mercredi 27 avril 2011

Snowman : Absence


Pépé est content de toi, Bonhomme de Neige ; tu t'es défait de toutes les scories qui se voulaient abrasives et ne m'étaient qu'irritantes, sur ton précédent album, pour ne garder que le penchant qui m'agréait : en l'état d'alors, une parenté avec les parties vocales les plus spectrales et orientales des Liars ; en l'état présent où elles prennent leurs aises et les spectres tout le spectre, le bouquet s'enrichit tel le Dalwhinnie au troisième soir : on évoquera sûrement, avec un peu de facilité, These New Puritans pour la sueur froide, mais encore mieux Nightmare Lodge, voire Oneiroid Psychosis ou Black Lung, et autres psychotropicocinématographies gothiques, par la grâce de kitscheries synthético-rituelles diaphanes qui vont même planer entre zeuhl byzantine, Yes occulte et soul fétichiste, entre les sirènes de souks morriconiens de Foetus, la toxicité tranchante de Manorexia, la souillure de caveau des Virgin Prunes dans la lumière tamisée par les voiles de Phallus Dei, délicatement découpés dans les mandibules d'un ZS mélancolique, sous le dur regard lunaire d'Extra Life. Tu t'es défait de toute la violence criarde et inflammatoire, de toute éruption, tu n'es plus que violence incube et invasion.
On l'aura compris à la qualité des références convoquées plus tôt : Absence s'inscrit, de façon douloureusement immédiate, au nombre de ces disques qui font dormir debout, et marcher avec le feu.

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