dimanche 31 octobre 2010

Ultralyd : Inertiadrome


Je vous fais un dessin, ou bien vous devinez comme des grands pourquoi je suis allé écouter cet album d'un groupe affilié jazz, au nom qui schlingue l'avant-garde ? Bien. Vous voulez savoir ce qui se meut derrière ? Un perpétuel bouncebeat batucadal qui sans répit ni pitié remue, carambole, bascule, bouscule, roule, tangue, rudoie, tourmente par-dessous les miaulements instrumentaux possédés par la sauvagerie vitale, appuyant et hachant sèchement le haletant brame de la basse, qui gronde sous les griffures fiévreuses, dans la pulsation débridée de ses spasmes, secouant follement les parties charnues serrées entre les mâchoires des guitares, se muant à mesure en une cuisante avalanche de pilons punitifs, fouet grisant d'une transe bestiale qui agite sens et raison comme pantins de chiffon, jusqu'à l'épuisement, à la torpeur lascive qui engourdit la durée ...
Vaudou ? Zoulou ? Rock'n'roll ? Crunk de la pleine lune ? Candomblé ? Chicago sound de la jungle ? Foutus nègres et leurs musiques du diable ...

vendredi 29 octobre 2010

Godflesh : Streetcleaner redux


Bon. Je vous refais pas le film. Tout le monde connaît Streetcleaner - tout le monde a peur de Streetcleaner. Streetcleaner est un cauchemar pas sûr d'être éveillé, une vision trouble étouffée brouillée par les grasses fumées suintées d'un tisonnier à blanc qui vous fouaille les insensibles chairs déjà calcinées, une mine de charbon à boulevards ouverts dévastés gavée de basses faites pour chercher la descente d'organes et ravager le bide par l'intérieur, une hallucination, frissonnante de sirènes chimériques.
Bon. A présent : Streetcleaner a été rappelé à l'usine, Godflesh avait un petit réglage à faire.
Streetcleaner est à présent un cauchemar abominablement réel dans une cage de combat libre, une vision les tempes comme des tambours rincée d'un flot continuel de sang, une douloureusement présente dérouillée de tisonnier au rouge, gavée de basses faites pour chercher la descente et l'asphyxie au sol, et broyer le bide par l'intérieur et l'extérieur. Tu préfèrerais que ce soit une hallucination, tandis que tu frissonnes entre les gifles lacéreuses de chimères bien tangibles, leur pal obscène dans ta gorge distendue, et tu es un boulevard ouvert. Tu es en plein dans le bassin. Devastator.
Streetcleaner est le seul album à pouvoir sans le secours de ma licence poétique convoquer le même enfer sur terre qu'Enemy of the Sun et réciproquement. A présent c'est aussi, comme lui, un album de hardcore. Très hard.

jeudi 28 octobre 2010

Feu Thérèse : Ça va cogner


Non, " Ça va cogner" n’est pas l’œuvre d’obscurs bûcherons québécois. Ces cousins-là taperaient plutôt dans l’électro-mouillette, trempée dans un jaune d’œuf post-rock, lequel reposerait sur un coquetier new-wave rétro-futuriste. Tu vois ? Bon, à partir d’un certain niveau de sur-étiquetage on est censé soit envoyer son CV à la grande surface la plus proche soit se raviser et coller un bon coup de tampon "inclassable". Alors va pour "inclassable". Une voix sensuelle et nonchalante, entre Gainsbourg, Houellebecq et Daho-s’il-était-audible déclame des textes du genre "Papa, maman s’ennuie/j’entends des drôles de bruits/des cris, des symphonies/à l’aube de la nuit". Arty sans ostentation, quelques bouchées peuvent néanmoins peser, selon l’humeur et le foie de l’auditeur. Pas mon p'tit déj habituel, MAIS…

mardi 26 octobre 2010

lundi 25 octobre 2010

Pryapisme : Rococo Holocaust


Depuis le temps que je l'attends, lui (permettez que je me rengorge, il paraîtrait que j'ai été le tout premier à l'acheter), je me trouve incapable, avec ma patience d'origine limitée, d'attendre de l'avoir suffisamment, comme disent ceux qui écrivent de vraies chroniques, "assimilé", pour en faire le bel et chantourné panégyrique qu'il mérite, et vais faire, à mon accoutumée, du rentre-dedans death-metallique.
Le hasard, coquin, du calendrier et du facteur, a voulu que je puisse le tripoter le même jour que le nouveau Foetus, et en vérité tous les deux m'ont délicieusement rappelé Gash, tant ils ne sont pas tant cinématographiques qu'anime-hic, et m'ont remis dans la même fébrilité phantasmatique qu'à ma grande période HK Video, avec sa bande-annonce au son de "Refuse/Resist" et tout et tout : on s'ébat en pleine terreur gothique SM-faf-gore de bazar à la Megalopolis ou Urotsukidoji 2, dont d'ailleurs le disque est aussi pulsatile que le fameux aéroviol triple-play - téléscopée avec un Casino Royale à la lanterne magique où le même James Bond aurait emberlificotées la distinction de David Niven, la brutalité de Daniel Craig et la grivoiserie de Peter Sellers, au son bien entendu d'une bande originale de Yello pour Fritz Lang révisée au jus de zizi du beumeu le plus dépravé, 666 International et Grand Declaration of War vous l'aviez deviné, c'en est paralysant tant ça bombarde à grand tours de manivelle la machine à images des gambettes, ça tronçonne Bernie Hermann, ça gorogorothe Bullit, ça danybrillantinamite Fantomas, ça hermannungar-salsa, ça terror-whourkre-tango, ça brutal-dancehall-cha-cha, ça levretteclaque en brochette Monsieur Bungle et Steroid Maximus, bref : c'est sacré français, foutriquet !
Et accessoirement, ça te prend sans permission pour te faire subir son rodéo quelle que soit l'heure ou ton humeur, ce qui pour déflorer le suspens sera fort probablement mon critère d'équarrissage pour les comptes de fin d'année, les dilemmes deviennent très simples à cette lumière.

samedi 23 octobre 2010

Oddjobs : Expose Negative


Un nombre sans importance de disques festivement sans importance, et puis bim ! le syndrome de Mr Bulbous ...

vendredi 22 octobre 2010

Clark : Turning Dragon


Mais ... ?!? On m'a dissimulé des choses !? Il existe donc un album de LFO qui chamaille la partie joufflue de la cuisse plus de deux ou trois morceaux durant ? Il existe un disque qui a gardé intact le bon esprit new age sociopathe de Venetian Snares cependant qu'Aaron goûtait un coma bien mérité ? Il existe un disque pour teuffer et se correctement chambrer avant de se déguster la frigidariale descente de Specific Momentific ? Pour smurfer en canadienne North Pole et moonboots, tandis que le froid te tronque d'un membre raidi après l'autre, donnant un nouveau sens au mot breakdance ? Pour sautiller en déraillant à force de claquer des dents à s'en gondoler le cerveau et s'en splitter la langue en quatre ?
Dance like you're selling nails, disait l'autre ? Danse comme si t'étais un gros sac de neige carbonique mal fermé.

jeudi 21 octobre 2010

STEVE IGNORANT : CRASS SONGS 1977 – 1984, 19/10/2010

Steve l’ignare rempile pour un dernier souper. Un dernier souper controversé mais cela ne nous… regarde pas. Petite tablée, une centaine de convives à tout casser. Moitié jeunes croûteux, moitié quidam sans âge…

Maintenant je suis censé rappeler l’énooOÔOoorme influence du groupe et du label, mais bon, pas envie d’écrire un pâté qui s’avérera de, toute façon, non exhaustif.

Allez, c’est parti pour une heure et demie de propagande Anarcho-Punk ! Steve a le bon gout de nous épargner les mélasses expérimentales dans lesquelles Crass s’est parfois enlisé. Les classiques s’enchainent, les slogans déferlent, je suis surpris de trouver les morceaux aussi carrés et efficaces. Steve cède régulièrement le chant à une "rouquine" survoltée et sautillante qui lance des œillades de barge à l’assistance. Sur un écran au-dessus de la scène se succèdent des diapos d’époque, portraits d’individus punkifiés. Elles contribuent à l’ambiance familiale du show mais qui a vu "Christ the Movie" regrettera tout de même les projections vidéos d’antan…

Très bonne soirée, une rétrospective nostalgique qui donne envie de replonger dans la discographie du groupe.

…screaming babies, screaming babies, screaming babies…

Auto-congratulation

Je vous délaisse quelque peu ces temps-ci, mais je suis quelque peu occupé à rattraper le boulot que j'ai en retard ailleurs.

mardi 19 octobre 2010

Woman : s/t

Lubricated Swans Shoot Cop at the Foetus Birthday Party.

Ou comment tu t'es retrouvé sans prévenir dans le bar à strip le plus mélasse de toute la zone des Tartares...

Ce jour-là.
Ce jour-là, un croque-mort a pris une bouteille en trop ; sky de dernière zone, distillé dans l'alambic du voisin, un plan en or, comme les plombages de sa dentition jaunâtre.
Ce jour-là, sur le chemin du boulot, le croque-mort a voulu doubler la mule du cureton en zigzagant sur la route glissante. Il flottait à pleine drache.
Ce jour-là, il a vidé sa charrette dans le marécage qui bordait la route. Fausse manœuvre, pensa-t-il, mais pas longtemps.
Ce jour-là, le cureton est mort, carcasse broyée, dans la chute de sa monture ; le croque-mort lui, a fini dans le cul de la mule, s'est étouffé dans son vomi.
Ce jour-là, on devait t'enterrer 6 pieds sous terre.
Ce jour-là, tu t'es retrouvé 666 pieds sous la vase.

lundi 18 octobre 2010

Triptykon : Shatter


Mettez vos cache-nez.
Les morceaux de cet e.p ne sont pas vraiment mauvais en eux-mêmes - ils ne sont pas vraiment bons en eux-mêmes non plus, d'ailleurs. Nous avons donc : un duo goth comme Tommy en a déjà fait, habillé moderne comme Tommy en a déjà fait, c'est tout aussi kitsch et mimi qu'à l'époque ; un écrase-merde punitif doomonocorde à s'y méprendre avec le Dreads'n'Plugs Mahakali Jarboe Liveband, d'ailleurs Tommy aussi c'est un peu un genre de Jarboe à bonnet ; un morceau dark ambient religieux qui fait peur - de trois minutes, sans commentaire. Et deux reprises live de Celtic Frost, mais le live sur disque on s'en fout.
Résumons-nous : que des morceaux qui ressembleront jamais à rien tous seuls ; déjà que Triptykon, en soi, c'est le genre de groupe à qui il faut largement plus d'un quart d'heure pour dépasser son ridicule et montrer sa puissance assommante. Eparistera Daimones Accompanied, c'est bien gentil, mais comment je le colle à l'album, moi, ton truc ? Et où je le fous ? Faudrait dégonfler un peu des chevilles, les dessins que t'as faits dans la marge parce que t'avais fini avant les autres, c'est pas la peine de les rendre aussi à la maîtresse.
Un dernier reproche, avant que tu sortes dans ce froid de canard, mon Tommy : comme c'est un e.p, je n'ai même pas réalisé une économie appréciable.

samedi 16 octobre 2010

Amebix : Redux


Crack… pfleu ! Bon, j’arrête de me casser les prémolaires là-dessus. Après leur reformation, une tournée US et quelques dates en Europe, Amebix sort un CD. Et sur Profane Existence, s’il vous plait. Le problème ? Trois titres, trois reprises de vieux morceaux. Un auto-tribute en quelque sorte. Un des grands regrets du groupe était de ne jamais vraiment avoir eu les moyens de soigner leur production. Là ils se sont un peu lâchés, on entend tous les instruments distinctement. Trop. Par contre où est la niaque ? La magie ? Et puis c’est quoi cette voix à l’hélium sur Chain Reaction ? Heureusement Winter sauve la baraque.
Mon gars, si tu aimes Monolith, les nappes de synthés et autres fioritures atmosphériques, Redux est pour toi.

Un apéricube en attendant un hypothétique nouvel album ? Moi, un nouvel album, j’y crois pas…

Caribou : Swim


Une house transie d'electrowave dont le tintement est boréal comme chez le dernier Pantha du Prince, et en guise d'aurores de séraphiques caresses vocales comme envolées du dernier Hot Chip qui se serait affranchi de toute chair : Swim est une céleste délicatesse, dont le sucre s'évanouit dans le glacial, un plongeon, ecstatique tel l'ancre de Miss Godmundsdottir, dans la pureté du vide entre les glaçons d'un cocktail pour l'esprit qui se nommerait A-Ha Satori.

jeudi 14 octobre 2010

Pushy! : Free Form


De quoi retourne-t-il donc au juste avec Pushy! pour que, toutes ces années après avoir renoncé à en pécho à Paris, en croiser un dans mon bac à soldes favoris en ma nouvelle province, me rende à ce point frétillant ? Est-ce le typique blend de hardtek et de breakbeat des frees qu'ils rendent plus raffiné par leur injection d'abstrait et de méditatoire ? Ou bien l'intelligent techno qu'ils rendent furieusement crapule et ravigotent d'une âpre infusion d'épilepsie teknivalière ? A moins que ce ne soit la jungle des riches heures, qui collisionne la lobotomique techno foncedé, et l'imbibe de spiritualité dub futuriste ? La réconciliation de l'Avantgardism et de l'infoline ?
You're missing the point here, dear. Pushy! est french-fresh, voilà ce qu'il y a ; vous savez ? mais si puisque je vous le dis : cette insolence, cet aplomb qui constitue une famille avec Binaire, Blackstrobe, Pryapisme, Kickback, Trepalium, Lava, , Whourkr, Welldone Dumboyz, Hems, No-Tek, Prey for God, Meurtre et j'en oublie ; cette façon un peu blaireau un peu alterno de téléscoper et accoupler en sagouin sans éducation ni culottes, et que non seulement ça sonne, mais qu'encore ça sonne aussi naturel, frais et explicite qu'une sévère fessée déculottée, ce qui fait toujours bien plus baigner du périnée que les anglophones de la composition, eux qui ne peuvent jamais s'empêcher de te raconter Le Jour d'Après.
On a toujours pu tomber sur Pushy! à peu près n'importe où, avec leur illegal-droidic-funk interlope, corrosif et lunaire, des ballets contemporains au teufs les plus pluvieuses, l'endroit où ils restent les plus rares est le cd, si vous les croisez, vous êtes prévenus.

Akem Manah : the devil is in all of you


M'est avis, si tu permets, qu'il est surtout en toi, grosse pendule aussi hantée qu'antique et qui fend de toute sa pesanteur d'épouvante les espaces non-euclidiens, impavide, impie, impeccablement abominable et morne.

mercredi 13 octobre 2010

All Pigs Must Die : Self titled


Heureusement, parfois, on peut encore faire confiance à une bonne pochette ultraclichouille de merde pour contenir du bon hxc ultraclichouille de merde.

Intronaut : Valley of Smoke


Le drakkar fringant de Vertebrae ayant naufragé corps et biens sur un affreux Axioma Ethica Odini qui doit être un autre nom de Charybde et Scylla, Intronaut, qui doit être un autre nom des Argonautes, reprennent la quête et le lilac-metal d'Enslaved, désastreux alliage de voix claires et de riffs sportifs en tête. Eux se perdent en chemin on ne sait exactement où, de chez Circé ou Calypso, et dans l'ivresse émerveillée du balearic-metal, où s'esbaubit leur toujours souplement turgescente basse au chaud ronron, frissonne la guitare sous la rosée, et babille leur batterie en friselis bossa-jazz-tabla-truc, pirouettant dans les cieux fleuris sur l'île bienheureusement oubliée des routes naviguées, cependant que leurs tigres à dents de sabre de montures dansent de mélancoliques merengue.

This Gift is a Curse : st


Et un autre groupe qu'il pourrait presque être français, un. Non pas tant parce qu'il est recommandé par le foufou Youssouf (sans rancune, mon ami) et paraît, de loin, s'inscrire dans la famille noir-désespoir-modernenoyaudur des Plebeian Grandstand et autres Celeste, mais parce que sa façon de labourer et étrangler le même riff en cherchant l'étourdissement et l'évanouissement lui attirera plutôt ma certification à moi, le label Kill the Thrill, que la tendance dudit riff à ne pas fréquenter plus d'une note renvoie à Binaire de préférence à Black Sheep Wall et consorts, et que dans les passages patauds, où ils ont la bonne éducation de ne pas aller, surtout le batteur, au concours d'éléphants, ces petits doués évoqueraient davantage ce qu'il y a de bon chez Overmars (non, je ne parle pas de Scotch), voire carrément, excusez du peu, les très juteux et très défunts Abandon - tout en ne se perdant jamais dans le Chatelêt-les Halles des "groupes écrasants", en conservant ce paquetage léger du funeralcore martial bien congestionné. This Gift is a Curse ? Ils doivent parler de leur pochette ...

vendredi 8 octobre 2010

Mick Harris, Neil Harvey : Shortcut to Connect


L'on imagine sans peine la trémulation à l'époque lorsque je découvris chez Wave Records l'existence de ceci : Mickouille et un des deux PCM, sur toute la longueur du même disque ! Si je fus déçu, ce qui est possible puisqu'il n'en résulte pas le tunnel de darkstep rouleau-compressive (que je trouverais sur l'album d'Ambush, mais sans beaucoup de réussite) qu'on pouvait imaginer, je n'en ai plus le souvenir, tant il y a là de quoi se donner d'autres fièvres et palpitations : une éprouvante heure de remous de jungle abstraite parfaitement contondante, sans parlementations ni provocations inutiles : basses qui malaxent direct le foie sans passer outre mesure par le tympan, beats compacts, secs, félins, râpeux, fantômes, glougloutements et grincements dans les poutres : toute la tranchante et menaçante nervosité qu'on était en droit d'attendre des deux lads se donne libre cours sur les articulations et le cortex, mettant une rugueuse rouste aux lavettes du kung-fu mental du type Photek, voire donnent une leçon de massive par l'organique au pourtant acéré Current Value. Très organique.

jeudi 7 octobre 2010

Deicide : Legion


Une jaquette qui a forcément servi pour des campagnes de prévention contre les dégâts du metal sur le sens esthétique d'un organisme, une masse sonore aussi aride et cisaillée que du vieux Morbid Angel, et une conception du rythme qui révèle la branche perdue des aïeuls de Meshuggah - celle qui est jamais descendue de l'arbre : mais quel peut bien être l'intérêt de Deicide et de Legion ?
Une gorillerie maligne à tout péter ; Legion est aimable et urbain comme du vieux Kickback, et presque aussi oxygéné ; Legion est la compile "Soirée disco chez Boris" du tough guy sataniste, et pas la peine de s'évanouir ou de me balancer que je comprends rien au death metal : je connais deux barbus qui finissent les pot de Nutella dessus, entre un First Blood et un Brujeria, et je vous souhaite pas de les croiser dans un pit, d'ailleurs ça n'arrivera pas, en général ils abordent par l'arrière.

Witchman : Explorimenting Beats


Que voulez-vous qu'on vous dise de plus ? Tout est dans le titre ou presque, et dans l'article ci-dessous. Witchman sans les pistes de Jammin' Unit, c'est un peu moins Kingston, plus microchimique et frissonnant du break, plus polar aussi et dramatique, et ça se regarde - le disque est encore plus cinématographique que l'autre, oui - toujours depuis le même cocon chaud et doré. "Gloomy Sunday" dans Blade Runner, en quelque sorte. Un des classiques indétrônables de la redescente en voyage explorimentalo-ému, à regarder mourir le millénaire.

Witchman vs Jammin' Unit : Inferno


Pendant qu'on y est ... Laissez-moi vous présenter mon vieux pote John Roome. Dans la famille hypnodub fin de siècle, Witchman c'était le compagnon favori des rêves tièdes, infatigablement là pour accompagner les trips nocturnes au-dessus de la mégalopole en proie au cybercrime et aux vapeurs mal famées, pour faire du somnambulisme douillettement béat sur les ailes d'un genre de totem-condor rasta, pour respirer de grandes bolées d'air tropical entre les gratte-ciel de Neo-London, dans une nuit interlope à la Finitribe. Et comme il remixe ici un album de Jammin' Unit, on ronronne sur les lignes de basse outresteppantes. Le genre de disque inusable, qui traverse vos années discrètement et fidèlement, toujours là placide pour vous emmener planer, sa moiteur toujours idéale et généreuse.

Poison Idea : Feel the Darkness


Non, tous les obèses américains ne passent pas leur journée vautrés devant la TV, englués dans leur hyperglycémie. Les gros de Poison Idea ont préféré former un groupe et jouer de la musique grasse, à forte énergie cinétique. Ils ont commencé très jeune et leur style s’est paradoxalement affiné au fur et à mesure que leurs doigts sont devenus de plus en plus boudinés. Leur HC cru, canal historique, s’est fondu dans un Punk 'n' Roll bien ficelé, fermé par un nœud groovy assorti.
Jerry A. possède une voix de gros, rentrée, acerbe. Coffre et bajoues. Sur ce disque il beugle son lot de frustration. Son quotidien merdique dans sa ville merdique. S’inspire de faits divers sordides pour bricoler ses histoires de rue, d’alcoolisme, de flics pourris, de type désespéré qui s’immole devant sa famille.
À coup de provocations savamment dosées (pochette de "Ian MacKaye"…) les gros de Poison Idea ont su entretenir leur réputation de nihilistes fêtards, exubérants, "inemployables" selon leur propre expression. Des vrais emmerdeurs cultivant l’excès et se gavant de tous les sels de la vie.
Un des meilleurs disques des rois des punks : contient plusieurs tubes inoxydables.

Thanks mum, thanks dad, I’ll see you in HELL

Morbid Angel : Covenant


Bon j'avoue (faut faire jeune), après une des pochettes les plus waou du monde, la Morbide Angèle fait péter l'une des plus poïpoï-misère - elle eût pu être réussie d'ailleurs, l'eût fallu un brin plus de fatras façon cabinet d'architecte, peut-être un mug Robert Mitchum avec un fond de vieux jus de café, sur le bureau, et ni logo ni titre, mais ça devait pas se faire à l'époque, tant pis : peu importe, parce que ce disque, s'il ne contient pas tant de moments doomycrasants qu'on dit, contient surtout plus que suffisamment de solos chimiques et de Slayer ultra-evil et ultra-militaire - et joué dans un réacteur d'avion, et personnellement ça me le fait plus que les trucs d'ours épileptico-dyspraxique de Deicide, dans le genre vieux death pointu et sécos ; et surtout surtout, il contient "God of Emptiness", avec ses vilains riffs limaciers, et sa voix de chanoine irakien qui te chie sur les yeux et dans la bouche. C'est tout sauf rien.

Imaginary Forces : Filth Columnist


L'on est tout à fait en droit d'estimer que Mickouille la fripouille a trop promptement changé de direction après Evanescence. Certes, il a encore sorti par la suite quelques bons voire trètrètrès bons albums, mais il finit aujourd'hui butant sans fin sur le même mur (et comme le tricky kid il a un peu trop perdu son asthme en route), et puis la piste, nous sommes j'imagine quelques uns à le penser, méritait d'être suivie un peu plus avant, sous les palétuviers radioactifs semi-prescients. Surtout après l'expansion de perspectives et de dimensions du réel générée par le subséquent Ellipsis. Oh, certes, les frustrés ont bien le Re-Entry du frangin Techno Animal, et les vieux albums des cousins belges de Silk Saw, à s'inoculer pour satisfaire leur soif sifflante de pouls hallucinanxiogènes, mais enfin : d'aucuns quelquefois en sont réduits, pour augmenter la taille de la pile sur l'étagère, à y loger certain Aurora qui, croyez-moi, n'y gagne pas sa place par la seule présence du dénommé Plotkin.
Aujourd'hui, pour eux, pour nous, un heureux événement : du sang frais, bien contaminé, luxuriant de bacilles. Filth Columnist est tout cela, tout cet illustre patrimoine gravé dans le lichen millénaire d'outrespace, remix de PCM (ah, PCM ...) y compris, et même du Silk Saw subliminal plus récent, mais plus encore ; Imaginary Forces a sa propre fréquence de paludisme tellurique, pour venir défendre parmi les grands sauriens pulvérulents semi-végétaux son propre coin du marigot, pour imposer son propre cauchemar gris et vert sur la faune et frayer sa propre pyramide alimentaire, dans le frou-frou de grincements général. Vous ? Vous n'avez rien de spécial à faire, insectes mentaux, croissez et multipliez, et voletez, voletez ...

mardi 5 octobre 2010

Psykup : We Love You All


La musique de Psykup, parfois pudiquement qualifiée de metal moderne, et qu'eux revendiquent autruche-core (toussotements nerveux et nombreux), c'est du neo-metal (claquements de strapontins qui se relèvent et de la sortie de secours qui bat), avec des échos de fusion, comme c'est de la française y a même du ska, et une douce mais certaine odeur de Patton-worship.

C'est bon ? Toutes les pucelles ont évacué la salle ? J'ajouterai que depuis L'Ombre et la Proie ils ont dégagé les passages sketches-haha, qu'ils sont toulousains et n'ont même pas l'accent, bref que ladite fusion n'est même pas festive.

Bien. A présent que tout le monde a vidé les lieux, on va pouvoir parler convenablement de Psykup. Parce que Psykup invente la fusion misanthrope. La fusion glauque - mais sans mélo ni trémolo, parce que c'est ... ah, je vais finir par croire que je suis chauvin mais c'est pas ça, français n'est pas forcément mieux (des fois même c'est mélo), disons que c'est souvent spécial - et ici c'est encore plus marqué que chez les plus outranciers Flying Pooh, ce sarcasme froid, limite guindé, cette morgue prolo alterno. La fusion malaise - c'est du Korn, alors ? j'ai dit malaise, pas Manson. Plutôt l'ambiance du seul très bon Bungle, le premier (il restait un intrépide auditeur, il vient de faire une syncope), mais sans les maquillages et les mirlitons. L'ambiance à la dérive, suave, au sardonisme, inquiétant, grâce grandement aux superbes parties de chant clair, type Patton qui imite Staley à Marrakech (le type qui ronflait au dernier rang se réveille en sursaut et s'enfuit dans un trébuchement panique), et aux inévitables parties saccadées qui donnent envie de jumper en tirant une tronche de colique. La fusion sinistre, grinçante, funky-gelée, à basse de ruelle, guitare lanterne rouge et batterie canniboule. La fusion sournoise, qui te met sur les nerfs et les rotules à force de te tourner autour, la fusion affreuse et qui t'aura à la fin, et te bouffera la rate.

lundi 4 octobre 2010

Seance : Saltrubbed eyes

Un disque où on entend autant la basse part sous les meilleurs hospices en ce qui me concerne. Et nan je me suis pas planté en ce qui concerne l'orthographe de ce mot. Il faut bien le dire, le son suédois au service du style américain, c'est une certaine élégance dans la boucherie chevaline. Tendu comme un slip de cameraman aux hots d'or, essentiel comme une scene lesbienne dans une production Dorcel, voilà bien un disque qui passe comme un coup de langue au cul et voit tout ce petit monde se quitter bons amis.


Meilleur moment pour écouter le disque: ce moment de l'année où la nuit commence à tomber super tôt.

dimanche 3 octobre 2010

Secret chiefs 3 : Xaphan

Depuis un bail Zorn se penche sur l'occultisme. Pas le genre croix renversée, pentramme en ketchup et découpe de citrouille. Nope. Au menu Kabbale et mystique juive à faire passer Flavius Joseph pour une dalpé. Sous le patronage d'un Trey Azagthoth Spruance encapuchoné, les clavicules de Salomon prennent un air de surf rock, comme si Jack Lord prenait ses quartiers d'été à Masada.

Meilleur moment pour écouter le disque: une soirée spiritisme.

Kylesa : spiral shadow


Subtilité. Je veux qu'il en faut, pour insuffler ainsi de la subtilité, du raffinement, sans ostentation mais surtout sans dénaturer la grossièreté préhistorique de ces riffs, de la façon de les enclumer, sans saloper la robuste épaisseur de la peau de bête et ce hard-rock cosmique, cette rude new-wave pour pillards Huns, qui fond ensemble Killing Joke et L7, en encore plus gueux et forestier, joyeusement farouche, et toujours plus stellaire. La force des vieilles cultures probablement, et il y en a là-derrière, qui a nourri cette charge glorieuse, Damad évidemment, bon sang ne saurait mentir, puis Neurosis le Vieux et même avant, Amebix et Axegrinder. Du coup on se mange un album de vieux irrésistibles et dominateurs, décidément, après Binaire, Eighties Matchbox, Unearthly Trance, Black Sun, Killing Joke, c'est l'année.

Unearthly Trance : V


Neurosis dans Taxi Driver ; pas dans le rôle du taxi, non, dans celui de l'alcoolique soudé à un comptoir de bar à putes à Pigalle (le premier qui me pompe l'air avec la cohérence peut me pomper autre chose), qui les connaît et chamaille toutes par leurs petits noms mais aucune bibliquement. Et la nuit s'enfonce, pesamment, épaissement, irasciblement, exaspéramment ; gonfle, lentement, interminablement, inexorablement ; exulte dans une fontaine de sauvagerie ? On ne le saura pas, elle sombrera avant, dans un noir où l'on ne distinguerait pas même un songe. Oui, on (re-)commence à sentir ce que Bessac sent dans ce groupe, enfin.

samedi 2 octobre 2010

BURNING FIGHT TOUR feat. YOUTH OF TODAY SPERMBIRDS, 29 /09/2010




J’aime bien Ray. Il a une bonne bouille de koala radieux. De mec qui peut pas s’empêcher d’être gentil. J’aime aussi bien Ray pour sa faculté à positiver dans l’adversité. Et on peut dire que ce soir, il en aura eu besoin.
Déjà, le batteur s’est cassé quelques jours auparavant. Au beau milieu de la tournée. Un membre de better than a thousand est venu jouer le pompier de service pour les dernières dates. Bon, soyons honnête : malgré un titre massacré ça tient la route.
Ensuite, et surtout, la plupart des gens s’était déplacé pour Spermbirds, qui ne sont pas du tout dans le trip straight edge. La partie s’annonçait donc difficile. Alors Ray se donne ! Exhibe sa souplesse, invite à monter sur scène, à pousser la chansonnette. Mais sa bonne bouille et son charisme ne suffisent pas. La réaction du public est plus que poussive. Le décalage tangible. Un exemple ? Le titre "No more" se termine par "are you with me ? If you're with me say NO MORE !". Là, normalement, tout le monde doit crier "NO MORE" dans un bel élan de communion fusionnelle. Alors Ray tend le micro à la foule : If you're with me say… un silence glacial lui répond… c’est ce qu’on appelle un flop. Un désarroi fugace assombrit son visage. Il résume la situation : "vous avez déjà entendu parler de nous ou vous êtes ici par hasard ? ". Finalement quelques Pascal Brutal s’agitent un peu devant. Je prends une giclée de bière suite à une bousculade. Bref, un concert anachronique : la jeunesse d’aujourd’hui n’est plus très fraîche.

Mais qu’est-ce qui a poussé Ray à repartir en croisade ?
Ego trip ? Caillasse ?
Non, pas lui.
Reprendre les rennes d’un mouvement barré en couille, sclérosé par la course au lave-plus-blanc ?
Régler ses comptes avec les ayatollahs qui lui sont tombé dessus pour cette histoire de verre de vin ?
Plus vraisemblable: "Finger pointing SXE kids should take a lesson from Alcoholics Anonymous", rien qu’ça !

En tout cas j’aime bien Ray. Je ne suis plus à une contradiction près.