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Affichage des articles du mai, 2011

The Axis of Perdition : Tenements (of the Anointed Flesh)

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On peut aussi être très doué, ainsi que sont les auteurs de l'auguste Deleted Scenes from the Transition Hospital (dont il me croyait souvenir avoir rédigé un topo, que je ne retrouve plus), sûrement parfaitement sincère, et se viander quelque chose de bien.
Tout est là ? Je ne sais, en tous les cas il y a les vagues bruits de machines malveillantes, les beats déglingués en avalanche au staccato parfois pas loin de ressembler à du Hecate, les riffs patraques, la voix de Brooke, et même la surprolifération de toutes ces belles et bonnes choses en une boueuse neige qui devrait être un régal où patauger ... Et ça ne donne que le pire que ça pouvait donner : du sickindusblack comme on découvre d'un coup d'un seul en avoir trop entendu (j'exagère, on le sait déjà pertinemment), qui voudrait ressembler à DHG, Blut aus Nord et Virus en même temps, mais qui n'arrive même pas à nous servir ne fût-ce que modestement du Apocryphal Voice ; juste du postblack anglais (ça ne pa…

Liturgy : Aesthethica

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Vous ne trouverez pas à son sujet de papier plus vérace que celui de Skidz dans le New Noise de ce mois, alors à quoi bon paraphraser ce dernier quand il me suffit pour être parfaitement conforme à ce qu'il est attendu de moi, d'affirmer clair et précis que si Gira avait dirigé les Swans sur un album de screamo, ce serait celui-ci. Clair et précis.
Un album venu du pays blanc où les tendons nus s'entortillent à cru sur les tubulures de fer pour te traîner tout hurlant tout au long de ton échelle personnelle, un disque qui se meut en direct dans l'espace entre tes nerfs, là où tu vis sans écran aucun.

Inevitable End : The Oculus

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Jusqu'à quel point un groupe a-t-il besoin d'être sincère pourvu qu'il soit très doué ? Vous avez quatre heures.
Car il est évident qu'Inevitable End sont très doués - et je ne parle pas de technique (décidément, ça revient souvent en ce moment, je dois trop aller sur Thrashocore), car il est évident qu'Inevitable End touchent tellement en technique qu'ils doivent faire de la desquamation critique. Non, doués pour emballer le machin. Car il est évident qu'ils ne peuvent être tout à fait sincères. Le premier album était du gros deathgrind mi-brutal mi-hystérique (de mémoire, bâtie sur un quart d'écoute) gentiment inutile ; et tout à coup pour le second, hop-là, la voix en parmesan, les riffs haribo-parfum-gazouillis-au-crack qui dérapent en flûtés limite-indus à faire sourire Psyopus, les allègres bouffées d'impromptu - piano music-hall, slide western, machin, rétropédalage pachydermique mais presque, bidule, sax, post-metal acide, claves drolatique…

Ratos De Porão / Looking For An Answer

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Les quelques râteaux de poireau qu’il m’ait été donné de tester auparavant ne m’avaient pas convaincu. Pas de quoi se laisser fondre un Magnum Tentation Noisette™ dans la chatte. Me voici donc plus qu’agréablement émoustillé par la découverte de ce HC tout-fou, surboosté de pseudo-soli orgasmiques et m'est avis que la présence du bassiste de Discarga n’est probablement pas étrangère à ce mélange de sprint de teckel et de déboulage dans-ta-gueule à Mach 3. Sur l’autre face, ceux-qui-cherchent-une-réponse ne doutent de rien. Jeunes gens, pour espérer un début d’explication il vaut mieux poser ses questions de manière intelligible. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. Mais voilà, ceux-qui-cherchent-une-réponse jouent du grind old school, avalanche et nuée ardente, sauvage et jubilatoire. Alors ils vont pouvoir continuer à chercher un bon moment. Ce 10" aurait presque pu sortir vers la fin des années 80 mais ce n’est certainement pas ce qui va gâcher mon plaisir. Pers…

Take a Worm for a Walk Week : T.A.W.F.A.W.W.

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Un album qu'il fait rudement plaisir. Parce qu'il vient rincer le triste goût de déception laissé par les promesses non tenues de Down I Go, rétablir une foi ; celle en la capacité intrinsèquement angloise à rafraîchir les idées des marmousets ultratlantéens dont ils s'emparent - ils les ont inventés, après tout, l'aînesse n'est pas un vain mot pour tout le monde.
Ici, il s'agit de rockin' pervcore. Les TAWF (l'acronyme est amusant mais même lui est invraisemblablement long, ils me pardonneront de le tronquer), qui se sont au passage encore un peu désapés de leurs atours disqueuse-core, font toutes choses pervcore avec la subtilité qui est leur apanage insulaire : du Daughters subtil, allégé de la recherche forcenée de l'urticant à tout prix ; du Bungle subtil, avec, pour aussi incroyable que ce puisse paraître, des touches cirque-bastringue discrètes (!) et des touches klezmer-ska discrètes (!!) voire subliminales ("ah d'accord, le vieux …

Mondkopf : Rising Doom

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Le goth redevient avouable, mais faut pas pousser : on veut bien fréquenter les machins qui pillent les Chameleons et la bonne Siouxsie, mais pas l'electro-dark, faut pas déconner, haha, ils sont drôles. Du coup c'est amusant, les contorsions que les gens peuvent faire : Mondkopf - rien que le nom, vous êtes grillés - est emballé, par son géniteur aussi bien que par les exégètes, comme de la techno de mec qui aime le metal, et qui trouverait avec Rising Doom (on t'a pas dit que le doom c'est démodé depuis au moins un an, Pierrot ?) le chemin d'une darkness toute nouvelle - ç'a bien marché pour Black Strobe, eh ? Sauf que Rebotini en plus d'aimer le gros metal est un goth, il ne s'en cache pas. Alors soit vous mentez, les gars, soit on croit à la théorie du bon sauvage et de l'invention innocente ou je ne sais quoi ; parce que votre machin, là, n'a rien de metal, mais tout de l'electro-dark-bouh-la-honte-hé. La techno que joue Mondkopf ici e…

Zoroaster : matador

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Rituel improbable sur une zone routière, en plein désert d'où vous voudrez, quelque part entre le crépuscule et l'aube.

Ce qui s'est réellement passé, j'en sais foutre rien.
Ce qu'ils ont foutu dans leur putain de bong, j'en sais foutre rien.

Tout ce dont je sais foutre quelque chose, c'est qu'alors le ciel s'est embrasé de mille couleurs, des tons les plus criards aux nuances les plus épicées, des mélanges les plus putrides aux nacres les plus radioactifs, tortillant et dansant dans une transe chimique entre les plis d'une bannière étoilée d'un éther d'obsidienne incrustée de pierres anormalement scintillantes ; au matin, trempé de sueurs froides avec au fond de la gorge, un curieux arrière-goût sucré et le vague souvenir de violente copulation en ombres chinoises ; plus personne, maintenant, sinon la plaine de sable maculée de noir brûlé et de mares d'essence arc-en-ciel, semblant renfermer les derniers souvenirs de cette nuit g…

Haus Arafna : New York Rhapsody

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Un nouveau disque de Haus Arafna qui ne révolutionne pas grand chose à Haus Arafna et dont l'unique saillance est qu'il a été composé comme bande-son d'un défilé ; de mode, c'est à dire. Vous avez bien lu.
L'auteur de ces lignes n'a pas vu le défilé en question, l'auteur de ces lignes n'est pas journaliste, il tient un blog et n'est pas même tenu de proscrire la première personne, vous êtes sur Soum et je ne vais pas donner dans le sociétal ou l'amphi de philo, l'anorexie et Auschwitz, tout ces sortes de choses, on est sur Soum on est ici pour ricaner et se délecter, on est ici pour ressentir - et on s'y croirait, car en vérité Haus Arafna s'est mis sur son trente-et-un, ses sons cintrés au cordeau, ses infiltrations gazeuses à leur plus limpide, rigoureusement fashion et design, avec l'amour du couturier pour la belle étoffe joignant le glacé du papier du même nom au glacé de la table d'autopsie où évidemment l'on évide…

Owls : The Night Stays

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Il est de ces line-up qui estomaquent à la simple lecture, mais qui très rapidement donnent à craindre la pire déception tant ils sont inespérés jusqu'à l'improbable. Ainsi : Tony Wakeford et Eraldo Bernocchi : ! (toutes mes excuses au troisième gus, il en est tout bonnement éclipsé, vous trouverez le nom tous seuls). D'autant que la chose dont il est question est présentée comme trip-hoppeuse et que l'Eraldo, depuis qu'il s'est mis à l'outillage électronique moderne, n'a pas fait autant d'étincelles que dans le temps.
Et à la première écoute on tique bien un peu.
Puis on s'incline, devant le fluide naturel flegmatique d'un genre de blues industriel et aristocratique tel que Depeche Mode peut en faire à ses moments - en discrètement plus coupe-gorge, tout de même. Et là-dessus ce vieux Tony, qu'on n'a certainement pas accoutumé d'entendre à pareille dérive, et qui se montre toujours aussi impérial, à errer au fil de l'eau de…

Siglo XX : Fear and Desire

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Existerait-il donc une école cold belge ? Il est vrai que ce disque rappelle par certaines beautés posturales un autre groupe en sig- : Sigmund und sein Freund. Mais ce qui est surtout aussi vrai qu'une bonne calotte, c'est que Fear and Desire est un clone de Closer. Oui.
Et ça fait drôle. En vrai, je vis un moment historique. Parce qu'un peu comme, voire encore pire que, pour Neurosis, Joy Division est un groupe dont j'ai toujours évité plus que la peste les zélateurs aussitôt en avais-je appris horrifié l'existence impensable, révoltante dans sa simple idée. Et pourtant à l'écoute de ce disque, tombé dans mon escarcelle pour cause de soldage à une boule et d'allusions sur le blog d'un Lyonnais au mauvais goût généralement tout lyonnais, impossible de ne pas se rendre. L'espace de quelques morceaux de début d'album où l'illusion est parfaite, le rêve est parfait, qui bientôt peu à peu se veinule d'un fugace filigrane de New Order, et s…

Siouxise & the Banshees : face to face

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Soyons sérieux, on peut bien tous l'avouer à présent qu'il y a prescription : si le second Batman de Burton est très universellement homologué comme le meilleur de la franchise, au moins jusque sinon y compris le Dark Knight, c'est n'est pas tant le fait de l'adorable Danny, c'est avant tout et si et seulement si cette scène, et ce morceau - scène qui malgré Tim Burton fait jeu également troublant avec la scène de Frantic, grâce de toute évidence à Susan Janet en reine de la nuit qui ait le chien à en rendre à Grace, grâce à un slow le slow de tous les slows, heure de gloire de la ronflante carrière de Danny Elfman, slow comme celui de chez Polanski vertigineux de tango, pâmant de parfums d'ambre qui tordent le bide et tournent la tête, fripon comme une insolente veine à la base d'un cou fragile et qui miaule pour être déchiré, un slow dont la magie rendit Michelle Pfeiffer plus chienne que Liz Taylor-même ... Un slow qui doit être le seul morceau avec …

Mastère of Poupettes

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Je tire les ficelles qui les font danser ... Et ils viennent à moi (rire de Gary Oldman dans Dracula)

Morbid Angel : Gateways to Annihilation

Pris en otage au milieu de ce gigantesque banquet mastodontofantasmagorique, dressé au milieu des ruines d'une antique cité sous le ciel empourpré d'une lune de Jupiter, l'auditeur ne pèse pas bien lourd, tandis que se joue autour de lui un Peplum extra-terrestre dont les tenants et aboutissants relèvent d'une science hautement supérieure... et autre.
Des barons zombies aryens aux musculatures extrêmes, versions hydrocéphales de Schwarzennegger Barbare, vêtus de cuirs arrachés aux culs de bovins d'outre-monde, leurs énormes têtes surplombées de casques phalliques, leurs cous-pylones entourés d'anacondas. Des colliers... Grognant entre eux dans un dialecte proche de l'humain, avec la voix gracile du rhinocéros en rut, en saisissant de temps à autre dans ces crânes de cyborgs géants leurs servant de coupelles …

Benediction : Transcend the Rubicon

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Là, tout y est. Le logo, suffisamment moche pour attirer le regard. La pochette, dont on sait pas trop bien si elle est magnifique dans son approche totalement 90's, ou si rétrospectivement sa naïveté surclasse tout. Le son, anglais, affreux. A des années lumière de ce qui se faisait aux Amériques à la même époque. Un style, résolument anglais lui aussi, entre Napalm et Bolt Thrower. Des photos dans le livret totalement décomplexées façon on pose en perfecto et on a l'air méchant, mais mamie elle nous fait quand même des gâteaux quand mes copains metalleux ils viennent à la maison. Bref, on est sans l'ombre d'un doute en présence d'un second couteau comme on les aime. Et n'allez pas y voir de la pitié de ma part, surtout pas, j'adore ce disque.


Meilleur moment pour écouter le disque: au goûter.

Bong : Beyond Ancient Space

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Mine de rien, ce disque qui opiniâtrement donne la sensation à son auditeur d'être un cône d'encens en train de se consumer, est d'une race de vortex terminal encore plus infecte que le dernier Electric Wizard, chancelant comme il est non en bout de nuit, mais en bout de la route, quelque part seul au milieu de la nuit infinie, au moment où l'on ose plus changer d'un poil le geste mécanique, l'ampleur infime du balancement imbécile où l'on s'est ensablé depuis des heures impossibles à recompter, ce riff flasque que l'on ne peut cesser de cramponner comme un perdu de peur de s'effondrer, privé de l'appui du torride mur d'ondulation de basse qui est la chose même qui nous ronge la carcasse et rissole la caboche à en pleurer d'odeurs de cochon brûlé, et la seule chose qui nous sauve encore du siphon, dans un sursis qui crame doucement ses initiatiques instants, qui les égoutte avec le morne amour de Robert Smith pour les dernières larm…

Swans, 19/05/11, Hansa 39, München

Bien que le temps ait été lourd et indécis toute la journée, je suis surpris, au moment de partir, de la noirceur des nuages vers lesquels je pédale. L’odeur d’ozone est étourdissante, je me hâte pour ne pas prendre la saucée du siècle. Voilà, j’y suis. Public hétéroclite : foutriquets besogneux, belles plantes volubiles, gueules cassées. Déjà nous prenons notre envol. Lourd, laborieux, interminable, Il faut dire que nous sommes chargés puisque nous n’avons rien laissé au sol. L’oxygène se raréfie, l’altitude devient une notion abstraite, nous devons clore les paupières. Notre formation se déplace à une lenteur géologique, d’ailleurs je me minéralise. Statue sur l’île de Pâques, rocher roulant entre les bras de Sisyphe. Puis je deviens tour à tour Christ en croix se livrant à des exercices de tantrisme télépathique, rubicube unicolore manipulé par une entité aveugle, patient souscrivant une nième fois au programme d’hélitreuillage du Dr Méthadone. J’ouvre les yeux pour me repositionne…

Aanal Beehemoth : the forest paranoid

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Le black metal à son plus grim crusty punk des forêts ; ou les recommandations hâtives, couchées sur un bout de PQ, d'une bande de crétins soûlards et sous substances pour les téméraires qui voudraient encore aller couper du bois par cette heure de la nuit dans la flore boréale et sous la pâle clarté de la lune, pour leur futur skate-park satanique.

Xibalba : Madre Mia Gracias Por Los Dias

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Le beatdown, mieux que passer à tabac, ce qui est le minimum syndical et programmatif, ça doit flairer la mise à mort. Xibalba partent déjà avec un épais avantage : ils sont mexicains. Le hxc latino, c'est jamais rigolo, ou alors c'est les nerfs qui lâchent, de tension et d'épuisement ; ce doit être une sorte de ras-le-bol de toute cette salsa et toute cette bossa, un besoin de faire découvrir un autre folklore, le hxc latino c'est toujours souple comme la justice et comme un doigt sur la gachette d'un uzi.
Mais ils ne s'arrêtent pas là. Ce steak de disque possède une couleur tellement juste low - low-end, bas du front, ras les pâquerettes - qu'on ne capte plus nettement si c'est du death ou bien du sludge d'alambic clandestin - ce qui est certain, c'est qu'il a eu une croissance amoureusement couvée au gaz d'échappement et à l'alcool de boulons ; et puis la voix qui a toutes les peines à s'arracher - et qui même ainsi a sûremen…

Nader Sadek : In the Flesh

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Il en va du death metal comme de l'orientation sexuelle. Il y a ceusses qui l'aiment pure race, dominatoire et athlétique, et ceux qui le préfèrent fin de race, vil et estropié. Et puis il y a les Romains ; ceux pour qui les huîtres n'empêchent pas les escargots, tout n'étant qu'affaire de proportions respectives, à la discrétion du particulier ; et ainsi, quoique la plus haute autorité m'ait certifié pédé musical, je me trouve être deathmetalliquement bisexuel. Je goûte autant le nouvel Autopsy qui, disons-le séance tenante en attendant qu'il soit évoqué céans, serait presqu'aussi pété que du Abscess, ne s'en fallait-il d'une production suffisamment intoxiquée - que ce Nader Sadek, pour y venir enfin, et qui d'évidence s'affilie à l'un des plus fameux fleurons du muscle monstrueux, à savoir Gateways to Annihilation, et à Nile - où les choses deviennent encore un peu plus intéressantes, puisque les vieux Nile étaient assez hermaphro…

Extreme music from Africa

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Ah! l'Afrique ; parlons-en.
Afrique, terre de tous les mystères, Afrique, terre de toutes les misères. Afrique, ses richesses inexploitées, ses commerçants ambulants à tous coins de rue, tellement pullulant qu'au bout du compte tout le monde a quelque chose à vendre, n'importe quoi ; Afrique, son soleil de plomb, ses terres desséchées, sa mousson et ses moustiques en masse, dont le bourdonnement atrocement aigu sonne parfois le glas garant d'une mort lente et moite ; Afrique, tes ethnies aux obscures pratiques alimentaires, tes bambins affamés, frêles et squelettiques, ton eau non potable à s'en couler des chiasses jusqu'au sang, Afrique, tes rues sableuses tachetées de flaques grisâtre, que t'en foutrais le pied dedans pour le ressortir nécrosé ou couvert de bubons, Afrique, tes rues jonchées d'ordures et les vagabonds pionçant dessus, Afrique, ton apartheid, ta police corrompue, tes milices sauvages, tes guerres civiles aux yeux crevés, tes génocides-…

K-Branding : Alliance

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Alliance ? Ou bien Alliage ? Alliage mutant ... Cette musique mouvante et sournoise-là est hors des bornes du contrôle et du contenable, avec leurs instruments insanes K-Branding fondent avant-jazz, cold, indus, techno hardcore, thugbeat, l'abominable et limailleuse soupe empoisonnée charrie aveuglément Converter, Bästard, Sigillum S, Klinik, ZS, Imminent, Elektroplasma, SPK, High Confessions, Joy Division, Söldnergeist, 202 Project, Megaptera, God - ça fait beaucoup de monde désormais entre K-Branding et l'Afrique, pensez-vous ? Détrompez-vous. L'Afrique est toujours là, transplantée comme un blême greffon de peau sur l'ignoble face de Giedi Prime, pieuvre infecte, botte suprématiste, oppression vorace ; le zoulou à cagoule panthère est devenu le Docteur M'Ngele, et les gris-gris les outils d'une terrifiante magie grise qui telle une coulée de boue emmène les falotes lueurs des consciences dans la grise obscurité de cauchemar d'une savane de métal et de m…

Ramesses : Possessed by the Rise of Magik

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On a bien un peu tiqué ; mais finalement non, cette pochette ne pouvait mieux convenir, aucune luxuriance de fatras pseudo-evil ne pouvait mieux convenir que cette photo qui exsude le danger et le malin de proximité, ces briques et cette triste cave qu'on devine balayée par le vent froid et peuplée par la malice voyouse des affreux et misérables succédanés de Manson Family de gouttière qu'on y voit (visez-moi ce terne regard gaahlesque, au premier plan), à cet album qui fout une mégarouste de gabarit historique à tout ce qui existe dans le genre - doom occulte générateur de transe - tout le gentil Electric Wizard, les excellents derniers Ramesses, les aristos Wounded Kings, même le pourtant valeureux acharnement auto-intoxicatoire du Bong que je devrai évoquer un de ces quatre, voire les moments soul hardcore du plus rugueux Neurosis - rouste flegmatique autant qu'impitoyable et lycanthropique, avec son Motörhead qui joue de la cold désinvolte et effrontée, et dont le sat…

Malformed Earthborn : Defiance of the Ugly by the Merely Repulsive

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Meathook Seed, Blood form the Soul, Scorn, Godflesh, le premier Techno Animal, les albums à partir d'Enemy of the Music Business - voire, si vous voulez que je vous dise, de Fear Emptiness Despair ... Qu'un certain Shane, mentionné dans le livret, et des amis à lui, fissent de l'indus, n'avait rien pour étonner. Qu'en revanche ils allassent, pour une fois, taper dans le ricain (parce que lesdits amis l'étaient ?), voilà qui était plus frais, si l'on ose employer le vocable, puisque l'avorton en question barbote avec une fureur soufflante et sifflante dans une bauge d'aggrotech entre hard-dance fetish à la Sleep Chamber et martial constrictor new-jack école Scar Tissue, Pain Station et autres Stereotaxic Device, expulsant copieusement des effluves toxiques dangereusement isomères de Nachstrom, Metastasen et Blast Furnace, avec pour effet de dégénérativiser les molécules de tout ce qui traîne autour dans la touffeur tropicale de l'enfer urbain po…

Pestilence : Doctrine

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Ah, le Pestilence moderne ... Les vrais qui ont connu bien avant moi pauvre newbie, en sont navrés, j'avoue n'avoir pas réussi à retenir pour quelle raison, moi qui de l'ancien Pestilence ne sauve que Spheres. C'est au point que je croirais presque à genre un profond malentendu - mais non : c'est indéniable, cette musique est technique. C'en est même touchant et beau, comment toute cette technique est avec application mise au service d'un objectif qui est manifestement de rendre la copie la plus visqueuse possible, où les portées des différents instruments semblent défiler à différentes allures dans des sens différents, où Mameli semble un Van Drunen aussi bourré que contrarié, où tout en somme semble conspirer à mériter mes mots semi-prémonitoires (j'avais réécouté Resurrection Macabre, aussi) - un déploiement lourd de forces techniques entièrement au service de la laideur, car il va sans dire que Doctrine est laid, aussi laid que le pape pas cool de s…

Aosoth : III

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III est le frère de sang noir de Last Station on the Road to Death, ni plus ni moins. Quand le Hell Militia est le Landru cloîtré chez lui derrière ses volets tirés à ramper et vitupérer et onaniser dans son vomi et ses fèces, l'Aosoth, pour qui je ne vais pas inventer spirituellement de genre car black dog est déjà l'appellation d'un bar miteux et parisien, l'Aosoth dis-je est son chenil et les puissantes mâchoires de ses mâtins luisants et écumants de brutale férocité, III est le Landru rasé de frais, le coupe-chou machinalement rangé dans la poche du pardessus, débarbouillé et vif pour nuitamment sortir promener son vice affamé, et flotter, ombre prédatrice, sur les rues du village occupé changé en souricière, et transfiguré en Metropolis frissonnante de lointains mugissements de vents où l'on entend chuchoter à propos de dépiauter la chair des os.
III rend le noir à la terreur.

Penthouse : Gutter Erotica

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L'histoire, tu la connais : une drague de bas étage en coin de zinc qui finit en baston générale à coup de tessons et de tables sur la gueule. Cette histoire, tu la connais, par cœur, tu l'as répétée cent et mille fois, chaque soir de ta vie, depuis trop longtemps déjà ; tout ça pour, en retour, à peine plus d'une poignée de radasses édentées, dont la moitié s'étaient finalement avérées être des putes, bon marché peut-être, mais des putes, qui t'ont tout juste aimé pour deux-trois biftons de coup de pine. Dur.
Et chaque soir, chaque échec est un cumul supplémentaire d'amertume, de frustration, mais malgré tous les coups de blues, tu n'as jamais perdu espoir, non ; tu sais qu'un bon jour, tu te trouveras une demoiselle, une vraie. Ce soir. Ce soir ou jamais. Tu es à bloc, un satyre blindé de rage et de sperme, ce soir c'est tout ou rien, mais ce sera tout, car si tu n'arrives pas à tes fins avec les bonne manières, tu le feras avec d'autres, …

Master Musicians of Bukkake : Totem Three

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Les Maîtres sont de retour pour prouver que l'on peut jouer de la musique orientale, et même de la rythmée, et ruisseler de puissance pesantifère à en figer et recroqueviller façon têtes réduites les kikis de l'écrasante majorité des mastars.
Or donc, l'Orchestre des Augustes nous donne cette fois-ci à voir la vie de leur village des montagnes andines, où tous vaquent les yeux brûlés à force d'être écarquillés ou vice-versa, n'allant plus que guidés mollement par des sens de pythies bêlantes et tintinabulantes, oublieux même que leur chair a un beau jour su pourquoi l'on doit craindre toujours les étoiles.

Laibach Revisited, Divan du Monde, 8/05/11

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Le titre du concert dit tout : Laibach revisité. Bon. Je vous ferai pas la setlist, moi et le slovène, ça fait, disons quatre ; mais grosso merdo delgado, on a eu droit à un tour d'horizon du répertoire du groupe. Un des bons centres d'intérêts a été la partie des débuts, avec une réinterprétation flamboyante à la sauce WAT, mais avec le même pesant que d'origine, lourd et rituel, malgré quelques morceaux complètement méconnaissable - ai complètement zappé pendant Drzava. Pour du lourd, on a aussi eu droit à du Wat bourrin, un Tanz Mit Laibach magistral et quelques autres merveilles du disque dont un Hell : Symmetry bien plus martelant que sur album ; le rappel sera plus subtil, avec quelques hymnes nationaux déterrés de Volk. Mais le summum de la classe, c'était en milieu de concert, un moment de pure moustache aux arômes totalitarobaroques avec une reprise de DAF - Alle gegen Alle !!!

Bon, j'avoue, j'y étais surtout allé en pensant voir du show ; pour cette t…

Treponem Pal : Excess & Overdrive

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Les fans de Godflesh, sous leurs austères boucs et leurs sinistres crânes tondus, dissimulent un précieux secret. Nuitamment, en rasant les murs dans leurs cuirs, ils se rendent, en un endroit tenu secret, dans une boîte de nuit à eux réservée, où ils se démantibulent et réveillent le serpent qui sommeille dans leurs colonnes vertébrales, en s'épuisant à onduler aux pulsations dubby d'une house fetish vertigineusement orgiaque.
Les années passant, on en vient à se demander si après tout ce petit disque ne serait pas meilleur qu'une bonne partie de l’œuvre de Ministry, et même que le Desensitized de Pitch Shifter, à la dance tough guy duquel il ajoute un érotisme dont aucun anglais ne sera jamais capable.

Seth Gueko, 30/4/11, Secret Place, St Jean de Védas

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Je vous dirais bien que l'ambiance au concert du Patrick Sébastien du gangsta-rap n'était pas aussi gangsta-manouche qu'escompté, et que le public a accueilli la présence de notre crou avec constipation, mais comme malgré tout le K-Maro en moi a été contenté, je laisserai Seth résumer mieux que moi la soirée :
"Tête de roumain, zgeg de poulain !"

Tragedy + Screaming Party, 01/05/2011, Kafe Kult

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Complexe de locaux aux vocations diverses : un minuscule théâtre de marionnette pour enfants, une association d'amateurs d’accordéon, l’intriguant "Texas Boys München e.v", une tente géante semi-ouverte – ersatz de salle des fêtes – et le Kafe Kult, un bâtiment préfabriqué qui fleure bon l’hétérotopie et les années 70s. Bière pas chère, déco grenier-de-grand-mère soignée, programmation de bon gout, étonnant stand de skeuds proprement infourguables … l’adjectif "authentique" s’en trouverait presque dégalvaudé. Bref, un endroit précieux, où, effectivement "ton cœur est heureux et ton âme se repose". Après une première partie honnête, assurée par un jeune groupe allemand, les gus de Tragedy entrent en scène, vêtus avec recherche de T-shirt pour initiés (il faut être abonné à Profane Existence pour connaitre). Pas de doute, la hargne crustifère est bien là. Todd Burdette, gueule de bagnard en cavale, mouline son poing tendu dans le vide comme un Golgoth s…

Krallice : diotima

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Crête dure après crête dure, montagne liquide derrière montagne liquide, dentelle d'écume après dentelle d'écume après déluge d'algues, arc-boutant de jade sur serres de corail sur bouche de léviathan. La haute mer croule à l'infini.

Indian : Guiltless

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Indian, il n'est pour s'en convaincre que de voir leurs couvertures imperturbablement aussi centrées qu'un cadrage de Luc Besson, fait dans le simplet-sludge ; Guiltless est donc aussi raffiné qu'un combat de catch avec les mecs d'Immortal ; Guiltless ne riffe pas, il met des coups de porte dans la gueule, Guiltless fracasse des gazinières sur les crânes, Guiltless pisse le sang des gencives et c'est à force de se les mâcher, quand Indian regarde le ciel chaque fois il faut qu'il essaie de le mordre, Guiltless est à plein temps à la recherche du takedown bien baveux, avec la décontraction d'un rhinocéros chagrin, l'intelligence et la distanciation du vieux Gorgoroth, et des accents post-rectaux tellement olympiens que dans la famille "groupes en -is" Indian est sans conteste Chaude-Pisse - et sans doute le groupe favori de Tetsuo en sevrage d'amphés, et de tous ceux qui baisent avec des anacondas.
Bref, Guiltless, ça fend la gueule qu…

Caligula : not too short to be great

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Le bungle-metal, alias nawak-metal, c'est la plupart du temps répugnant, chacun le sait : pour un Pryapisme, combien de Stolen Babies ?
Eh bien comptez désormais Caligula, ses gros sabots ringards comme The Real Thing ou le premier Bungle, et son teint rubicond ascendant violacé, au nombre des exceptions. Parce que Caligula sait préférer les claviers forains foireux dignes de Bad Tripes aux ambiances daubées de chez Danny Elfman ou au klezmer qui tape sur les nerfs - parce que Caligula est aussi belge que tonneaux de bière avalés à l'entonnoir, jusqu'à en être in a Lugubrum mood au bord du renvoi torrentiel, in a Root mood à la lisière de l'orgie barbue - parce que Caligula sent le bouclard et les pierreuses avariées, et pas le binoclard et le finaud, Caligula est pas finaud Caligula est alterno, Caligula est rougeaud et n'a pas d'earplugs, Caligula c'est du hard rock, Caligula c'est la garantie-qualité du rural et du solide vice à l'ancienne, avec s…