dimanche 12 décembre 2010

Portrait du compositeur Iannis Xenakis, 04/12/10, Pinacothèque moderne

J’aurais voulu vous parler du passage des Varukers dans ma ville. Hélas, un état grippal avancé m’a empêché d’en être. J’aurais également évoqué avec plaisir le concert de Finntroll et Samael. Hélas, deux fois hélas, une angine carabinée en a décidé autrement : lorsque tu as comme un œuf de caille coincé dans la gorge, tu as forcément moins envie de sortir. Entre ces deux évènements mon état de santé me permit d’amener ma douce assister à un hommage à Iannis Xenakis. Au programme : Aroura, Syrmos, Voile, Palimpsest ainsi que deux œuvres pour piano seul. Je ne connaissais rien de tout ceci. Du bonhomme, j’avais juste écouté la légende d'Eer : amplement suffisant pour se laisser tenter à découvrir le reste de ses travaux.
Tout d’abord, en guise d’introduction, nous eûmes droit à une bonne heure de discussion entre spécialistes sur les liens entre musique et architecture. Là, je réalise que ce qui touche à l’architecture m’est tragiquement étranger (quoi, Le Corbusier n’était pas un corsaire ?). Ensuite, l’un des types présenta ses conversions de partition en canevas de couleur. Il est peut-être des parfums frais comme des chairs d’enfants, mais là, le résultat fut très laid. Voir ci-contre les variations Goldberg de Bach. Autant se palucher devant la mire, non ?
Puis vinrent les pièces pour ensemble à cordes. J’ai rarement vu des musiciens classiques se défoncer sur leur instrument de cette manière. Ni de chef d’orchestre aux mouvements aussi syncopés. Entre deux silences, aux durées imprévisibles, vas-y que ça tapote, que ça cisaille et que ça martyrise son instrument. La contrebassiste aurait passer un casting pour "28 jours plus tard" haut la main. Intéressant, même si trop "hors de l’homme" pour se sentir vraiment concerné.
Deux "œuvres pour piano seul" furent aussi interprétées par Marino Formenti. Celui-ci aurait déclaré que, pour pouvoir les jouer, il faut être à la fois poulpe et gorille. C’est exactement l’impression qu’il donne. La musique générée est imbitable mais l’effort physique déployé est impressionnant. Je crains par moment de le voir claquer sur scène, mais non, il est encore jeune et s’en sort juste trempé de sueur.
Il y avait beaucoup de monde, environ 400 personnes, plus aucune place assise. À noter que la veuve de Xenakis était présente. La mienne aussi. Certes, j’anticipe, mais si je n’arrête pas de choper tous les virus qui traînent, c’est sûr, hélas, trois fois hélas, je ne vais pas passer l’hiver…

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