samedi 30 avril 2011

Ohgr : undeveloped


On va pas se priver d'employer la méthode qui a si bien marché avec Triptykon et Electric Wizard, en priant pour qu'elle continue de faire ses preuves : on va directement soulager le violent mouvement de rejet que soulèvent les premiers contacts avec ce disque.
Undeveloped sonne comme les actuels KMFDM qui tenteraient de faire du LtNo ; voire encore plus tristement comme des chutes de The Greater Wrong of the Right. Aussi sexy que sa pochette.
C'est dit. C'est moche. Ca donne envie de réenvisager Mythmaker.

Electric Wizard : k-hole


Oui, une troisème fois, cet album m'obsède rien qu'un peu.
J'envie ceux qui trouvent cet album cool ou pas cool, ou super ou naze d'ailleurs, ceux pour qui c'est un disque de rock, et pas comme pour moi un disque de Blut aus Nord, un disque de ZymosiZ.
Electric Wizard a jadis écrit un morceau du nom de "Return Trip". Aujourd'hui les, et nous, y voilà. En plein dedans : la régression maximale, le néant de ces choses qui ne sont plus des riffs, que de mols soubresauts de résistance, avortons de gestes débiles venus du fond d'un sommeil tourmenté de la raison, de ce disque qui n'est qu'un trou, un puits, une noyade des fonctions intellectuelles et du cerveau dans ses propres limbes vagissantes de méchanceté et d'idiotie, dans le bruit de tonnerre du gouffre. Voyage retour en effet, retour à la soupe primordiale, retour au vide béant et hurlant entre les atomes, au noir de cette pochette qui est le même que sur celle de Printf, retour nihilateur, voyage éreintant et coupeur de souffle dont en général on a un peu de peine à revenir entièrement. We Live est probablement leur meilleur disque et Dopethrone leur plus tough guy, mais quel disque voulez-vous qu'ils puissent sortir après ça ?

jeudi 28 avril 2011

Anaal Nathrakh : Passion


OK. Le seul que j'aie vraiment écouté d'eux période refrains et chant clair, c'est le seul que j'ai avec Codex Necro : Eschaton, où la rareté des enluminures en question ne sert encore qu'à délicatement relever de fulgurances couleur pulpe une masse encore très Napalm Black. Les autres disques entre ledit et le présent et son titilleur intitulé, survolés, m'ont gonflé gentiment, avec leur débauche d'effets spéciaux vokillistiques et riffistiques de pseudo-destructoblack.

OK. On arrête les pia-pias dans ta tête, ouin Anaal c'est plus sale comme avant, les voix claires ils devraient pas, en plus ça se répète ça devient une recette, est-ce que c'est black, est-ce que c'est indus, y a plus la folie, bla, bla, putain de bla. On arrête tout ON S'EN FOUT. Non ça ne se répète pas, Anaal vient de la trouver, la recette, Anaal à force d'acharnement (pas de commentaires, merci) vient enfin de retrouver la sainte démence et d'accoucher de ce qu'à ne pas trop douter ils aspiraient à : du putain de heavy trop puissant pour être vrai, Dimmu Borgir accouplé à Europe sous un éboulement de crack, Painkiller en mode Orange Mécanique : ultra-violent, ultra-vitaminé, ultra-grandiloquent, le heavy ultra-requinqué à la fontaine de jouvence - la preuve, y a même Dubin et le mec de Bethlehem (pas lui, l'autre) dessus, et visez un peu cette pochette glam ... De la musique en somme qui pisse pas froid - mais qui rafraîchit l'urètre à la façon d'une bonne pinte cul-sec.



Edit, parce que j'en oublie toujours en chemin quand je m'emporte : pour situer à quel niveau les choses se jouent, imaginez que le groupe pour le coup rentre dans la cour des MayheM avec Maniac, et du divin Incipit Satan. Voilà.

Poino : Moan Loose


Le noise-rock hyperurticant, c'est moyennement mon dada, Chinese Stars, Arab on Radar, toutes ces conneries, à preuve je l'apprécie quand il est enrobé de tribalisme gyno-urbain chez Made in Mexico, ou de frime kickbacko-eaglesofdeathmetal chez Daughters, hou le fake. Les trucs de matheux à batteur qui connaît plus sûrement son jazz qu'il n'est profitable à sa santé, pas davantage.
Mais là, j'ai pas su résister ; aux associations d'idées avec Don Caballero, pour la grâce irradiante des glissades acides, avec Jesus Lizard et Shellac pour la folie aride et sanguine, mais surtout avec mes petis chéris Vaz et Hammerhead, et donc presque Todd, le délicieux Todd, parce que même si c'est sensiblement plus sophistiquément anguleux qu'eux trois, la seule chose que j'entends proéminer chez Poino, c'est le swing au service du delirium le plus affamé, ce sont ces couleurs qu'on croirait, z'avez vu ? la pochette d'un Lightning Bolt enfin un peu désétranglé de tout son pointillisme-action-painting-mon-boule-tu-m'as-compris, c'est le groove gluant qui ricane de ces basses et l'ivresse aigrelette des guitares qui infuse la voix et papillonne entre ses visions hilares et sanguinolentes.
Poino c'est beau, voilà c'est dit.

mercredi 27 avril 2011

Snowman : Absence


Pépé est content de toi, Bonhomme de Neige ; tu t'es défait de toutes les scories qui se voulaient abrasives et ne m'étaient qu'irritantes, sur ton précédent album, pour ne garder que le penchant qui m'agréait : en l'état d'alors, une parenté avec les parties vocales les plus spectrales et orientales des Liars ; en l'état présent où elles prennent leurs aises et les spectres tout le spectre, le bouquet s'enrichit tel le Dalwhinnie au troisième soir : on évoquera sûrement, avec un peu de facilité, These New Puritans pour la sueur froide, mais encore mieux Nightmare Lodge, voire Oneiroid Psychosis ou Black Lung, et autres psychotropicocinématographies gothiques, par la grâce de kitscheries synthético-rituelles diaphanes qui vont même planer entre zeuhl byzantine, Yes occulte et soul fétichiste, entre les sirènes de souks morriconiens de Foetus, la toxicité tranchante de Manorexia, la souillure de caveau des Virgin Prunes dans la lumière tamisée par les voiles de Phallus Dei, délicatement découpés dans les mandibules d'un ZS mélancolique, sous le dur regard lunaire d'Extra Life. Tu t'es défait de toute la violence criarde et inflammatoire, de toute éruption, tu n'es plus que violence incube et invasion.
On l'aura compris à la qualité des références convoquées plus tôt : Absence s'inscrit, de façon douloureusement immédiate, au nombre de ces disques qui font dormir debout, et marcher avec le feu.

lundi 25 avril 2011

Haveri : into the crypts of ...


En d-beat, on peut croire qu'un disque suffit - au hasard, Hear Nothing See Nothing Say Nothing de Discharge.
C'est faux. Il vous faut celui-là aussi. C'est le même, bien entendu, mais il comporte en sus des tartines et des tartines d'un chant de cadavre radioactif en proie aux hallucinations des pires cauchemars, qui réussit à tenir captive l'attention jusqu'au bout d'un disque d'un style qui, ç'a été déterminé par des calculateurs très performants, ne peut produire qu' 1,378 morceaux différents, et qui colle la pédale au plancher du début à la fin, laissant sur place l'intensité de Lindberg et Disfear, approchant à force d'overdrive apocalyptique une ambiance power electronics sur les quelques live de clôture.
Rinçant.

Napalm death : Mentally mudered


L'Angleterre, mais bon sang comment ce pays si petit et où on bouffe si mal peut-il se prevaloir des groupes sinon fondateurs du moins parmi les plus federateurs de la pop, du punk ou du heavy ? D'aucuns rajouteraient à cette liste le doom mais étant moins familier de la chose doomistique je laisse le soin à mes collègues de trancher. En revanche, là où il m'est possible d'éventuellement formuler un avis c'est lorsqu'il s'agit de grind, en particulier celui de l'epoque bénie des Symphonies of sickness, From Enslavement to obliteration et Holocaust in your head. Et à ce titre Mentally murdered représente un napalm death aux petits oignons, dans le genre Repulsion meets Lee Dorian. Le tout derrière une pochette crayons de couleurs et college approved. Elle est pas belle la vie des fois ?

Meilleur moment pour écouter le disque: en poussant son caddie dans un supermarché bondé.

dimanche 24 avril 2011

Bloodiest : Descent

Bruce Lamont, pour qui ne s'en douterait pas déjà sachant qu'un de ses groupes est baptisé Yakuza, est un lyrique heureux et qui s'assume. Ce qui peut résulter en neuneu venteux comme sur son récent album solo, en absurde apo-metal romantique comme quand c'est combiné à la bétasserie de Sanford Parker dans Circle of Animals, et donner des albums de Yakuza de meilleurs en meilleurs ; ou encore des hold-ups intégraux tels qu'ici : la version enfant - comme c'est approprié - des Swans, en une lecture gonflée d'innocence et de rêves d'origine du monde, avant les conquistadors, de désir de se raconter à s'en engourdir de peur les mythes et les animaux-totems pour nous transporter à la source élémentale, en toute naïveté, en toute beauté, avec toute la modestie des ses propres clichés et approximations, qu'ils ou elles soient folk, médiévaux, appalachians ou chamaniques, enlevés ensemble dans la candide lumière d'une sincérité et d'une simplicité qui transcendent même l'impressionnante technicité ci-déployée (cieux de voix, remous de batterie, lacis de guitares, c'est ébouriffant, j'en regretterais presque de ne pas être vrai chroniqueur pour vous mieux appâter), la vérité naïve en somme qui fait si cruellement défaut à tant de Jarboe et leurs tics Actor's Studio ; la ferveur du Pocahontas de Terence Malick ou du dernier US Christmas, mais emballés dans un bref et vivifiant cri du cœur.
Rajoutez encore les mots pureté et fraîcheur, au propre et au figuré : ça vous fait déjà un bon paquet de mots que vous n'attendriez pas de rencontrer au sujet d'un truc apparenté messiah-metal à la Neurosis, non ? Ils pointent un peu tous la même chose ? N'en retenez qu'un : miracle.

vendredi 15 avril 2011

Young Widows : In and out of Youth and Lightness


Dieu, cette langueur dévorante, cette traînance qui consume de jouissance étirée, cette sensation d'au ralenti découvrir un nouveau Cure et un nouveau Jesus Lizard à la fois, car il y a du The Top et du Carnage Visors tout autant qu'il y a du Goat, à nager comme des serpents tropicaux dans la mare de ce disque, cette aveuglante douceur qu'il y a à tenir The Icarus Line et Clockcleaner dans le même groupe, dolent avec arrogance, celle du sarcasme héroïné, à la flasque amertume satisfaite, ce bonheur qui titube au bord du malaise, qui chauffe à blanc les globes oculaires, à en ronronner lové dans sa flaque de bile luminescente ... Ces gars sont des putes assurément, qui ont d'abord fait du Kiss it Goodbye (pas écouté), puis du Jesus Lizard (pas écouté), et aujourd'hui en guise de toute nouvelle connoisseur-hype tente de chevaucher le retour en grâce, et en cache-poussière, du goth. C'est fait avec brio, vous pouvez me croire. Les amateurs de leurs précédentes marottes trouvent unanimement la présente fade et tue-l'amour. Pour ma part je pense à cette petite chose que vous connaissez peut-être, elle s'appelle "Gimme Danger", et elle est bien seule (mis à part peut-être une petite "Penetration"), triste braise, sur une chose longue et ennuyeuse du nom de Raw Power ...

mercredi 13 avril 2011

Diskord : Doomscapes


Un disque, de toute évidence, que j'oublie un peu trop, oublie avoir, oublie avoir connu, tant et si bien que par un matin comme aujourd'hui il me cueille comme une fleur avec son premier morceau à s'y méprendre avec un des derniers Virus, alors que de son acquisition en 2007 j'avais bêtement gardé le souvenir d'un disque de death sans doute farfelu mais surtout technique - et de découvrir donc, tout enfariné, que voici un disque de death sans doute technique, mais surtout farfelu.
Car hormis la basse virusienne et la guitare primusienne et vice-versa, il faut se figurer un cabot domestique très convenable du genre Obituary ou Ravenous (avouez qu'il y a déjà de la race) parachuté dans le chenil psychiatrique où finissent tous les chiens des Stups croulants - les Dodheimsgard, les Abscess, les old Pestilence, les Mayhem, les late Pestilence, les Carbonized ... Voilà pour vos balises mentales, entre elles dites vous bien que ça va secouer sans interruption ni rien y comprendre (en même temps, c'est déjà l'effet que me fait le death metal presque à tout coup, c'est même beaucoup pour ça que j'aime le death metal), avec le groove de gigot au paprika d'un Trepalium redessiné par Egon Schiele, et que vous allez débarouler comme un ravi tout au long des rouleaux loufoques d'un visqueux et crépitant torrent de caillasses de ce que vous voulez, en tous les cas d'une dope que croyez-moi vous voulez, dur.

lundi 11 avril 2011

Einstürzende Neubauten : Halber Mensch

Les conseils du Dr Fenouillet me revinrent, par bride, alors que je touillassais mon cappuccino pour le rendre homogène. "…la fissure…on ne sait pas comment votre affection va évoluer… aucun signe visible de complication pour l’instant… défaillance…soyez prévoyant…formulaire…" Je reçus la carte par pli recommandé trois mois plus tard. Plastifiée, fond gris, une photo tête-droite-face-à-l'objectif, un "50%" oblique tamponné en gras et une date de délivrance : le 12 janvier 2015. Ensuite, tout s’enchaîna rapidement. Cela commença par cette douzaine d’œufs dont la boite, une fois ouverte, n’en contenait que six. Les emplacements vides dessinant un signal triangulaire d’oscilloscope. Puis ce fut le paquet de cigarettes rempli de mégots, puis le plein d’essence à moitié vide, puis la paire de chaussettes dépareillée… ma vie quotidienne devint pénible. Tout bascula un soir. Au cours d’un rapport sexuel mon pénis se raccourcit brutalement de moitié tandis que le sein que j’étreignais s’effondra et perdit tout relief. Un cri me fit écho. Mes tentatives d’explications se perdirent dans le vide. Des larmes se mirent à jaillir. Des mots fusèrent, qui semblaient s’adresser à un autre. Enfin, une porte claqua. La tristesse laissa peu à peu la place à un fourmillement de stimuli sans réponses, désespoir muet, tétanisé, sans objet ni réaction. Le sommeil cueillit une statue de sel mais je me réveillais l’esprit guidé par une clarté nouvelle. Je rendis visite au Dr Fenouillet à son domicile et lui soutira toute l’histoire. Avant de le réduire à 0%, de manière assez sale. Il ne nia rien. Rien des techniques de délivrance. Rien des centres de stockage. Rien des procédures de ré-assemblage. Rien des greffes numériques. Rien des communautés d’êtres neufs. Rien non plus des restes, des rebuts, des moitiés d’hommes. Dernière goutte de café-lait-sucre, je pars récupérer ce que l’on m’a enlevé. J’ai pris deux billets d’avion.

SubRosa : No Help for the Mighty Ones


L'avantage de la double nationalité numérique, c'est de pouvoir dialoguer avec soi-même.
Ainsi me répondrai-je ici que si le disque en question n'a certes pas tout à fait la morbide langueur d'Amber Asylum, il a néanmoins largement celle épaisse de Worm Ouroboros, ce qui est déjà bel et bon, et, pour le cas que ce ne soit pas bien clair dans l'autre texte, l'efficacité ravageuse d'un Kylesa période new-wave-varièt boostée par le massif érotisme d'un tempo doom harassé.
Sans parler, évidemment, du livret au papier aussi odorant qu'un grand livre de contes du Nouveau Monde.

mercredi 6 avril 2011

Entombed : Inferno/Averno


Finalement - si j'ose dire, n'étant pas à tu et à toi avec l'Entombé depuis ma plus prime jeunesse, mais si je repense à l'époque où je les ai tous rencontrés et où le ci-devant dantesque, s'il m'était déjà très attachant et attaché, me paraissait pourtant curieusement gauche en bien des endroits - cet album est probablement l'un de leurs meilleurs, et pour sûr un de mes préférés, une courte tête devant au hasard Morning Star, dont il reprend certains des meilleurs arguments sans perdre le temps de se donner l'air extrême, puisqu'Entombed est extrême en toutes circonstances, de par la pente de sa dalle.
Généreusement pourvu en baveuses touches horrifigothicopéplum si théâtrales, si pompières, et surtout si seyantes à Entombed, continument facile ainsi qu'on le dit des athlètes, avec des pics de tubisme magistraux et néanmoins faciles ainsi que, bref, mélodique tel un Death Breath plus musculaire, ambiancé et narratif que, comme je vais tout de même pas vous dégainer le "pop" chaque fois que la photo régale les yeux, nous dirons donc qu'on comprend pour le coup assez pas mal bien comment ils ont pu sans se gaufrer la tronche reprendre Stillborn, les Type O préhistoriques, et leurs pépés à n'en pas douter, limite on promulguerait un décret selon lequel cet album est leur plus Root ; peut-être point aussi vertigineusement groovy que la doublette sacrée du groupe, mais rattrapant tout ce qu'il faut en droit à l'homologation death'n'roll par sa tartine d'hédonisme à dégueuler d'élégance, et tout cela sans compter que le disque contient l'un des précieux moments Clayderman de L.G, qu'on imagine sans peine en noeud-pap' - et que ça c'est sans prix tellement c'est bueno.

samedi 2 avril 2011

Interpol : st


Je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai toujours trouvé que Danny Wilde était le plus classieux et profond, dans Amicalement Vôtre. Pourtant des deux c'était l'américain.