mardi 31 août 2010

The Blinding Light : glass bullet


Il y a des formules, comme ça, qu'on a presque tous entendues. "L'album que Slayer essaie en vain de sortir depuis quelques années", à propos du dernier Integrity - mouarf, aussi loin que je suis concerné. "L'album le plus noir et malsain de Slayer", à propos de Hell Awaits - mouaif, s'entête le roquet.
Puis un jour on s'encaisse ce wagonnet de charbon dans le buffet, et tout devient lumineux.

The Icarus Line : Penance Soiree


Une autre expression toute faite et complètement faite par tous les trous : "tout ce que le rock doit être". Associez-la à ses sbires "tête à claque", "fiévreux", "priapique", "dépravé", "juvénile", "hormonal", "drogué", "grêle", "hâve", "nuit blanche", "boogie nights", "morgue", "impudence", je sais qu'on a saisi mais moi aussi j'aime en rajouter, m'en resservir trop jusqu'au renvoi, pensez à tout ce que vous voyez de plus imbuvable, les Stooges, les Brian Jonestown, Pete Doherty, Oasis, les Only Ones ... Et vous aurez cet album d'une concentration en extase béatement toxique.

mercredi 25 août 2010

Korn : untitled


J'ai bien failli croire qu'on m'avait scandaleusement (jamais sans adverbe) menti, et qu'à mon révoltant (jamais sans adjectif) insu l'on m'avait menti : Peeping Tom avait donc sorti à la fois un autre et un bon album.
Alors qu'il s'agit tout simplement de la fiévreuse copie rendue par Britney Spears à l'issue d'une master class donnée par Emmanuelle d'LtNo - qu'elle a tout du long pris pour Trent Reznor.
On n'est plus chez Burton, on est chez Jeunet featuring Justin Timberlake, et en dépit de toute raison j'en regretterais presque ma récente opinion sur Take a Look in the Mirror. Probablement que c'est le plus soumien des Korn.

Blood Revolt : indoctrine


Tueurs-Nés en Cartouchières et Corpsepaints a trouvé sa bande-son. Au moins pour les séquences de rafting sur les bouillons du venin de serpent. Et celles de l'embrasement du pénitencier.

lundi 16 août 2010

Korn : take a look in the mirror



Ce qu'on a pu nous les rebattre avec Issues ... Remarquez bien, je ne jette pas la pierre, moi-même lorsqu'il est paru, qui n'aimais d'eux jusque là que Helmet in the Bush, j'ai été entourloupé par ses pauvres refrains made in manson et ses comptines déglingos, et aujourd'hui encore je reste détestablement vulnérable à la mégalodontesque putasserie de Let's Get this Party Started. Issues reste le Korn que je connais le mieux, du peu de Korns que je connais tout court, le seul Korn que je connaisse bien en somme, et en fait sans doute un peu trop.
Alors que Take a Look in the Mirror est le même en beaucoup mieux ; emogothwhore tout pareil, mais passé au glossy tough filtre Limp Bizkit, usant et abusant d'une voix br00talement grotesque chipée à Lamb of God, de lignes de textes confondamment kikoovénèrrr, d'un funk miteux comme du Bill Gould, de refrains symphos en mélodies pompières qui justifient au petit poil mon parallèle avec l'univers de Root et son Big Boss, voire justifieraient une référence aux maîtres du baroque Guns'n'Roses : rien que le refrain d'Everything I've Known payerait tout le rimmel sur la face de six pieds de long d'Issues, si celui Petshopboysien de Did my Time ne l'avait déjà remboursé avec les intérêts ; Issues donc, assurément, mais en version gargantuesque, outrancière, foraine, guignolesque (avec entre autres ce featuring rap (paraît que le type est un peu connu) aussi réjouissamment minable que celui du Victim of a Criminal de FLA) - tenez, je ne suis pas loin de trouver que ça en fait leur meilleur album, à eux qui sont après tout le Jack Sparrow (copyright Jean-Jean) Band.
Alors évidemment, Issues a posé des jalons, ouvert des brêches, toutes ces sortes de choses, j'en bâille ... et je l'ai à n'en pas douter trop digéré et intégré pour mesurer vu d'aujourd'hui le prix de tout ce qu'il a changé. Mais ce n'est pas le tout de découvrir le feu, encore faut-il en découvrir l'usage. Take a Look in the Mirror, c'est un peu OK, on vient de sortir vlà l'album le plus dark, twisted, sick in our mind de notre disco so far, hé bé on va pas non plus en faire une colique, et si on s'y remettait ? à faire ce que se doit tout groupe de fusion qui se respecte : hâbler, bouncer et se la fendre ?
L'Étrange Noël de Mr Jack OK, mais point ne faut oublier le Boogie Monster.

Swans : My Father Will Guide me up a Rope to the Sky


On s'en doutait dur comme épinard : les Swans reformés font du Angels of Light. Et à c'te heure on s'en cague : les Swans qui jouent du countryfolk bastringue, ça reste les putain de Swans.
C'est à dire que ça rappelle pas tant David Eugene Edwards ou Nick Cave qu'Alan Vega, qu'on se croit dans Sanctuaire, et dans les Pouilles, et surtout qu'à chaque instant l'on sent la violence toute prête à exploser, déferler, obscurcir, noyer, chavirer, défigurer, transfigurer ...
Liturgique comme du Benito Merlino, rien que ça.
Tu as aimé Les Swans Sont Morts ? Tu n'as pas fini de fiche ta tête dedans le mur.

jeudi 12 août 2010

Cauchemar : la vierge noire


OK Jex Thoth, OK The Devil's Blood, OK les pochettes occultes médiévalement prolétaires, OK j'ai téléchargé un best of de Journey après visionnage de certain épisode des Sopranos ... Mais sérieusement ... le chant à la Anne Sylvestre ?
Je sens que je n'ai pas fini d'écouter ce disque dans tous les sens.

samedi 7 août 2010

The High Confessions : Turning Lead into Gold with the High Confessions


Première question, que j'entends bruisser dans la salle : est-ce que, ainsi que One Love l'a dit ailleurs, les High Confessions sont un supergroupe ? OK, dedans il y a un certain Jeremy Lemos, que personnellement je ne connais ni de Dave ni d'Adam, un certain Steve Shelley que vous devez connaître, et Sanford Parker, qui est certainement l'identité de rechange d'Aaron Turner pour quand l'inspection des emplois fictifs lui signifie qu'il abuse un peu de trop. Mais il y a surtout, dedans, Chris Connelly. Donc c'est forcément un super groupe.
Deuxième question au fond, oui ? Est-ce que c'est kraut, ainsi que tout se doit aujourd'hui de l'être ? J'en ai pas la moindre idée. Le kraut n'est pas à mon programme, même si sûrement j'écoute des trucs qui en écoutent. Pour moi on est ici en pleine réserve naturelle druggy-mystique, au milieu des Deutsch Nepalais, du dernier Blutharsch et du dernier Cheerleader 69, en pleines (gare, expression toute faite à la mords-moi le t-bone en approche) eaux troubles et hantées d'une anxiété post-punk-dub nyctalope (on avait dit pas les mamans) qui fait tout caliente dans les lombaires changées en glaçons - magie d'un toujours vagabond frisson de batterie, d'une basse paludique, et, bien entendu, du fredon décharné de l'autre vieil épouvantail. Magie également de toutes les présences en maraude au long des mols méandres constricteurs du disque - hélicoptères, chiens, indigènes, glapissements spongieux, catoblépas en période des amours, araignées troglodytes, lichens psychophages, missionnaires déments ... Non laissez tomber je ne vous raconterai pas le film, j'essaie moi-même de chasser la mémoire du peu que pour mon malheur j'en ai compris.

jeudi 5 août 2010

Bakteria : Defecate ! Suffocate ! Mutilate ! Masturbate !


Hosannah au plus haut des cieux, mes cailles en sucre filé : cet album existe, j'ai enfin pu le commander à un tarif décent, et il s'est glissé dans ma boîte aux lettres ! Si seulement vous saviez depuis quand je trépignais de pouvoir enfin vous en parler autrement que sur l'écoute complète disponible sur deezer ...
Ce disque, vous le vérifierez aisément dans les trois chroniques qui s'en battent en duel sur gogole, offusque unanimement tout le metal globalisé, par sa production aussi plate que le platypus du morceau d'entame, par ses riffs mongoloïdes, par sa débilité mexicaine, par la légende y attenante, relative à une interdiction de concert faite au groupe pour meurtres survenus dans le public, bref : on s'en doute, ce disque est génial, comme à peu près tout ce qui scandalise le métalleux - et comme aussi l'on s'en doute au premier regard échangé avec sa mignarde jaquette. C'est même presque un peu trop facile, en fait, puisque ce disque n'est pas du metal : oui il y a des guitares pour cogner imbécilement ces riffs imbéciloïdes sludgepunkmotörheadulatoires, oui il y a de la double pé et des accélérations en forme d'occlusions intestinales, oui les textes du livret (mais si !) minaudent entre Cock & Ball Torture et Two Girls One Cup, oui on clapote à la limite d'un gerbis de fusion à faire passer le premier Slipknot pour du Al Di Meola, oui Canniboule à côté passera sans douleur pour Bashung ... N'empêche que c'est tout connement un fantastique disque d'ebm ; latin-sludge-ebm si on veut, mais un disque qui d'évidence (ravie), se blottira, comme un furoncle chéri, constipé comme Danny Trejo, avec vos albums de Biopsy, Plastic Noise Experience, Insekt, Simbolo, Aghast View, Digital Poodle, Psychopomps, enfin tout ce que les locals à poubelles du monde entier comptent de phrasés new-jack minables, de groove polonais, de langages à base de rots ulcéreux, de polka militariste, de popo-core ... du Brainbombs vigoureux et congestionné à blinde pour écouter sur le trône en feuilletant d'une main ton magazine de fesse d'ornithorynques favori, les orteils qui font du two-step.

mardi 3 août 2010

Promothean : Sombre regards

Contrairement à ce que la pochette laisse présager, c'est assez outrageusement classe.
Prog/folk/metal finlandais des '90s avec un chant d'ahuri et des airs de Pink Floyd mal accouché.

lundi 2 août 2010

Suicidal Tendencies : Suicidal for Life


Dans le noir tourment des ses plus affreux cauchemars phobiques, le patient Philip Anselmo voit ce disque, ce désagréable bonhomme qui le toise, avec dans le slip l'album que lui et ses petits potes au nom chipé aux Cosmocats auraient joué - s'ils n'avaient rien à prouver, c'est à dire, s'ils faisaient faire kaï-kaï-kaï à tout le monde rien qu'en déboulant dans la pièce avec leur vaurien de funk jovialement hardos - si, en somme ils étaient cool.
SxTx, eux, sont monstrueusement cool.