. Ils s'y font désormais appeler Horn of the Rhino et ils ont bien raison, parce qu'on n'a jamais assez de cornes.
Nouveau groupe fétiche.

samedi 5 juin 2010

Obituary : Cause of death

La chantilly, ça vaut le coup que s'il y en a plein, que ça déborde de partout. Sinon c'est juste de la déco et c'est nul. Un peu comme la salade autour du steack quoi, c'est pour faire genre. Mais nous on aime quand c'est abusif. Et Cause of death, c'est abusif au possible, tout y est tellement too much que ça en devient jouissif. Vous avez vu ce logo ? Vous avez vu ce nom ? Vous avez jeté une oreille sur cette cover de Celtic frost ? Et la pochette, vous voulez vraiment que je vous en parle de la pochette ? Non mais, laissez tomber. Comme je disais tantôt sur une autre page de la toile, le cholestérol c'est pour les tapettes.

Meilleur moment pour écouter le disque: durant une raclette ça devrait pas mal le faire.

vendredi 4 juin 2010

Suma, Loan, 4/6/10, Baloard, Montpellier

Loan : riffs churros, crash par-delà la foison, morceaux charge après charge de bisons tout chauds, El Thule en mode Bolt Thrower, pour employer une cheville paaas du tout tendiniteuse : la perfection du stoner très doom que je voulais entendre en venant ce soir ; jusqu'à ce que ça me bande ; au quatrième morceau, je crois ; ah, le génie - vous savez, ce petit (claquement de doigt player style) qu'a, par exemple ... Diamanda Galàs ?

Suma : minute ma vie obligatoire : Suma, je vois difficilement plus transparent sur disque, dans le genre El Wiz en mode Kyuss période Tool, voyez ? je me disais qu'en live, moi en manque de doombanging au volume qu'il faut + Suma, y avait moyen ; je vous laisse conclure tous seuls ?

C'était Jean-Bourré Baltros, en direct de Montpellier, à vous Cognac-Jay.

Tar : Roundhouse


Déchiration ; cold comme Joy, slack comme Sonic Youth (tiens, les deux balises utilisées pour définir Kill the Thrill dans les pubs à la sortie de Dig ; soyons pas fourbe pour une fois : ça n'a rien à voir ; dans une certaine mesure). Full-on numb dumb noise. LE genre d'album qui te soulage de la question du best album ever, chaque fois que tu le mets.

Menace Ruine : Union of Irreconcilables


Menace Ruine, je trouve le nom toujours aussi sartek, mais ç'a toujours le cul entre Amber Asylum et Moon Lay, et donc, ou mais hélas, c'est toujours loin d'être aussi cul que l'un ou que l'autre, avec ses guirlandes blackshoedronetassaisi de retour du premier album.
Plus clairement, c'est mignon comme du Nadja (qui meetserait Dead Can Dance, t'as vu), ce qui veut dire que y a même des moments où tu croirais presque que t'aimes. C'est là qu'il te faut repenser que le seul disque valable de Nadja tu l'as, et c'est leur album de reprises, avec A-Ha et Slayer.

Ramleh : homeless

La couleur tombée du ciel : vaporeux, pierreux, douche froide, brûlant, psychotrope, nucléaire, indicible.
Quand quatre têtes brûlées tapent un bœuf, ça finit toujours en carbonnade.

jeudi 3 juin 2010

Clair Cassis : Clair Cassis


Faire sonner médiéval du metal sans rouler-bouler dans le Jacquouille ni sombrer dans le Montmirail, et ce alors même qu'on fait chanter un crapaud asthénique à l'état de lyophilisation avancée, mais suggérer seulement les orages de dentelles, l'usure mortellement lasse des tapisseries, sous les exquis matelas de poussière de la finesse de la ouate, vibrer avec une térébrante acuité de noble humeur noire dans deux notes de basse fausses jumelles, comme joueraient de grandes orgues avec le feutre qui sied à une nocturne promenade en barque ... Ce n'est pas donné à tout le monde.
Mais l'appartenance à l'asile Velvet Cacoon et ses programmes d'intoxication oblige ; un certain rang à tenir. La putréfaction n'est pas dispensée d'être gracieuse, ni les guitares sèches qui pèsent des enclumes de l'élégance vaporeuse, hombre.

mercredi 2 juin 2010

Ceremony : Rohnert Park


°_° ...
Ceremony s'est transformé en Slapshot. Pas mal de Sudden Death Overtime, à savoir du gothic-oï grimaçant, et un peu de Blast Furnace, à savoir du acdc-oï jubilant. Bien sûr, ils ne seront jamais aussi boules-de-viande que lesdits hockeyeurs, et gardent ce subliminal gène briton, à la limite de l'anarcho-punk et qui offre même ses meilleurs moments (en dehors du rudipenien "Sick"), étrangement pop, à la The Damned, au disque. N'empêche qu'il m'est difficile de ne pas regretter le famélique et et coupdeputal hardcore punk de l'inquiétant Still Nothing Moves You. Et j'espère regretter ce billet un jour.

Alien Sex Fiend : death trip


J'ai essayé d'être encore meilleur public que je ne suis. De tenir compte de la parole de l'autre. De voir ce que revendique le titre, l'ambiance twilight necrozone, et sur le Land of the Living Dead d'ouverture je n'ai presque pas eu à me mentir.
Mais cet album n'est rien d'autre que celui que nous sort Nikky la Belle Vie depuis quelques numéros déjà : un album de mort, ou du moins jusqu'au prochain un certificat de mort cérébrale. Une chose d'une redoutable tristesse pour qui est de la famille. Le problème n'est pas la crétinerie simplisto-perchée du bidule, qui par endroit réussit à évoquer l'ambiance lunaire qu'il aurait pu rendre d'un sublime du dernier squelettique (ou l'inverse ?), le problème est que tout ceci est tragiquement inhabité et impotent ; et édenté, et incontinent ; il ya les albums de vieux, et il ya les albums de vieux débris.

Je vous jure, je suis pas loin de le trouver génial.

mardi 1 juin 2010

Bentley Rhythm Ace : st


On a souvent un peu tôt fait d'âgedoriser les années 90. Il ne s'agirait pas d'oublier qu'outre le trip-hop au ricin, elles nous ont infligé le big beat et des choses aussi indispensables que Lo-Fidelity Allstars, ou Fatboy Slim. Mais comme tout genre, BB a eu ses tératologismes pulluliformes, et ses oxygénantes aberrations spongeoïdes. BB a eu son BRA (... oui). Un monstre qui pourrait faire penser à Meat Beat Manifesto (baille), pour son breakbeat impossiblement surpeuplé, et à l'acid-jazz de toutes manières papa du big beat, pour sa laidbackitude de cocktail-hooligan, mais surtout une fourmillière cretin-funk dont le grouillement, la psychédélie dans ce que la chose a de moins iridescent et de plus effervescent, est surtout celle des 13th Floor Elevators : imbécile et qui rend fou.
Et au milieu, le sommet épique de ce James Bond chez les Snorkies, de ce Magic Pockets (quelqu'un ?) dégueulant de pills : Ragtopskodacarchase. Accroche-toi à ton rush, j'enlève le dancefloor.

Chrome Hoof : crush depth


Il y a eu le p-funk.
Il y a eu le g-funk.
Il y aura le k-funk.
K comme ... ?
Tous ceux qui ont répondu "kétamine" me copieront le Vidal pour la prochaine fois.
K comme K. Dick, tas d'incapables, et Kafka.

Daggers : Along the Acheron


Daggers, c'est gothique.













Naaan, je déconne ... Daggers, c'est juste du fossoyeur-core : ça tasse à coups de pelle et c'est aussi primesautier qu'un village de bûcherons sur le Klondike dévasté par la vérole.

Black Sun Productions : Chemism


Le pape, ainsi que l'appelle ma dulcinée, fort probablement rapport au chanteur qui, dans l'introït de cette écœurante chose rose, de son chevrotement onctueux qui tient de Lina Baby Doll, d'Eraldo Bernocchi et de Brendan Perry, semble nous déclamer les pages roses du Larousse, en ce qui est sans doute le premier symptôme du délire rose qui s'empare du pontife cacochyme, piégé par le verrouillage de sa papamobile lors d'une visite en Thaïlande, tandis que la radio détraquée par l'étuve se met à diffuser du Fetisch Park, et que l'esprit de Sa Sainteté se met à barboter dans le comminatoire bourdonnement rose d'une ruche de chérubins copulatiles - et par ma foi ! à bandoter, la vieille canaille - dans le cosmique frémissement d'une universelle miction des fluides, en tranquilles et interminables méandres, en mols arcs et boutants caprins - dans le fourmillant mantra d'une infinie fornication moléculaire, tout le long des roses tropiques de son transept mental.