samedi 31 décembre 2011

Police Bastard / War Plague : Split LP

Consonne. B. Voyelle. BA. Consonne. BAT. Voyelle. BATA. Consonne. BATAT. Voyelle. BATATI. Consonne. BATATIL. Voyelle. BATATILI. Voyelle. BATATILIA. Consonne, culé. BATATILIAR. Voyelle. BATATILIARA. Consonne. BATATILIARAR. Voyelle. BATATILIARARA. Consonne. BATATILIARARAB. Voyelle. BATATILIARARABE
Monsieur Police ? cinq lettres. Monsieur Bastard ? dix lettres avec "BALAIERAIT". Oui, notez qu’il y avait onze lettres avec "ATRABILAIRE"… Pffff, trop compliqué ce jeu....qui signifie acariâtre, irascible, bilieux… hey, c’est pour moi que tu dis ça ?

War Plague ? Bronchite de clodo, glaire épais comme le livre du même nom.

La Partie du Cerveau : Surfaces

Comblée jusqu'à l’écœurement par les épais et ternes segments d'une basse des années noires, le disque de La Partie du Cerveau rampe avec la lascivité dubgothique d'un vieux Killing Joke empesé des vénéneuses huiles rituelles d'Omala ou de Virgin Prunes rempotés à Chicago-sur-Orge. Fait exprès ou non, le rude accent français ajoute en théâtralité de boucherie chevaline ouverte la nuit, à un disque qui va caresser les mêmes instincts traqueurs que celui de 202 Project, infestés de teigne attrapée chez Bästard ou Dazzling Killmen - d'autres années noires - un disque grimaçant sardoniquement entre enclume et marteau, sous les pesantes gifles de poisseuses hallucinations de grandeur, frappées de la congestion d'un Hammerhead qui aurait sombré dans ses plus pâteux vertiges.
On aura compris, à l'impuissante accumulation de références, que ces petits ont une massive personnalité - peut-être pas un disque pour les estomacs délicats. A bon entendeur, salut.

vendredi 30 décembre 2011

Rudimentary Peni : Farce

Les nerfs en faisceaux de fibres tordues annoncent les cacophonies d’églises mortes. Tout est en place, il ne restera plus qu’à dérouler. Avant que des êtres translucides ne plantent leurs serres froides dans ton dos, avant d’entrevoir le visage d’Atropos, avant de pouvoir effleurer le Saint-Suaire, il faudra d’abord t’extraire du vortex courant à travers le temps. Le vortex qui s’enveloppe d’une écorce plus fine à chaque nouvelle rotation, à chaque tour de vis. Il faudra te soustraire aux regards arides des géniteurs matriochka, des figures tutélaires creuses et distendues, déchirées d’avoir à couvrir le relief d’aspirations antérieures. Un millefeuille écrasé de visages stratifiés par des pressions de fosse océanique. Du devenir en boite que tu ne donnerais pas à ton chien, une putain de farce ! Si tu peux rester, reste ; Mais comment peux-tu décemment rester ?

dimanche 25 décembre 2011

Présentez petits souliers

Ni dix ni douze ni treize ni vingt, cette année je ne veux pas savoir combien ils sont ; parce qu'il n'y a jamais eu de véritable sens à ces chiffres ni de valable raison d'arrêter un nombre de postes disponibles, tant qu'on a de la capacité à ressentir, et que le seul critère qui comptât a toujours été de soigneusement et honnêtement reconnaître ceux qui m'ont sincèrement, simplement, directement, apporté plus de vie - ce qui est déjà exigence élevée - et alourdi la mémoire. L'année a été chouette, ainsi qu'on peut le voir, elle a été portée au lyrisme ; en voici mes moments les plus aigus.






Et, naturellement, n'oublions pas tout à fait les deux petits bâtards, qui jamais ne veulent me faire le plaisir de me faire dérailler ou déraisonner, mais qui non moins tels des sangsues refusent de me lâcher les baskets, infratubesques en quelque sorte, évidents mais jamais tout à fait confondants ... Deux petites putes insaisissables, qui se ressemblent bien, allez ...


samedi 24 décembre 2011

And Also The Trees : The Evening Of The 24th

Un pantalon velours grosse cote et une chemise à jabot ? On t’aura mal renseigné : pour suivre ce sang bleu tourmenté le long des falaises de Cornouailles il faudra bien te couvrir. Dehors tu vas avoir si froid.









But where is it we go?

mardi 20 décembre 2011

Amnis Nihili : Christological Escalation

Formulons-le autrement : ce petit disque, sa violence hallucinatoire, sa voix de harpie, possèdent cette chose, nommez-la comme vous voulez, qui court avec la même pureté chez Early Graves, Pig Destroyer, Rise and Fall, The Body, Kickback, Kill the Client, Iron Lung, Watchmaker, Liturgy, Arkangel, Uranus, Gnaw ; et pour autant, ils n'en sont pas moins fièrement black metal, comme peuvent l'être, excusez du peu, les emofrigocarnivores Jumälhämärä et l'album le plus tragique de Gaahl et King ; et ceci n'est pas antagoniste, c'est la même chose, nommez-la si vous pouvez.
Le disque qui en cette saison et pour peu qu'à l'instar de votre serviteur vous fonctionniez par cycles, fera très probablement tourner à l'eau de boudin l'envie de beumeu qu'il aura lui-même suscitée, tant la grande majorité des albums du style gagnent peu à l'avoisiner ; ce genre-là, voyez.
Foutus enculés de Grecs.

dimanche 18 décembre 2011

Wormsblood : Mastery of Creation

J’ai longtemps confié l’intégralité de mon hygiène bucco-dentaire au traditionnel couple brosse à dent / dentifrice, jusqu’au jour où je trouvai une boite de fils dentaires sur stick dans une salle de bain amie. J’en piquai deux. De retour chez moi, allongé sur mon lit, je commençai par travailler incisives et canines mais cela me conforta juste dans l’idée que, décidément, le fil dentaire, ça sert à rien. Arrivé aux molaires supérieures, côté droit, il fallut un peu forcer pour pénétrer l’espace inter-proximal. Après deux va et vient je sentis la gencive soudain pulser et une giclée de sang souillé de je-ne-sais-quoi s’écouler au fond de ma gorge. "Mastery of Creation" me rappelle précisément le mélange d'écœurement et d'étrange volupté ressenti lorsque je déglutis.

Dégueulasse mais salutaire. Après tout c’est pour ton bien…

Diocletian : War of All Against All

Le metal, a fortiori extrême, a fortiorori death, c'est une esthétique du grandiose et du prodigieux qu'il faut accepter, certes ; mais dans certains cas, on touche carrément à l'expérience limite.
Doom Cult, le premier Diocletian dont j'ai négligé de vous causer, était déjà une sorte de sommet : riffs ultra-evil denses et cisaillants, grésillants et feulants, voix pire que tout dans l'exercice remugle du néant, sirènes, canonnade, chenilles, écrasement méticuleux : dans le genre noir sur noir, à la façon d'un ciel tapissé d'ailes de bombardiers, on était forcément sous le choc.
Et pourtant, à la lumière si j'ose dire du ci-devant suivant, il aurait presque l'air plat et tendre - style, là où l'un était un monochrome, l'autre est un Monokrom, si vous me suivez. On s'en doute, de toutes les façons : on a lu les mots "riffs" et "evil". WoAAA (... n'est-ce pas ?), ou encore Bellum Omnium Contra Omnes comme eux-mêmes disent, ne s'embarrasse pas de ces sortes de choses, ne vous en offre pas le bienheureux asile, est au-dessus de la méchanceté même d'un vieux Morbid Angel ; tout comme sa pochette, il dévoile crûment ce qui s'avance derrière le rideau noir bien en ordre de marche du raid précédent, et qui revient cette fois toutes dents et génitoires nues pour la deuxième couche ; tout sur BOCO (non, décidément, tous ses acronymes sont impossibles) est dédié au fracas de la chair et de la ferraille qui périssent sans distinction, au monstrueux ronron de la tempête de feu atomique qui déchire l'esprit comme la pulpe d'une centaine de bœufs, au rugissement du vide. Le chaos ? Non point, on n'est pas sur le terrain de Revenge, de sa bestialité, de ses fluides corporels ; la dépravation atteint d'autres sphères ici, voyez les mudrās qui trahissent la totalité de la guerre dont il s'agit.
Le monolithe noir s'est ouvert tel une trappe, et tel un scorpion tapi dessous, surgi sur l'âpreté du ciel glorieux vous contemplez en face le dragon.

dimanche 11 décembre 2011

Bolt Thrower : Realm of Chaos

(Faisons comme si je ne découvrais pas seulement depuis une paire de semaines et par voie uniquement littéraire les joies de Warhammer 40.000)
Les tanks humains de Bolt Thrower n'ont pas toujours été de nobles Death Guards imperturbables dans leur livrée couleur de muraille, avant cela, il a fallu patauger dans les fondrières gluantes de sang refroidi, comme en témoigne cet album de pourceaux barrissant quelque chose entre Reign in Blood et Streetcleaner, à faner le scrotum de bien des matamores tough guys, et tout à fait caractéristique d'une campagne de World Eaters.

Amnis Nihili : Christological Escalation

Je vais avantageusement me dispenser de toute tentative aussi acrobatique qu'hasardeuse pour raccorder la crise en Grèce, d'où vient Amnis Nihili, et la furieuse dégelée qu'est Christological Escalation, pour vous rapporter plutôt comment il a été proposé à mes oreilles - à savoir par son auteur, grand fan de Kickback depuis 95, et qui s'est découvert une communauté de vues avec votre serviteur concernant le petit dernier, au milieu de la mer actuelle des bénis oui-oui.
Ça paraît de circonstance, puisque le ci-devant objet est un disque de hardcore - oh, autant que je vous prévienne, vous entendrez presque exclusivement des plans black metal enfilés comme à la parade métallique, avec les aérations postmachin ombrageuses là où il faut (mais point trop), bref du metal cvlt nation bien d'aujourd'hui de prime abord - mais impossible pourtant d'évacuer la sensation d'écouter un disque de punk hardcore (comme peuvent l'être les précieux This Gift is a Curse) ; expéditif, rocailleux, sauvage, en perpétuelle embardée malgré les blasts bien crispés et les riffs bien orthodoxes, halluciné, aux abois, adonné avec une entière vilenie aux terreurs lunaires et à la toxicité de ses hormones emportées ; bref, jusque dans le format fulgurante douche au vitriol (parfaitement indiqué pour ramener au calme le forcené las de sa cellule capitonnée), un disque à la Deathcrush. Ça tombe bien, le pauvret commençait à se sentir rien qu'un peu seul.

The Wounded Kings : In the Chapel of the Black Hand

Pas que j'y tienne, mais imaginons un instant que je veuille, à présent que son objet a décanté, retirer un mot à ce texte : ce serait celui de "riff". C'est tout l'insaisissable poison de ce disque, l'agaçant cheveu qu'il laisse au palais. Il ne s'agit point là de doom du culte du riff. La transe, incontournable tout de même, on a dit doom - vient d'ailleurs ; de ce que les guitares ne riffent pas, non, mais dévident, déroulent, dévoilent, lentement, coulant, calligraphiant, déliant, comme l'on dresse un chapiteau, dégringole les tentures, dresse l'autel, tend les toiles d'araignées, posément, ainsi que point par point l'on bâtit et verrouille un attelage de shibari ... Tandis que la narquoise voix de la chanteuse d'opera gouaille et chevrote ses sacerdotales moqueries, et que les solos tels de rondouillards abbés piquent des entrechats d'impatience dans la sacristie ... Le rituel se prépare, et ce simple et jubilateur prédicat quelquefois peut se révéler tout aussi (j'en litotise par contagion) terrifiant que tous les aperçus, suggestions et autres menaces que l'on peut voir ouvrager dans d'autres officines. La peur, tout le travail s'en fait dans l'anticipation, la finition n'est qu'accessoire et à la portée du premier venu lorsque la nef est solidement érigée. Tenez vous donc simplement prêts à éclater, tendres agneaux.

vendredi 9 décembre 2011

Kickback : Et le Diable Rit avec Nous

Je suis déjà pas un acharné question organisation de ma pensée, alors quand en plus il s'agit de s'appesantir sur une déception ... Vous m'excuserez le vrac, de toutes façons ça ne changera pas grand chose aux menaces d'horribles sévices qui seront mon lot comme chaque fois que je me suis permis une remarque hétérodoxe à leur endroit.
Le changement relatif de direction, ou plutôt d'angle, n'est pas le problème, les trajectoires à la Dodheimsgard avec pas un album qui dise pas merde à l'autre, c'est très à mon goût, et d'ailleurs un No Surrender II Semper Patator, dévaluant nécessairement l'original, aurait été assez défavorablement accueilli de ma part ; l'hypothétique prise de pouvoir par le grand méchant Daminou n'est pas le problème, je peux pas saquer le type mais j'ai beaucoup aimé son dernier disque, d'ailleurs pour déflorer un peu le suspense, il figurera tout comme No Surrender en son temps dans le bilan annuel ; le problème n'est pas davantage que Kickback cette fois tire vers le Converge de la plus malade période, celle de Poacher Diaries, les extraits livrés en éclaireurs le laissaient facilement deviner et la perspective avait de quoi ouvrir l'appétit ...
Le problème est que, selon sa mauvaise pente, Kickback se laisse aller, comme la plupart des gens doués de grandes facilités et mal entourés par des troupeaux de sycophantes et d'allergiques, tous à renvoyer dos-à-dos question veule stupidité - à la facilité justement, à l'excès de certitude. Non, les riffs dissonants trop la déglingue à tout va ne suffisent pas à faire un album pur vice, non plus, encore moins, que deux-trois minutes de bruitage Dachau à la fin d'un morceau de rap, ne suffisent à les apparenter à Haus Arafna - ce qu'ils faut pas lire comme conneries, tout de même ! tout au plus Ex.Order, ou Maschinenzimmer 412, ce qui est honorable et tout à fait approprié pour la musique de soudard dont il est question ... Je suis persuadé que Stephen, et Pascal, et Damien, ont des écoutes et des lectures très instruites et recommandables, et l'affleurement enfin à la surface de Kickback, de ces veines hors-core et hors metal, était une chose qui commençait rien qu'un peu à se faire attendre ... Mais ça ne fonctionne pas, à mon grand dam croyez-le bien. A force de les sucer, ils commencent à fondre, en somme - pas encore tout à fait, hein, le susdit morceau de rap (une reprise) est parfaitement envisageable, et toute la partie vocale de l'album ... eh ! aiguise encore la frustration, du coup, que le reste ne perche pas à la même altitude : simplement un sympathique album de rock vandale, débordant de caractère sans doute, débordant tout court, aussi, peut-être, et qui ne parvient pas à se hisser par ses abus au-delà du trivial et du terrestre, à la façon, encore une fois, d'A.N.T.I.

Ben mes cadets ! Une chronique de Kickback tiède et vétilleuse ... Ce coup je suis bon pour l'exécution sommaire.

Antediluvian : Through the Cervix of Hawwah

Sera-t-il pas enfin temps, un beau jour, de choisir matière plus appropriée que le métal, et rendre compte de tous ces groupes modernes qui n'ont plus guère à voir avec ? Blut aus Nord tient du verre voire du cristal ; Mitochondrion, de l'antimatière ; et Antediluvian, de la terre, la boue, la soupe primordiale, la fange cosmique informe.
Antediluvian porte tellement bien son nom qu'ils n'ont même plus non plus du metal l'angle d'attaque - le sacro-saint evil. Antediluvian joue  - non, éboule - du death d'avant la vie, destructeur comme à la rigueur peuvent l'être les monumentales et indifférentes proportions d'un Evoken, mais animées par l'atavique intranquillité d'une chose comme Dazzling Killmen, non tant hostile qu'il est inamical, sans la moindre disposition organique à la clémence - non plus qu'à la méchanceté, qui est chose trop vivante : death, just only death, aveuglément, comme un cataclysme placide, mystique comme serait l'austère et muet spectacle des accouplements tectoniques dans le désert des grottes stériles au fin fond du cul de l'univers, où minéral et liquide ne diffèrent plus, parmi le mol concassage de toute idée, où la mort n'a pas de tranchant, pas de rythme, pas de direction, n'est qu'une vase qui sourdement rompt toute résistance et consistance. Death élémental.

mercredi 7 décembre 2011

Chris Watson : Weather Report

Profit, recherche et spéculation:… la durée du voyage jusqu’aux mines de silicium du système QZX-971 nécessite de plonger les ouvriers dans une cryogénisation profonde, proche de la mort artificielle. La compagnie s’épargne ainsi tout risque d’incident lors de la traversée : rixe, détérioration de matériel, agression du personnel naviguant, etc.… Profit, restriction et rondelles de carottes : …oui, merci, nous nous souvenons très bien des pertes inacceptables engendrées par ces "incidents"… Profit, recherche et spéculation:…cette technique n’a, hélas, pas que des avantages. Ainsi, lors de la ressuscitation, la psyché du sujet ne se réordonne pas toujours en séquence entrainant dépressions passagères, crises de morbidité, voire perte d’identité, démence ou suicide pour les cas les plus graves… Profit, partouze et ressources humaines: …c’est très malheureux, gouzi, je rappelle que le personnel est notre ressource la plus précieuse … Profit, recherche et spéculation:… arrêts maladie, dédommagements, rapatriements sanitaires, tout ça au frais de la compagnie… d’où l’idée d’accompagner, de canaliser, le processus de sortie. La première phase de ce programme sonore est composée d’enregistrements destinés à stimuler les couches de conscience profonde du sujet par l’évocation de mythes originels tels que le jardin d’Eden, le déluge, l’arche de Noé, etc.…Profit, hygiène et répression : …un programme sonore ? Mais, qu’est donc devenu le projet d’éveil sensoriel prodigué par les homéoputes de bord ?... Profit, partouze et ressources humaines: …le personnel naviguant s’y est catégoriquement opposé, gouzi, on ne peut pas risquer une grève… Profit, restriction et rondelles de carottes : …ne pourrait-on pas en profiter pour recycler les modèles de seconde génération ? …Profit, partouze et ressources humaines: …trop tard, gouzi, les HP-2s ont été intégralement rachetées par l’armée. … Profit, hygiène et répression : …à propos HP, où en est-on du développement des HP-4s ? …Profit, partouze et ressources humaines: … nous avons quelques soucis, gouzi-gouzi, les essais de branlette overclockée sur les droits communs n’ont pas été concluants… Profit, hygiène et répression : …le module Hardcore sera-t-il enfin open-source ?.... Profit, recherche et spéculation:… s’il vous plait… s’il vous plait… bien…je vous propose maintenant d’écouter un extrait qui vous permettra d’apprécier par vous-même l’extraordinaire fluidité du montage. Vous allez voir c’est beau, ça semble presque raconter une histoire :…(…)……RroOOOooaAAAaaRrr…aaRrr…flic…flic,floc……………RruuUuiiiIiiiii…uIiii…floc,floc………………Profit, hygiène et répression : …mais enfin, nos ouvriers proviennent des milieux les plus urbanisés de la planète, ils n’ont jamais vu ou entendu une de ces…une de ces espèces animales inutiles, je me demande bien quelle couche de conscience c’est censé leur stimuler ?!.. …(…) ………cuicui…cui…flic…flic,floc…pioupiou…piou………. Profit, restriction et rondelles de carottes : … on ne vous paye pas pour enregistrer le vent qui souffle ou la pluie qui tombe mon p’tit père, j’espère que vous avez récupéré ça chez une secte Jehovah sinon vous allez finir devant le... Profit, recherche et spéculation:…pas exactement, il s’agit d’un programme universitaire financé par le gouvernement, nous n’y participons qu’... Profit, restriction et rondelles de carottes : …haaaaa, vous auriez dû commencer par ça : externalisation des risques, défiscalisation… bien joué Speculoos, gloire et profit sur ta tête !.... Profit, recherche et spéculation:… merci Rondelle, c’est un vrai plaisir de travailler avec toi. La seconde partie du programme consiste en… Profit, hygiène et répression : …c’est bon, te fatigues pas, c’est du tout-cuit,….Touze, lorsque nous sommes en réunion, tes attributs sont censés être en mode "veille" sinon on peut pas bosser convenablement…tes gouzi-gouzis … tes phéromones parfum-vanille…tu m’as filé une méchante gaule p’tite pute…avant de venir me soulager, dis-nous, ce module Hardcore, alors, open-source ou pas ?

lundi 5 décembre 2011

Electric Wizard : Black Masses

A la quatrième bafouille, il est temps, pas vrai ? d'admettre enfin que ce disque ne tiendrait pas tout seul par la seule force sublimatrice (mais quelle force !) de "Satyr IX", ainsi que j'ai pu précédemment l'affirmer ; ce disque, avec ses couinements noyés dans la tourbe, cette masse noire, cette tempête gothique opiniâtre, obsessionnelle, cette agonie statique - est un entier et non dégrossi bloc de haine, de désespoir et de terreur panique, échoué sur le rivage de sable gris sous les nuées anthracite aimables comme des paquets de mer ; le regard planté droit dans la vague, tout comme à côté de lui Pornography.

vendredi 2 décembre 2011

Mr Oizo : stade 2

Le type-même du disque qui fend la binette bien plus haut que les oreilles - mais seulement à ceux pour qui danser veut dire être un saphir qui navigue, smooth comme fendre des flots de sauce chocolat, à travers des sillons semblant taillés pour être grimpés en 4x4, et aussi surfer dans une benoîte léthargie sur les très rugueux remous de la mort blanche.
Les fans des morceaux explicit beat et in your face d' LFO mangent leur chapeau. Les fans d'Impulsion et des Micronauts sèchent leurs larmes, la french touch de vandales n'est pas morte.

jeudi 1 décembre 2011

Daniel Darc : La Taille de mon Âme

Elle est revenue, cette voix indécente quelle que soit l'obscurité de ses vers, invasive à la façon de la rose obscénité d'une haleine qui vient trop près s'épancher dans la conque fripée de notre oreille, embarrassante et râpeuse comme un vieux clochard chargé en mal de chassieuses confidences aussi sages que nébuleuses. Le ci-devant disque sonne  comme marcher au milieu de la route sur le goudron mouillé de la place de la République à 4h30, il sonne comme un Gainsbarre de porcelaine tout nu en offrande, il sonne comme Daniel Darc qui a recommencé à ruer comme un cheval fou, bille en tête avec sa grosse tête chenue et son grêle petit corps de petit vieux esquinté par le XVIIIème, il sonne comme un type malade et détraqué et qui est incapable de s'arrêter, tué tout vif par la taille et la sensibilité de ses organes, et qui ne peut s'arrêter, la faute aux exigences afférentes à la taille, la sensibilité et la faim de ses organes. Il est terrifiant comme pouvait l'être Crèvecœur, peut-être davantage, oubliés le hiératisme, les velléités aristocratiques à la Bashung d'Amours Suprêmes, le froid de canard a soufflé sur tout ça et tout dispersé comme feuilles mortes piétinées, Darc oublieux de toute mesure et de tous, si pleins d'inquiète sollicitude pour lui, fait de hasardeux entrechats trébuchants dans le caniveau, heureux comme Ulysse, inlassable épave jamais au bout de son voyage, toujours pas au bout de sa route, gai comme un clébard lunaire, titubant d'amour, intouchable, pathétique, surhumain.

mardi 29 novembre 2011

Amenra : Afterlife

Le disque qui vient vous donner raison, non vous n'êtes pas à côté de vos pompes quand vous soutenez obstinément qu'Amenra ont quelque chose que n'a pas le tout-venant des groupes en post.
Harmoniquement, Afterlife c'est du Neurosis, dans un jour légèrement gland, joué unplugged.
Dit ainsi, c'est inadmissible ; joué par Amenra, c'est plus crépusculaire et fataliste encore que l'album de Roses Never Fade et plus malade que MJK dans "Sober". Le chanteur assure encore mieux si c'est possible en voix claire qu'à l'ordinaire, aussi languide qu'une Jennifer Charles en chimio, et autour de lui les notes ralentissent, s'étirent tels des os de verre prêts à se briser, précautionneuses, abouliques, livides, engoncées comme un peignoir dans l'odeur des médicaments. Le disque répand, rassurante et non négociable, à en retourner l'estomac même à son terrifique équivalent dans la discographie de Drudkh, l'odeur de la mort. Et lorsqu'il se met à chuinter à la façon de quelque insecte affairé à aspirer son déjeuner, tu comprends pour de bon qu'il est trop tard.

lundi 28 novembre 2011

The Horrors : skying

En a-ton lu des mythes, relatifs au cinquième Beatle ... L'eusse-tu cru, t'eût-on dit qu'il s'agissait tout bêtement de Malcolm McDowell ?

dimanche 27 novembre 2011

Peter Kernel : White Death & Black Heart

Pop, sûrement, indie rock, de toute évidence ; n'empêche qu'on ne me retiendra pas d'user de mes références à moi, car tout aussi assurément la rigueur aiguisée des émotions ici, sous le riffing pop comme du Sonic Youth, est la même que chez Fugazi et les vieux Siouxsie d'avant le maquillage Cléopatra, et le lyrisme féérique celui de Circle Takes the Square ; et il y a en eux également, je n'en démordrai pas, quelque chose que je devrais conchier, quelque chose de l'acidité vrillante des Pixies, mais des Pixies malingres et malades, emportés au fil d'une enjôleuse anxiété, anguleuse à la façon d'un Made in Mexico exilé dans la peau de Billy Bibbit. L'album est instable, capricant, exalté, saturniste ascendant naturiste, capable de gamineries criailleuses dignes de Brassy comme de plongées de spleen vertigineuses comme du Kris Force ou du Denali, et il a une perçante faim d'amour. Si vous en avez en vous ...

samedi 26 novembre 2011

Cypress Hill : III - Temples of Boom

Une éternité que je ne l'avais dépoussiéré, cet indispensable des petits toubabs malins. Les toiles des araignées au plafond, le doux babil de canard, l'aigrelette quiétude nocturne, la lune comme du mercure dans la flaque, les cancans d'enfant débile, les lignes de basse de tique somnambule, l'archer de soie sur les nerfs : non seulement je ne regrette pas ma légèrement tentative comparaison avec les premiers croassements de Noothgrush, ci-dessous, mais je renchérirai même sur la cohésion en faisant de ce disque le guère lointain cousin de Rudimentary Peni. Ce qui en fait logiquement, pour le petit blanc au cœur à six cordes que je suis, des années après que j'aie renoncé à tirer sur tous les pécos qu'on me tend, l'un des plus altiers aristocrates du hip-hop, avec Abandoned Language, The Careless Flame et N***a Please.

jeudi 24 novembre 2011

Welldone Dumboyz : filthy gift

Il semble d'usage actuellement de comparer nos cas sociaux du pays du Revenant aux Melvins. Étant de bonne composition, je veux bien voir ce que vous voulez voir par là, mais du coup il vous faudra ne pas vous plaindre : parce que du coup, l'association de mes idées me fait rappeler le seul concert que j'ai vu desdits, et de comment la comparaison tourna à l'avantage de leurs Big Business de première partie, par la faute de la trop grande et aigre saveur de second degré et de cérébralasserie, qu'ont les premiers à mon palais enthousiaste. Serait-ce à dire, alors, que les WdbZ ressemblent à Big Business ? Il y aurait de ça, presque, ne fût-ce que par une richesse de pop extravagante déjà présente sur l'album, mais ce n'est pas encore ça. Puisque l'Autocuiseur et ses deux guenilles ont des canines de loups faméliques que n'ont pas les succulents BB, cet appétit inimitable, inquiétant et irrésistible, ce fantôme de vin rouge qui flotte reconnaissable dès les premiers effluves de leurs morceaux, si tranquilles et sournois soient-ils, si bucoliques soient-ils même par endroits, sur ce disque qui est un facétieux torrent de montagne quand il veut, mais alors un priapique, naturellement - en faisant à chaque fois des appels à l'orgie, du blues apache à la redoutable fraîcheur de jouvence, une musique psychédélique en somme aussi indescriptible que dionysiaque - et un disque beaucoup trop court, bon sang ! On s'en fâcherait presque, mes cons ! Mais enfin, quand en guise de promo l'on reçoit le vrai vinyle dans un paquet cadeau, on reste copains. Et comme ils sont gentils au fond, ces corniauds, je sais qu'ils ne m'en voudront pas trop d'avoir ainsi flétri leurs chéris. Est-ce ma faute, aussi, s'ils leur mettent la même pétée qu'à Hendrix ?

Esoteric : Paragon of Dissonance

On vit une époque un peu plus extrême chaque jour qui passe. Probablement trop conscients qu'aujourd'hui si l'on veut à nouveau éprouver ce que l'on a pris dans la tronche avec Esoteric à ses débuts, le metal ne suffit plus et l'on est obligé de se tourner vers l'antimatière, Esoteric ont conçu l'idée d'aller piquer leurs fans à Tool, Katatonia et Isis. Dans l'espace, personne ne peut t'entendre hurler de rire.

mardi 22 novembre 2011

Noothgrush : Noothgrush

Je ne sais si on a le droit de le dire, mais Noothgrush est au sludge ce que Black Sabbath est au doom : un groupe fade et très contournable, que beaucoup d'escrocs tenteront de vous faire emplafonner avec enthousiasme. Et, tenez, fait amusant, sur cette première démo aujourd'hui rééditée, Noothgrush joue du doom. Et, tenez, fait amusant, ça leur réussit pour une fois. Pas qu'un peu. Non tant parce qu'ils sonnent un peu comme Sleep, un peu comme Alice in Chains, un peu comme du Hawkwind au tramadol, un peu comme du très vieux Electric Wizard. Plutôt parce que ces morceaux sonnent vieux tout court, et divinement, c'est le mot, caquetants, et mollement sardoniques, qu'ils font une très bonne proposition de version doom de Rudimentary Peni ; cet album à 0,02 de tension et enchanté de l'être a toute l'ambiance carcérale kafkaïo-foraine qu'on peut se prendre à déguster par avance à en juger d'après les voyages cosmico-médiévalo-cold-wave ricanants promis par l'anguleux couillon de la pochette sur son fringant vaisseau. Un doom heureux comme Sisyphe, un doom de vieux clodo sidéral condamné à perpète et plutôt pas mécontent de son horizon infini de poussiéreuse peinardise abrutie - vous voulez que je vous dise, en toute confidence ? je qualifierais ce doom d'absolument radieux, si je m'écoutais - en plus de religieux. Est-il besoin de préciser que je n'ai jamais saisi ce qu'on trouvait de si sombre à Temples of Boom ?
Bref, tout ceci est accessoire ; parce que cette petite démo est surtout un fier disque de musique, une crypte et un asile.

dimanche 20 novembre 2011

Tupac : All eyez on me

Le mauvais goût, ça a au moins l'avantage d'être plus répandu que le bon. En somme c'est plus démocratique. Mais comme pour les chasseurs, il y a le bon mauvais goût et le mauvais mauvais goût. La viscosité de l'asphalte californien qui colle aux semelles de tes Caterpillar, avec un groove fleurant bon le goudron chaud et le flow qui traine au sol comme un baggy. Des fois la ligne 6 elle t'emmene direct à L.A.

Meilleur moment pour écouter le disque : bizarrement, un dimanche aprem un peu pluvieux.

samedi 19 novembre 2011

Nile : Annihilation of the Wicked

L'air au-dessus du désert cruel ondule de la chaleur des brasiers dans le lointain pas si lointain, la vision y est brouillée, et on y croit voir se confondre Close to a World Below, Formulas Fatal to the Flesh, Sacrosanct Bleeds, Deathcrush et South of Heaven. Et dans les boyaux des pyramides qui servent pour un séminaire cannibale, on y voit plus trouble encore, pire que dans une rôtissoire, entre les sanglants miaulements de muezzins hashishins à l'esprit en carpaccio.

mercredi 16 novembre 2011

Gorse : old certainties

Si l'on considère l'épithète homérique qui, lue voici bientôt vingt ans, constitua pour votre serviteur un aussi compulsif que magnétique commandement de pourchasser et entendre Into the Vortex au plus tôt - à savoir "un certain goût pour le deltaplane les jours d'orage" : l'on se figure un peu ma fébrilité - mes chouchous de Gorse et leur doom agricole n'ont jamais été aussi proches d'Hammerhead - indépendamment, bien entendu, du reste, intact, d'un bouquet dont vous retrouverez aisément la composition en me pistant sur la toile. Parce qu'alors du gros temps, voisin, tu vas en avoir plus que ta ration avec Old Certainties. Le ciel est aussi gris et bouché que la pochette l'augure, et il y vole assurément le même genre de mobilier qu'on y voit l'air ainsi impavide. Voilà de quel genre de jours de colère il se cause ici, tout devra voler et voltiger, rien n'y coupera, la fin des temps sur la lande on connaît, c'est tous les deux jours, on en fait pas tout un barouf, qu'elle fait d'ailleurs très bien toute seule : on s'ébroue un coup, on pousse la lourde et on plonge, dans la tourmente qui commence au seuil de chez toi, et qui te s'engouffre direct foutre le chambard dans le carafon - comme qui dirait : ça réveille.

mardi 15 novembre 2011

Encoffination : O' Hell, Shine in Thy Whited Sepulchres

Growls plus de profundis poussieribusque que jamais, riffs outrenauséeux à fond de première, batterie à 90 % de cymbales et autres crashes métalliques ophidiens, le restant en tambours de la mort troglodyte écrouleurs de temples, cloches sinistrement atonifères : bien davantage encore qu'un hommage à Incantation en 12 rpm ou qu'une version beatdown de Tyranny, Encoff' est un groupe qui semble nous parvenir du temps où la Suède était un pays qui foutait les miquettes, le temps béni des des Defekt, des P/D(B), d'Inanna, de Megaptera, d'Aux Morts, de Virgin Birth, des mythiques Un-Core et, évidemment, de Great Death. On comprend finalement, il était presque temps, le terme de death industrial.