mercredi 10 novembre 2010

Bad Tripes : Phase Terminale


Alors là, on rentre carrément, vous le pressentez en frémissant, dans ce que les jeunes appellent : du lourd - d'ailleurs, comme les grattes le sont, les métalleux croient que ça s'adresse à eux, mais nous y reviendrons.
Question mocheté, on est servi voire gavé façon oie - où l'on comprend brusquement certain idiomatisme toulousain. A l'appel : gouaille théâtrale réalisto-grandguignol d'une Juliette Nourredine en rangeos, surlignée ambiance accordéon en bavoir de la boutique Delicatessen, synthés goths à imprimés Tati, riffs punk-neo de bordée, Rammstein déclamatoire sans la vaseline des pouet-pouets fédérateurs, chanteuse à textes "provoc" qui cite Costes et vient de chez les Eths, trip (oui, il l'a faite) infirmière-chaperon-rouge-sm-sang-caca-juduzizi, histoires d'Adolf, d'Eva et d'hikikomoris : pas vrai, que ce disque a toutes les clés en main pour être abominable ?
Eh té ! figurez-vous que ce disque fait surtout juste putain de bien. Il se réclame des Tétines, et le pire c'est qu'il a pas tort, sous ses airs rustauds, car comme ils l'ajoutent finement, on parle des Tétines le groupe de chez Boucherie Prod, et que cette musique-là déborde la générosité à qui peu chaut sa vulgarité et son timbre harenger à la Karin Viard, des Garçons Bouchers, de Pigalle, des Rita, des VRP et de la fête foraine. On croyait voir venir un vent à la Lussi, on se retrouve avec des larrons qui se seraient entendus avec le Boris de "Fais-Moi Mal Johnny" et tout ce qui s'ensuit. En fait, on va pas tortiller cent-sept ans : Bad Tripes c'est pas pour les métalleux, ces coincés, Bad Tripes c'est gras, cru, moche, musqué, fauve et bon comme une vraie bonne tranche de cul.
Patricia Porasse, enfin ton flambeau est empoigné à nouveau.

3 commentaires:

Raven a dit…

pwahahahahah

gulo gulo a dit…

mais encore ?

Raven a dit…

quelques grumeaux peut-être ? (non en fait je vais l'écouter, c'est sûrement mieux que Sebkha-chott, mais le name-dropping m'a laissé le foie un peu KO)