samedi 31 juillet 2010

Infectious Grooves : the plague that makes your booty move ... it's the infectious grooves



En funk, je le dois confesser (miam), sorti des classiques connus et reconnus (Canniboule, Soilent Green, Meshuggah, Snoop), je suis un tantinet frileux.
Mais nous parlons ici d'un album qui fourre les Psychopomps d'une pleine citerne de milk-shake banane en guise de réacteur au cul : ça ne se refuse pas plus qu'une envie de faire frétiller une air-bedaine de samoan, en se secouant les balloches comme des calebasses dans la soie du costard de merlan pour faire les maracas.

Big Boss : Belial's Wind


Le Mal n'est pas une question de moyens. A (nouvelle) preuve ce disque obscur de kiabi-metal, cliquetant et compact comme du vieux Korn tout poussiéreux, clignotant de vieux couin-couins volés à la dark-wave la plus cheapouze - CAI 777, Tilt!, The Eternal Afflict, tous ces trucs - nauséeux comme les heures les plus salaces de Beherit ; un affreux troll marmotteur d'album, adipeux autant que d'une vivacité létale, un festin de Barbe-Bleue scénarisé par Susi Medusa, un délicieux totem démoniaque sculpté dans le 99% de cacao, et qui ronfle comme Pavarotti pété au Pork Soda.
Ce pourrait être l'album d'occult-fusion de Pizza the Hutt ; c'est tout simplement le second album solo de Big Boss. Le chanteur de Root.

vendredi 30 juillet 2010

Black Engine : ku klux klown (piqûre de rappel)

Ce soir, les clowns sont de sortie. Ils ont pris leurs barres à mine, leurs battes de base-ball, leurs opinels rétractables... Leurs plus beaux apparats.
Je hais les clowns.
Les clowns ce soir sont de sortie. On ne les voit pas, entre deux pitreries, faire les poches, broyer des molaires, casser des tibias.
Saloperie de clowns.
Les sorties de clowns sont ce soir. L'air est sec et lourd, bonne ambiance baston, bataille de rue, guerre des gangs, à la cisaille, au poing américain, au poing tout court.
Putain de clowns.
Les soirs de clowns sont sortie. Entrez donc pour voir, admirer le cirque noir, pirouettes de la mort, on jongle avec des grenades, on vous les envoie dans les gonades, c'est la grande rigolade. On vous fera rire, mourir de rire, vous en sortirez, le sourire taillé, jusqu'aux oreilles. Mais dans vos poches, plus rien, détroussé jusqu'au dernier denier. Dans vos poches? Pas de poches, plus de poches, les clowns vous ont mis à poil, de la tête aux orteilles.
Enfoirés de clowns.

Les clowns sont de sortie ce soir. Ils n'avaient rien de prévu, alors ils ont décidé de mettre la ville à feu et à sac. Le hold up est total. 




jeudi 29 juillet 2010

Motörhead, 28/07/10, Théâtre Jean Deschamps, Carcassonne



La place Marcou : est de toute évidence le point névralgique de la citadelle historique, et bientôt elle est arpentée par la Motörhead army en uniforme de parade, de 7 à 77 ans, en béquilles ou en culottes courtes.

La Maison de la Blanquette de Limoux : ne se paye pas la fiole du chaland, avec son assiette du commis boucher, une tranche de bidoche qui ne vole pas son appellation louchebem, du cantal, des frites, le bonheur commence avant le bonheur.

Motörhead : au début tu crois presque que t'y crois pas, tant l'interprétation forgeronne du groupe en concert est épaisse et empâtée, tant aussi sans doute tu es en proie à la nervosité de la première fois (même les nains ont commencé petits) ; mais en fait et dès Rock out with your Cock out, tu te rappelles que Motörhead c'est pas seulement une machine de guerre, pas seulement la grand'messe hard rock : c'est aussi la famille (si si). Alors, même si Metropolis est un peu foirée, même si la version moderne d'Overkill me fait un peu beaucoup mal au cœur, même si j'aurais tant rêvé, ohé ohé, d'un bon vieux Capricorn, même si j'aurais défailli pour un magistral Stone Dead Forever, même si j'aurais mangé mon bras pour un cinglant I don't Believe a Word (et Rock'n'Roll, et LImb from Limb, et ...) ... enfin merde quoi, l'armée c'est pour tuer, et I got Mine, Just cos you got the Power, In the Name of Tragedy et Born to Raise hell aussi (et Goin' to Brazil, et Killed by Death, et ...). Et le temps s'éclipse discrètement, et tu t'esjouis douillettement des charmes scintillants d'une soirée parmi les dieux, d'un noël en forme idéale de soir d'été, d'une fruste éruption de joie pure. Agréablement beaucoup d'extraits du thrashing Kiss of Death, pas mal de vieilleries piochées dans tous les replis des vastes caves de la maison (this next song is from, I believe our third album - the fuck if I know ...), et surtout une vieille leçon de barbouzerie. Don't forget us : we are Motörhead, and we play rock'n'roll.

Les bois sur l'île du Pont Vieux : sont fort accueillants. Pour peu que l'on tolère bien le démarrage de l'arrosage automatique à 2 heures.

Porte-toi bien, mon pépère. Et à la prochaine.

Atrocity : Todessehnsucht

Les allemands et le bon goût, c'est une longue histoire d'amour. Si la bretagne peut à mon sens se prévaloir de l'invention du punk à chien, la teutonie est à n'en point douter le berceau des nuques longues, des duvets sous le nez et des vestes à patch. Et de fait, question bon goût, Atrocity c'est des cadors façon goth-en-toc: les péripathétiputes fringuées 2 tailles trop serrées, les pompes à talonnettes approuvées par l'UMP, les manteaux de cuir qui crissent comme un intérieur de BMW, et bien sûr les morceaux de boite gay berlinoise. Pourtant il y eut une époque où ce groupe, à défaut d'avoir une réelle personnalité, avait au moins un certain savoir-faire, pour employer une expression chère à Pernaut. Leur souci c'est qu'ils ont jamais été foutus de se détacher du style en vogue. A l'âge d'or du death , ils faisaient du death. Quand la mode a été aux vampires, ils ont fait dans le faux râtelier en plastique. Quand il n'a plus été question que de metal saccadé pseudofuturiste à la fear factory, ils sont suivi le mouvement, remix electro à l'appui. Quand il a fallu faire du metal de pouffe romantico désespérée, je vous ai déjà fait un topo là-dessus au début. Mais bon, vous avez sûrement tiqué quand plus haut j'ai causé de vieux death, parce que bibi lui c'est à ça qu'il carbure.

Alors je vais vous dire: Todessehnsucht c'est le typiquement le truc qu'on achèterait à la boutique souvenirs d'un parc d'attraction dédié au death européen des 90's. Au même titre qu'un Morgoth, Pestilence ou Master. Putain, ce serait trop chouette un parc comme ça...


Meilleur moment pour écouter le disque : en vacances, avec les chaussettes dans les tongs, et le bronzage débile.




mercredi 28 juillet 2010

Hell Militia : Last Station on the Road to Death


Traîtreux. Au début, un album de french bm dépravé de plus. Bâillements. Puis le son commence à s'avérer un voile de plus sinistre augure. Puis encore, à écouter en tombant de sommeil et à la nuit tombée, ça se dévoile : ces miaulements de guitare made in Arkhon (non, pas ceux-là, les autres, les insidieux, les coulis, les vomitifs), cette ténèbre de soir sur la campagne française occupée et les perversions sordides qu'elle abrite, ce gris rillettes faisandées de la basse malade, cette voix sanieuse ... L'ambiance est à la misère et à la peur au goût de fer, dans une Norvège de Sardonic Wrath transplantée vers la bestiale désaffection de la Lozère la plus ogre, l'ambiance est au remake de Carne en Tractions Avant, avec Philippe Nahon en docteur Petiot.

mardi 27 juillet 2010

Vio-lence : Torture Tactics


Celui-ci, ce qu'il y a dessus on s'en cague. On voit aisément pourquoi : soit on le croise en tirage original, et on l'achète en deux secondes ttc parce que t'as vu la pochette sac à merde ? - soit on achète la réédition d'Oppressing the Masses et il est dessus.

Vio-lence : Oppressing the Masses

On va tout de même causer histoire, voulez-vous ? Les historiens autorisés à ce que j'ai compris ne souffrent qu'Eternal Nightmare.
Les nuls. Celui-ci est trente-sept fois mieux. L'ambiance est une monstruosité qui conjugue le pouvoir nuisible de Kill'em All et le pouvoir imbécile d'Among the Living, dans une laideur de son pyrex et acier brossé vintage qui confine à l'indus de type World Demise ; les riffs n'ont plus besoin d'aucun tubisme téléphoné pour être de plein droit d'abominables grooveries thrash claudicantes à se tronçonner une jambe d'hilarité ; les chœurs ne sont plus idiots, ils sont Biohazard. Et, la question à un zillion de points, Sean Killian ?
Sean Killian, c'est Ronald McDonald lifté par Ed Repka, et si pour Eternal Nightmare j'avais dégainé le "prodigieux", ce jour il ne me reste plus qu'à recourir à un autre qualificatif turquoise de poids : formidable. Phrasé, viscosité, pH : tout glisse et coulisse, et tout est parfait ; un festival, aussi jouissif qu'un récital de Derek Lee Ragin.
C'est bien simple, oubliez-moi toutes vos prétendues pièces de maître du thrash, ce disque motard et vicelard, qui se case comme un coup d'arrêt à la rotule entre Painkiller et votre vieux Megadeth préféré, est une bande-son toute trouvée pour phagocyter une hypothétique adaptation convenablement crapule de The Killing Joke.

vendredi 23 juillet 2010

Vio-lence : eternal nightmare


On zappe la partie "intérêt historique", voulez-vous ? L'intérêt historique n'intéresse personne, et un intérêt relatif à Machine Head est le contraire d'un intérêt.
Or donc, nous avons là un disque de thrash. De ceux dont c'est même pas tant que t'as l'impression d'avoir déjà entendu tous les riffs, mais plutôt que ce sont tous vlà les vieux poteaux, dont tu remarques même plus les défauts tant la complicité avec se passe de mots. Puis le thrash c'est comme Motörhead, le son de la vie.
Nous avons également là des chœurs hardcore, et qui n'aime pas les chœurs hardcore, je vous le demande ? Ils sont idiots à souhait.
Mais surtout, surtout, nous avons là un chanteur tout bonnement prodigieux. A un doigt de la certification batcave, en tous cas plus qu'assurément punk, tellement il embarde, glissande, accélère et décélère à plaisir et ad nauseam et à plus si affinités, saccade, sarcastise, s'emplafonne à peu près toutes les rambardes d'à peu près tous les virages et continue sonné ou pas à patiner en folie du sol au plafond et retour - en tonneau.
En fait d'histoire c'est bien simple, si la garce était bien foutue, ce gonze-ci et son orchestre auraient été sur la b.o. de Judgement Night ; en binôme avec Dizzee Rascal.

Sigillum S : dispersion : sliced carrions and pixel handcuffs

Il faut, il faut, il faut, il FAUT. Oui, il faut en parler - Mais comment ?
De la soupe de mama Bernocchi, celle dont on ne voit pas le fond. Liquide croûteux et grouillant, secret jalousement gardé, personne n'en connaîtra jamais l'exacte recette, même à vue - de la vermine, de l'urine, des pustules, des globules, rouges et blancs, probablement du sang ; mais après? Magma insaisissable, tel le fluide verdâtre antéchristien du Prince des Ténèbres. Si l'on observe bien, on peut distinguer, à travers les volutes de vapeur noire, la ronde des damnés brûlants, dansant et se tortillant au fond des limbes de la lymphe. Et si l'on goûte ? Mama Bernocchi rit de tout son vieux foie jaune - prononcer giallo. Si tu goûtes, tu connaîtras les mille transes, tu verras les démons se trémousser autour de toi, éxécutant des danses salissantes en frottant leur appendice palpitant sur ta peau en plaques mouvant sur des tripailles en fusion , tu seras aux premières loges-catacombes d'assauts de sielwolfs satano-mussolinien, spectateur d'un monde-hécatombe où le cadavre de vierges sacrificielles se décompose en accéléré, mutation de chrysalides putrides et malfaisantes avant l'éclosion cataclysmique d'un monde pestiféré éclaboussant telle une fleur noire vaginale en micro et macro, cellules-carcinomes affluant dans un vortex de chair à mort en astre-muqueuse où bactéries proclament victorieusement leur empire de purulence sous le regard d'un panthéon hilare et complètement ivre.

jeudi 22 juillet 2010

Creaming Jesus : Too Fat to Run, Too Stupid to Hide

Amebix et RudiPeni ont, semble-t-il, fait un gosse. Bémol, plutôt que de perpétuer les bonnes vieilles traditions, apprendre la forgerie, étudier Lovecraft et tout le tintamarre, ce petit branleur préfère mater ses cartoons, faire du jeu de rôle de table avec ses copains à grand renfort de chips-Red Bull en écoutant du heavy metal et arborer stupidement mais fièrement ses tees de Judas Priest et autres Manowar. Ces jeunes, je vous jure, ils font tout pour emmerder leurs parents. Heureusement, une chose contre laquelle ce petit con ne peut rien, c'est bien les gènes ; et puis, comme on dit toujours au moment de contempler, effaré, l'espèce de martien gluant auquel on vient de donner vie : on l'aimera quand même...

Toy Dolls : orcastrated

Orcastrated, c'est un peu comme si Nick Blinko avait découvert les joies du Nutella-core (© Gulo), des Cardiacs et du slacking en mode Hard Rock des 80's. Ce qui peut sembler peu ragoûtant couché ainsi sur le papier, fait, je vous l'assure, mais en doses parcimonieuses, un bien fou pour les zygomatiques.
Gare à l'overdose cependant donc, car en dépit des apparences de l'accent angliche bien prolo, "à-la-californienne" inside. En espèrant quand même vous donner envie d'y goûter, pour le quatre heure.

vendredi 16 juillet 2010

Meurtre : Demo


Si j'avais un marteau, si j'avais un marteau,
Bien comme il faut, je te romprais le dos.
Noise, cold, garage, post-punk, industriel - Cop Shoot Cop, Big Black, Godflesh, Bästard, Brainbombs, et toute une théorie de groupes en The que je ne connais d'évidence pas (j'eusse pu frimer avec The Sonics, mais c'est juste qu'il y en a une reprise) (oui, il y a un groupe de cold dans ce primesautier namedrop, relis mieux) : l'on trouve dans la démo de Meurtre toute la sauvagerie promise par le nom du groupe ; la sauvagerie de fauve, sinistre et hilare, du psychopathe, qui danse transi et désarticulé au pas de l'oie, au pas de la Défense, la nuit, au pas du monde devenu géante et totalisante usine à concasser, au pas des Swans (période funeral tough guy) infibulés façon Tetsuo, au pas de Jean Carmet - Buffet Froid chez les robots, à moins que ce ne soit Dupont-Lajoie ; et sans rien diluer, bien au contraire, de sa dangerosité, en la coupant comme ils le font au violent acide sarcastique de l'officine The Fall - normal.
On devrait plus souvent écouter des démos.

jeudi 15 juillet 2010

The Acacia Strain : wormwood


Chronique écrite à la première écoute et demie, ça s'impose, aucune idée de ce que cette bûcheronnade vaut sur le long terme et aucunement à foutre. Ce disque fait passer Hatebreed pour Christophe, Liferuiner pour Roger Moore, et le dernier Tony Danza Tap Dance pour son biopic par Arnaud Desplechin. Il peut faire rire, d'ailleurs on sent tout du long que les mecs se marrent bien, tout en faisant leurs développés-couchés sur fond d'Admiral Angry. Et puis rien que pour la jaquette (clique et comprends) charal-dédicace à tous les fans de l'expression ramasse tes dents et ses variantes - hein, Youssouf ? - je vais réfléchir à l'achat. Attention toutefois, pour les sensibilités fragiles : l'album contient çà et là quelques nonbreakdown-parts.

mardi 13 juillet 2010

Starkweather : This Sheltering Night


En vérité cette nuit rien ne sert se carapater, dans la jungle tropicale, mieux vaut trouver abri, et se terrer, tandis que l'on célèbre les noces cauchemardesques et cosmiques de Kali et Dwid, où farandolent les plus improbables feux de Bengale, jazztechmetal stellaire, tambours sylvestres en peaux humaines, metalcore védique, en une version krishna de Heartwork, version carnivore de Metamorphogenesis, version paludique de Deliverance, et avec en guise Baron Samedi, Rennie Resmini, brundlemouche de Jarboe, Boy George, et de roquet très insuffisamment alimenté. Swing on this.

Root : Kärgeräs


Par un beau matin frisquet, fredonnant en se grattant la panse quelques hymnes new-wave de l'armée rouge, Root se raboule dans une fête de la bière pagan et, à coup de distributions crapules de champignons nauséabonds et de sabbats à la sauvette entre deux tentes, fout son merdier.
Splendide.

lundi 12 juillet 2010

Rollins Band : Weight



Henry, c'est un peu le pote qu'on aimerait tous avoir. Tu sais, le genre qui t'assoit dans le canapé quand ça va pas et qui t'explique la vie. Pas le genre casse-couilles qui croit avoir tout compris, nan nan, le genre qui sait de quoi il parle. Il a vécu Henry, alors il peut se permettre d'être un peu paternel parce que c'est pour ton bien. Une épaule solide sur laquelle se reposer et juste en dessous un biceps de la taille d'un ballon de foot pour te secouer quand tu fais le con. Henry il te prend par les couilles pour capter ton attention et il serre, le bougre. Henry c'est le hardcore pieds-nus, le jazz musculeux, le coaching rocknroll. Henry, c'est mon pote.

Meilleur moment pour écouter le disque : en faisant des pompes.

vendredi 9 juillet 2010

Blood of the Black Owl : a Banishing Ritual


Un autre blase qui m'a pas franchement donné envie de me précipiter - me demande pas pourquoi je l'ai finalement percé à jour, le chômage ça fait des miracles. Soyons francs, on sent à des kilomètres se radiner la morne plombe et quart de blackened funeral petisuissidal doom. D'ailleurs c'est le style que BotBO a pratiqué pendant deux albums avant celui-ci, faudrait tout de même pas me prendre pour un perdreau de l'année.
Il en reste d'ailleurs de fugitives traces, plus subliminales qu'autre chose, ici, mais il s'agit surtout et massivement de musique rituelle. Non gros malin, que ce soit marqué dessus ne suffit pas. Ce qui suffit en revanche, pour faire de la musique rituelle, de la bonne, coco, c'est la sensation vibratile de l'imminence, que quelque chose est sur le point de se passer, quelque chose de pas net voire de nettement bad karma, quelque chose de trop grand pour que tu voies quoi, et que c'est absolument, formidablement, hilaramment grisant. La puissance. Le cosmos à ta merci dans ton plumard. Tu vois le passage Terence Mallick qui tourne folie collective, dans Valhalla Rising ?
Quand t'as ça, que la nouba en question soit forestière comme du Halo Manash, carnassière comme du Wardruna, zouloue comme du Yoga, taurine comme du Swans et shroomique comme du Kemialliset Ystävät ... devient limite ... accessoire, tu vois ?

Shellac : 1000 hurts


Il y a cet album, que vous devez connaître. Songs about Fucking, il s'appelle. C'est le grand frère de celui-ci. Même congestion généralisée, même regard fixe, mêmes mélodies sanguinolentes. Sauf que Songs about Fucking il colle aux filles un frisson qui les chavire, il rocke, il a le pelvis violent, et comme son nom l'explicite il pécho. 1000 Hurts, non. Trop de raideur, trop de gourdin. Il en a des étourdissements. Il regarde les infos à la télé en dodelinant, et il n'entend que comptines. Il passe tout son temps en grande conversation avec le carrelage de la cuisine (maladie de Jandek), que plus souvent qu'à son tour il embrasse affectueusement avec son front.
1000 Hurts, c'est Songs about pénétration anale par le truchement d'une règle en fer.

Dawn of Azazel : Relentless


Pour ce calibre de pochette il n'y a qu'un seul mot et ce mot c'est mazette. Pourquoi pensiez-vous donc que je me fusse intéressé au groupe en premier lieu, avec leur nom schtroumphement ridicule ?
Relentless porte bien son nom, un de plus, Relentless c'est une séance de body-building avec un vieux diable en vinyl rouge comme coach tout courroucé. On y va, espèce de lope ?

The Tony Danza Tap Dance Extravaganza : danza III - a series of unfortunate events


J'aurai mis le temps, à m'intéresser à cette bande, soigneusement contournée même lors de ma période Car Bomb & Cie, on devine aisément pourquoi : le nom du groupe est véhémentement antisexe, les titres d'albums le chahutent dangereusement, et les pochettes se passent de commentaires.
Pourtant, sous cette déclaration de guerre totale à l'imaginaire se cache, dans le cas qui nous occupe, un genre de Psyopus bloqué en position moshpart pour petit coq coreux courtaud tout sourcils froncés et qui souffle beaucoup par les naseaux, onduliné de tout plein de funk biturbo meshuggaïque, et alourdi encore par un préposé vocal à la déclamation presque aussi ridicule que chez Dawn of Azazel, référence de choix. Disons qu'à côté, Infectious Grooves, c'est Vincent Delerm.
Amène pas tes neurones, surtout, ce soir on fait la fête.

jeudi 8 juillet 2010

Quand c'est les autres c'est plus marrant

Bien sûr, que je suis un roitelet de la bafouille hâtive et mal documentée (doquoi ?) fleurettant en permanence avec le contresens, l'anachronisme, toutes ces sortes de non-professionalismes.
Mais ça n'empêche pas de glousser très méchamment avec beaucoup de plaisir : trouve toi aussi le passage à se compisser, et gausse-toi cruellement des bourdasses des autres.

De Magia Veterum : migdal bavel


Le beumeu sous emballage crari Gustave Doré, vous en avez outresoupé ? Comme tout le monde, comme tout le monde. Dites vous simplement que dans ce cas précis, ça colle mieux qu'un penis captivus. Tout du moins pour qui associe irrésistiblement Tatave à Jules Verne, et à cette vieille adaptation multidiffusée sur TMC du Voyage au Centre de la Terre - et à In Slaughter Natives, et à la Divine Comédie, que personnellement le fait de n'avoir pas lue enrichit généreusement en pouvoir fantasmatique.
Grêle, déchiqueté, hérissé, acéré, vertigineux, mugissant, bourrasquesque, ces mots vous évoquent quelque chose ?

mardi 6 juillet 2010

End of a Year : You Are Beneath Me


Le bon emocore vivant, c'est comme le post-hardcore du même nom, c'est fidèle à ses classiques, dans l'esprit, pas dans la lettre. Peut-être parce que lesdits classiques de l'emocore sont aussi ceux du post-hardcore, je vous refais pas le powerpoint sur Fugazi et Quicksand ...
Tout au plus pourrais-je ici citer Minus the Bear, mais sans département R&D, et At the Drive-In, mais divinement guéri de sa shopping addiction, ou Jane's Addiction - donc Triclops! si on suit bien, mais en tranchante cure d'austérité, mais sans rogner en solarité, mais sans espoir aucun de dissimuler un saturnisme certain, lumineusement vespéral, tel les RHCP de Californication, mais sans planche ni décapotable ... En fait, il flotte une iode discrètement mais tenacement britonne sur ce littoral et ce vague à l'âme ci, et pas seulement par la grâce d'une entame en élégant clin d'œil à l'anarcho-punk, par des effluves subtilement imaginary boys aussi, basses, brumes, pH, bref : si vous n'avez pas compris à ce stade que le disque est une splendeur enrouée de cassavetes-core, c'est qu'il y a toute une éducation à la grande classe à refaire.