mercredi 29 décembre 2010

Asphyx : Death... the brutal way

Jouer du death à thématique guerrière, on se dit qu' à priori c'est pas bien compliqué ni même bien original. Voire c'est un pléonasme. Ouais, à part que si c'était aussi facile, tous les groupes seraient Bolt Thrower, or ce n'est pas le cas. Le groupe anglais, un jour, a trouvé la recette et en garde depuis lors les secrets de fabrication. Hail of bullets a tenté assez recemment de s'illustrer dans ce registre, avec un relatif succès en ce qui me concerne sur le premier album. Or, derrière Hail of boulets rôdait le fantôme (et c'est bien de cela dont il s'agit) d'Asphyx. Aaaaahhhhh... Asphyx. Un des logo les plus classes de toute la sphère death, deux albums de légende, et un préposé au vomi reconnaissable entre mille. Vous pensez donc que quand ces gonzes là ont parlé de se reformer, bibi il était sur le coup. Verdict ? Un album digne de ce qui se faisait à l'époque, de la trempe de ceux qui arrivent à rendre le sourire à un vieux comme moi. Les jeunes, cette espèce méprisable entre toutes, n'y trouveront probablement pas leur compte. Mais après tout, qu'en ai-je bien à foutre ? Le son est énorme, la basse toute cannibalcorpsienne, les riffs abusivement pachydermes et l'inspiration résolument naïve, bref on respecte les canons du genre. C'est la bataille des Ardennes dans ta chambre, Verdun dans ton coffre à jouets. Tu rampes dans la neige, tu épaules ton Mauser, et tu snipes ton ours en peluche.

Meilleur moment pour écouter le disque : en peignant des figurines Warhammer, c'te question.

Ekpyrosis : Ein Ewiges Bild


Ça ferait pas un peu longtemps que je vous l'ai pas fait, le coup de Valhalla Rising ?
Vous allez vraiment lire attentivement, le truc que je suis supposé écrire ici ? avec toutes les judicieuses occurrences des mots rugueux, austère, lugubre, congelé, mystique, roide, céleste, nu, minéral, farouche ... bla, bla, bla.

mardi 28 décembre 2010

Tragedy : Vengeance


Si je n’étais que vulgaire, je dirais que "Vengeance" est l’un des meilleurs disques de crust du nouveau millénaire. Si je n’étais que présomptueux, je prétendrais que je sais de quoi je parle. Pas de trêve, pas de pitié, pas de reddition, pas de repos, plus rien : c'est la guerre. Chants vindicatifs, guitares crin et velours qui s’entremêlent et se répondent avec inspiration sur fond de charges de cavalerie lourde. Montées en puissance explosives. Alchimie réussie, à mille lieues des innombrables Dis-clones qui creusent encore comme des glandus leurs vieilles ornières de boue séchée. Serrer les mâchoires. Canaliser le flux d’émotions désordonnées intimant la fuite. Dompter l’adrénaline et garder jusqu’au dernier souffle cette inexpugnable conviction propre aux causes perdues. De la détermination et du sang froid. De quoi hérisser les tout derniers poils de dos inexplicablement rétifs à Amebix, Discharge, Doom ou Nausea (Rrrooo, on avait dit pas de name dropping !).
"Vengeance" est l’un des meilleurs disques de crust du nouveau millénaire.
Et je sais de quoi je parle.

dimanche 26 décembre 2010

Circle of Dead Children

A ce qu'on dirait que j'étais tombé sur celui qu'il fallait pas - une prod à trois milliards fait pas tout.
Parce qu'en dehors de ça, Circle of Dead Children tient pas mal les promesses de son riant patronyme, et délivre princièrement tout le torpide plaisir du goregrind death - car, mieux vaut le reconnaître de pute en gland, c'en est, vigoureux, assuré, fier et fécal. Les subtiles (je sais, ça fait drôle) enluminures black, indus, doom et sludge ne sont là que pour assaisonner l'ambiance, pour lier et velouter le soyeux des résidus de matière cérébrale sur les murs - et dieu merci surtout pas pour se faire remarquer comme preuves d'audace compositricionnelle qui voit en avant, non, plutôt pour jouer les mignards détails inaperçus dans les zones délaissées de l'écran mais qui contribuent précieusement à l'effort collectif de sape du moral et des nerfs, de soumission par la misère et de pesante terreur sordide - me demandez pas d'exemple de film et de plan, je sais même pas si ça existe, c'est un concept de mon esprit.
Ceci posé, l'on peut sans crainte se lancer dans l'un des trois albums ci-dessous, en détailler et estimer les mérites différentiels, en disséquer la délicate alchimie, reviendrait à débattre si l'on préfère se faire émincer à la moissonneuse-batteuse, à la débroussailleuse ou à la meuleuse : on sait pertinemment que l'on finira par toutes les goûter, gourmandise oblige (du coup, je vous dis pas lequel est qui, ce serait salaud).
Après, il y en aura toujours pour aller trouver que c'est du deathcore et qu'en ambiance sociopathe ils préfèrent Suicide Silence ; il y en a toujours pour préférer Saw à Texas Chainsaw.


The Genocide Machine


Human Harvest

Psalm of the Grand Destroyer

samedi 25 décembre 2010

Kylie Minogue Fans Don't Masturbate : attak


Ondule, Raymond, t'es pas vulgaire ... Rires. Chacun sait que Raymond est vulgaire, et que c'est pour ça qu'on l'aime, lui et sa libido moiteuse et moitifère. Et nous avons de la chance, Raymond honore de sa présence ce disque, sur quelques morceaux, mais surtout un - mais ne brûlons pas les étapes - or donc, ce disque de la sale période de KMFDM. Celle où feu les Frisons qui se faisaient rêver à poser plus américains que les ricains, sont devenus juste des ricains - plus succintement appelée période Tim Skold. L'époque d'horreurs sans substance telle que Tohuvatefairevoirailleurs, Houerk et autres Wii.
Alors certes, Attak est tout aussi tristement sérieux, de ce sérieux navrant dont KMFDM a hérité avec la reformation, et un peu auparavant, avec le changement de vulgarité qui les a transformés de blaireaux en kékés ; mais pour un album réalisé sans En Esch ni Chris Connelly ni Kevin Ogilvie, il se défend rudement bien - c'est simple, on croirait que c'est ici et non sur WWIII que le cousin Marc Heal a ramené sa fraise - parce qu'Attak, c'est de l'épaisse technologie drum'n'bass de darkstepper bovin école Cubanate '98. Du bigdubbeat à jantes de 25 pouces, avec les chœurs cybergospel dance habituels, presque dignes des deux morceaux potables de Nihil, du pseudo-jazzy pensif digne de Songs of Faith and Devotion (d'autres Européens qui se la sont rêvée larger than life), du nu-jazz tout ringard digne de Nicolette, des petits chichis électroniques nouveau riche finalement bien dignes de leurs débuts - mais surtout beaucoup de bon gros pouët-pouët qui se la pète. Et le sommet de ça s'appelle "Dirty" - et se dit Diiiiiiiiiirtyyyy. Un refrain-riff à la guitare en plastique teubé qu'on dirait Rob Zombie remixé par Charlie Clouser, un beat crétin moustachu avec une putain de vibe Sheep on Drugs en mode jacky - ce qui se dit Cubanate, pour les nigauds - et, évidemment, les inflexions concupiscentes de Herr Raymond : j'ai envie de dire, l'achat du disque est déjà voté - piste 3.
Mais pour les gens de peu de foi, je signale aussi les autres interventions dominatrices de M'sieur Watts : un très cosy petit trip-hop-dub à la con, au sobriquet de "Yohoho", un doigt dans le nez un dans le cul bien plus interlope que tout un album de Recoil, et un inévitable - égale imparable - tube à poledancer, registre d'excellence impartagé du Raymond, qui, badabing! humilie le dernier Revolting Cocks à vigoureux tours d'hélicoptère. Avant même de s'en apercevoir on a le petit doigt sur la couture du falzar en rubber, la main au képi en adoration, et les pecs qui font bravo.
Et puis, tout aussi évidemment - un album de KMFDM, ça doit principalement se passer dans le prévisible - le morceau autoréférentiel et autocongratulatoire réglementaire pour un bon KMFDM, un "Risen" au pumping whippy beat d'une go-go-grossièreté terrassante, qui se botte la croupe au Stetson sur les martiales scansions de What is good for me, STILL good for you, The ultra heavy beat is going strong, and so on. Comme ils disent : damn if you do and damn if you don't, when it's all said and done this is what you want. Amen.
Le reste des morceaux donnant plutôt dans le capital sympathie discret qui gagne à être connu (on a même un morceau de pseudorammstein chanté par Skold qui se laisse écouter), on obtient donc un album avec le même équilibrage que le robuste Symbols : un excellent KMFDM.

Ho ! ho ! ho !

Vous connaissez le principe : j'ai toujours été une brêle en histoire. Uniquement, donc, des disques qui, en toute modestie et pour ce que vous en avez à fiche, ont fait mon année 2010, tendance qui en resteront indissociables, en constitueront des madeleines palpitantes, charnues, vivides, d'autant plus précieuses que ce fut une grande année.
Une année hardcore, visiblement, et logiquement, puisqu'il apparaît que je ne suis pas mort, et que la vie est ainsi faite, mais pas seulement ; une année new-wave comme tous les ans depuis notre ouverture grâce à dieu, une année jazz parce qu'on se fait volontiers vieux, une année swing et affutée surtout, aux effluves de matins âpres, et donc des disques qui aiguillonnent comme des fourmis, qui ont sonné sempervirens dès la première fois (j'embellis un brin, y en a au moins deux qui m'ont gavé au début, avant que je les reconnaisse), les disques en un mot comme en cent d'une année pleine de vie.

Et en prime un jeu-vacances cryptique à la con : le bon vieux qui-est-qui ?

1. fresh comme du bœuf cru
2. tu connaîtras la peur
3. le nouveau Weapon est bon, c'est à dire pas au niveau exigible, mais c'est pas grave : en v'là du boursouflé assoiffé de sang
4. vif comme la bise
5. l'enfer est à moi
6. la steppe est à moi
7. ta pulpe est à moi
8. satori élytre mandibule carnage
9. mâchoire de pierre
10. si juvabien, c'est kétamine
11. eau-de-feu
12. tanz der bocconcini
13. mort aux vaches




Douce nuit à tous, je vous laisse, j'ai autre chose à frire.

samedi 18 décembre 2010

Årabrot : Revenge (It is Just a Matter of Not Letting Oneself Be Caught)


Årabrot dans ses œuvres : toujours pas le truc qui rende vraiment oufguedin - quoique ça passe de plus en plus près - mais toujours plus que généreusement : de la guitare suc gastrique, de la voix vomi garni, de la batterie homme à terre égale coups de pieds dans les côtes, et de la basse tendinite carabinée. Pour sagouiner le suspens : le "mauvais" côté du tellement-déjà-familier-au-premier-contact (clutch ? touch ? engage !), celui qui lui vaudra pas de place sur le podium que mes ouvriers commencent à installer là-derrière, mais lui en assurera toujours une sur un coin de canapé souillé. Entre Nocturno et Tonton Yow, au hasard.

vendredi 17 décembre 2010

Divine Party, compagnie Les Endimanchés, l'Echangeur, Bagnolet, du 04 au 20 Décembre

(par notre envoyé très spécial)


...reprenons, Dante et Kafka, la boue, la forêt, Virgile, Jean Oury, les Residents, une kyrielle d'orgues dégingandés, Alexis Forestier et sa bande d'Endimanchés, mais aussi et en même temps, les Cramps, les Bérus noirs du début, Aristote, Abbey Lincoln, Headwar, Gesualdo, Hasil Hadkins, et débarque sur scène le Cerberus, Suicide direct, Faust et le Gun Club, hey mec, c'est quoi ce truc, et pourquoi on la voit pas cette putain de batterie ? Divine Party. La réponse mes amis est au paradis, là où les chiens ne gardent plus rien, mais d'abord descendre en l'enfer, s'accrocher au gourbis des choses, encore plus en finir, et puis revenir, parmi quelques machines, dans un doux interstice, flotter, sourire, s'affranchir, s'affermir, passer. On prête à Dante l'invention de tout un tas de trucs, dont un serait l'introduction de la langue parlée dans le champ poétique, on parle à ce propos de révolution. Sept siècles plus loin, il est bien triste de constater que les teckels débattent encore de la question de la culture populaire, à coup de prix littéraires, et autres fumisteries sinistres, garanties sans fumée, masquant à peine l'entreprise de domestication généralisée que les plus cyniques appellent culture. Quiconque se rappelle de Jeffrey Lee Pierce sait de quoi je parle, il n'y a d'art que par et pour un peuple, et c'est Kafka là qui pointe le bout du nez. Quand la forêt vient à manquer, la nuit même s'effacer en une image. Google le donne en mille, Kafka qui meurt l'année de la première guitare électrique, étonnant non, du surréalisme aussi, et puisque les signes m'y poussent, faire mention ici de l'instant de grâce quand tout ça se met à chanter. À n'en pas douter le rock'n'roll est la plus haute entéléchie de cette ritournelle si fameuse, de ces quelques bruyants et fumeux devenirs, ah Béatrice, divine électricité, hérésie sublime, mène la danse, et s'altère sans fin au milieu des feux, courez c'est à Bagnolet, l'Échangeur, jusqu'au 20 décembre inclus.


Général Secrétaire

(qui saura par la même occasion que les noms de guerre, ici, c'est moi qui les donne)

Tombs : Fear is the Weapon


Charlotte is grumpy in the morning. Charlotte sometimes even goes hardcore.

mardi 14 décembre 2010

dimanche 12 décembre 2010

Portrait du compositeur Iannis Xenakis, 04/12/10, Pinacothèque moderne

J’aurais voulu vous parler du passage des Varukers dans ma ville. Hélas, un état grippal avancé m’a empêché d’en être. J’aurais également évoqué avec plaisir le concert de Finntroll et Samael. Hélas, deux fois hélas, une angine carabinée en a décidé autrement : lorsque tu as comme un œuf de caille coincé dans la gorge, tu as forcément moins envie de sortir. Entre ces deux évènements mon état de santé me permit d’amener ma douce assister à un hommage à Iannis Xenakis. Au programme : Aroura, Syrmos, Voile, Palimpsest ainsi que deux œuvres pour piano seul. Je ne connaissais rien de tout ceci. Du bonhomme, j’avais juste écouté la légende d'Eer : amplement suffisant pour se laisser tenter à découvrir le reste de ses travaux.
Tout d’abord, en guise d’introduction, nous eûmes droit à une bonne heure de discussion entre spécialistes sur les liens entre musique et architecture. Là, je réalise que ce qui touche à l’architecture m’est tragiquement étranger (quoi, Le Corbusier n’était pas un corsaire ?). Ensuite, l’un des types présenta ses conversions de partition en canevas de couleur. Il est peut-être des parfums frais comme des chairs d’enfants, mais là, le résultat fut très laid. Voir ci-contre les variations Goldberg de Bach. Autant se palucher devant la mire, non ?
Puis vinrent les pièces pour ensemble à cordes. J’ai rarement vu des musiciens classiques se défoncer sur leur instrument de cette manière. Ni de chef d’orchestre aux mouvements aussi syncopés. Entre deux silences, aux durées imprévisibles, vas-y que ça tapote, que ça cisaille et que ça martyrise son instrument. La contrebassiste aurait passer un casting pour "28 jours plus tard" haut la main. Intéressant, même si trop "hors de l’homme" pour se sentir vraiment concerné.
Deux "œuvres pour piano seul" furent aussi interprétées par Marino Formenti. Celui-ci aurait déclaré que, pour pouvoir les jouer, il faut être à la fois poulpe et gorille. C’est exactement l’impression qu’il donne. La musique générée est imbitable mais l’effort physique déployé est impressionnant. Je crains par moment de le voir claquer sur scène, mais non, il est encore jeune et s’en sort juste trempé de sueur.
Il y avait beaucoup de monde, environ 400 personnes, plus aucune place assise. À noter que la veuve de Xenakis était présente. La mienne aussi. Certes, j’anticipe, mais si je n’arrête pas de choper tous les virus qui traînent, c’est sûr, hélas, trois fois hélas, je ne vais pas passer l’hiver…

samedi 11 décembre 2010

Comin correct : Knowledge is power

C'est pas pour se la jouer moraliste, encore qu'avec ce groupe ce ne serait pas complètement déplacé, mais il y a quelques valeurs qui me semblent essentielles à tout bon disque qui revendique l’étiquette hardcore. Celles qui faisaient le sel des Minor threat et Bad brains par exemple. L'humilité en fait partie, à mon sens. Un souci quasi messianique de réconcilier tout le monde, comme un hôte qui fait attention à ce que chaque invité s'amuse à sa pendaison de crémaillère. Une rage véritable, honnête, sincère, pas un caprice de gamin gâté qui se prend pour Vin Diesel parce qu'il a trois poils sur le menton et qu'il s'est acheté un marcel blanc au Tati de Barbès.

Meilleur moment pour écouter le disque : coincé dans le metro.

mercredi 8 décembre 2010

Biohazard : uncivilization


Mesmérisant de nullité, magnétique de platitude et de vanité. On me dira, c'est normal, j'ai choisi l'un des pires, le premier album de Korn de Biohazard, celui où le subterfuge est comme Evan Seinfeld : trop gros ; ça ne prend pas, pas assez racaille, tout ça. Mais ça vaut pour n'importe lequel de leurs albums à la très solitaire exception de Kill or Be Killed. Ce n'est même pas tant qu'on ne les reconnaisse pas : tout comme sur Mata Leão, un de leurs albums, à ce que j'ai pu constater, les plus sucés jusqu'à fondre, l'album de Helmet de Biohazard, on reconnaît fort bien la patte Biohazard - je ne parle pas du fameux duo petit roquet/petit bouledogue, ou du hip-hop poussif, ou des riffs ... ah non, pardon, l'appellation "riff" n'est pas appropriée à Biohazard : je parle de l'hypnotisante vacuité de tout ceci. Déjà à l'époque d'Urban Discipline, alors que mon épiderme était aussi vierge que mes sinus et que ce que j'écoutais de plus violent s'appelait le Black Album, alors que Biohazard était le seul groupe de hardcore que je connaissasse et que la seule intégrité qui m'importait était celle de mes glandes sébacées, j'ai toujours trouvé aux "Bio" une écoeurante et capiteuse odeur de fausseté. Dans tout ce qu'ils font. Biohazard, infailliblement au gré de leurs albums et de leurs diverses tentations, ont toujours réussi à ne prendre que le pire, du metal, du hardcore, du hip-hop. Biohazard seraient presque les Cypress Hill du hardcore, n'était-ce que Cypress Hill fait les choses avec un talent insolent.
Il se peut très bien, pour ce que j'en sais, qu'ils soient vraiment de Brooklyn, comme ils l'aboient de façon hilarante sur leur premier, c'est le cas de le dire, effort ; il se peut très bien qu'ils aient connu à outrance la misère et le ghetto ; mais ils réussissent, avec un brio qui n'appartient vraiment qu'à eux, à faire sonner tout cela creusement mythomane, mal gré qu'en ait la convexité de leurs pecs - non mais, Billy Graziadei ?? C'est sérieux, cette dégaine ? J'ai connu un d.a du Rex qui était son sosie, par la suite. Il s'appelait Valéry.
Non vraiment, croyez m'en sur parole, le seul disque d'eux à écouter, c'est Kill truc, celui où ils atteignent enfin la sombritude tant désirée, puisqu'il est aussi sombre qu'une Golf GTI noire surbaissée à énorme becquets et flaming noir fluo.

Mes excuse l'Apache, mais il fallait que ça sorte.

mardi 7 décembre 2010

Urfaust : Der Freiwillige Bettler


La soirée dérapage de Sean Archer avec les sauces de Castor Troy se téléporte, par le truchement d'un acide pas mal méchant, dans Le Nom de la Rose ; Ordo Equilibrio joue des reprises folk de Darkthrone ; le groupe monté par Gaahl, Roger Karmanik et MZ.412 joue des slows et du Joy Division pour le prochain David Lynch ... et toutes sortes de ravages intestinaux rituels et autres bonheurs sans fin pour l'amateur d'hémorragies doom excessives et gothiques en manque de Skitliv.

Biohazard : kill or be killed


On ne va pas discuter de la nécessité ou pas devant Dieu de contextualiser : je n'en suis pas capable, c'est tout. Et ainsi que j'aime à le dire, ce n'est pas contextualisé qu'Overkill me mit une baffe, c'est en 2008, et dans l'état de mes connaissances et expériences d'alors, et c'est aujourd'hui en 2010 qu'il met encore une cuisante à peu près au monde entier.
Les vieux Biohazard, j'ai beau faire, je peux pas. Soit je pense à du Suicidal sans le mojo, soit du Prong sans le vice, soit les deux à la fois, mais dans tous les cas, ça ne passe pas. Tandis que celui-ci, qui irrite les vrais fans, avec son accordage en korn mineur, ses tempo andante panterabile toujours à la limite du Crowbar, ses ambiances sinistres indécrottablement nineties, ses vocaux qui se rêvent des gros roustons death metal, son bouga-bouga ringard comme du Obituary récent, son épais beaufcore qui n'a que châtiment et survie à la bouche, idéal pour se secouer les tétés et les bajoues tel un catcheur ou un combattant MMA tuné jusqu'aux yeux ... C'est d'un clinquant total qui leur va bien mieux que l'intègre indigence des débuts, c'est laid comme du Life of Agony, et ça vaut bien mieux que la majeure partie des jeunes trucs beatdown trop dangereux et deadly serious d'aujourd'hui, parce que c'est aussi impossible et attachant qu'une doudoune de Jesse Pinkman.

samedi 4 décembre 2010

Motörhead : The Wörld is Yours


Pas que j'en aie une folle envie, ça fait un peu plus d'une semaine que je la repousse, mais quand faut y aller faut y aller comme on disait dans mes années tendres, et puis j'ai réussi à atteindre deux écoutes et il est plus que probable qu'il n'y en aura plus d'autres. Procédons donc, dans la dignité.
Il y a eu Overnight Sensation, il y a eu Snake Bite Love, il y a eu We Are Motörhead. Il y aura The Wörld is Yours. Le titre ne fait pas tout. Certains albums sont juste du Motörhead, mas en pas bon, en plat, en lavasse, en orchestre de mariage, en boîte automatique sur la six voies, en "y se passe rien" - ce qui n'est pas tout à fait vrai ; il se passe des choses sur ce disque ; des terrifiantes ; des effarantes ; passée une première moitié de disque préoccupante, où l'on s'efforce - l'horreur - de trouver des points intéressants dans une bouillie de boogie ricain stéroïdé bien à l'image de ce que dégage le scandinave batteur en concert, et bien peu à celle de ce que dégage Iannoche dans les étoiles - cependant que ledit touille lui aussi une bouillie verbale inintelligible, incontinente et au léger fumet de gâtisme - tout soudain, disais-je, débarque "Rock'n'Roll Music is the new Religion". Oui, monsieur. Oui, elle est aussi catastrophique que son titre. Mais pas autant que son refrain qui se souille sous lui en bavant sur tout le devant de son pyjama. A partir de là, on ne cherche plus les "interesting points" ("yerk"). On trace comme un dératé à travers les morceaux, on trace pour sauver sa santé mentale. Peut-être bien que Lem a simplement tété le cul du joint de Jus Oborn, mais si chez Electric Wizard je puis trouver la nullité géniale, ce n'est pas le même barème pour Motörhead.
La prochaine fois, Lem, j'en doute pas une seconde. See you.

jeudi 2 décembre 2010

Clutch : robot hive / exodus


Lors d'une récente foire à l'embrayage sur Slow End, celui-ci m'a filé sous le nez - dans les règles, sans embrouille - mais j'en suis encore tout drôle, car j'avais de quasi-prêt ceci :

Chaque album de Clutch ou presque, on le sait ou l'a appris, est sinon le meilleur, du moins le plus quelque chose. Robot Hive, c'est le plus, non pas blues, puisque j'ai eu la témérité de décerner le laurier à Beale Street, mais alors le plus r'n'b. Certains Clutch sont des usines à tubes, avec la grossièreté un peu cavalière, la succulente vulgarité que cela suppose ? Celui-ci n'est en toute modestie fait que de munificence, de morceaux d'une classe renversante, de riffs à la saveur sans fond, le plus funk deluxe, le plus vexatoire pour RATM et Soul Coughing à la fois, le plus gospel, le plus feeling. Certains Clutch brisent, rompent et désarticulent ? Celui-ci onduline moelleusement le hara. Il est imparable, éblouissant de simplicité et d'évidence solaire, âpre et gouleyant, boisé voire sciuré et pourtant étourdissant d'élégance naturelle, infaillible de fluidité et de mâle assurance débonnaire. Ici Clutch ne fiche pas le feu qu'aux jambes, ne fiche pas le feu qu'à la boyasse, ici c'est l'incendie intégral, qui coule par toutes les artères, danse en cambrant les organes sur son passage, et rit doucement. Quality time, et money time dans le même temps et la décontraction la plus impériale.
Bref, on a saisi la gravité de la situation, et vous aurez tout le temps du disque pour ajouter ad libitum tous les superlatifs ravis qui manquent ici.

mercredi 1 décembre 2010

Synapscape : Rage

Déjà, vu la tronche de l'artwork, entre son noir charbonneux, ses chairs contorsionnées et sa typo bourrine, tu sens d'emblée que tu vas te prendre un vieux truc glauque et massif dans la tronche, du genre grosse musique de nightclub-bunker-bitume tout droit sorti d'un Kounen circa Vibro-Dobermann meets Noé circa Rectum. Noé justement, j'en revenais l'autre jour, tout lobotomisé d'un visionnage d'Enter the Void, vidé par le bad trip post-mortem et la bande-son totalement hypnotique. Qu'écouter dans une phase quasi-trauma comme celle-ci ? Avec son démarrage glaçant, façon musique de morgue, ses vieilles nappes toute frigides, ses beats tech-indus compactés en bloc de béton, ce disque semblait tout indiqué. Post-mortem ? Indeed, ambiance rave létale organisée dans un blockhaus d'anthracite près du centre de la terre, où le peu de lumière en stroboscopique filtrant dans le décorum permet tout juste de distinguer la masse humaine épileptique, glissant, ondulant péniblement au rythme des grincements de cette techmort désincarnée, et grisamment abrutissante.