jeudi 17 février 2011

Virus : The Agent that Shapes the Desert


Le nouveau Virus ? Comme Black Flux en somme, toujours moins black, et toujours plus black. Sur les ailes d'une voix qui nage dans les eaux de David Byrne, Scott Walker, Chris Connelly et consorts, et pourtant a l'ombre extravagante de l'Aldrahn le plus ample, les guitares ont le jazz gracile d'une douce cascade de montagne, et ce sont des pans de falaise basaltiques qu'elles déversent dans leurs plis, la basse dandinnette, souple, orientale, est aussi ouatée qu'elle est dure, à plier cette dancing bastringue-muzak à jouer dans les mêmes milk-bars que Frysh, et qui a la crudité de Darkthrone, elle dont le swing élégant et anguleux parfumé de Dazzling Killmen et de Bodychoke, convoque la nuit hongroise interlope, qu'elle soumet à la crissante caresse du sirocco, en peuplant le désert d'âmes des gluantes filandres de présences capricieuses et glacées.
Un album qui est du genre de stilet tellement fin et liquide que, n'était la douce et fraîche sensation qui s'écoule du ventre, l'on croirait à un courant d'air, à l'endroit de la boutonnière qu'il vient de nous faire.

Quelle tristesse tout de même, qu'il y ait ce morceau d'Enslaved à la fin, comme un douloureux retour au monde éveillé et rassurant.

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