vendredi 17 décembre 2010

Divine Party, compagnie Les Endimanchés, l'Echangeur, Bagnolet, du 04 au 20 Décembre

(par notre envoyé très spécial)


...reprenons, Dante et Kafka, la boue, la forêt, Virgile, Jean Oury, les Residents, une kyrielle d'orgues dégingandés, Alexis Forestier et sa bande d'Endimanchés, mais aussi et en même temps, les Cramps, les Bérus noirs du début, Aristote, Abbey Lincoln, Headwar, Gesualdo, Hasil Hadkins, et débarque sur scène le Cerberus, Suicide direct, Faust et le Gun Club, hey mec, c'est quoi ce truc, et pourquoi on la voit pas cette putain de batterie ? Divine Party. La réponse mes amis est au paradis, là où les chiens ne gardent plus rien, mais d'abord descendre en l'enfer, s'accrocher au gourbis des choses, encore plus en finir, et puis revenir, parmi quelques machines, dans un doux interstice, flotter, sourire, s'affranchir, s'affermir, passer. On prête à Dante l'invention de tout un tas de trucs, dont un serait l'introduction de la langue parlée dans le champ poétique, on parle à ce propos de révolution. Sept siècles plus loin, il est bien triste de constater que les teckels débattent encore de la question de la culture populaire, à coup de prix littéraires, et autres fumisteries sinistres, garanties sans fumée, masquant à peine l'entreprise de domestication généralisée que les plus cyniques appellent culture. Quiconque se rappelle de Jeffrey Lee Pierce sait de quoi je parle, il n'y a d'art que par et pour un peuple, et c'est Kafka là qui pointe le bout du nez. Quand la forêt vient à manquer, la nuit même s'effacer en une image. Google le donne en mille, Kafka qui meurt l'année de la première guitare électrique, étonnant non, du surréalisme aussi, et puisque les signes m'y poussent, faire mention ici de l'instant de grâce quand tout ça se met à chanter. À n'en pas douter le rock'n'roll est la plus haute entéléchie de cette ritournelle si fameuse, de ces quelques bruyants et fumeux devenirs, ah Béatrice, divine électricité, hérésie sublime, mène la danse, et s'altère sans fin au milieu des feux, courez c'est à Bagnolet, l'Échangeur, jusqu'au 20 décembre inclus.


Général Secrétaire

(qui saura par la même occasion que les noms de guerre, ici, c'est moi qui les donne)

1 commentaire:

Le Moignon a dit…

Haha bien joué m'sieur ; trip total, cette pièce, même pour un type qui connaît assez peu Dante et Kafka ; ça avait un côté irréel qui doit bien valoir un spectacle des Residents de la vieille époque ;)