dimanche 24 avril 2011

Bloodiest : Descent

Bruce Lamont, pour qui ne s'en douterait pas déjà sachant qu'un de ses groupes est baptisé Yakuza, est un lyrique heureux et qui s'assume. Ce qui peut résulter en neuneu venteux comme sur son récent album solo, en absurde apo-metal romantique comme quand c'est combiné à la bétasserie de Sanford Parker dans Circle of Animals, et donner des albums de Yakuza de meilleurs en meilleurs ; ou encore des hold-ups intégraux tels qu'ici : la version enfant - comme c'est approprié - des Swans, en une lecture gonflée d'innocence et de rêves d'origine du monde, avant les conquistadors, de désir de se raconter à s'en engourdir de peur les mythes et les animaux-totems pour nous transporter à la source élémentale, en toute naïveté, en toute beauté, avec toute la modestie des ses propres clichés et approximations, qu'ils ou elles soient folk, médiévaux, appalachians ou chamaniques, enlevés ensemble dans la candide lumière d'une sincérité et d'une simplicité qui transcendent même l'impressionnante technicité ci-déployée (cieux de voix, remous de batterie, lacis de guitares, c'est ébouriffant, j'en regretterais presque de ne pas être vrai chroniqueur pour vous mieux appâter), la vérité naïve en somme qui fait si cruellement défaut à tant de Jarboe et leurs tics Actor's Studio ; la ferveur du Pocahontas de Terence Malick ou du dernier US Christmas, mais emballés dans un bref et vivifiant cri du cœur.
Rajoutez encore les mots pureté et fraîcheur, au propre et au figuré : ça vous fait déjà un bon paquet de mots que vous n'attendriez pas de rencontrer au sujet d'un truc apparenté messiah-metal à la Neurosis, non ? Ils pointent un peu tous la même chose ? N'en retenez qu'un : miracle.

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