lundi 28 février 2011

Great Falls : demo #1


Du vrai emocore (Slip, In on the Killtaker, ça éveille un souvenir chez toi ?) bien rigidifié dans un bain d'azote à base de Godflesh. Forcément c'est un peu cru et primitif, aussi rose de teint que le truc ci-contre, forcément je sais pas trop comment c'est trouvable : c'est une démo. Mais ç'a déjà de quoi éveiller les amateurs d'enterrements en marcel, type Tortuga et Daggers, et ceux qui aiment les voix brevetées Apollo Liftoff. Et ç'a signé sur Paradigms pour un album bientôt.

De Magia Veterum : The Divine Antithesis



Le truc beumeu le plus effroyable depuis Khanate et Sigillum S.

dimanche 27 février 2011

Fudge Tunnel : Creep Diets


Un des nombreux membres de la vaste famille des "albums dont la pochette m'obsède depuis 92 mais j'ai jamais osé/fait l'effort" - avouez : y a de quoi. Alors, quand en feuilletant un bac on le rencontre à 4 reureus - et qu'on rencontre surtout pour la première fois pour du vrai le puissant magnétisme de cette pochette ...
Et en fait, j'ai décidé de publier le résultat plutôt là-bas, à la Home of the Connards.

samedi 26 février 2011

Bon sang ne saurait mentir

Y a des disques, tu sais pas pourquoi, mais tu sais que ça va bien se passer.



Certains groupes ont simplement compris le bonheur qu'on a à être un pédé musical.

jeudi 17 février 2011

Virus : The Agent that Shapes the Desert


Le nouveau Virus ? Comme Black Flux en somme, toujours moins black, et toujours plus black. Sur les ailes d'une voix qui nage dans les eaux de David Byrne, Scott Walker, Chris Connelly et consorts, et pourtant a l'ombre extravagante de l'Aldrahn le plus ample, les guitares ont le jazz gracile d'une douce cascade de montagne, et ce sont des pans de falaise basaltiques qu'elles déversent dans leurs plis, la basse dandinnette, souple, orientale, est aussi ouatée qu'elle est dure, à plier cette dancing bastringue-muzak à jouer dans les mêmes milk-bars que Frysh, et qui a la crudité de Darkthrone, elle dont le swing élégant et anguleux parfumé de Dazzling Killmen et de Bodychoke, convoque la nuit hongroise interlope, qu'elle soumet à la crissante caresse du sirocco, en peuplant le désert d'âmes des gluantes filandres de présences capricieuses et glacées.
Un album qui est du genre de stilet tellement fin et liquide que, n'était la douce et fraîche sensation qui s'écoule du ventre, l'on croirait à un courant d'air, à l'endroit de la boutonnière qu'il vient de nous faire.

Quelle tristesse tout de même, qu'il y ait ce morceau d'Enslaved à la fin, comme un douloureux retour au monde éveillé et rassurant.

mercredi 16 février 2011

Total Fucking Destruction : Hater


Oubliez Blood Duster (easy), oubliez Axe to Fall (when everybody's trying to please me), le voilà l'octo-turbo hard rock pour se coller au plafond mieux qu'un sourire sur la tronche d'un cannabinivore à qui on passe du Soilent Green, le disque qui te brumisera sur les parois de ton bocal ; mais si vous avez peur de foutre "Painkiller", "Thunderstruck" et "Paradise City" dans un cyclotron puis de balancer Kerry King dedans et vous escamper, regarder ce que ça fait mais d'un peu plus loin, vous pouvez aussi jeter un micro-ondes (flamings auto-collants en option) dans une machine à laver en plein essorage : ça donne une bonne idée.

lundi 14 février 2011

MayheM : Chimera


La puissance, je suis le premier à le professer, n'est pas la caractéristique rêvée dont se doter lorsqu'on aspire à faire un bon album de black metal. Cette règle est massive, et truffée d'exceptions, comme toutes les règles, on en voudra pour preuves les derniers Marduk et Satyricon ; mais tout de même : la puissance n'est pas le premier terme qui vienne à l'esprit lorsqu'on pense à un album avec Maniac.
Et pourtant c'est bien elle qui ruisselle de cette chose vénéneuse de disque, torrent de puissance martiale, puissance heurtée du rut, c'est la puissance qui grouille comme des muscles sous son pelage, qui menace dans les feulés, les crachotés et les vilains miaulés, elle qui tourne et rôde en renversant les meubles de roulements d'épaules narquois et de battements de queue ombrageuse, elle qui frissonne, se ramasse, qui enterre ses griffes dans toutes la charpente et grimpe aux murs mal contenue ... Certes, l'animal ne fait pas immodérément black metal - quoique dans un clip bling-bling à la Satyricon ... - certes il est excessivement kitsch, mais qui n'a jamais rêvé, ne fût-ce quelques secondes, avant de piquer un fard intérieur, d'adopter une panthère noire ? Ce n'est guère moins épuisant nerveusement ni moins brise-reins que certaines bonnes femmes après tout, et presque aussi irrésistible. Si vous commettez l'impair de les appeler ma panthère, toutefois, la brigade du bon et du mauvais kitsch ne pourra rien pour vous sauver.

dimanche 13 février 2011

Ulcerate : The Destroyers of All


Bolt Thrower cul-de-sacqué dans un cauchemar de supplice du rat, où Hate Eternal joue la cage, et Cioran le rat.

samedi 12 février 2011

Blut aus Nord : MoRT


Tu connais Black Mayonnaise ? Tiens, v'là Black Mousseline, la musique qui tourne, tourne, tourne ... Vomis, si ça te dit, cet album rendra le vomi délice, cet album donnera à la bile le goût de l'angostura, ce disque est le plus évident et agréable de Blut aus Nord, si j'étais jeune je dirais qu'il passe crème, cet album te tourne et te remue et te mélange avec amour des heures durant et te fait si onctueux que tu es suprême de mélasse, en lui tu entends ton esprit planer à la façon du comprimé de codéine effervescent dans le verre, plus haut, plus ténu, ta volonté a la douceur d'une noisette de beurre sur la mousseline, et tu couines du bien-être de la cire au feu. Ce disque va te faire passer la putain de nuit de ta vie à t'en mordre la lèvre au sang comme tu t'en sais même pas capable avec une courtisane royale nommée Angoisse.

A Pale Horse Named Death : And Hell Will Follow Me


Musicien de Type O et Life O, River Runs Red, blablablogspot, meets World Coming Down, blublublub, meets Crowbar et le bayou, évidemment. La pochette est tout bonnement insultante mais passons, faisons preuve de bonne volonté ...
Alors : NON. On ne peut juste PAS faire cette musique avec ce type de voix, monsieur. La voix type où ça une voix ? Le sphincter a dit quoi ?

Defeated Sanity : Chapters of Repugnance


Le brutalgoredeath tel qu'il doit être pratiqué : atrocement poussif et mauvais coucheur, gris terreux maronnasse comme l'odeur du bout de viande resté nidifier dans la dent creuse, huileux et noirâtre comme le plus acrimonieux des colombins, encore plus joli-cœur que Pizza the Hutt passé au goudron et, à la place des plumes, au goudron, mais qui confond libido et tondeuse à gazon - et la même odeur de fioul, pour désaltérer une écœurante musculature au divin hâle de lune scorbutique. The most brutal release of 2010, dit le sticker. The most soulève-le-cœur funk release of 2010, que je dis moi. Si vous escomptez vous poiler, c'est que vous ne connaissez pas Gored, Satan's Revenge of Mankind et Circle of Dead Children, profitez de votre vie et du soleil. Si vous avez déjà la vision qui se trouble de tâches de fluides à la nature mal identifiée et que vous avez envie sans réellement savoir pourquoi de cancaner "My name is mud", vous avez bon. Si ce n'est pas le cas, c'est que vous avez insuffisante foi en le brutal death, et en l'Allemagne.

vendredi 11 février 2011

Blut aus Nord : The Fall, chapters 1 to 6


Déjà eu la sensation d'avoir été muté en potage dans ta cosse, comme dit-on les araignées font de leurs proies ? Tombe, tombe, tombe, ceci est le vent de la défaite, le son de la capitulation, du mat, de la dévastation, qui de son souffle mol et sans force te plie comme un sachet-fraîcheur, ceci est le crépitement de rire hystérique du vide contre qui tu viens d'échouer un bluff avec une très mauvaise main, ceci est le son soyeux de ton bris, tombe, ceci est le glapissement de la migraine que t'as chopée à trop serrer les dents, ceci est le vagissement d'aise de ta chair pantelante qui tombe sans fin, ceci est le son rissolé de ta pulpe qui se détache pulvérulente de tes os, et tombe. Ceci est le bâillement du vent dans le puits qui est toi, ceci est la pierre dans tes os, qui t'emmène par le fond.

jeudi 10 février 2011

Blut aus Nord : The Fall, chapters 7.7, 7.77 & 7.777


Les Montagnes Hallucinées et Thangorodrim ne sont qu'un seul et même lieu. Une éternelle et épouvantable aube de guitares jaunes sales dont la molle grimace acide est écrasée jusqu'au-dessus du zénith par la monumentale chrysalide de cathédrale qui éclot à l'infini, toute de verre terne et dur et de poutrelles d'onyx, toute d'angles cruels, de pignons pals et d'élytres cauchemardesques. La fièvre te consume. Te disloque.
Si ceci est du black metal, alors Godflesh doit être du white metal.

mercredi 9 février 2011

Burzum : Fallen


La batterie fourrage là-bas dans l'établi, les riffs villebrequinent patiemment comme l'on manufacture un opiniâtre meuble en bois tandis qu'ils térèbrent l'oreille en carillonnant à qui mieux mieux, la basse est un matelas de feuilles tombées, la voix claire est d'un vieillard blanchi au sel des années vides réfugié dans la douceur chevrotante de son enfance, la voix râpeuse est courte et brûlée par le froid rencontré tout au bout de la forêt de Filosofem.
Burzum en 2011 est, hmm, voyons voir ... niaiseux, médiéval, fruste, artisanal, naturaliste, laborieux (au beau sens), végétal, vermoulu, recru, automnal, élégiaque, placide, bossu, noueux, aigrelet, alpestre ... On a saisi. Saisissant, oui, de paix ; et glaçant quand, sans prévenir, du tour de main intact pour impavidement boucler et friser les riffs magnétiques, du gracile et bucolique fredon, monte le râle coupant du loup, dérangé dans sa montagne. Moque-toi si ça t'amuse de sa barbe filasse, peu lui chaut - mais fais pas chier l'ermite.
C'est beau comme du Gaahl - ha ha, sacrés Christians, et tombent, tombent, tels les feuilles.

dimanche 6 février 2011

Mitochondrion : Parasignosis


Il y a le death qui parle de bidoche ; et il y a le death qui charrie la bidoche pour les cyclopéennes idoles aneuclidiennes dont l'appétit remonte avant la création, et tout le tremblement ; et l'album de Mitochondrion en est un gratiné, de trépidement. Projeter le Morbid Angel le plus hybridé de porc-épic et de robot-mixer - Heretic - dans le soyeux sphincter de drogues cosmolytiques d'Esoteric, ça peut ... ma foi, à peu près exactement ce qu'on imagine : monceaux sur monceaux de tartare cérébral irisé dans un océan de noir aveuglant.
Alors certes, il n'est pas aussi autre qu'on l'aurait voulu - pour être tout à fait honnête, il n'est pas aussi Outre qu'on l'aurait voulu, voilà l'affaire. Certes il n' "invente" pas autant qu'on l'aurait désiré une nihilimusique psychivore toute neuve, puisqu'on en trouvera quelques pré-échos chez les photonautes de Mithras. Mais Mitochondrion est beaucoup plus vertigineux et méta-amino-gargantuesque que les limpides Mithras. Beaucoup plus vorace, c'est à dire.

samedi 5 février 2011

The Skull Defekts : Peer Amid


Impossible de se rappeler si le groupe, robotiquement raide et hululeur, s'appelle Queens of the Stone Age, Public Image Limited, The Eighties Matchbox B-Line Disater ou Alien Sex Fiend. Tout ce dont se souvient c'est qu'ils sont australiens ; ou du moins, que ça se passait en Australie, dans le désert, à cheval, dans la nuit ; que les types étaient adeptes du vaudou, et qu'ils jouaient de la house.

vendredi 4 février 2011

De Magia Veterum : The Divine Antithesis


Le black metal insecte arrive. Inutile de tenter la fuite, c'est un cauchemar, on n'en fuit pas.

jeudi 3 février 2011

Deicide : To Hell with God


Oui, encore du metal. Parce qu'un Glen le vaut bien.
Celui-ci revient (enfin) à son meilleur niveau, celui de son second album, en employant peu ou prou la même recette : un thrash méchant chourrave à Slayer, vitaminé à infatigables moulinets de double-pédé et retapé à larges bolées d'anabolisants, auquel son flow, sentencieusement porc, d'ogre mangeur de chrétiens stéroïdé vient donner des airs de version negative beatdown de Full Blown Chaos ; sans oublier par-dessus d'effroyables solos sur qui seuls il y aurait matière pour un paragraphe : pompiers, vieillots, rutilamment mélodiques, tout autant que plats et expéditifs, tout en durant intolérablement longtemps, l'infâme Santolla s'est surpassé, c'est laid comme Carcass qui jouerait du Judas.
Enfin, tout ça c'est pour les passionnés de mécanique et on s'en fiche : ce qui compte, c'est que le résultat de toute cette insanité est LA bande-son qu'il fallait pour les rêveries centurionnes d'Alex DeLarge.

mardi 1 février 2011

Deathspell Omega : Paracletus

Certaines fois, la basse saurienne et surtout, naturellement, la toujours aussi délectable fessée rythmique d'une batterie qui avec un écœurant naturel valse du jazzy au zoulou au bouncey au carpet-bombing spasmodique, on y croira, et l'on avalera sans barguigner les riffs en sucre acido-délavé échappés de Panopticon (l'album de dream-metal ricain, pas le groupe de free-jazz belge).
D'autres fois on aura tout bonnement le sentiment d'entendre Destroyers of All intégralement ré-interprété par Eros Nécropsique. Le toreador plutôt que le taureau, en somme, ce qui a ses charmes, auxquels je puis même être accessible ; mais je préférais vous prévenir.

Stench : In Putrescence


Si vous êtes du genre à aller lire des trucs sur le metal une fois sortis d'ici, vous vous êtes obligatoirement fait prendre le chou l'an dernier avec le nouveau Watain : et vas-y comment que c'est un formidable disque, et vas-y comment que c'est le kif-kif le précédent mais en réussi cette fois, et cause toujours tu m'intéresses. Je pense - beaucoup sans doute croiront que je le fais exprès - tout juste le contraire. Sworn to the Dark est tubesque et chaubouillant, Lawless Darkness est mou et fat.
Le rapport avec Stench ? Leur ci-devant album convoque la même ébouriffante conviction que Watain, de type faisons comme si tout ça était réél et surtout qu'on y croyait dur comme épinard, les ténèbres, leur prince, tout ce qui s'ensuit - et foutons-moi-z-y un vigoureux giclat de Death Breath, soit du Entombed version vivacité efflanquée et élégance de mâtin de ruelle, comme si en quelque sorte on fichait de grandes tentures de velours rouge et mangé aux mites à Monumental Possession. Sans aucun doute c'est assez deathy, sans le moindre c'est très thrashy, mais surtout c'est du putain de pulp-rock horrifique qui aurait presque la morgue anglaise si l'on ne savait que cet horripilant génie des mélodies envahissantes est tout suédois.
Le défaut de ce disque ? Ces deux-cons là, qui visiblement affectionnent les ronds, ont tout merdé et mélangé de pochette avec le disque de leur autre groupe, Tribulation - qui joue peu ou prou la même chose mais en qui tape sur les nerfs au bout de deux morceaux et demi, bien mal gré qu'on en ait. On se farcit donc le machin ci-dessus, qui admettons-le exigera de votre part une grande confiance en la sûreté de mon goût.
Et si vous ne connaissez pas Watain ? C'est sans importance, filez directement te vous mater cette adaptation de "L'Affaire Charles Dexter Ward" avec Peter Cushing, Chrisptopher Lee et Danny Trejo.