mardi 11 janvier 2011

Foetus : Limb


Hasard, ironie, absurdité : ce que le dernier Manorexia a perdu dans une trop grande sapience de musique contemporaine, c'est sur le présent rappel des toutes premières machinations de Fœtus qu'on le retrouve : cette capacité terrifiante de James à faire, à partir de rien de remarquable ni de précisément cernable, de la musique qui rend fou ; la musique du tic-tic-tac qui fait basculer la mécanique du système nerveux central du côté où plus aucun horizon n'est prévisible, où les aberrations escheriennes les plus saugrenues rôdent dans le noir grinçant et miaulant, en une version invisible de la stupide danse de l'aveugle Azathoth, au son des aigres jérémiades de neurones despotiques et cruels, au milieu d'une fête foraine allée se faire colorier chez Hermann Ungar, et se faire tresser des guirlandes de tambour avec des crânes de fer-blanc à l'imbécile sourire caquetant édenté.
Là où Hide érige un somptueux space-opera avec Cary Grant, Limb plonge à pieds joints allègres dans la terreur et le cauchemar sans délicatesse de La Maison du Docteur Edwardes. Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez, aller lire çà ou là les explications prosaïques de comment cette musique fut élaborée : moi ç'a presque sauvé ma raison d'y aller écouter.

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