dimanche 26 septembre 2010

Morbid Angel : Blessed are the Sick


Le death metal, tout choquant que la chose puisse paraître, ne consiste pas toujours en rillettes de goules sur toasts d'osselets briochés, et orgie de nuoc-mam fait avec des enfants. Non. Quelquefois le death metal est une affaire mortellement sérieuse, qui rigole mais alors pas du tout. Du moment que ça reste laid. Parce que si ça n'est pas laid ça n'est pas du death, l'argument du death mélo est invalide, il y a autant de death dans le death mellow que de hardcore dans ce que vous savez.
Et de la mocheté, nous en avons ici à s'en étouffer dans son vomi, à en faire passer Obituary et Canniboule pour Sigur Ros. Non seulement les riffs qui ne ressemblent à rien sinon des bidules griffus, anguleux et pas contents sans qu'on sache bien où est leur problème, genre Ripping Corpse avec des bésicles, mais le son, pointu et poussiéreux, le phrasé saccadé et le timbre au temps de cuisson dépassé, les solos qui renvoient ceux de RATM, Slayer et Darkthrone à leurs partoches de Gary Moore, les changements de tempo à ne pas aborder sans sa boîte de mercalm, les ambiances d'invocation que tu veux même pas imaginer ce qu'elles vont summonner tellement t'as peur de pas savoir retenir une explosion de rire hystérique qui n'arrangera pas les choses - vu que tout ceci n'est quand même pas bien rassurant ... Toute cette compacte et confuse masse de laideur servie, sans que cela-même soit rien d'autre que tout naturel, sous cette trouble pochette l'une des plus belles, fascinantes et nauséeuses que je connaisse, d'une beauté qui convoque à la même douceâtre partie fine le Blob et Lovecraft, et Sade, Huysmans et Mirbeau.
Ceci une fois dit, toute personne convenablement constituée devrait fourmiller d'envie de connaître la chose si ce n'est déjà le cas, aussi n'en ferai-je pas davantage, ce qui m'arrange bien car ce n'est pas l'envie de foutre les doigts dans ... ça, qui m'affole.

12 commentaires:

Ø a dit…

vivement le prochain

One Love a dit…

... le précédent commençant à très largement dater.

gulo gulo a dit…

hélas, je crains qu'ils n'aient pas l'heur de l'appeler Irina

Little-Axe a dit…

damn, je m'a fait griller sur du vieux death ! excellente chro toujours-est-il, chapeau bas.

Raven a dit…

"sous cette trouble pochette l'une des plus belles, fascinantes et nauséeuses que je connaisse"

Vulvulator a dit…

Chronique étrange, pas de remise en contexte historique, juste un avis à chaud sur un album culte.
Finalement par ton cynisme, on en vient à croire que ce disque est un freezbee lambda du metal de la mort alors qu'il est bien plus que ça.
Ses touches au clavier - kitsch je te l'accorde - donnant tout son charme à la galette et à l'aura noire de cette terrible année 91.

Peux-tu préciser ta pensée et ce qui t'a déplu concrètement?

gulo gulo a dit…

"à chaud" : c'est tout moi, ça

"remise en contexte historique" : ça beaucoup moins, en revanche

quant à toi, je crois que tu ne sais pas lire, et m'en désole

Vulvulator a dit…

M'étonnerait que tu saches chroniquer alors... Une chronique, surtout d'un disque aussi fédérateur et important, doit conserver un minimum d'objectivité.
Là y'a pas grand chose d'autres à se mettre sous la dent que du jugement purement subjectif et des frasques littéraires saugrenues ... Retry

gulo gulo a dit…

Je te chercherais bien quelque part une définition de la chronique comme billet d'humeur, Vulv', mais en fait j'ai des trucs plus excitants à faire, comme plier mes chaussettes, et puis tu m'as percé à jour : j'ai cette suffisance littéraire de croire avant tout à ma propre définition des mots, et que musique et objectivité n'auront jamais rien à faire ensemble, excepté pour les fats et les fatigants tels que toi.

Vulvulator a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Vulvulator a dit…

À ce compte là, avec un tel argument fallacieux de "olol je suis pas objectif et je m'en fous" tu peux justifier tout et n'importe quoi, comme le fait qu'un tel album aussi influent ne vaille pas mieux qu'un groupe de seconde zone à la Six Feet Under. Finalement ta chro n'est qu'une coquille vide dans un écrin d'arrogance et d'onanisme, dommage.

Et que penses-tu de la carrière de l'Ange Morbide dans sa globalité?

gulo gulo a dit…

les frasques littéraires sont tout ce qui m'importe, mon petit pote - ça et l'onanisme ; car je suis un littéraire, et non un journaliste, dieu m'en préserve, non plus qu'un métalleux, d'après ce que j'en vois, et mêmes grâces en soient rendues ; sur ce ...