mardi 8 mars 2011

Sonic Violence : Jagd

Ha, c’est toi. Non, non, tu déranges pas. Je te présente Jean-Paul.
Fais pas cette gueule. Tu pourrais au moins lui dire bonjour.
(…)
Si je me souviens de qui ?
Ha, lui, l’homme-impasse…sa table basse de plouc…ses cendriers débordant de mégots... ses restes de cassoulet froid arrosés de bière tiède… ses silences satisfaits… ses week-ends entiers devant la TV... la main dans le bénard… oui, je me souviens de ses manières de pue-la-sueur et du mépris gêné, mal assumé, qu’il nous inspirait (avec, en arrière-plan, nos propres médiocrités en embuscade).
C’est vrai que Jean-Paul lui ressemble.
Mais d’abord, tu débarques comme ça… t’étais où tout ce temps ? Tu croyais quoi, que j’allais t’attendre ? Oui, je sais, je te déçois encore. Je n’ai cessé de te décevoir depuis ce premier écart, ce premier relâchement. Nos serments, nos "toujours", nos "jamais", nos pactes de sang… tu sais, c’est fini l’alpinisme ! Et voilà, tu pleurniches… sur nos rêves périmés… comme une fille de ferme engrossée par le contremaître…rends-toi plutôt utile, passe un coup d’éponge, re-sers nous à boire. Ouais, c’est ça, vas-y pleure, tu pisseras moins !
- Hé, tu vas pas bien ? À qui tu causes ?
- Hum ? Non non, tout va bien.
- …
- Ça va j’te dis, passe-moi la jambe de chinois.

3 commentaires:

Le Moignon a dit…

Wow

Le Moignon a dit…

Chouette disque sinon, quoique j'ai une petite préférence pour le Ep Casket Case, encore plus abrutissant et mastiquatoire

Veni Vidi Peni a dit…

"abrutissant et mastiquatoire"... voilà qui est bien résumé !